A vrai dire, j'étais un peu craintif avant de regarder ce « Wrong Cops », car j'avais été tout de même assez refroidi par « Wrong » qui m'avait bien ennuyé. Certes, il n'y a aucun lien entre les deux films, mais vu qu'ils sortent tous les deux de la caméra du même mec, inconsciemment, ça pèse dans la balance. Comme vous pouvez vous en douter, nous avons de nouveau droit à un délire comme Quentin Dupieux, seul, peut en avoir. Tout le long du film, on suit tout une clique de flics complètement timbrés : un dealer d'herbe, un obsédé sexuel qui ne fait qu'une seule chose : menacer des femmes avec son revolver pour que celles-ci exhibent leurs nénés, une flic (bien gaulée) mais qui pense plus au pognon qu'à ses enquêtes, un autre au passé… douteux… affiché dans un magasine et enfin un borgne, un peu difforme et qui se voit déjà être une star de la musique techno. Et au milieu de tout ça, un mec qui est sur le point de crever. En gros, tout ça pour vous dire que si vous recherchez de la singularité et de l'absurdité, vous allez être servis car ce n'est pas ce qui manque. Surtout en ce qui concerne l'absurdité, dont Dupieux repousse encore un peu plus loin les limites. « Wrong Cops », c'est une nouvelle fois du non-sens, du grand n'importe quoi à l'état pur, mais ça fonctionne. Car le cinéaste a décidé de rendre son récit beaucoup plus trash, vulgaire et malsain. Même si le tout ne brille pas spécialement par la qualité de sa structuration, chaque personnage (parmi tous ceux cités ci dessous) a l'occasion de faire son petit numéro. Le film atteint même un sommet du mauvais goût lors de son final (
correspondant à l'enterrement du flic qui s'est donné la mort
), même si celui-ci a tendance à tirer un peu longueur. Pour avoir vu 4 de ses films, «Wrong Cops » et bien évidemment « Rubber » restent ce que Dupieux a fait de mieux. En attendant de voir ce que vaut son dernier film.