Spetters
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Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 307 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 décembre 2025
Le portrait sans concessions de trois jeunes passionnés de motocross dans les Pays-Bas du tout début des années 80. Ici, il est un peu question de tout : de la fougue d'une jeunesse qui viendra très vite se heurter à la réalité, à la découverte ou redécouverte de la sexualité, du besoin d'argent amenant à des compromissions morale ou encore d'une certaine exaspération face à une éducation trop rigide car basée sur des principes religieux dépassés. Énorme scandale en son temps en sa terre d'origine, "Spetters" frappe pourtant très juste. Verhoeven voulait un film le plus réaliste possible et il l'a fait. Et comme dit plus haut, il n'y est pas allé avec le dos de la cuillère. A l'image des scènes de sexe qui sans être pornographiques, sont filmées de manière très crue. Et relèvent autant du consentement que du non-consentement. Tout ce qui est montré ne se contente pas d'être actuel, c'est aussi universel. Tout cela se passe encore aujourd'hui et dans n'importe quel pays du monde. Ce que fait Verhoeven depuis près de 40 ans est connu de tous, ce qu'il a fait avant de quitter le Royaume batave nettement moins. A bon entendeur.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2025
Dans la série "à ne pas mettre entre toutes les mains" figure indéniablement "Spetters". Heureusement, peu de gens découvrent fortuitement la période néerlandaise de Paul Verhoeven. Si vous visionnez le film, c'est très probablement que vous êtes déjà familiers avec le Hollandais violent.
Mais même en connaissant le bonhomme, "Spetters" reste un film qui secoue, tant par le fond que la forme. Et qui fut d'ailleurs très décrié à l'époque... ce qui ne l'empêcha pas de connaître un succès au Pays-Bas.
Le film est désespérément sombre et cru, c'est un portrait au vitriol de la jeunesse populaire néerlandaise. Dans une petite ville, on suit 3 amateurs de moto-cross pas très futés, qui cherchent à quitter leur condition. Leur vie sera secouée par l'arrivée d'une jolie tenancière de friterie, particulièrement volage et cupide.
Préparez-vous, personne n'est à sauver ici. Les personnages principaux ne sont guère sympathiques, certains versent même dans l'homophobie. La nouvelle arrivante (Renée Soutendijk) est particulièrement abjecte, allant d'un homme à l'autre pour son bénéfice matériel. Même les personnages secondaires sont immondes : un journaliste cynique joué par Jeroen Krabbé, et un champion de motocross imbu incarné par Rutger Hauer.
Sur deux heures, cela aurait pu être éreintant. D'autant que l'imagerie est grisâtre et poisseuse. Mais Paul Verhoeven sait mener sa barque... et la secouer. Les rebondissements sont réguliers et inattendus. L'humour grivois fonctionne bien (dont cette scène très drôle où nos 3 andouilles ramènent des filles après une sortie !). Et la chose est très portée sur le sexe, de manière souvent explicite... voire non simulée pour certaines scènes (préparez vous à voir des verges !).
Loin de faire de la provocation, il s'agit plutôt d'entièreté et de générosité, qui va de pair avec les thématiques rentre-dedans. Critique de la police, de la religion, du journalisme, du sport, de la place réservée aux jeunes démunis par la société : personne n'est épargné !
Le tout dans une immoralité scénaristique particulièrement audacieuse, que peu emploieraient.
spoiler: L'un des protagonistes, après avoir subi un viol collectif brutal, se libère paradoxalement et devient ouvertement gay. Quand un autre finit par ouvrir un bar en profitant du suicide de son meilleur ami handicapé !

Pour l'anecdote, le terme spetters a plusieurs signification en néerlandais. On l'emploie pour désigner un beau gosse ou une belle fille. Ou pour parler de crachats, éclaboussures. Qu'il s'agisse de boue de motocross, d'huile de friture, ou de fluides corporel. Des significations tout à fait appropriées ici...
Leniod
Leniod

16 abonnés 39 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 octobre 2024
Dans la lignée, sans compromis, implacable, de "Passe ton bac d'abord" (1978) de Maurice Pialat, mais à l'âpre réalisme encore plus cru, ici aux Pays-Bas chez de jeunes passionnés de moto-cross. Leur vie changera à la suite de la rencontre d'une peu farouche patronne d'un snack, opportuniste et fan de John Travolta.

