Saint Laurent
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soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 février 2015
Suite au biopic très officiel de Jalil Lespert adoubé et produit par Pierre Bergé, compagnon et dépositaire de l'œuvre d'Yves Saint Laurent, on attendait avec impatience la vision plus personnelle proposée par Bertrand Bonello arrivé sur le projet suite à une commande des frères Altmayer tombés sous le charme de "L'Appolonide, souvenirs d'une maison close" (2012). Se concentrant sur la période allant de 1967 à 1976, celle où le créateur prisonnier de son succès sombra dans les nuits parisiennes et les paradis artificiels, Bonello prend le parti d'explorer la face sombre et tourmentée du créateur. On est bien sûr obligé de dresser le parallèle avec le film de Jalil Lespert en constatant que si les visées sont différentes, dans les deux cas l'incarnation du couturier est confondante de mimétisme, avec une mention pour les deux acteurs respectivement nommés aux Césars. Là où Jalil Lespert embrasse plus largement le sujet au risque de tomber dans l'hagiographie officielle donnant la part belle à Pierre Bergé, Bonello s'interroge sur la souffrance de l'artiste devenu prisonnier de son talent ("J'ai crée un monstre" dit un moment Yves Saint Laurent à propos de son aura). De ce point de vue la place de Pierre Bergé chez Bonello ne peut plus être la même, toujours enclin à développer l'empire de son poulain le contraignant à un rythme de stakhanoviste dangereux pour l'équilibre déjà instable de Saint Laurent. Enfermé dans un cycle infernal "création-atelier-boîtes de nuit" transposition décadente et bourgeoise du "métro-boulot-dodo", Saint Laurent ne tarde pas à voir ses conflits intérieurs, notamment une homosexualité mal assumée, le submerger. Ce tourbillon de débauche et de travail est l'occasion pour Bertrand Bonello de déployer des figures de styles un peu pompeuses comme l'utilisation assez tape à l'œil du split screen à la sauce Mondrian. Le recours à Helmut Berger autre icône de la même époque brûlée par les excès pour figurer Saint Laurent au soir de sa vie peut aussi s'apparenter à une digression superflue si ce n'est la justification par la mise en abyme fulgurante mais aussi un peu malsaine dans laquelle le pauvre Helmut Berger devenu l'ombre de lui-même contemple avachi et déconfit sa propre image sur un téléviseur quand jeune éphèbe majestueux, il jouait dans "Les damnés" de son maître et amant "Luchino Visconti. Le risque pour Bertrand Bonello très soucieux de ses effets serait de se laisser gagner par une certaine suffisance qui gâcherait à terme un talent évident. Hormis cette réserve, Bonello rend parfaitement l'ambiance d'une époque d'insouciance pour la communauté homosexuelle très vite réprimée par l'arrivée du sida. La prison dorée dans laquelle évolue Yves Saint Laurent est parfaitement exprimée par l'absence de plans larges, par l'image du couturier apparaissant seul parmi les autres ou encore triste comme un enfant puni dans sa chambre forte où il contemple sa collection de camés. Désorienté par ce qui lui arrive mais aussi monstre d'égoïsme immature qui après la mort de son chien d'overdose en cherche la copie parfaite pour ne pas avoir à assumer son irresponsabilité. Cruel et lâche aussi parfois quand après avoir donné de l'argent à l'une des ses employées pour qu'elle puisse se faire avorter il demande à l'oreille de son chef d'atelier son licenciement. Un peu long le film ne tient pas toutes ses promesses même s'il reste le fruit d'un auteur très talentueux qui va devoir apprendre lui aussi à lutter contre ses petits démons.
Dunno The Movie
Dunno The Movie

