Un épisode qui aura fait couler beaucoup d'encre, mais après l'avoir vu une bonne vingtaine de fois (ou plus), je pense pouvoir dire que je le trouve excellent, même si certains détails me frustreront toujours un peu. Pourtant, entre les combats titanesques, la bande son jouissive et des images magnifiques, il y a surtout un scénario très recherché, qui prend toute sa consistance avec les épisodes qui suivent. A un moment, j'étais un peu ulcéré par la présence excessive de jar jar, ou gêné par la course de modules un peu longue, voire le jeune acteur qui joue Anakin ; mais si certains choix rendent l'épisode moins réussi que les 2 et 3, ça n'en reste pas moins un excellent film, intelligent, et très divertissant (et à présent j'y fais moins attention).
J'étais agacé par la naissance immaculée du jeune Skywalker, mais après un revisionnage récent, je me suis rendu compte que l'explication n'était sans doute pas si bête que je ne le pensais.
Une déclaration de Palpatine durant l'Episode 3 laisse imaginer que la conception d'Anakin, d'une manière ou d'une autre, relève d'un plan bien tordu, et au final je ne vois plus les choses de la même manière.
Jar Jar lui-même aura un rôle plutôt fâcheux dans l'histoire, et le gentil idiot va devenir dans les épisodes suivants un symbole : celui du crétinisme comme outil pratique pour mettre en place une bonne dictature...
L'Episode I est présenté comme un film naïf, avec des personnages souvent (trop) légers. Mais ce qui rend la chose intéressante, c'est que ces personnages vont devenir les jouets d'une histoire tragique passionnante, et finalement leur évolution sera magistralement montrée. Après tout, les meilleurs jouets du destin sont souvent les plus naïfs, les plus crédules, et Anakin est un être infantile né esclave sur une planète isolée, et projeté dans un monde dont il ne connait pas les règles, aussitôt séparé de sa mère. Tout le monde se méfie de lui ou se fiche de sa présence, son propre maître (Obiwan) accepte ce mioche comme un boulet, et on ne le sent pas forcément être le parfait guide. Pour autant, on verra au fil de la trilogie l'évolution d'Obiwan, mais l'Episode I laisse bien imaginer ses failles, car le personnage n'a pas encore acquis une grande sagesse...
Bref, cette trilogie est vraiment intéressante à analyser, parce qu'elle fourmille d'idées et montre, certes parfois maladroitement, une situation et des relations complexes.
A l'heure actuelle, la nouvelle trilogie fait tout l'inverse : elle tisse des relations creuses entre les personnages, des intentions basiques, et n'amène aucune réelle réflexion ; on se contente de réutiliser des codes existants, des éléments de l'histoire de Star Wars, on recycle même des décors, et même si l'on évite certaines maladresses, on ne présente rien d'intéressant ou de passionnant. Dans un sens, ça permet de prendre conscience de la grande qualité de la prélogie, par contraste entre un univers riche bien que parfois maladroit, et un univers maîtrisé mais vide.