Her
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1 398 critiques spectateurs

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Dom Domi
Dom Domi

54 abonnés 360 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mars 2022
L'implication du virtuel dans la vie intime. Le basculement intellectuel qui aboutit au remplacement de la texture humaine, la peau,le souffle, l'odeur par une autre d'origine algorithmique, dont on pourrait craindre la froideur mais qui remplace celle-ci par une chaleur palpable et ennivrante.
À voir, impérativement
ptitmayo
ptitmayo

44 abonnés 969 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 janvier 2017
"Her", de par son sujet, pourrait s'apparenter à un épisode de l'excellente série Black Mirror. En effet, il s'agit ici de dépeindre les relations amoureuses entre un homme miné par le chagrin de l'échec de son aventure avec une femme et un système d'exploitation sous forme d'intelligence artificielle évolutive. Le tour de force du réalisateur est de parvenir à nous faire croire à cette histoire partant d'un postulat troublant (la prestation habitée de Joaquin Phoenix et la voix magnifique de Scarlett Johansson y sont pour beaucoup), tout en n'oubliant pas de formuler une certaine critique du rapport de proximité trop important entre l'homme et la technologie au détriment des rapports humains: spoiler: la scène où une femme devient la version corporelle de l'OS est bluffante à ce niveau-là, tant Theodore n'arrive plus à se lier à un être humain; le fait qu'Amy fasse des jeux vidéos liés à la réalité en est un autre exemple; le peu d'interaction entre humains dans le film est aussi significatif.
Il y a aussi un double message puisque cette relation particulière est acceptée par le monde extérieur, faisant ainsi un parallèle avec l'homosexualité par rapport à l'hétérosexualité. Ce qui est dommage dans ce film, c'est que son contenu est dilué sur une durée bien trop longue, avec une première moitié interminable et une fin qui rame un peu. Autre bémol, le monde dépeint est censé être futuriste alors que le film donne l'impression de se dérouler dans les années 70. J'ai souligné le talent des 2 acteurs principaux, j'ajouterais qu'Amy Adams est très convaincante et que même si elle fait une apparition très courte, je reste fan d'Olivia Wilde. Au final, Spike Jonze propose une vision très intéressante de l'amour et de la technologie, portée par un casting royal, mais pèche dans le rythme et le cadre futuriste.
philmon2
philmon2

40 abonnés 234 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mars 2014
Ce film est un OVNI ! Entre un Joaquin Phoenix totalement méconnaissable, aussi attachant qu'il est détestable dans Gladiator, et une Scarlett Johansson (dont je ne suis pas fan) dont on redécouvre la sensualité de la voix, le tout au service d'un scénario original et bien ficelé (au point d'être Oscarisé) qui ne peut laisser indifférent le g33k qui sommeille en vous. Ceci étant dit, il serait compréhensible que vous n'accrochiez pas... Moi c'est tout l'inverse, il m'a beaucoup touché, sans être le film de l'année j'ai passé un excellent moment.
Charles G
Charles G

