À deux semaines près, 2025 aura vu renaître de grandes figures de l'horreur, la première avec "Nosferatu" (alias "Dracula" mais sans les droits), sorti toute fin 2024, et puis en cette fin d'année "Frankenstein" dirigé cette fois-ci par Guillermo del Toro, qui concrétise enfin son rêve, sorti directement sur Netflix. Ah oui, y'a aussi le "Dracula" de Besson qui traine par là mais on s'en fout un peu.
Le réalisateur se tourne une nouvelle fois vers Netflix pour trouver enfin des financiers à la hauteur de son rêve et ça tombe bien puisque ces derniers font quant à eux la course aux Oscars ou aux prix en tout genre pour se redorer un peu le blason (c'est pour ça que tous leurs films disons qualitatifs sortent en fin d'année). Et puisque le réalisateur y avait déjà réalisé son "Pinocchio" en images de synthèse qui avait d'ailleurs tout de suite fait le l'ombre au remake live action bien pourrave de Zemeckis (pourtant un réalisateur que j'adore mais Disney) sorti quelques mois plus tôt.
del Toro oblige, nous sommes ici plongés dans un univers plus fantastique qu'historique bien gothique qui se caractérise par de somptueux décors (et pour le coup, tous ou presque réalisés à la main ; le documentaire Netflix sur le sujet est super intéressant), les costumes absolument magnifiques mais aussi évidemment l'ambiance, qui colle forcément très bien à l'histoire originelle de Mary Shelley. Alors roman que je précise d'ailleurs ne pas avoir lu, je me suis référé comme point de comparaison à l'adaptation mythique de la Universal Monster de 1931. Et forcément, en pratiquement cent ans, beaucoup de choses ont changées.
Tout d'abord, l'histoire commence ici sur un bateau (comme dans le roman apparemment) où l'équipage d'un navire pris en piège dans la glace découvre un Victor Frankenstein agonisant. Mais ils découvrent également sa créature qui revient chercher son créateur. Suite à cela, en gros, le film sera séparé en deux parties, premièrement le point de vue de Frankenstein, et ensuite le point de vue de la créature. Alors ça peut paraitre très manichéen comme ça et surtout assez chiant structurellement parlant mais absolument pas puisqu'en réalité les deux points de vue se font suite (on ne suit pas les même aventures sous le regard d'un tel ou un tel par exemple) et puis surtout, le film permet ainsi de mettre de favoriser la compréhension des personnages. Car effectivement, on se rend compte assez rapidement que Victor n'a pas vraiment de cœur mais que Frankenstein est la seule créature en ayant un et un pur qui plus est. Encore une fois, dis comme c'est assez niais mais le film l'amène beaucoup mieux que ça.
Ainsi, la créature prend petit à petit conscience de sa propre nature et ne souhaite surtout pas vivre puisqu'elle n'en comprend pas le but. Et surtout, elle est immortelle ; une immortalité qui sonne comme une condamnation puisqu'elle est exclut de tout et tout le monde en raison de ses différences, principalement physiques. Et là pour le coup, le film rejoint l'original (même si le réalisateur fera un peu à sa sauce, ce qui est d'ailleurs une très bonne chose) ; les gens étant incapables de voir le bon sous le monstrueux, principalement à cause d'une apparence visuelle. Ça en dit long sur la société et plus généralement le genre humain, non ?
Bref, comme vous l'aurez compris, j'ai adoré cette proposition de "Frankenstein" par del Toro, surtout portée par de très bons acteurs comme Mia Goth, Oscar Isaac, Christoph Waltz et surtout Jacob Elordi qui excelle dans le personnage.