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inspecteur morvandieu
95 abonnés
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2,5
Publiée le 27 février 2025
Un banquier imprudent et spéculateur sur le point de voir son établissement ruiné est sauvé par le Diable et par son envoyé (Robert le Vigan, sardonique à souhait)) à qui il vend son âme. Cette entrée en matière sur le thème de Faust n'introduit nullement un style fantastique mais, en cette année 1943 où la Révolution Nationale pétainiste bat son plein, une parabole et une charge contre la ploutocratie, responsable de beaucoup des maux français suivant la doctrine maréchaliste. Le banquier Martial devient un cynique dont la prodigalité ne sert qu'à corrompre, à commencer par une jolie militante de l'armée du salut. Car le film donne aussi dans la bigoterie à travers un manichéisme démonstratif. Pierre Larquey, tout en componction, joue d'ailleurs un abbé obsédé par les réparations de son église. Je préfère l'acteur dans ces rôles , même les plus sots, de vaudevilles ou de nanars! Mais le curé fait le job: c'est à l'Eglise que le banquier, dans ses moments de faiblesse, fait ses plus gros chèques caritatifs... Le réalisateur Jean-Pierre Paulin est en mission: il relaie le message dans un scénario au schématisme grossier...qui fait son charme. C'est le contexte historique qui crée, de toute façon, l'intérêt du film. L'opposition du Bien et du Mal, de Dieu et du Diable (lequel porte un nom bien bien étranger) est exprimée façon de plus en plus balourde au long du film jusqu'à devenir assez grotesque. La mise en scène est plate et, à l'image des personnages, surchargée de sens.
Un film fantastique pas mal du tout qui est bien sûr dans la lignée du mythe de Faust. L'homme se transforme et devient cynique avec l'argent. C'est souvent amusant avec ce décalage tout en restant moral avec cette fin salvatrice
Bons acteurs, bons personnages, bon scénario Sujets intemporels : corruption par l'argent, tentation, le bien, le mal, avec les parts d'ombres et faiblesses de chacun, le tout avec en arrière-fond le monde de la banque Un propos fort, je ne vois pas d'équivalent dans le cinéma français actuel
Ce n'est pas le meilleur film de diable, loin de là. Le Vigan n'arrive pas à la cheville de Jules Berry dans Les visiteurs du soir. Néanmoins, il y a quelques bonnes idées et les comédiens sont bons, notamment André Luguet. La scène de l'unique spectateur dans l'Opéra vide mériterait d'être reprise dans un remake "amélioré". Malheureusement l'ensemble manque de rythme, traîne parfois en longueur et la chute est catastrophique. Néanmoins, ça se laisse voir et cet Homme qui vendit son âme reste un document sur le genre de films bien éloignés de la réalité quotidienne qu'on projetait en France sous l'occupation pour divertir la population. On peut se demander néanmoins si la dénonciation de la finance et du riche banquier apatride ne relève pas, dans le contexte de l'époque, de l'antisémitisme.
Une des 666 666 variations que le cinéma ait donné du mythe de Faust !!! On ne peut pas dire que "L'Homme qui vendit son âme" fasse partie des meilleurs représentants sur ce thème. D'ailleurs "La Main du Diable", autre film français tourné lui aussi pendant la période de l'Occupation, sur le même sujet lui est considérablement supérieur par une ambiance beaucoup plus sombre et une mise en scène plus inspirée. Ce que l'on peut reprocher principalement à "L'Homme qui vendit son âme" c'est une atmosphère qui reste trop bon enfant pour vraiment happer ; le Diable joué par Robert Le Vigan (qui fut lui-même dans la réalité une âme damnée, celle de l'écrivain Céline !!!) donnant l'impression qu'il aurait plus sa place dans un épisode de "Dora l'Exploratrice" tellement celui-ci apparaît trop sage. Heureusement qu'il y a quelques scènes bien imaginées, comme la réprésentation de "Faust" ayant comme unique spectateur le protagoniste, et les très bonnes interprétations d'André Luguet et de Michèle Alfa pour donner de l'intérêt à cette oeuvre mineure.