35 abonnés 627 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 avril 2014
Spike Jonze est un type original peu conventionnel qui fait toujours dans l'inattendu. Son premier film, Dans la Peau de John Malkovich, montrait déjà l’étendue de son imagination et les qualités cinématographiques qu'il allait pouvoir afficher dans toute sa carrière. Quinze ans après, l'homme n'a réalisé qu'une poignée de longs-métrages, et Her a beau avoir une histoire a priori farfelue, il s'agit sans doute du film le plus réaliste du bonhomme. Cinq ans après son dernier film, Max et les Maximonstres, Jonze se penche sur un mal universel et presque intemporel : la solitude. Filmé de brillante manière, avec des tons pastel faisant ressortir tous les sentiments à l'écran, le film pose la question existentialiste de ce qui fait que l'amour existe. A l'heure où nous assouvissons nos désirs physiques, sexuels, parfois sous forme de pulsions, sans perdre de temps dans les sentiments, voici un film qui prétend que l'inverse peut aussi exister. L'amour sans désir ; du moins sans attirance visuelle, car le désir naitra au fur et à mesure de la relation. La relation, justement, est originale, puisque le personnage principal tombe amoureux de son nouvel OS ; son ordinateur, pour faire simple. Prenant place dans un futur très proche, l'OS en question peut le suivre n'importe où grâce à une sorte de smartphone et communique avec lui par le biais d'une oreillette qu'il porte en permanence. Le film traite d'ailleurs l'amour homme-machine sans jamais poser de préjugé. Les personnes que Theodore, notre "héros", côtoie, prennent sa relation avec son OS comme les progressistes au milieu du 20ème siècle approuvaient les relations entre un blanc et une noire. Joaquin Phoenix est comme à l'habitude éblouissant dans ce rôle où il doit combler visuellement l'écran pour deux personnes, mais Scarlett Johansson est également très bonne dans la façon dont elle pose sa voix. Le film donne énormément à réfléchir sur ce qu fait l'amour, ce qui l'anime, ce qui permet son existence et ce qui le menace, à l'image de l'exclusivité, si chère à nos yeux et pourtant pas si évidente que ça si l'on s'y penche un temps soit peu. En sortant de la salle, vous penserez à tout ça. A vos relations passées. A votre relation présente. Et à celles à venir. Vous vous demanderez ce qui compte vraiment. Her est ce genre de film, qui prend aux tripes par sa puissance et son intelligence. Un des tout meilleurs films de 2014.
cylon86

2 834 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 mars 2014
Theodore est un homme sensible dont le métier consiste à rédiger des lettres d'amour pour les autres. Séparé de sa femme depuis un an, il n'a toujours pas réussi à s'en remettre et vit sa vie dans une certaine mélancolie jusqu'au jour où il fait la connaissance de Samantha. Drôle, pétillante, intelligente, Samantha semble être la femme idéale sauf qu'elle n'est qu'un programme informatique ultramoderne intuitif qui s'adapte à chaque utilisateur. Mais entre Theodore et Samantha, l'alchimie fonctionne et peu à peu, ils tombent amoureux et commencent une relation dans laquelle ils vont évoluer. L'idée est bien évidemment géniale, personne n'aura l'audace de dire le contraire et Spike Jonze l'exploite très bien, quitte à malheureusement en faire un peu trop et à rendre le film un poil trop long ce qui est bien dommage. Cependant, l'écriture, en particulier celle des dialogues, est à saluer car elle rend parfaitement crédible cette histoire d'amour improbable (mais en même temps magnifique). Grâce à sa mise en scène un peu flottante, Jonze nous amène au plus près de l'émotion de ses personnages sans jamais tomber dans le cliché et nous livre au passage l'une des plus belles scènes de sexe que l'on ai vu depuis un moment. Nous plongeant dans un futur qui n'est peut-être pas si lointain, Jonze transforme ce qui aurait pu être une idée de base de thriller paranoïaque en une formidable histoire d'amour qui doit beaucoup à ses deux acteurs. Tout d'abord, Joaquin Phoenix, absolument touchant et bouleversant dans le rôle de Theodore (visuellement, c'est quand même le personnage que l'on voit tout le temps) et puis il y a Scarlett Johansson qui prête avec douceur et sensualité sa voix à Samantha, trouvant là (paradoxalement) un de ses plus beaux rôles. Certes, avec une demi-heure de moins, le film aurait été encore plus beau, encore plus poétique mais on ne peut pas reprocher au réalisateur d'être allé jusqu'au bout de son idée et de nous livrer un film profondément original.
Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 avril 2014
Bizarrement la bande-annonce de "Her" ne me donnait pas envie de le voir. mais alors pas du tout.
L'histoire d'un pauvre type asocial qui tombe amoureux de son ordinateur me semblait trop farfelue pour être tout à fait crédible.
Mais bon .... La présence derrière la caméra de Spike Jonze, le génial réalisateur de "Dans la peau de John Malkovitch" et de "Max et les maximonstres". La présence devant la caméra de Joaquin Phoenix. La présence à côté de la caméra (car on n'entendra que sa voix) de Scarlett Johansson. Autant d'arguments qui m'ont convaincu - non sans quelques semaines de retard - d'aller voir "Her".