Le début est particulièrement réussi, avec de l'humour assez brillant, mais "Spetters" perd peu à peu le rythme, en insistant trop sur le thème de l'homosexualité.

Petit rôle pour Rutger Hauer, fringant, lui qui vingt ans plus tard accumulera les rôles, bouffi, dans d'innombrables DTV d'action américains.

Tourné à Rotterdam et ses environs, dont le village typique de Maassluis.
L'homme sans nom
L'homme sans nom

178 abonnés 1 182 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2023
D'après moi le meilleur Verhoeven avant son départ vers les US, Spetters est encore une fois un film très provocateur du cinéma hollandais qui lui vaudra d'ailleurs un accueil peu positif lors de sa sortie aux Pays-Bas. Quand on aime le ton de ce cinéaste, on ne peut qu'apprécier. Des personnages nuancés très réussis dont on suit les parcours de jeunesses, entre barrières sociales, quêtes sexuelles et sentimentales et surtout espoirs de gloire déchus. Comme il brasse un peu plus de thématique que Turkish Délices, je lui met une note légèrement supérieure.
ClashDoherty
ClashDoherty

271 abonnés 838 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2023
Le grand film méconnu et oublié de Verhoeven, son dernier film à 100% hollandais avant qu'il ne réponde aux sirènes hollywoodiennes (bon, entre ce film et son premier film hollywoodien, "Robocop", il y aura "La Chair Et Le Sang", coproduction entre plusieurs pays dont les USA et son propre pays, film un peu entre deux époques), lui qui finira finalement par revenir dans son pays ("Black Book"). Si Verhoeven a quitté son pays et son industrie cinématographique, c'est parce que "Spetters" a été un tel scandale à sa sortie, aux Pays-Bas, qu'il envisagera de foutre le camp. Sorte de "Orange Mécanique" batave, ce film entremêle violence, sexe, drogue, désoeuvrement, le long de deux heures assez implacables. Pendant des années, il sera difficile de voir ce film en France, il a enfin été réédité en DVD et BR il y à peu de temps, en version intégrale, foncez comme les motards du film (dont Rutger Hauer, acteur fétiche de Popol), ça le vaut, même si ce n'est pas forcément son meilleur film batave ("Soldier Of Orange", sans doute, ou "Turkish Delight") ni meilleur film tout court, ça reste un sacré bon film.
pierrre s.

