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Nicolas S.
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4,5
Publiée le 31 octobre 2017
"Comancheria" vaut avant tout (mais pas seulement) pour son scénario. Celui-ci a été classé meilleur script de la Black List 2012. La Black List correspond à une liste des meilleurs scripts en attente de production. Y figurer est donc déjà un grand honneur. Mais qui alors signe ce petit bijou ? Taylor Sheridan. Son nom ne vous dit peut-être pas grand chose mais son visage peut-être un peu plus : c'est le policier David Hale dans "Sons of Anarchy". Pourtant, le texan a fait un grand coup d'éclat en 2015 en signant le scénario de "Sicario" de Denis Villeneuve, un joli succès.
Sheridan a écrit ici un scénario brut, efficace mais aussi avec une vision assez attendrie sur ces 2 frères un peu bras cassés qui se lancent dans une série de braquages pour pouvoir soutenir financièrement les enfants d'un de ces deux frères. Les dialogues sont au cordeau, l'histoire n'ennuie jamais et ne baisse jamais en rythme et on sent que Sheridan connaît bien le Grand Ouest et, plus particulièrement, le Texas. Il n'y a juste rien à redire sur ce scénario. Il est excellent et il a mérité sa réputation lorsqu'il est apparu sur la Black list.
Mais réduire "Comancheria" à son scénario serait passer à côté d'autres choses. Ce serait notamment passer à côté du jeu d'acteurs très nuancé de Chris Pine, de Jeff Bridges ou de Ben Foster (méconnaissable) entre autres. Ce serait aussi passer à côté de l'excellente bande originale signée par Nick Cave et Warren Ellis qui vous transporte directement dans ces grandes étendues désertiques et poussiéreuses du Texas. Enfin, ce serait passer à côté de la réalisation de David Mackenzie qui a très bien su retranscrire l'histoire de ces deux frères et de ces 2 Texas rangers qui leur courent après.
Dans le genre policier, ce film joue moins sur le ressort, souvent artificiel, de l'action mais sur le plan de la psychologie des bandits et de ceux qui les poursuivent, sous fond de réalisme social. L'intrigue, située dans le Texas rural, offre un récit agréable, bien servi par les acteurs. Bonne réalisation générale. Très recommandable.
Comancheria entre directement en tête de mon top film de 2016 ! Quel film ! Tout sonne tellement juste. C'est si bien réalisé, si bien écrit. Le scénariste est le même que pour Sicario et ça se sent. Tout fonctionne, tout est parfait.
Dans cette histoire, on suit deux frères qui s'improvisent braqueurs de banques dans le Texas. Ils sont traqués par deux rangers, dont un joué par le vétéran Jeff Bridges qui crève juste l'écran avec son accent à couper au couteau et ses vannes racistes incessantes envers sont coéquipier mi indien mi mexicain. Et malgré cela, on ne peut que aimer ce personnage, on ne peut que rire à ses blagues pourries. Comme l'auteur parvient à faire le tour de force de nous faire apprécier les deux frères losers braqueurs de leur état.
C'est là où le film est génial, c'est qu'il n'est pas manichéen. Tous les personnages ont leurs qualités et leurs défauts, leurs forces et leurs faiblesses, de la grandeur et de la vilenie. Le Némésis désigné semble être le monde de la finance et plus particulièrement les banques mais c'est plus compliqué que ça, puisque le portrait des personnages est aussi sans concession, on connait certes leurs motivations mais cela n'absout pas tous leurs actes.
Les trois quarts du films se déroulent dans une ambiance presque bon enfant dans ce Texas si particulier, avant que la violence ne prenne ses droits (ah le port d'armes généralisé), que les actes des protagonistes n'aient des conséquences terribles.
Personne ne ressort indemne de cette histoire, surtout pas le spectateur. Une grande réussite.
La réalisation est simple mais intelligente, dans le sens où il n’y a pas d’effets tape-à-l’œil, afin de laisser toute la place à l’histoire, aux acteurs et aux paysages.
Dans le même esprit, le scénario n’est pas plein de rebondissements, mais il est intéressant et permet de mettre en lumière la situation économique de certaines régions (le Nouveau-Mexique en l’occurrence).
Rien à dire sur la qualité de l’interprétation, les deux duos fonctionnent très bien et les acteurs sont tout à fait convaincants.
