Deux frères organisent une série de braquages, visant uniquement les agences d’une même banque, dans le but de rembourser leur crédit avant que la propriété familiale ne soit saisie. À leurs trousses, ils vont se retrouver avec deux Texas Rangers bien décidés à les arrêter…
Deux ans après son film carcéral (Les Poings contre les murs - 2014), David Mackenzie (The Criminals - 2026) adapte le superbe scénario de Taylor Sheridan, à qui l’on doit Sicario (2015) & Wind River (2017), pour nous embarquer à la fois au coeur d’un western urbain, d’un thriller et d’un film de casse, âpre et sans concession.
L’atmosphère pesante, l'aridité du Texas et l’injustice sociale qui gangrène ces petites bourgades vous prennent aux tripes où pendant toute la durée du film, pas le moindre temps mort ne viendra enrayer une machine parfaitement huilée. Du scénario en passant par la photo signée Giles Nuttgens, jusqu’à la mise en scène d’une rare efficacité spoiler: (les braquages, les bolides qui tracent la route, la bagarre dans la station-service ou la fusillade en haut de la colline), David Mackenzie signe un magnifique drame sociétal sur une Amérique en pleine désillusion, le tout, superbement incarné par un quatuor d’acteurs qui se complètent à merveille (Chris Pine, Ben Foster, Jeff Bridges & Gil Birmingham).
Après avoir signé l'excellent scénario de "Sicario", Taylor Sheridan continue d'explorer le sud des États-Unis dans ce "Comancheria". Réalisé par David Mackenzie, le film est une plongée au sein d'un Texas vieillissant et abandonné de tous. À partir de ce concept simple, le long-métrage cherche à nous embarquer dans un récit certes vaste au niveau des sujets abordés, mais surtout particulièrement efficace. Alors, même si je pense avoir déjà un peu vendu la mèche, je ne vous cacherai pas le fait que j'ai vraiment apprécié ce projet. Pourtant, il est vrai que le film ne se distingue pas foncièrement par une certaine complexité ou par un scénario truffé de sous-textes. Ici, le seul véritable mot d'ordre est de dépeindre une ambiance et de nous faire ressentir le train de vie très triste de nos personnages. Pour cela, le réalisateur opte pour une mise en scène assez tranquille dans ses mouvements de caméra, mais extrêmement gourmande en plans longs et contemplatifs. Grâce à une galerie de décors franchement magnifiques, on se retrouve totalement immergé au sein de ce Texas, et on comprend donc totalement la situation dans laquelle nos héros sont plongés. Si ceux-ci sont clairement abordés comme des délinquants, le film cherche avant tout à expliquer leur parcours et la raison de leurs agissements, en dénonçant une certaine mainmise des banques sur cette région. Ainsi, l'histoire crée donc une lecture assez intéressante des actions présentées, créant de la nuance très prononcée chez nos héros. Brillamment interprété par Chris Pine et Ben Foster, ce duo complètement hétérogène se retrouve finalement à être très attachant, leur fraternité se sentant même parfois simplement au détour d'un regard. À l'opposé d'eux, le film a cela dit eu l'idée brillante d'intégrer un autre duo à tout cela, celui-ci étant interprété par Jeff Bridges et Gil Birmingham. Beaucoup plus nonchalante, cette paire réussit néanmoins également à fonctionner, surtout grâce à une belle quantité d'échanges très piquants les concernant. À ce niveau, c'est surtout le personnage de Marcus qui est intéressant, ce dernier symbolisant le Texas d'un autre temps, de par son côté vieux jeu et parfois un peu grossier. L'alternance entre ces deux points de vue fonctionne donc bien, offrant un tout jamais véritablement ennuyeux. Dans le fond, je note quand même que l'ensemble reste un peu lent au niveau du rythme, le film prenant vraiment son temps, mais sans que cela ne soit véritablement rédhibitoire. Ceux qui apprécient les projets contemplatifs seront ravis, et les autres pourront quand même se consoler avec un final plus explosif que le reste du projet. Plutôt violent et brutal, il vient clore un film très simple dans son exécution, mais surtout particulièrement efficace dans son rendu. Par conséquent, je ne saurais quoi rajouter de plus pour vous recommander le visionnage de ce projet. Il est peut-être un peu critiquable sur certains points, mais il n'en reste pas moins un film bourré de bonnes intentions et finalement vraiment réussi. Pour conclure, une immersion très instructive.
