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4,0
Publiée le 4 octobre 2018
Mélange de policier et de western, David MacKenzie montre par le prisme de ces deux frères braqueurs le sentiment d'abandon qu'éprouve l'Amérique profonde hermétique au changement opéré lors des cinquante dernières années. Celle qui a voté Trump sûrement pensant que ça allait faire bouger les lignes. Sa caméra s'attarde longuement sur des paysages complétement désertiques. Pas d'usine. Pas d'animation. Ni de végétation. Rien. Un bar. Par ci, par là. Des paysans qui se lamentent de ne plus pouvoir vivre de leur bétail et qui comprennent que leurs enfants ne veulent pas prendre la relève. Face à ces braquages de plus en plus violents, deux policiers désabusés et proches de la retraite vont les prendre en chasse. Chacun est dans son rôle, à l'opposé de l'autre. Le ranger indien doit subir les vannes racistes de son compère. Quant aux hors-la-loi, l'un est tête brûlée. L'autre est plus réfléchi et ne souhaite pas faire de victimes inutiles. Leur ennemi, avant tout, étant les banques particulièrement dans leur collimateur pour une affaire de famille. La sécheresse des panoramas va de pair avec la violence des scènes d'action. Et pourtant, il est aussi possible d'être touché par l'amitié entre ces deux flics et par l'amour fraternel liant les deux frangins. Bien qu'ils ne soient tous pas entièrement sympathiques ni complétement mauvais d'ailleurs, j'en viendrais presque à avoir envie d'aller me dessécher la gorge avec eux au saloon du coin.
Un très bon polar qui se passe en Texas de notre temps réalisé par le cinéaste inspiré David Mc Kenzie !! Je précise le lieu et la date parce qu'on se croirait un peu dans un Western avec des hommes portant des chapeaux de cowboys, le désert, les villes abandonnées, les armes etc.. . L'histoire de deux frères qui font des braquages de banques encagoulées mais ils ne le font pas pour les mèmes raisons, le cadet a fait appel à l'autre qui est plus expérimenté en la matière pour payer les dettes familiaux. En mème temps, deux officiers de police à la retraite les suivent sur les traces en questionnant les témoins de banques attaqués et leurs alentours est mise sur une banque comme prochaine attaque. Un long métrage qui m'a beaucoup plu avec une mise en scène élégante avec pour décors le Texas et sa musique qui sont magnifiques, un scénario pas bète et habile qu'on se demande comment cela va se finir, c'est réaliste dans sa violence et dans l'ensemble, le cinéaste David Mc Kenzie a fait du très bon travail. Les comédiens sont excellents tels que Jeff Bridges qui prend de l'age comme tout le monde dans la peau du shérif moustachu et les deux frères incarnés superbement par Chris Pine et Ben Foster. Je recommande "Comancheria" à tout bons cinéphiles.
Hell or High Water, Western languissant sous le soleil du Texas est un exercice de style réussi à l'atmosphère lourde et qui parvient malgré sa malgré sa lenteur apparente à conserver une réelle tension psychologique entre son excellent trio d'acteurs. Pine nous prouve qu'il sait être plus qu'un héros de comics, Bridges rend crédible un personnage de vieux flics retord pourtant vu et revu et Foster rend beaucoup plus nuancé son personnage réduit par le flic à un gangster sanguinaire qui tue pour le plaisir. Au final un film aux ambitions modestes mais sincères et un très bon choix.
Une vraie claque, tel est mon résumé. C'est une véritable plongée dans un monde oscillant entre modernité et histoire passée d'une Amérique se cherchant sans réellement se trouver. La qualité de la mise en scène couplé à la sobriété du jeu d'acteurs (toujours dans la justesse) est tout simplement bluffante, à tel point que le scénario n'est au final que secondaire. Un vrai moment de cinéma, dans la droite inspiration d'un film des frères Cohen ou de Clint Eastwood, c'est peu dire.
Western des temps modernes, Comancheria recycle tous les codes du genre dans un film mélancolique. Cette histoire de chasse à l'homme entre des braqueurs de banques qui volent pour vivre et un cowboy à l'ancienne, proche de la retraite, permet de se plonger dans un Texas métamorphosé. Les chevaux ont laissé place aux bolides tunnés, les vastes plaines fertiles sont remplacés par des champs de pétrole, les commerces laissent leurs places aux banques, les indiens n'ont plus de terre, et les américains collaborent avec les comanches plutôt que de se faire la guerre. Cette critique de la société qui a bien changé prend une grande place dans ce film. L'interprétation est très bonne mais le manque criant d'optimisme et ce fatalisme assumé peut parfois lasser.
