Une histoire poignante, racontée sans fioritures. Un peu forcé à la compassion pour accentuer notre émotion finale, mais ça marche... Ça m'a vraiment touché. Michael B. Jordan ex quaterback des East Dillon Lions de Friday Night Lights a un bel avenir devant lui.
Fruitvale Station cherche, dans un style ultra minimaliste et une lenteur à la limite du cliché « indie », à humaniser ce drame en dépeignant la victime sous son meilleur profil, mais ce procédé beaucoup trop facile ne fonctionne pas et aucune réelle sympathie ne se crée envers Oscar. Certes le fait divers en lui-même est tragique mais tout ce qui nous est présenté avant, ces scènes de vie contemplatives, n’a pas de rapport direct et 90% du scénario s’avèrent donc quasi inutiles et bien que le film ne dure que 1h25, il parait long. Fruitvale Station aurait sans doute été plus pertinent sous forme de court-métrage tant il ne semblait pas y avoir matière à faire plus.
La dramatique et exemplaire histoire de Oscar Grant, jeune afro-américain de 22 ans a donné lieu à ce film, à mi-chemin entre le drame et le une des sanglantes icônes de la lutte contre le racisme et la discrimination des Noirs aux USA, Oscar est un héros attachant qui se démène, quoi-qu’avec maladresse et une certaine mollesse, contre les mille et unes embûches que rencontre un jeune black voulant mener simplement une vie normale. Ce qui aurait pu être une oeuvre coup-de-poing tourne vite au mélo trop appuyé: héros trop sympa, bourré de qualités mais que la société rejette, avec une fille dix fois plus sympa que lui et une femme cent fois plus sympa que la fille sympa. Sensible mais cible de tous les rejets, le héros n'a de cesse de convaincre le spectateur de ses qualités profondes (la scène du chien écrasé... c'est trop!). Les blacks sont tous des bons et les méchants sont tous blancs. Côté mise en scène, c'est la valse hésitation permanente entre un cinéma caméra-au-poing, fluide, nerveux et mobile, près des gens et des scènes d'un caractère banal et conventionnel. Voilà, c'est finalement pas mal mais ça sent trop le cinéma, c'est hétérogène. A trop vouloir convaincre, le réalisateur a raté le train...
On aurait pu crier au film trés stéréotypé , avec cet ex-dealer black de 22 ans en phase de rédemption, et ce final ou les flics sont encore les méchants, mais l'authenticité de ce drame change intégralement la manière d'aborder ce film. Dés le début on connait la fin, ainsi le film acquière une puissance dingue notamment grâce à la prestation éblouissante de Micheal qui crève l'écran en interprétant le personnage d'Oscar Grant avec beaucoup d'humilité et de justesse ce qui crée chez le spectateur une immédiate empathie. Ainsi même en sachant le final, on espère , on souhaite que cela se passe autrement. Pourtant les dernières 24h tout était normal, une vie simple et banal, rien ne laisser présager un tel drame. La manière de filmer si près des personnages caméra à l'épaule accentue le réalisme du film ce qui nous plonge plus intimement dans la vie d'Oscar, il devient facile de s'identifier à lui . Alors quand la tension commence à monter , quand les plans deviennent plus rapide , et quand la situation dégénere , on ressent cette peur, cette même peur qui émmane d'Oscar et qui ne la quittera plus. On retient son souffle, jusqu'à l'uppercut final, qui nous laisse bouche bée, qui bouleverse et surtout qui nous enrage ! Je ne sais pas ce qu'il faut retenir de ce film, voir de manière si réaliste la vie d'un homme le menant inéluctablement vers ce à quoi il était destiné nous ammène à vouloir vivre chaque instant comme si c'était le dernier , mais il nous fait aussi prendre conscience que l'on vit dans un monde de haine , et de peur. Trop de mort inutile. Ce film m'as profondément touché de part son réalisme , son interprétation , et toute cette l'émotion, un vrai coup de maître de la part de Ryan Cooper !