Ces 3 éléments réunis permettent d’obtenir un film simple, sincère et agréable à regarder.
Hell or High Water, poursuite mélancolique dans un Texas asséché par la crise, fait courir et se camoufler ces comanches modernes, ennemis de tous temps et seigneurs des vallées. Ces figures traversant loi et banditisme luttent contre cette asphyxie financière, traduite dans de superbes plans de champs brûlés où quelques cow-boys interrogent leur héritage. Tel No Country For Old Men, le film de MacKenzie invoque le western, ses virées injustes et ses solitudes impitoyables, où le pick-up de nos voleurs fait fuir un cheval texan et affronte la voiture tunée de gangsters au rabais dans le même plan. Le polar croise alors le chemin de la comédie noire à travers quelques lignes de dialogue bien racées, les tords de l'Amérique en ligne de mire, jusqu'à la dernière ligne droite qui impose définitivement son élan désabusé. Jeff Bridges domine sans conteste par son flegme universel, tiraillé de quelques touchantes fulgurances, mais c'est surtout la folle performance du sous-exploité Ben Foster qui prend aux tripes. Épuré et amer, bercé par l'excellent son de Nick Cave et Warren Ellis, Hell of High Water expose magnifiquement la chevauchée d'un pays rongé par la finance, son nouveau Goliath.
Pour rembourser le crédit immobilier qui les étouffe, deux frères s’improvisent braqueurs de banque. Deux Rangers opiniâtres les traquent.
Terre traditionnelle des Comanches, la Comancheria est située à l’ouest du Texas. C’est une région aride et inhospitalière. C’est le cadre de ce film hybride, à l’intrigue volontairement minimaliste, à la confluence du drame social, du polar et du western.
Drame social. L’Écossais David MacKenzie filme l’Amérique profonde. L’Amérique des petits bleds paumés, des motels poisseux, des casinos glauques. L’Amérique écrasée par la crise de subprimes. L’Amérique obsédée par les armes à feu et la liberté d’en faire (mauvais) usage. La terre regorge de pétrole comme dans « Giant » ; mais la misère partout menace comme dans « Promised Land ».
Polar. Toby (Chris Pine beau comme un Dieu) et son frère (Ben Foster chien fou) braquent des banques avec l’amateurisme des néophytes et l’audace de ceux qui n’ont plus rien à perdre. Un peu Bonnie and Clyde. Un peu Thelma et Louise. Deux Rangers, un pré-retraité (Jeff Bridges au sommet de son art) et un sang-mêlé, mènent l’enquête à leur façon. Violence en moins, on pense à « No Country for Old Men ».
Western. Dans sa dernière partie, « Comancheria » subvertit les codes du western. Difficile d’en dire plus sans dévoiler le dénouement de l’intrigue. Moins prévisible que la sanglante confrontation finale : le face à face qui la suit donne au film une profondeur inattendue.
Le meilleur film de la rentrée 2016. Par le scénariste de Sicario, donc ne me tentait pas plus que ça de prime abord, Sicario ayant été une petite déception. Un western de 2016, pourquoi pas? Il suffit que les enjeux et que le face à face soit convainquant. Et c'est là que David Mackenzie a fait très fort car il va encore plus loin, il offre un vé-ri-ta-ble western, avec toute une énergie parfaitement retranscrite, choisissant avec l'évidence même, la région du Texas ou subsiste les derniers irréductibles "cow-boys". Une Amérique souffrant de diverses maux, la température prise au début dévoile au fur et à mesure de l'avancement de l'intrigue les multiples couches d'un scénario futé et convainquant. Finalement Comancheria est la proposition d'un croisement d'univers d’apparence difficilement conciliable. Une aventure rythmée sans surenchère de l'improbable, c'est d'ailleurs ce qui est d'autant plus séduisant dans ce polar à ne pas manquer. Je complète donc mon entrée en matière, peut-être un des meilleurs films américains de l'année. Sans être totalement passionnant, il permet une petite réflexion captivante sur les conséquences de notre système.
Un très bon film, avec de très beaux paysages, on est immergés dans ce Texas désertique et ses villes fantômes, et dans ces casses improvisés. Chris Pine est très bon mais je retiendrai surtout la prestation de Ben Foster, excellent. Très bon scénario, très bonne bande son, très agréable à visionner.