Comancheria, le titre français du film, ne rend pas hommage au très beau titre de la version originale : Hell or high water qui signifie quoi qu’il advienne. Dans ce polar rugueux, deux frères commettent des braquages de banque après la mort de leur mère pour éviter la saisie du ranch familial. Bientôt, un ranger à quelques jours de la retraite et son adjoint sont à leurs trousses, bien décidés à les arrêter. Mêlant des genres très différents (western, film de braquages, drame social, tragédie familiale), le scénario de Taylor Sheridan (qui avait écrit celui de Sicario) se démarque de la production habituelle. Le contexte prend place dans une Amérique délaissée et pauvre, dans des ranchs qui tombent en ruine, où des cowboys fatigués et désespérés sont prêts à tout pour retrouver un peu de dignité. Il y a quelque chose de très beau dans ces personnages abimés et aculés, mais aussi dans ces territoires désertiques et poussiéreux. Il faut reconnaître au réalisateur David Mackenzie (Perfect Sense, Les poings contre les murs) le talent de savoir mêler intensité et apaisement, humour et tragédie inéluctable. Tanner le dit, il ne connait personne qui s’en soit tiré. Si Toby (interprété sobrement par un Chris Pine charismatique) est le frère le plus « propre » sur soi, père divorcé essayant de mettre ses enfants à l’abri de la pauvreté, c’est Tanner (impressionnant et intense Ben Foster, habité par la rage et la violence) qui est le personnage le plus intéressant : impulsif, sang chaud, fils mal aimé qui cache sa souffrance sous une couche d’humour gras et de cynisme, qui n’a peur de rien et qui est prêt à tout pour son petit frère. Leur duo fait miroir à celui du ranger Marcus (Jeff Bridges, impeccable) et son acolyte (Alberto Parker), un duo moins fort mais aussi émouvant. Sous les moqueries et blagues de mauvais goût lancés par Marcus, on sent le lien qui l’unit et l’amitié qu’il porte à son ami. Quatre cowboys lancés dans leurs quêtes de justice, au final pas si différentes, dans des paysages magnifiques. Avant de conclure, saluons la superbe BO du film, qui s’accorde parfaitement avec l’univers très riche du film, composé par Nick Cave (à qui l’on devait déjà la BO de L’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford) et Warren Ellis.
Comancheria transpire le Texas par tous ses pores. On pourrait se dire, cliché ! cliché ! Mais non, le film décrit la réalité de l'état du sud. L’Amérique de l’Amérique. Superbement tourné avec des personnages élevés au Tex Mex baignant dans une histoire qui prend sont temps et qui permet au spectateur de s'installer dans la culture locale et ses paysages. L'intrigue des quatre protagonistes aux caractères trempés, 2 gendarmes et 2 voleurs, est impeccable et agrémenté de dialogues pur jus parfaitement dosés.
Il subsiste à comancheria une odeur de mort, une amertume à la fois douce et écrasante comme le soleil qui semble appuyer sur les épaules d'un Jeff Bridges fatigué. Ce polar texan vient nous rappeler que l'Amérique ne se limite pas à la surpopulation des mégalopoles et dresse le portrait d'un lieu à l'abandon, désabusé à l'image de ces quelques personnages que croiseront nos deux braqueurs de banques dans leur quête osée et d'une ironie malsaine. Comancheria (Hell or high water) vient, malgré son rythme parfois aussi pesant que son sujet, nous offrir l'ersatz d'un film de braquage pour nous faire glisser lentement mais efficacement vers un western moderne aux accents de satire sociale uniquement possible par ce lieu figé dans le temps. Une ombre plane continuellement sur la caméra et les plans de David MacKanzie qui sont accompagnés d'une bande son plaintive aux accents de requiem pour nos antihéros incarnés par le duo Chris Pine / Ben Forster en grande forme. Une belle réussite qui ne laisse rien au hasard et nous offre un final d'une simplicité grandiose.
Bon thriller emmené par d'excellent acteurs, "Comancheria" captive d'un bout à l'autre. Doté d'un scénario plus profond qu'il n'y paraît, ce polar aux douces allures de western contemporain remplit clairement son devoir. On a jamais vu Chris Pine aussi convaincant !
Comancheria, film plutôt minimaliste et ancrée dans les codes qui forment un alliage trouble loin de tout les préfabrications du genre. Si je devais définir ce long métrage c'est comme cela que je m'y prendrai. Un film très profond, les liens sont inépuisables, la prestation d'ensemble des comédiens en est le parfait exemple. Chris Pine, Jeff Bridges, Ben Foster et Gil Birmingham sont tout les quatre aux diapasons des uns et des autres. Le travail retentissant du scénariste ( Taylor Sheridan ) et du réalisateur ( David Mackenzie ) font de Comancheria un Western accomplit.
Taylor Sheridan avait déjà fait sensation avec son scénario de Sicario qui avait été magnifié par Denis Villeneuve. Au point même qu'en l'espace d'une seul scénario il a réussi à se faire un nom. Voilà donc un an après et il voit son deuxième script adapté au cinéma, mais cette fois-ci par le britannique David Mackenzie. Ce dernier à une fascination non dissimulé pour le cinéma américain, il a su avec le temps avoir une filmographie éclectique et maîtrisé où il a pu démontrer tout son talent. Même si il a plus l'étoffe d'un faiseur que d'un véritable auteur, il arrive toujours à tirer le meilleur de ses scénarios. Accompagné en plus d'un casting prestigieux, tout laisse entendre que l'on va assister à un très bon moment de cinéma.