555 abonnés 3 427 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 mai 2022
Paul Verhoeven n'a pas attendu d'arriver à Hollywood pour choquer et bousculer son public. Il le faisait déjà dans sa Hollande natale. Le réalisateur s'attaque ici à présenter une jeunesse (et même une société) en manque de repères. Sexe, violence, suicide, l'ami Paul n'y va pas avec le dos de la cuillère.
konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 août 2021
Social presque flamand.
Précédemment, je m’étais fait un cycle Verhoeven mais je n’étais pas allé jusqu’au bout et deux films étaient passés à la trappe, Spetters et Le Quatrième Homme. Après l’ambitieux Choix du Destin (ou Soldiers of Orange ou Soldaat van Oranje), Verhoeven poursuit son exploration de la société néerlandaise, dans la continuité de Qu’est-ce que je Vois et Turkish Délices. Nous suivons ici trois jeunes prolos qui vivent de petits boulots dans les abords de Rotterdam. Leur passion commune, c’est le moto-cross. Et les filles. Les girls justement, elles ne sont jamais loin et elles triment elle aussi pour se dessiner une vie. Si l’intrigue ne semble pas mener loin, c’est parce qu’on tient là une chronique sociale, un portrait de génération. On retrouve vite les thèmes chers à Paulo : le conflit intergénérationnel, l’opposition entre tradition et modernité, la place de la religion et son manque d’ouverture. Comme toujours, la place des femmes occupe une grande partie du film. Elles ont les vertus que ces messieurs n’ont pas. Elles y apparaissent intelligentes, conséquentes, fortes, parfois manipulatrices, parfois manipulables. Les hommes ne se posent eux pas autant de questions parce qu’ils ont le loisir de considérer que les portes leur seront ouvertes. A l’image, c’est gris, âpre et cru. Une des grandes qualités de Verhoeven est de ne pas se cacher derrière l’euphémisme et la métonymie. Quand il veux dire, il dit. Quand il veut montrer, il montre. Si ça choque, alors c’est que c’est juste. Ainsi, on sera ou on ne sera pas surpris d’assister à certaines scènes à la trivialité assumée (fellations entre hommes, viol, fluides corporels …). On ressort un peu désabusé de ce constat d’échec du progrès social et sociétal, chacun restant dans le rôle qui lui était attribué dès le départ, comme pour dire que la gesticulation du gamin de 20 ans ne le mènera pas à autre chose qu’à la vie que la société avait choisie pour lui. Punk ou pas punk ? « No future » en tout cas.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 mai 2021
Derrière la tranche de vie mettant en scène de grands adolescents confrontés au monde adulte se cache une critique acerbe de la société néerlandaise qui ne réserve à sa jeunesse que des rêves atrophiés par la précarité économique et intellectuelle. La carence culturelle conduit les personnages à se passionner pour des activités triviales et artificielles qu’ils considèrent comme essentielles, sur lesquelles ils projettent leurs frustrations et leurs fantasmes : la moto-cross devient le nec plus ultra de la réussite, la vendeuse de frites mute en muse qu’il faut séduire et mettre dans son lit pour prouver aux autres et se prouver à soi que l’on vaut quelque chose. De cette inversion des valeurs, Paul Verhoeven tire un long métrage porté par une énergie double, à la fois vigoureuse et mélancolique, en constant mouvement et pourtant rattrapé par une fatalité qui colle à la peau telle l’odeur des fritures. « La vie est une croquette », affirme Fientje haut et fort : voilà une sentence peu poétique mais adaptée à la situation. Spetters s’approprie ainsi les codes de la tragédie, qu’il dégrade et farde volontairement sous les traits d’une production aguicheuse et provocante ; il parvient à convertir la médiocrité de ses protagonistes en une beauté véritable, quelque peu redondante, mais qui sait toucher par sa justesse et son désespoir à fleur de peau.
Ykarpathakis157