Tiré d’un fait divers survenu dans la station de métro éponyme le jour de l’an 2009, "Fruitvale Station" nous raconte la fin tragique du jeune Oscar Grant qui avait décidé de reprendre sa vie en main après avoir passé quelques temps en prison. Cet évènement n’est pas sans rappeler celui de Rodney King en 1991 et fait partie de ces faits divers dénonçant les violences policières, notamment envers les noirs. Pour une première réalisation, Ryan Coogler nous livre un film plutôt bien réalisé assez sobrement certes mais non dénué de talent et de personnalité. Le quotidien d’Oscar nous est dévoilé avec une certaine pudeur, ce qui ne fait que renforcer un certain sentiment de malaise qui se renforce de plus en plus à chaque nouvelle résolution du jeune homme, sachant d’avance le sort qui l’attend. Et je pense que c’est justement cet incroyable contraste entre les décisions d’Oscar pour repartir à zéro et le malheureux enchaînement d’évènements qui vont l’emmener à sa perte (le summum du tragique arrivant lorsqu’on comprend que finalement Oscar coure à sa perte à cause d’un conseil préconisé par l’un de ses proches qui s’inquiétait pour lui : déchirant et horrible !). D’ailleurs, je vois que je ne suis pas le seul à penser qu’il s’agit d’un premier bon film vu les récompenses qu’a déjà reçues "Fruitvale Station" (Prix du Regard vers l'Avenir du Festival de Cannes 2013, Grand Prix du Jury du Festival de Sundance 2013, Prix de la Révélation et Prix du Public du Festival de Deauville 2013). Maintenant, on peut tout de même s’interroger sur la pertinence d’adapter un tel fait divers pour le cinéma d’autant plus qu’il ne s’agit pas de celui qui a le plus fait le tour du monde (et comme je l’ai lu, si on commence à faire un film pour chaque fait divers, on n’a pas fini !! C’est vrai quoi : imaginez chez nous qu’avec le nombre de voitures incendiées chaque jour de l’an, on pourrait se retrouver un jour avec la sortie d’un « Le Soir des Chandelles 14 » !!). Première réalisation et premier essai réussi pour Ryan Coogler avec ce "Fruitvale Station" qui se regarde facilement. J’ai hâte de voir son prochain film "Creed", le spin-off de "Rocky" !
Voilà un film qui m’a demandé beaucoup de patience... et c’est peu dire ! Pour 1h25 de film, tout l’enjeu se retrouve concentré dans les 20 dernières minutes. En attendant ça, eh bah pas grand-chose... Certes, quelques plans sont jolis ; et certes Ryan Coogler arrive à faire en sorte que, grâce à son ton naturaliste, il arrive à rendre la simple journée ordinaire de ce jeune Oscar un minimum intéressante... Mais bon, franchement, j’ai tenu parce que je me doutais bien que ce portrait sans élément perturbateur ; ce portrait d’un mec qui se contente juste d’essayer de s’en sortir ; devait certainement cacher quelque-chose. Or oui, la péripétie finale, donne tout son sens à la démarche globale car ce traitement sans trop d’artifices narratifs permet du coup de donner de l’ampleur à la rupture qui survient, et c’était clairement le but. Alors – je ne dis pas – ça marche. En tout cas, ça a marché sur moi, ce qui fait que j’en suis ressorti sur une bonne impression, au point de me dire que les longueurs connues au début avaient leur utilité dans l’expérience cinématographique que j’avais vécu. Je pense que ça a d’autant plus marché que je ne savais rien de ce film, et je vous conseille fortement d’y aller ainsi, l’effet de « surprise » jouant son rôle dans le plaisir ressenti. Mais bon, après, je me dois aussi d’être entièrement honnête vis-à-vis de vous, cher lecteur, en précisant quand même deux choses. D’une part, malgré les belles images et les beaux moments, j’aurais aimé que Ryan Coogler sache donner davantage de relief à la vie d’Oscar, et qu’on puisse vouloir en connaitre le déroulement, indépendamment de cette impression qu’il va se passer quelque-chose. D’autre part, j’avoue que parfois, le regard de Ryan Coogler est un peu trop enjôleur sur son sujet, accentuant artificiellement le fait que ce mec là il était quand même trop sympa, juste une victime du système. Certes, je ne lui en veux pas trop à l’ami Coogler, parce que sans ça, je pense que sa démarche d’offrir un regard différent sur le sujet qu’il entendait traiter serait tombé à l’eau. Mais bon, je trouve que le dosage n’est pas totalement maitrisé. On n’en est pas loin, mais j’avoue que, me concernant, ça a quand même nécessité un effort d’occulter ça pour apprécier le film pour ce qu’il est. Mais bon, en fin de compte je pense quand même qu’on a à faire là à un film honnêtement fait, pas parfait certes, mais qui a au moins le mérite de proposer une expérience de cinéma pas si anodine que ça. Un film que je ne déconseillerais donc pas...