Film viril, avec un scénario et un casting irréprochables. Le chassé-croisé de ces hommes dans une ambiance quasi-désertique renouvelle le genre du western.
Un bon film pas super super americaniser comme on en voit beaucoup. Un scénario qui tiens la route t des acteur qui encore une foi jouer à merveille. Je le conseil 5 étoiles parce que j'ai vraiment adorer.
Bjr décidément une "fin août début septembre" (tiens! un titre de film) de toute beauté enfin...pour moi. Après Frantz, Le Fils De Jean, Blood Father...Comancheria un bon "block" américain bien ficelé sur un scénario qui certes ne casse pas deux pattes à un canard mais c'est tellement bien filmé entre lenteur, action violente, réflexions diverses le tout dans les bleds les plus reculés et improbables des USA où le rêve américain a pris du plomb dans l'aile sous un cagnard de feu. Sans compter des acteurs au top derrière un énorme J. Bridges en shérif impayable et C. Pine et B. Foster au diapason dans le rôle des frangins braqueurs. Bref, du cinoche comme on l'aime et comme les ricains savent encore faire.
Thriller lo-fi des grands espaces, slow western, Comancheria est un produit étonnant, qui sort de l'épure.
Filmé avec des moyens de blockbuster, il étale langoureusement des attributs de films d'auteur : un titre US impossible (Hell or high water), un rythme neurasthénique, une intrigue qui s'effiloche au fil des minutes.
Le film bénéficie à plein des qualités de ses auteurs : la mise en scène éthérée du britannique David Mackenzie, la pertinence des choix de Nick Cave à la bande-son, la perfection d'un excellent casting.
Si tout semble flotter dans le film, c'est pour le plus grand plaisir du spectateur attentif, qui se régale de la photo somptueuse et de l'avancée lymphatique de l'histoire, moralement discutable, cahotant jusqu'à une ultime scène d'une sympathique ambiguïté.
Comancheria est un joli film de genre, typé et bien réalisé.
"Le polar de l'année" ? Franchement pas "polar", mais beaucoup mieux - et un très bon film, qui sait vous captiver dès les premières images, sans jamais faire baisser votre attention. "Contre Vents et Marées" ("Hell or High Water" : pour donner la mesure de ce qui doit être accompli, coûte que coûte...) est situé dans l'Amérique des Oubliés, "petits Blancs" du Texas profond, rural. " Tanner" (Ben Foster), l'aîné (39 ans) a un passé de violence spoiler: (depuis qu'il a tué un père lui-même violent) , une "expertise" de braqueur et 10 ans de tôle au compteur. "Toby" (Chris Pine), le cadet, est lui le "bon fils" qui a aidé comme il a pu, honnêtement, leur mère qui vient de mourir, usée et malade. Le ranch familial est à l'abandon, les dernières vaches étiques ont succombé, les dettes se sont accumulé, et la banque va saisir.... Sauf si... On va découvrir, habilement distillé, de scène en scène, le pourquoi des étranges (et plutôt minables) holdups qu'enchaînent les deux frères (la "tête", Toby, et la logistique, côté armes surtout, Tanner). Le duo de malfaiteurs est rapidement pris en chasse par un duo de "Texas Rangers" : le rugueux et opiniâtre "Marcus" (Jeff Bridges), qui va prendre sa retraite dans quelques semaines, et "Alberto" l'Amérindien (Gil Birmingham - d'ascendance... comanche). spoiler: Quand la machine s'emballe, il en restera deux au tapis - un dans chaque camp... Mais l'histoire ne s'arrête pas pour autant - elle s'achève d'ailleurs en pointillés ! Ce "Comancheria" (titre "français", certes en situation... géographique, mais beaucoup moins parlant que le titre original) est une histoire de famille d'un côté (les frères) et d'amitié (les rangers) de l'autre - c'est dire si la dimension humaine y est essentielle (à laquelle tous les personnages en fait, même secondaires, participent....), au-delà du "thriller" prenant. Le Britannique David Mackenzie (le réalisateur du très décevant US "Toy Boy", mais aussi du bien meilleur "My Name is Hallam Foe", tourné en Ecosse) met impeccablement en scène cette riche palette d'émotions - elle-même admirablement servie par de bons interprètes, le multioscarisé Bridges en tête.