71 abonnés 239 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 mars 2015
Si Bertrand Bonello n’a pas bénéficié du même soutien que le film de Jalil Lespert, aucun des deux films n’a, selon moi, su créer une œuvre attachante autour de ce personnage si contrasté. Cependant, après un Yves Saint Laurent réussissant à s’en sortir grâce à sa photographie élégante et un casting touchant, Saint Laurent, lui, reste une tentative pseudo-arty, jalonné par des dialogues insipides et un casting hautain. Les César 2015 ont tranché : Pierre Niney était plus convaincant chez Jalil Lespert, tandis Saint Laurent est reparti avec le prix des Meilleurs Costumes. Sachant que la marque a fermé ses portes aux films, c’est plutôt intéressant. À éviter quand même, car ce sont 2h30 que vous ne reverrez jamais.
>>> Critique complète sur mon blog
Epikouros
Epikouros

53 abonnés 45 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 10 janvier 2015
Les plats réchauffés ne sont pas toujours les meilleurs. Voici donc un Saint Laurent-bis. Hélas, j'ai peiné à m'intéresser de nouveau au personnage, ce "beau monstre" (sic) doublé d'un enfant gâté, voué à une autodestruction forcément géniale. Ce biopic morcelé, plutôt brouillon, m'a paru interminable et débilitant. C'est long, c'est lent, c'est répétitif, c'est creux, c'est vain. On devrait offrir une paire de ciseaux au réalisateur, indispensables non seulement à la couture mais au montage d'un film ! Et - l'ennui et la déprime s'installant - le spectateur se désintéresse de ce Génie qu'on n'a pas envie d'aimer, pas même de plaindre. Je n'ai été ni ébloui ni ému un seul instant ! Certaines scènes sont mortelles ( tel travelling interminable et absolument gratuit dans une soirée en boîte), telle autre complaisante ou ridicule (assaisonner un récit de baise avec l'ouverture de la Passion selon St Matthieu !). Quel fatras bariolé ! Avec plein de bibelots, de chichis, autant dans le décor que dans la mise en scène. Et pour dire quoi ? Que les artistes sont solitaires ? Que l'Art est un business ? Que la haute-couture est vaine ? Que la came est un cauchemar ? Que dandys et gigolos sont à vomir ? Etc. Même l'interprétation est à la peine. (Louis Garrel m'a paru mauvais, parfois ridicule, mais son rôle est impossible à défendre.)
A un moment, YSL, en panne de créativité, s'interroge à voix haute : "Est-ce que tout cela n'est pas dérisoire ?" A mon humble avis, l'ambitieux film de Bertrand Bonello - qui va représenter officiellement la France - contient et illustre une réponse hélas aussi poussive qu'affirmative.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 14 octobre 2015
Bertrand Bonello a incontestablement du talent pour soigner son cadre, reconstituer des époques en y intégrant des musiques joliment choisies, parfois même anachroniques. En revanche, dans Saint Laurent , on se demande rapidement s'il ne s'est pas pris au piège du "je veux raconter l'homme derrière l'icône, je vais faire un film académique tout en accouchant d'un film d'auteur, personnel…".

Premier problème : l'acteur principal, tellement appliqué dans sa volonté de recréer le personnage qu'il finit par ne donner vie qu'à une silhouette, quasiment un logo, une marque en trois lettres… Ce qui achève de nous désintéresser d'YSL alors qu'on se met à chercher en permanence la petite fausse note, l'intonation forcée par ici, le dos un chouia trop cambré par là... C'est quand même ballot. Je me demande si à ce petit jeu il n'aurait pas été plus intéressant de s'éloigner du vrai visage d'Yves Saint Laurent (comme dans l'autre film porté par un Pierre Niney qui justement est peut-être davantage dans une création que dans l'agenouillement, dans la posture, parfois vaine).