L'action se passe à Los Angeles dans un futur proche. Le futur proche : voilà une période que j'adore. Pas la science-fiction délirante de l'an 3894 qui n'a rien à voir avec notre présent. Mais le futur proche. Le monde tel qu'il sera ans une ou deux générations. Le monde qui ressemble encore aux nôtres mais qui en diffère déjà beaucoup. Type "Minority report", "Total recall" ou "Blade runner".
Le futur proche de Spike Jonze n'a rien de science-fictionnel. Il ressemble étonnamment au nôtre. A quelques nuances près. Un monde pacifique et eco-friendly où les individus se déplacent en transport en commun et portent des vêtements ordinaires et ternes.

Dommage que dans ce cadre si intelligent, le scénario ne fasse pas preuve de plus d'inventivité. Car une fois installé la romance entre Theodore Twombly et "Samantha", le film fait du surplace.
Une scène d'amour virtuel - à deux - ridicule.
Une scène d'amour - à trois - beaucoup plus troublante.
Et puis rien.
A la lecture de Première j'apprends "un terrible coup de théâtre que l'on ne peut pas révéler". je ne le révèlerai pas .... car je n'ai pas vu de "'terrible coup de théâtre" !
Inglorious_Ben
Inglorious_Ben

90 abonnés 1 708 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2014
Un bel exercice de style, mené par un Spike Jonze très inspiré.
Un mot me vient principalement à la bouche : déstabilisant!
L'amour entre une personne réelle et un système d'exploitation hyper intelligent me paraît tellement lointain (et pourtant si proche...) que j'ai eu du mal à m'identifier aux personnages, et à l'univers qui les entoure.
Et malgré le côté "malsain" de la chose, l'histoire est très attachante.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 avril 2014
Que sur ce film, sinon que c'est une merveille du genre, la détermination du genre de film est correcte en choisissant: Drame, Romance, Science-fiction. j'ai visionné les deux versions l'originale et la postsynchronisation française, dans cette dernière version, la voix féminine qui dialogue avec Joaquin Phoenix est beaucoup plus sensuelle que celle américaine trop banale, mais pas désagréable non plus, faut pas en tirer des conclusions que je ne dis pas. Le film est d'un calme olympien et les personnes qui ont la bougeotte n’adhéreront pas à ce genre de scénario. Moi j'en suis sorti zen, malgré des moments remplis d'émotions que beaucoup voudraient connaître dans leur propre vie. J'ai beaucoup aimé ce film et il m'en est ressorti que de bons moments pour ma mémoire, et là c'est le principal pour moi. Je le note 5 belles étoiles sur 5.
Roub E.

1 306 abonnés 5 373 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2015
Un film décalé et mélancolique, voilà comment je résumerai Her en deux mots. Perturbé par une séparation douloureuse Théodore va petit à petit s abandonner aux relations virtuelles jusqu'à tomber amoureux de son système d exploitation, un système intelligent qui a sa propre personnalité. Le film qui se situe dans un futur proche extrapole sur notre monde hyper connecté ou paradoxalement chaque individu est très isolé et solitaire. Ou les relations amoureuses sont dictées par la peur de souffrir et se trouvent donc être de plus en plus superficielles voir virtuelles. Ou même les relations amicales semblent factices et ne paraissent que donner le change pour un semblant de "normalité sociale". Parfaitement mis en scène, plein d humour mais surtout comme je le disais plein de mélancolie Her est un très joli film doux qui fait du bien tout en laissant un léger goût amer qui va parfaitement à l ensemble.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 avril 2021
Theodore Twombly, un homme inconsolable suite à une rupture difficile, fait alors l'acquisition d'un programme informatique ultramoderne, capable de s'adapter à la personnalité de chaque utilisateur. 'Samantha' et lui vont commencer à se lier.

C'est une réalisation de Spike Jonze qui c'était fait remarqué quinze ans plus tôt avec DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH. Il en a aussi écrit le scénario. Ce film a reçu l'Oscar du Meilleur scénario original et avait été nommé pour celui du Meilleur film

Si ce drame prend une dimension particulière, il faut reconnaitre que c'est surtout grâce à l'excellente prestation de Joaquin Phoenix. Son interprétation est tout simplement parfaite. Je n'ai pas de mot pour dire comment j'étais impressionné par la précision de son jeu. Il maitrise à 110% son personnage pourtant complexe. Cela serai injuste de ne pas vanter aussi Scarlett Johansson. Alors certes, on ne la voie pas, mais sa douce voix nous berce durant tout le film. Je tiens aussi à saluer les belles apparitions de Amy Adams et Chris Pratt.