techniquement c'est bien joué, les dialogues sont corrects, la musique aussi, les paysages, certains personnages sont attachants... MAIS... OÙ EST LE SCÉNARIO ? j'ai accéléré certaines scènes en espérant voir un petit peu d'animation mais je suis resté sur ma faim, et pourtant je suis bon public
Au Texas, Toby et Tanner Howard, deux frères s'improvisent braqueurs de banques, après la mort de leur mère. Toby divorcé veut obtenir de l'argent pour éviter la saisie de la propriété familiale. Tanner ex-taulard, expert en armes à feu, au fort tempérament, l'assiste dans son illégale tâche. Voici un western moderne très prenant qui nous plonge dans l'Ouest du Texas au milieu des paysages arides, des petites villes en déclin et des puits de pétrole omniprésents qui font l'atmosphère du film. Les frangins braquent les banques qu'ils voient et ils ont tout le Texas pour eux !! La désertification des petites communes les aide en ça. Les seuls petits boulots accessibles sont dans le forage, le pétrole. La misère gangrène la population, et encore plus les minorités. Dire que ces vastes plaines qui appartenaient autrefois aux indiens, ne sont plus que des terres desséchées avec pour seul relief des puits de pétrole. C'est bien le blues, dans toute sa splendeur et lenteur qui gagne du terrain pour les locaux. Le Texas Ranger Hamilton et son coéquipier Parker, mène l'enquête, et se lance à leurs trousses. Nos Marshalls sont fatigués, l'isolement et la chaleur ne les aident pas dans leur motivation. Aujourd'hui les cow-boys n'ont plus rien d'héroïques, les voitures ont remplacé les chevaux, et les troupeaux sont rares et maigres. L'Amérique se veut grande, mais pour les moins riches, on s'y sent bien seul. Le capitalisme est sans pitié et n'épargne ni les cow-boys, ni les Comanches, et encore moins les mexicanos … La route fend la poussière comme une vieille cicatrice. Les pompes à pétrole hochent la tête, fatiguées. Les banques poussent là où les fermes meurent. Le vent connaît le nom de ceux qui sont partis. Ceux qui restent comptent les couchers de soleil comme on compte les dettes. Et la nuit tombe, immense, sans personne pour répondre au désert. La bande originale, composée notamment par Nick Cave et Warren Ellis, renforce cette impression avec des morceaux épurés, auxquels s'ajoutent des chansons de country et d'americana diffusées à la radio. La musique semble accompagner un paysage qui survit plus qu'il ne vit. Devant tant d'injustices historiques qui ont tué la région, Toby, n'accepte pas cette pauvreté comme maladie héréditaire qui se transmet de générations en générations. Pas pour eux, pas pour ses fils. Ma note sera de 3,55 sur 5. Parce que, c'est précisément cette combinaison de grands espaces, de déclin économique et de dignité obstinée qui donne à Comancheria son ton si particulier, à mi-chemin entre le western moderne et le blues américain.
Un film qui se déroule dans l’Amérique profonde porté par une bonne distribution ainsi qu’une réalisation soignée dont le scénario demeure cependant très prévisible.
Très bien filmé, c'est vrai, avec de magnifiques plans. En revanche, en ce qui concerne le scénario, Comencheria est machiste, viril, paternaliste et matérialiste....
David Mackenzie signe un film d’une puissance rare, où la traque entre deux frères braqueurs et deux Texas Rangers devient une autopsie de l'Amérique oubliée. C’est un chef-d’œuvre d’équilibre entre tension, émotion et constat social.
Une écriture au scalpel : Le scénario est une merveille de responsabilité. On ne suit pas juste des braqueurs ; on suit des hommes acculés par un système bancaire prédateur. Le mobile n'est pas l'appât du gain, mais la survie d'un héritage. Cette dimension donne au film une épaisseur morale que l'on ne trouve que chez les plus grands.
Le duel des tandems : Le film repose sur deux duos magnifiques. Chris Pine et Ben Foster (absolument habité) représentent l'urgence et le désespoir. Face à eux, Jeff Bridges incarne un Ranger en fin de carrière, dont le flegme cache une intelligence redoutable. Leurs trajectoires ne sont pas celles de "héros" et de "méchants", mais celles d'hommes liés par une terre et des codes qui disparaissent.
Une ambiance viscérale : La photographie capte la chaleur étouffante du Texas et la mélancolie des villes fantômes. La musique de Nick Cave et Warren Ellis finit d'asseoir cette atmosphère de crépuscule. C'est du cinéma organique, où l'on sent l'odeur du pétrole, de la poussière et du sang.