Le deuxième point négatif, c'est évidemment qu'on n'appendra rien de la genèse de l'artiste, de ce qui l'a engendré, des rapports avec ses parents, sa famille (ont on ne sait à peu près rien). La mystère demeure et l'on ne découvre que les coulisses attendues d'un homme avec du génie, rongé par la timidité, les drogues, et les quelques hommes dont il se sera épris sur le chemin… Programme attendu. On retient finalement assez peu de ce film dont il reste une une certaine élégance confinant parfois au maniérisme, des musiques chaudes, mais de vertige et de plongée dans l'âme d'un artiste finalement si peu.
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 septembre 2014
Après le film de Jalil Lespert sorti en janvier 2014, intitulé Yves Saint Laurent, c'est le second biopic de l'année consacré au créateur de mode, décédé en 2008. Le premier était approuvé par Pierre Bergé, compagnon de l'artiste et cofondateur de la marque Yves Saint Laurent. Le second, non. Mais peu importe l'adoubement officiel. En réalisant un biopic à sa façon, libre variation historique et poétique, Bertrand Bonello offre une vraie vision de cinéma, et c'est bien ça le plus important. Son film est axé sur la décennie la plus créative, la plus intense, la plus représentative du talent et de la vie d'Yves Saint Laurent (entre 1967 et 1977). Une décennie racontée façon puzzle, avec des va-et-vient dans la chronologie (qui permettent d'éviter habilement le déroulé plan-plan), et dépassée dans la dernière partie du film par un intéressant jeu d'échos entre la jeunesse et la vieillesse du personnage central. Bonello aborde son sujet à la manière d'un impressionniste, par petites touches, par fragments de vie et fragments d'image (split screen), pour brosser le portrait d'un homme en cernant ses multiples facettes et dessiner en filigrane le tableau d'une époque en pleine révolution sexuelle. Il saisit l'artiste et l'amant en un même mouvement, parle de désir, de jouissance, de création et de destruction, d'état de grâce et de delirium tremens, de paradis artificiels et de descente aux enfers. Il navigue entre les lieux les plus chic de Paris et quelques coins bien glauques, entre gloire et décadence. Le réalisateur avait déjà donné dans une certaine décadence avec L'Apollonide. Il s'y adonne de nouveau ici, avec un soin d'esthète qui fait de lui un héritier moderne, dans l'esprit, du courant décadent de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, ou encore du cinéma de Visconti, comme en témoigne le choix d'Helmut Berger (fameux Damné qui incarne à lui seul la décadence à la Visconti) pour interpréter Saint Laurent dans ses dernières années. La belle décadence investit par ailleurs les décors et les costumes, travaillés avec une précision fétichiste, ainsi que la réalisation, avec ses travellings soyeux ou fiévreux, ses cadrages très graphiques, ses couleurs riches, ses ralentis planants... Une folle élégance qui offre quelques moments envoûtants et fascinants, emballés par une superbe BO (choisie par Bonello lui-même). Enfin, ce Saint Laurent doit évidemment beaucoup à son interprète principal, Gaspard Ulliel, qui déploie un jeu sobre et fin pour faire jaillir le mélange de douceur et d'excès de son personnage, exprimer "l'immense fragilité qui le rend fou", évoquer le "monstre" qu'il nourrit et qui le détruit. L'acteur, qui révèle au passage une ressemblance physique étonnante avec son modèle, est remarquable dans ce rôle à César, au coeur d'un film en tout point cohérent et inspiré. Impressionniste dans sa structure, décadent dans son style, ce film n'a qu'un seul défaut, celui de jouir un peu trop (et un peu trop longtemps) de sa propre sophistication, au détriment de l'émotion.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2014
1967-1976: soit la période où Saint Laurent devient une marque et sombre en tant qu'individu. Pour analyser en profondeur une personnalité indéniablement complexe, Bonello parvient à éviter une distinction nette entre vie privée et vie publique. Saint Laurent (phénoménal Gaspard Ulliel) est certes montré comme un créateur génial et un homme capable de s'aventurer dans les endroits les plus glauques de Paris, mais il est surtout un personnage fatigué et aux rapports au temps et aux choses absolument fascinants.
Saint Laurent d'abord intemporel, où on ne sait vraiment s'il se souvient (Helmut Berger grandiose) ou bien s'il se projette dans ce qu'il deviendra sur sa fin. Saint Laurent omniprésent, même quand il n'est pas à l'écran, comme le démontre l'extraordinaire utilisation du split screen avec les différentes robes disposées en plusieurs fragments lors du défilé final, merveilleux symbole de la fragilité du créateur. Le créateur, justement, celui qui doit constamment inventer et donc changer, possède un rapport aux choses étrangement constant, comme dans la conservation de croyances matérielles ou du chien (qui ne meurt jamais vraiment, à l'image de son maître).
Et si le film est passionnant, il n'est toutefois pas exempt de défauts, comme un montage qui aurait mérité à être plus resserré, notamment dans une partie centrale un rien redondante ou encore un perfectionnisme parfois agaçant dans l'élégance de la mise en scène. On retiendra surtout une ambition thématique et artistique démesurée, une interprétation époustouflante et des choix musicaux d'une grande qualité.
Critique de Monique Pantel dans Europe 1
Critique de Monique Pantel dans Europe 1