Fruitvale station fait partie de ces films dont on connait la fin dès le début : alors qu'on voit le personnage principal noir se lever dans les premières scènes, on sait qu'il sera mort le soir même, suite à une bavure policière commise par un policier blanc.
On pourrait croire qu'à partir de ce postulat le film soit d'un grand ennui, sorte de réquisitoire plombé de bons sentiments (le film est directement inspiré par un fait réel
Il n'en est rien. Le mérite en revient avant tout au... la suite ici :
Si on devait faire un film de chaque fait divers, on passerait sa vie à voir ce genre de films inintéressants. Encore un film politiquement correct financé par des bobos qui vivent dans leur tour d'ivoire et ne sont pas confrontés à la délinquance. De toute façon ce film sera un échec comme "La Marche"....
Premier long métrage d'un jeune cinéaste pétri de talent Ryan Coogler qui se fera un nom à Hollywood par la suite avec le succès de "Creed: L'héritage de Rocky Balboa" !! Sortit en 2014 dans les salles, Ryan Coogler s'empare d'une histoire vraie qui sensibilise et nous électrise sur les bavures policières qui sont souvent d'actualité aux Etats-Unis. Tout se passe le jour de la fète du nouvel an 2009, une journée ordinaire et festive pour un jeune père de famille qui doit célébrer avec ses amis le reveillon mais qui va se dérouler dans la journée avec des petits tracas, il a perdu son travail et il a besoin d'argents pour gater sa fille allant faire des combines dans la drogue. Un film que j'ai bien aimé dans l'ensemble, surtout les cadrages et les lumières de la mise en scène de Ryan Coogler et aussi des SMS qu'on voit défiler sur l'écran chaque fois que le personnage principal touche son portable. Ce long métrage fait penser à un Mis de "La haine" de Kassovitz aux films de gangsters Afro-Américains des années 90. Bonne interprétation de Michael B. Jordan, d'Octavia Spencer et du reste du casting. A voir.
Sorti en 2013, un an avant les événements de Ferguson, “Fruitvale station” entre douloureusement en résonance avec la dénonciation de la violence des forces de police, particulièrement quand le contrevenant est noir. Le réalisateur s’est d’ailleurs inspiré d’un fait réel : la mort le jour de l’an 2009 d’un jeune homme noir tué par arme à feu (apparemment accidentellement) par un policier alors qu’il était maintenu au sol. Le réalisateur ne s'appesanti pas sur l’événement lui-même, qui ne fait que 15 minutes dans le film, il préfère faire le portrait de cet homme, ni quasi ange comme l’aurait décrit la défense, ni grand criminel récidiviste comme l’aurait dépeint l’accusation. On suit l’intimité d’un jeune homme qui cherche à s’en sortir et à remettre sa vie sur les bons rails pour conserver sa compagne et pourvoir élever sa fille qu’il adore. Il est interprété par Michael B. Jordan, excellent, qui sans faire dans la caricature, portraiture un jeune homme parfois en colère qui par amour, de sa femme et de sa fille, cherche comment revenir dans une société qui ne lui facilite pas la chose en le considérant toujours comme délinquant irrécupérable. Le film ne cherche pas à masquer les travers de cet homme - difficulté à gérer la colère notamment - mais veut montrer que les apparences et les stéréotypes sont les principaux obstacles à sa réinsertion. Un premier film tout en nuance qui ne cherche pas à faire dans le militantisme, mais essais de décrire la complexité d’une situation qui a amené à une tragédie où un homme est mort pour une bagarre sans grande importance. Un film poignant, mais pas larmoyant ni bien pensant, à voir à absolument.
Un film à la fin tragique. Ce film retrace les derniers instants d'un homme au destin cruel. Ce long-métrage permet de comprendre la difficulté d'un homme à se ré-insérer dans la vie de tous les jours et faire face à ses obligations envers sa famille. Ce qui est regrettable, c'est que le film ne va pas plus loin que l’événement tragique et c'est pour ça qu'il est difficile de mettre une meilleure note à ce film. Toujours aussi bon acteur Michael B. Jordan en tout cas.
Les 24 heures de la vie d'un homme dont le destin bascule rapidement. "Fruitvale station" est un film assez intense, en particulier dans la dernière partie. Mais la première moitié du film est intéressante aussi, montrant le quotidien du personnage central du film, et ses interactions avec les uns et les autres. D'une durée assez brève, c'est néanmoins suffisant pour faire passer un message, et rajouter un effet d'instantanéité à l'ensemble.