Le scénario écrit par Taylor Sheridan se révèle assez classique au final, pour ne pas dire prévisible. D'une certaine manière, il souffre des mêmes défauts que Sicario qui ne renouvelait pas les codes du genre dans lequel il s'imposait mais se contentait juste de les ré-exploiter avec efficacité. Ici c'est à peu près la même chose, Sheridan utilise les codes du western, du film de braquage et du road movie pour faire avancer un récit pour le moins prévisible. Malgré tout, même si il ne nous prendra jamais par surprise on se laisse bercé par ce dernier car il fait preuve d'une sincérité assez étonnante. Il y a une vraie déclaration d'amour pour le genre à tout les niveaux. Les personnages sont définis avec justesse surtout grâce à un double duo très attachant. La relation entre les deux frères se base beaucoup sur les silences et brosse le portrait de deux individus brisés par la société et la vie, qui décide de se rebeller par esprit de revanche. Leur histoire se montre touchante et distille une mélancolie sur le désenchantement du monde, sur l'ancrage des traditions qui mène les gens à leurs pertes. Tout ceci fait très bien écho à la relation entre le vieux flic et son coéquipier qui représente bien cette stagnation des préjugés dans un univers qui se refuse au changements.
Le film arrive grâce à ça à livrer des moments d'une pure beauté lyrique, comme cette superbe scène où des cowboys tente d'échapper à un incendie avec leurs troupeaux, sans pouvoir compter sur une aide extérieur. Ces moments sont vraiment mis en scène avec grâce par David Mackenzie qui sait à la fois se fait plus posé et poétique dans l'approche de ses personnages mais qui sait aussi retranscrire à merveille l'urgence des situations. Comme à son habitude, il embrasse le récit à la perfection, même si il ne transcende jamais ce qu'on lui donne, il en tire toujours ce qu'il y a de plus efficace. Son travail est inspiré et maîtrisé. Mais ce qui fait vraiment la saveur de l'ensemble c'est la perfection du casting, notamment le trio principal. Jeff Bridges excelle dans le rôle d'un flic vieillissant et bougon, qui transpire l'amertume surtout qu'il arrive à nuancer son jeu de façon assez habile dépassant les stéréotypes de son personnage. Chris Pine est plus en retrait ici, mais c'est aussi voulu par l'écriture de son rôle. Il offre une prestation monolithique d'un homme qui s'efface derrière une cause plus importante que lui et se montre impeccable. Néanmoins, la performance du film reviens à Ben Foster qui est absolument incroyable d'intensité. Il brosse son personnage tout en finesse dans une interprétation habité et crève littéralement l'écran.
Hell or High Water est un film d'une efficacité folle et qui s'impose comme une belle réussite. Même si il ne chamboule pas les mécaniques du genre et que le récit est à la fois classique et prévisible, il arrive à porter un regard intéressant sur une époque révolue mais qui persiste à faire son trou dans la société et l'esprit des gens. Mis en scène de manière inspiré et soutenu par un casting incroyable, Ben Foster en tête qui livre un de ses meilleurs rôles, le film emporte le spectateur dans une balade mélancolique et touchante qui ne révolutionnera pas le cinéma mais qui fait passer un bon moment.
Le meilleur film de la rentrée 2016. Par le scénariste de Sicario, donc ne me tentait pas plus que ça de prime abord, Sicario ayant été une petite déception. Un western de 2016, pourquoi pas? Il suffit que les enjeux et que le face à face soit convainquant. Et c'est là que David Mackenzie a fait très fort car il va encore plus loin, il offre un vé-ri-ta-ble western, avec toute une énergie parfaitement retranscrite, choisissant avec l'évidence même, la région du Texas ou subsiste les derniers irréductibles "cow-boys". Une Amérique souffrant de diverses maux, la température prise au début dévoile au fur et à mesure de l'avancement de l'intrigue les multiples couches d'un scénario futé et convainquant. Finalement Comancheria est la proposition d'un croisement d'univers d’apparence difficilement conciliable. Une aventure rythmée sans surenchère de l'improbable, c'est d'ailleurs ce qui est d'autant plus séduisant dans ce polar à ne pas manquer. Je complète donc mon entrée en matière, peut-être un des meilleurs films américains de l'année. Sans être totalement passionnant, il permet une petite réflexion captivante sur les conséquences de notre système.
Un thriller au milieu du midwest avec des cowboys et des indiens, des bracages et un shérif qui course les bandits, un western moderne, néanmoins même si le casting est présent ce film s’epoumone progressivement. Pas mal mais pas incontournable
Une petite pépite du cinéma indépendant américain. Et pourtant c’est le réalisateur britannique David Mackenzie qui s’y colle. Ce film, sorti en 2016, mélange habilement thriller et western contemporain avec une bonne dose de crasse humaine. La course-poursuite qui s’engage entre deux braqueurs (Chris Pine et Ben Foster) et des Rangers contient son lot de cynisme, tout en brossant le portrait d’une société texane engluée dans la misère. Les différents personnages tentent tous de guérir des blessures intérieures, ce qui les rend attachants malgré le caractère immoral de leur comportement. La mise en scène bien rythmée concourt également à rendre cette histoire captivante. Bref, une œuvre minimaliste mais diablement efficace.