6 190 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 13 février 2021
Le problème est que ce film ne peut pas décider de ce qu'il veut être. Il y a trop de sujets sérieux pour que ce soit une comédie mais les personnages sont beaucoup trop unidimensionnels et les situations et les développements sont beaucoup trop absurdes pour que ce soit un drame. Certaines scènes sont très sérieuses, d'autres sont censées être drôles et tout cela se déroule de manière très maladroite. Je sais qu'il est possible de mélanger le drame et la comédie de manière efficace mais ce n'est certainement pas le cas dans Spetters. Et puis bien sûr il y a beaucoup de sexe et de nudité. Les gens qui ne viennent pas des Pays-Bas pourraient être choqués de voir jusqu'où ce film va mais là encore j'ai vu pire dans les films néerlandais. Il suffit de dire que la nudité ajoute très peu et n'est pas du tout érotique ou alléchante elle est juste là. Le jeu des acteurs est correct il y a beaucoup d'acteurs célèbres dans ce film du moins selon les normes néerlandaises. Paul Verhoeven est très doué pour les films d'action (Starship Troopers, Total Recall) ou les thrillers sombres (Basic Instinct) mais il devrait probablement se tenir à l'écart du drame, de la comédie ou de toute combinaison de ces deux genres...
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 août 2020
En référence au célèbre « Hollandais volant » (vaisseau fantôme légendaire), Paul Verhoeven a été surnommé « Le Hollandais violent » peu de temps après son arrivée à Hollywood en 1985. Il faut préciser qu’il avait déjà bâti sa sulfureuse réputation dans son propre pays dont il avait rudement secoué le cinéma endormi avec six films tournés de 1971 à 1983. Auteur revendiqué, il choque par sa manière frontale d’aborder les thèmes évoqués dans ses films. Sa démarche est provocante mais son talent est reconnu. « Le choix du destin » (1977) qui s’intéresse aux parcours divergents de six étudiants en droit au moment où éclate la Seconde Guerre Mondiale a bénéficié du soutien des pouvoirs publics néerlandais. Trois ans plus tard, «Spetters » scellera définitivement la cassure du jeune réalisateur avec le milieu du cinéma de son pays. C’est cette fois-ci la jeunesse ouvrière contemporaine de son pays dont Verhoeven expose les mœurs au sein d’une société qui se refuse à regarder en face les changements qui s’opèrent en son sein. Faisant le pendant aux six étudiants bourgeois du « Choix du destin », trois jeunes adolescents évoluant dans le milieu très machiste du moto-cross font l’apprentissage de la vie dans leur village où les traditions résistent encore hardiment au vent de liberté insufflé par la musique rock qui rythme le garage où ils réparent et peaufinent leurs motos avant les compétitions locales. N’édulcorant jamais son propos et n’hésitant jamais à bousculer les convenances, Verhoeven axe cet apprentissage de la vie sur la découverte de la sexualité symbolisée par Fientje (Renée Soutendijk), une jeune fille de passage au village. Fientje utilise clairement sa sensualité provocante, afin de trouver celui qui sera en mesure de lui permettre de quitter la baraque à frites qu’elle tient avec son frère, en lui offrant la situation financière la plus stable. Comme dans « Le choix du destin » les parcours de chacun seront contrastés, servant de véhicule au réalisateur pour évoquer toutes les thématiques qui lui tiennent à cœur comme le déterminisme social, la rigidité protestante parfois castratrice, la frustration, l’homosexualité ou encore l’amitié. « Grease » (Rendal Kleiser) sorti deux ans plus tôt sert de modèle inversé à Paul Verhoeven. L’environnement édulcoré de la jeunesse présenté au travers d’une comédie musicale par Hollywood est chez Verhoeven exposé sans détour. Toon Agtertberg qui interprète un des trois jeunes est certes une copie batave de John Travolta (son poster est montré deux fois dans le film) mais son parcours sera beaucoup plus tortueux et surtout moins glamour que celui de Danny Zuko (John Travolta). Trop cru pour son époque le film sera éreinté par la critique ce qui ne l’empêchera pas de récolter un succès public en Hollande. Remarqué par Steven Spielberg à la suite du « Choix du destin », Paul Verhoeven avait été un temps envisagé pour réaliser la suite de « Star Wars ». La polémique autour du film et son ton jugé trop subversif a brutalement refroidi les ardeurs des producteurs américains. Il faudra attendre 1987 pour qu’il signe « Robocop » qui l’installera d’emblée dans les réalisateurs à succès d’Hollywood. On connaît la suite.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 octobre 2018
"Spetters" prouve que le cinéma de Paul Verhoeven mérite d'être connu, même avant la fameuse période américaine du "hollandais violent". Le film est un portait sans concession d'une jeunesse devant composer avec sa fougue, ses rêves brisés et une éducation à la rigueur exagérée, basée sur des motifs chrétiens obsolètes. Pendant deux heures, "Spetters" avance au rythme de ses personnages, pas forcément tous sympathiques mais ambivalents et entiers, auxquels on peut donc s'identifier. Aucun d'entre eux n'est clairement défini, chacun peut être pris d'un élan vitaliste revigorant comme déchiré par des événements dramatiques et révélateurs qui dépassent la simple provocation; par exemple, la scène du viol n'a pas pour fonction de choquer, elle va bien plus loin en opérant un renversement surprenant dans la mesure où le personnage agressé n'est pas traumatisé mais éprouve un plaisir qui lui fait prendre conscience de son homosexualité jusqu'alors refoulée. Le spectateur change donc d'avis sur un personnage qu'il pensait homophobe, tout comme il ajuste son jugement à propos de la belle Fientje, certes arrogante et manipulatrice mais capable aussi de compassion et de s'affirmer au moment de se défendre, un modèle de femme forte que l'on retrouvera par la suite chez Verhoeven. De même que les personnages sont toujours mobiles, car inscrits dans des situations tour à tour joyeuses et violentes, dérisoires et humiliantes, les émotions qui parcourent l'ensemble varient, allant de la comédie potache au drame poignant, nous faisant passer du rire aux larmes au fil d'une trajectoire aussi initiatrice que destructrice : la perte de l'insouciance conduit ici autant au désespoir et à la mort qu'à une meilleure connaissance de soi et à une appréhension plus juste de la vie adulte. Ainsi, dès "Spetters", Verhoeven assume l'absence d'univocité pour mieux rendre compte de sa vision de l'humanité : violente, tendre, complexe.
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 novembre 2017
Un très bon film sur les classes sociales en Hollande dans les années 1980. Le thème social est très bien traité.
Cyril J.
Cyril J.