Tout ce beau petit monde nous offre un résultat poignant. J'ai été ému par ce qui nous est proposé.

L'histoire va nous faire rentrer dans la tête et le cœur de Theodore. On se prend d'affection pour lui, et ses difficulté émotionnelle suite à son divorce. Il va donc s'enfermer dans cette relation surréaliste avec une intelligence artificielle, et on va voir l'impact sur son mentale. J'avais même tendance à m'inquiéter pour le sors qui lui était réservé. Malgré sa thématique complexe philosophiquement, la simplicité du scénario permet de mettre en avant les sentiments de chacun.

Si cette mayonnaise prend si bien, c'est aussi grâce à une réalisation propre. Celle-ci met en avant par des plans bien pensé et faisant ressortir l'émotion. La musique accompagne aussi cela parfaitement.

J'ai particulièrement apprécié la réflexion qu'il nous est donné de faire sur la relation entre l'homme et une possible intelligence artificielle. Loin de l'image laissé par TERMINATOR, la machine ne veut pas nous détruire mais va plutôt ressentir des émotions. Plus le temps avance, plus cette œuvre de science fiction peut devenir plausible. Où est la limite entre sentiment sincère et moralité ? L'évolution de ce "couple" va mettre en avant cette frontière plus que flou qui se fait entre l'humain et sa création. La machine prend même le pas émotionnelle sur l'homme en étant capable d'évoluer, alors que nous avons toujours du mal à "tourner la page" ou préférons rester dans notre zone de confort.
x-worley
x-worley

155 abonnés 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 avril 2015
Scénario intéressant, du moment que ça reste de la science fiction.... Bonne interprétation des acteurs, Joaquin Phoenix est plutôt pas mal. Mais le souci c'est que, c'est un peu long d'autant que la trame principale est assez classique au fond. Mais y a beaucoup de bonnes idées, tout ce qui touche a la sf est plutôt bien vu, ça apporte une bonne réflexion, c'est juste dommage que la réal de ce film ne soit pas assez "relevée" si je puis dire.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 février 2015
"Her" n'est pas un film comme les autres. Se déroulant dans un futur proche, le spectateur se voit embarquer dans une romance originale entre un Joaquin Phoenix attachant dans le rôle d'un homme seul qui a perdu tout ses repères suite à une rupture qu'il a du mal à comprendre, et une Scarlett Johansson pétillante et juste dans le rôle d'une intelligence artificielle extrêmement perfectionnée. Spike Jonze (dont je n'avais vu de sa filmographie que le très particulier "Dans la peau de John Malkovich") signe ici un film très poétique, poésie qui se ressent dans l'écriture mais surtout dans la mise en scène, avec notamment le choix de ces couleurs et de ces teintures présentes tout le long du film (qui donnent au film au passage, une photographie sublime). Hormis le fait que le casting remplit parfaitement son rôle, que ce soit du côté des premiers ou bien de celui des seconds rôles, et que la réalisation soit très bonne, le film fait poser des questions au spectateur, notamment sur la nature des relations entre les individus mais aussi avec les nouvelles technologies, sur l'évolution de ces relations et la tournure qu'elles pourraient prendre à l'avenir, ou encore sur l'enfermement des individus sur eux-mêmes, et ces questions que posent le film nous nous les posons avec un regard actuel, et c'est ça la vrai force du film, c'est qu'il représente son époque. Cela se ressent surtout sur le fait que le film soit beaucoup plus accentué sur la relation entre les deux personnages principaux que sur les technologies du futur qui les entourent. La musique du film est à la fois douce et belle, elle renforce le côté poétique encore une fois. Au final, le film possède peu de défauts, et à part quelques passages un peu niais et quelques questions de logique que l'on se pose après le visionnage du film ( spoiler: par exemple comment cela se fait-il que Samantha, l'intelligence artificielle, puisse ressentir physiquement les plaisirs de la chair ?
), "Her" est un film qui envoûte, ce genre de films qui peut faire sourire comme il peut pleurer le spectateur. En tout cas, "Her" restera comme un film particulier et finalement à l'image de la filmographie de son réalisateur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 juin 2014
"her" nous montre une société future totalement dépendante et connectée à la technologie, mais presque totalement déconnectée de toute vie sociale. Spike Jonze filme ça avec brio, et Joaquin Phoenix et Scarlett Johansson qui interprètent un couple étrange mais non moins attachant. Oscar du meilleur scénario original amplement mérité !
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2015
Her est avant tout une intéressante incursion dans la comédie romantique par le très subtil truchement de l'anticipation. Riche idée mais au fond pas si neuve puisque les vioques dans mon genre ont eu le plaisir d'y goûter avec Une créature de rêve ou Electric Dreams dans les années 80 puis avec l'excellent Denise au téléphone dans les années 90. Ce dernier creusait d'ailleurs intelligemment le syndrome paradoxal du repli sur soi par la faute des nouvelles technologies dites de communication. Et par là stigmatisait le refus d'engagement en matière de sentiments, pathologie des temps modernes.