En résumé : Un film d'une justesse totale. C'est tendu, drôle, tragique et incroyablement bien structuré. Un 4,5/5 sans hésiter, car il réussit tout ce qu'il entreprend avec une économie de moyens et une force de frappe monumentale.
Le film repose sur un système qui écrase les gens, notamment les banques qui “volent” légalement. En face, t’as des braqueurs qui font un peu la même chose, mais de façon illégale. Le shérif, lui, comprend très bien tout ça, mais il reste du côté de la loi… donc du système.
C’est ça que le film veut montrer, et c’est plutôt bien fait. Après, malgré le fond intéressant, je l’ai trouvé un peu ennuyant par moments. Ça reste solide, mais pas de quoi me marquer plus que ça.
1 heure pour rentrer dans le film, pendant ces 1 heures des dialogues inutiles, après c'est une heure un braquage peu intéressant sans suspense, et puis le ridicule de frère qui se prend pour je ne sais qui et se fait tuer bêtement, à la fin on se demande à quoi nous a servi le film.
Comancheria est un très bon film dans un style qu'on pourrait appelé du néo-western. Le trio d'acteur est impeccable : Chris Pine – Jeff Bridges – Ben Foster. Les scènes de fusillade et de braquage sont extrêmement tendues et nous tiennent en haleine. D'une manière générale, les personnages sont extrêmement bien écrits et on se prend tout de suite d'affection pour le frère responsable, le frère débridé et même pour le Texas Ranger qui les poursuit. Très chouette, le film mérite d'être plus connu.
Un thriller au milieu du midwest avec des cowboys et des indiens, des bracages et un shérif qui course les bandits, un western moderne, néanmoins même si le casting est présent ce film s’epoumone progressivement. Pas mal mais pas incontournable
Beau paysage des grandes plaines du Texas, bons jeux des acteurs, mais histoire assez banale, un peu déjà vu. Pour moi, c'est aussitôt vu, aussitôt oublié.
Derrière l’apparente simplicité de son intrigue – un ranger irascible sur le point de prendre sa retraite traque deux frères braqueurs de banques – se distingue un thriller rugueux réalisé avec méticulosité par David Mackenzie, dépeignant une Amérique profonde livrée à elle-même dans une quête perpétuelle d’auto satisfaction.
Histoire tellement réaliste pour laquelle une prise de conscience sur la situation au Texas nous fera réfléchir. Encore une fois, Taylor Sheridan nous a pondu une histoire qui ne se focalise pas sur du spectaculaire, mais sur du réalisme et de l’émotion. À l’instar d’autres films, on suit deux duos de personnages déjà mémorables : différents mais pourtant quasi égaux. Aucun de ces duos ne sont bons ou méchants, ils ne sont qu’ordinaires ; leurs lignées se retrouvent de façon crédible. Toby et Tanner et Marcus et Alberto sont différents de par leurs métiers mais leurs personnalités sont quasiment égales : Tanner et Marcus sont plus des têtes brûlées et Toby et Alberto ont un côté plus sage. Leurs performances sont d’autant plus crédibles que Chris Pine nous offre son meilleur rôle et Jeff Bridges s’avère être plus émouvant qu’un boute-en-train. Alberto est le plus philosophe et c’est plus lui qui nous fera réfléchir sur la situation des Comanches et de la situation réelle que vivent les citoyens texans. David Mackenzie retranscrit cette histoire en nous resituant dans des décors texans, accentués par un jeu de lumière agréable à regarder. Rien que la scène d’ouverture, de base circulaire, introduit le film et se passe en muet mais raconte déjà tout. Il parvient même à osciller les genres du road-trip, du braquage, du drame et de la comédie. Des décors texans, ça ne fait pas tout, il faut aussi un habillage musical, qui opte pour des chansons de country et des notes originales qui racontent le film.
"Comancheria" n’est pas qu’un simple film de braquage et course-poursuite manichéen. On aura droit à des hommes ordinaires qui évite de tomber dans la misère en volant ceux qui leur volent et des Texas Ranger faisant leur métier mais pour qui on peut s’attacher. Il peut avoir une sensation de lenteur, mais je ne me suis jamais ennuyé devant. Avec cette histoire, Taylor Sheridan me prouve qu’il est mon scénariste préféré du 21ème siècle car il cherche à nous faire réfléchir dans des contextes réalistes.
Un excellent film avec un casting 5 étoiles. Paysages, bande son, images, acteurs….tout est soigné ici. On plonge vraiment dans le no-mans land texans en suivant ce drame proche de notre société actuelle. Un must de Sheridan après Sicario et Wind River