33 abonnés 625 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 août 2017
Ce film Hollandais de 1980 raconte les attachantes histoires de trois jeunes potes aux vies légères, joyeuses et dissolues, amateurs de motocross, dont les sorts bien particuliers et divergents seront liés par l’admiration qu’ils prêtent pour un champion, et surtout par l’entrée dans leur vie d’une jeune femme résolue qu’ils partageront chacun à leur manière. L’un a l’étoffe d’un futur champion mais verra sa vie complètement basculer ; le second, fils d’un pasteur fanatique, réalise la supercherie de son homophobie ; tandis que le troisième accumule les maladresses. Fidèle aux créatures féminines décrites par Paul Verhoeven, la jeune femme, vendeuse de frites, qui en a où je pense, qui n’a froid ni aux yeux ni au c., et qui exige son ascension sociale par tous les moyens, jettera son dévolu sur chacun d’eux.
Ce bon petit spectacle bien prenant dépeint quatre portraits sociaux d’une jeunesse qui s’improvise et se construit, et dont les scènes sexuelles, de souffrance ou de viol l’adresse clairement à un public adulte. Vilipendé pour homophobie et misogynie, et interdit de sortie à l’époque pendant 12 ans, à cause du crétinisme journalistique chroniquement esclave de la bienséance et de la noyade facile dans le premier degré, ces aspects semblent pourtant un peu édulcorés avec ce qu’on peut voir aujourd’hui. Néanmoins la jeunesse, la joie et la souffrance, la légèreté et la douleur psychologiques, invisibles par l’image, restent intacts.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 juin 2016
Très spécial, comme film. Beaucoup de scènes érotiques, voire pornographiques, des jeunes qui se posent des questions avec une envie de partir loin des leurs, une vendeuse de snacks frites qui couche avec chaque jeune en espérant que ce soit celui qui ait le plus de fortune, et de la motocross sans réel championnat et avec quelques accidents bêtes. On accroche ou pas. Personnellement, j'ai eu du mal avec les scènes crues, surtout concernant les aventures et mésaventures du frappeur de gigolos.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 février 2016
Avec "Spetters", Paul Verhoeven s'intéresse au destin de trois jeunes hommes fans de moto-cross et à celui d'une jeune femme fort séduisante tenant une baraque à frites mais aspirant à une vie meilleure. C'est un film qui fit scandale à l'époque de sa sortie et l'on comprend aisément pourquoi en le découvrant dans sa version non-censurée. Viol, fellation, scènes de nu décomplexée et ton quasiment tragique, le film a de quoi décontenancer. Imprévisible, s'attardant sur un personnage et une thématique avant de partir dans une autre direction, c'est une fable sociale presque cruelle abordant de vastes thèmes comme l'homosexualité, l'ambition, le handicap. On s'attache à ses personnages pour les voir subir les affres de la vie, le tout avec un sens de la narration et de la mise en scène qui n'échappera à personne. C'est drôle, féroce, cruel, parfois longuet mais ça transpire d'une sincérité et d'un regard terriblement réaliste en dépit de quelques trous dans la narration.
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