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3,5
Publiée le 11 août 2013
Passion ? jalousie ? vengeance ? On ne tire pas sur quelqu'un sans raison! Grand Prix du film d'art français, "Portrait d'un assassin" attise notre curiositè d'un bout à l'autre, avec, en point d'orgue, un acrobate qui doit exècuter le saut de la mort (en automobile). Ce qui est dangereux ce n'est pas la moto, c'est la peur! Une histoire d’une noirceur profonde (èvidente dans les premières minutes), souvent menaçante et captivante, d'autant plus que le casting est à la hauteur, à commencer par l'immense Erich Von Stroheim qui s'est rèservè le plus beau rôle, un amant boiteux sur fond de tragèdie personnelle! Les autres comèdiens sont aussi bien servis et tout aussi convaincants: Arletty (très grande jusqu’à ses derniers mots), Maria Montez (quelle garce !) et Pierre Brasseur en acrobate casse-cou qui flingue sur tout ce qui bouge! Saluons aussi les frères Desprez pour leurs prouesses techniques qui vous donne le vertige avec le double looping en moto! En piste pour ce classique où la photo, les dècors, le dècoupage donnent au moindre intèrieur une intensitè suffocante digne d’un film noir...
Une réalisation assez molle sur un scénario assez simpliste quoi que s'efforçant de nous surprendre, en fait avec une telle distribution nous avons essentiellement affaire à un film d'acteurs et là il faut dire qu'on est gâté par ses messieurs qui cabotinent à cœur joie (il faut voir Jules Berry dialoguant avec Brasseur dans sa loge), La belle Maria Montez, peu faite pour les rôles de composition s'en sort avec les honneur, quand à Arletty il faut bien avouer qu'elle a du mal à retrouver sa forme d'avant-guerre. On va dire que c'est un bon petit film
Assez mal filmé pour l'époque (Voyage à Tokyo ou un chien andalou sont de meilleures qualités), le film est ennuyant bien que le spicth soit original et attirant. Sans intérêt, on trouve bien mieux dans le genre...
On entre tout de suite dans le vif du sujet. La forain Fabius abat froidement une femme dans la rue. Mais il y a maldone : ce n'est pas sa femme. L'explication qu'il donne tout de suite après...à sa femme -pas atteinte et pas rancunière Arletty ! - est lunaire. Elle donne le ton de ce mélo maladroit et pas loin d'être grotesque. Même à interpréter cette histoire de cascadeurs et d'entrepreneuse de spectacles sous l'angle de l'allégorie du courage ou de la peur, même à considérer le personnage de Maria Montez et son exigence de courage comme métaphorique (de la virilité), le film est mauvais. Les personnages sont faux dès le premier abord, les dialogues sont médiocres et, en conséquence, les acteurs sont mauvais. Ce qui est bien dommage quand on réunit un tel casting. Pour donner une dimension tragique à la parabole et à la destinée des personnages, il aurait déjà fallu un réalisateur à la hauteur. Au lieu de quoi, Bernard-Roland tourne un drame ampoulé d'où il ressort principalement que Pierre Brasseur est assez risible en cascadeur motorisé et casqué. Jules Berry, dans un rôle épisodique et inutile, fait une tonitruante entrée...à la Jules Berry, façon bonimenteur ; Erich von Stroheim promène une démarche d'éclopé en plus de sa raideur et de son mystère habituels, Arletty joue les amoureuses sans la moindre conviction. Quant à Maria Montes, en femme fatale, ou plutôt mante religieuse, elle affiche tout de suite ses limites. Finalement, c'est Dalio qui s'en sort le mieux, en inventeur satisfait d'une cascade automobile très risquée...et d'ailleurs annoncée dans le générique ! On est contraint, du fait de l'insuffisance de la mise en scène, de la maladresse du scénario, de prendre cette histoire au premier degré. Et ce n'est vraiment pas à son avantage. Portrait d'un assassin? C'est bien présomptueux.
Je suis content d'avoir réussi à tomber sur la 11 258ème diffusion sur les 58961 prévues sur Ciné Polar... Enfin bref "Portrait d'un assassin", en plus d'avoir un casting très costaud (Pierre Brasseur, Erich Von Stroheim, Arletty, Maria Montez, Jules Berry, Marcel Dalio,...!!!) niveau variété des talents et des charismes, prend un malin plaisir à surprendre le spectateur ; en lisant le synopsis on croit deviner le déroulement du scénario à l'avance et ben pas du tout... L'intrigue aime bien se faire surprenante et on garde le clou du spectacle avec une fin qui montre que la fatalité peut préférer l'ironie comme cheval de bataille à la convention. L'atmosphère de la première demi-heure est très réussie, après on se perd dans quelques sérieux coups de mou mais l'histoire et l'interprétation font qu'on arrive à passer dessus.
Du beau monde dans cette œuvre au scénario original. Mais il faut aimer les films noirs, et ce n'est décidément pas mon cas. La musique est belle, du moins on s'en souvient après avoir vu le film ce qui est plutôt rare. Les dialogues m'ont un peu déçu en revanche. L'histoire part sur les chapeaux de roue, mais elle s'essouffle à partir de la seconde demi-heure. Pierre Brasseur est le grand bonhomme du film, ce type dégage quelque chose c'est clair. Eric von Stroheim prend un sérieux coup de vieux par rapport à "La grande illusion", mais il réalise lui-aussi une excellente prestation.
Le sujet n'a pas vieilli, les cascades un peu plus mais ce n'est pas le plus important, le suspense est plus psychologique et les acteurs savent y faire, particulièrement Pierre Brasseur.
Hommage à mère Arlette Schilhaneck, née en 1929, donc 20 ans à l'époque du tournage, a été la doublure d'Arletty sur la moto dans le mur de la mort. Ce fût son métier pendant 27ans.
L'excellent Pierre Brasseur et la belle Maria Montez forment ici un duo bien macabre. Tout va mal dans ce film dramatique. Pierre Brasseur, en bon cascadeur, fonce inexorablement vers sa fin. Par amour ? Par fierté ? On ne le sait pas vraiment. Mais rien ne se passera comme prévu. Un film angoissant et incontrôlable où rien ne se passe comme il se devrait. Un film impétueux qui ressemble au sujet qu'il traite : la cascade.