Outre cet argument présent dans Her, j'apprécie le fait que s'agissant d'un film US le puritanisme tellement ricain y trouve une illustration charmante dans la dématérialisation du corps de l'autre. Ou comment rendre palpable l'horreur qu'on y exprime pour tout ce qui ressemble de près ou de loin à des poils ou des sécrétions corporelles ! Une dématérialisation qui commence dès lors que l'on applique à l'autre sa propre grille d'exigences. spoiler: Exemple avec cette très jolie scène de rendez-vous à l'issue duquel elle lui demande d'utiliser sa langue pour le baiser mais pas trop, juste un peu, à moitié... On n'est évidemment déjà plus dans la rencontre amoureuse mais dans l'exposition de son cahier des charges amoureux, dans l'étape "tue l'amour" où nos conditions rêvées sont posées au partenaire... Autre illustration symptomatique de cette recherche effrénée d'une forme maladive de perfection (évidemment pas de ce monde) : ce jeu video où l'on campe une mère qui pour marquer des points doit nourrir intelligemment ses enfants et les déposer à l'école avant les autres parents...
Tant que Spike Jonze explore cette réflexion sur une idéalisation forcément déceptive du rapport aux autres, tant qu'il évoque l'air de rien les difficultés du rapport amoureux propres à notre époque, le film fait mouche, il est même souvent poétique grâce à ses échanges délicieux entre un homme plutôt discret, timide, et une voix chaude.

Le film est moins convaincant sur d'autres aspects, notamment sur la personnalisation de l'Ordinateur qui dans son phrasé comme dans le contenu de ses propositions semble trop souvent prisonnier de formules, d'incantations un peu vaines, ne se targuant que de préoccupations souvent trop humaines spoiler: "Je sais bien que je n'ai pas de corps" ou "on fait moins l'amour ces derniers temps...". Déclamations qui tombent à plat. Des scènes comme celle du pique-nique par exemple ne fonctionnent pas beaucoup plus ("et alors qu'est-ce que tu aimes chez Samantha ?", question posée par le couple d'amis ou "Tu te tapes ton ordi ?" réaction outrée de l'ex adulée
) du fait de dialogues qui ont quelque chose de trop littéral... C'est un point capital à mes yeux. Ce sont des phrases qui pourraient se révéler drôle dans du théâtre de boulevard ou dans une vraie comédie burlesque mais qui fonctionnent beaucoup moins dans ce registre poético-réflexif fait de sentiments (vrais ou simulés d'ailleurs), de questionnements sur nos addictions, sur nos manques affectifs, et sur les solutions au rabais envisagées pour contourner notre difficulté fondamentale à nous engager... Cela vient je crois dune question de décalage pas toujours heureux entre l'univers et ce qu'on veut faire dire aux personnages.

Mais le vrai tournant raté du film me semble surtout se situer autour de la fameuse colère de Samantha ("Ta gueule" ose-t-elle même s'écrier). A partir de là, je rêve de basculer dans quelque chose de beaucoup plus angoissant. Du côté de ces atmosphères étranges où tout devient possible. Parce que le sentiment amoureux peut faire faire n'importe quoi. Précisément. Je me dis qu'on pourrait alors découvrir le vrai visage d'un gars inquiétant qui parle tout seul, qui cause aux arbres ou avec leurs poupées gonflables... Ou révéler en creux un personnage sous influence aussi effrayant que l'obsessionnel metteur en scène de ses fantasmes dans Le Voyeur. Mais on pourrait tout aussi bien imaginer comment naîtrait la relation abusive où elle (la voix) va se révéler envahissante, pressante, manipulatrice, jouant avec plusieurs coups d'avance (des milliers peut-être) et pour cause, elle est un ordinateur... Elle peut alors apparaître comme menace multiple (une voix d'homme, d'enfant, un cri d'animal) et omniprésente, elle peut s'immiscer dans sa vie privée, dans ses choix, le faire chanter, spoiler: elle pourrait même le mettre en concurrence avec l'un de ses fameux 641 autres amants (comme elle l'évoque vers la fin) mais hélas au final, rien de tout ça... On reste sagement dans une relation qui s'étiole (comme notre attention) pas vraiment de son fait à lui d'ailleurs (le personnage central est d'ailleurs trop mou de ce point de vue) mais par sa volonté à elle de s'émanciper... S'émanciper de qui, de quoi ? Ce n'est pas clair... Pour aller où ? Ce n'est pas clair non plus. Cela affadit la seconde partie qui finit par ronronner malgré de belles idées comme le savoureux plan à 3 ou les vacances en amoureux à la montagne alors qu'il part tout seul !!!

Restera donc le beau message que véhicule le film sur ces vies par procuration que favorisent des technologies (son métier à lui l'illustre bien d'ailleurs, écrire les histoires des autres, être la voix des autres), qui finissent par nous renfermer sur nous mêmes plutôt que de nous ouvrir sur le monde. Mais je crois fermement pour conclure que Denise au Téléphone le faisait mieux passer parce que justement de façon plus cruelle, froide et cynique. Et parce que sans pathos. La naissance du sentiment amoureux dans Her, parce quelle a lieu, aurait probablement mérité d'être le point de départ d'une histoire beaucoup plus irrationnelle, inattendue, frissonnante, humaine comme seul l'amour sait en créer... On dira que c'est quand même dommage !
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 2 mai 2014
Au risque de passer pour un gros inculte, je n'ai jamais eu l'occasion de voir un Spike Jonze dans ma vie et je dois avouer que je n'attendais pas tant que ça ce "Her", dans lequel l'excellent Joaquin Phoenix tombe amoureux de la voix de son ordinateur (et quelle voix! Celle de Scarlett Johansson). Quoi que le synopsis était original. Et c'est cette originalité qui m'a fait venir vers ce long-métrage, primé de plus en tant que meilleure scénario lors de la dernière cérémonie des oscars. Bon, au risque de m'attirer les foudres de tous les fans-boys du film, je l'ai trouvé bon, certes, mais pas exceptionnel. Jamais le film ne m'a fait vibrer et j'ai même ressenti quelques longueurs lors de la dernière demi-heure. Voilà, je ne cracherai pas plus sur le film étant donné que l'ensemble est tout de même de bonne facture (faudrait peut-être un jour que j'arrête de cracher dans la soupe une bonne fois pour toutes). Car "Her" propose une réelle réflexion quant à notre condition d'être humain et au pouvoir de nos sentiments, portés durant les deux heures de métrage par la problématique, "peut on tomber amoureux d'un être virtuel?". Et en terme de cohérence, Spike Jonze fait fort car il arrive lors des longues discussions entre Phoenix et Johansson à rendre crédible le dialogue (alors que Phoenix est présent seul à l'écran les 3/4 du temps). Dommage que ces discussions s'étirent en longueur vers la fin, car j'avoue que c'est ça qui m'a fait un peu décrocher de l'histoire. Toutefois, "Her" garde sa force de par cette réflexion homme/machine qui occupe tout le film. A chaque instant, on se surprend à se mettre en comparaison avec le personnage principal, comment nous serions-nous comportés à sa place, etc... Spike Jonze réalise un étrange film d'anticipation qui dans son semble est bien réussi, qui son seul défaut serait les quelques longueurs du scénario.
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