94 abonnés 355 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 octobre 2014
Saint-Laurent, de Bertrand Bonello, m'a rasée. C'est lugubre. Ce pauvre Yves, que le cinéma s'arrache (c'est le deuxième film sur lui) est cette fois en pleine décrépitude. Certes, sa maison de couture crépite, mais il est déprimé, il boit comme un gouffre de cafard, il se came, il n'en peut plus. Le film cartonne, mais il est triste comme un enterrement sous la pluie. Une chose est pourtant à saluer. La performance de Gaspard Ulliel qui ressemble à Saint-Laurent comme une goutte d'eau à une autre, et qui a la même voix que lui. Mais enfin c'est sinistre quand même.
nikko60
nikko60

6 abonnés 48 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 25 septembre 2014
Bonello prouve qu'un biopic peut aussi émouvoir.
A voir sans tarder, c'est noir et magnifique.
Ollia
Ollia

9 abonnés 155 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 21 octobre 2014
Si ce biopic cherchait à assouvir les envies des bobos en mal de films intellectuels à s'en faire mal au crâne, c'est réussi. Si on souligne la photographie plutôt réussie, comme dans l'Apollonide, le reste est bon à jeter. Le film de Lespert est certes plus éloigné de la réalité, couvre une plus grande période, mais il le fait sans chichis, avec légèreté, poésie, élégance. Le film de Bonello n'est qu'une succession de sorties en boite de nuit, de clopes au bec, d'orgies d'une vulgarité sans nom (l'interdiction aux moins de 12 ans aurait été nécessaire, navrée mais voir des types à poil, sans aucun érotisme, n'élève pas mon intellect, et n'apporte RIEN de plus au film) Là encore Lespert avait fait dans la mesure tout en gardant le côté émotionnel de la descente aux enfers d'Yves Saint Laurent, on n'aurait presque envie de dire dans celui de Bonnello que c'est bien fait pour sa ptite g**** tellement on ne ressent aucune affection pour lui. Autre point négatif, la musique absolument atroce tout au long du film. Long, c'est d'ailleurs le mot. Interminable. Des bouts de rien. Pour une scène finale qui mérite toutefois le détour car on voit (enfin !) le travail de cet homme, passé outre pendant les longues minutes qui ont précédé la scène finale. Et dire que ça nous représente aux oscars...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 6 octobre 2014
un chef d'œuvre , mise en scène somptueuse , sans doute le plus beau film français de cette année jusqu'à présent , traduisant le caractère tourmenté d'YSL , film mélancolique sur ces années 70 .
je n'ai pas vu Yves Saint Laurent de Lespert mais Saint Laurent est vraiment un grand film
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 24 septembre 2014
l'acteur principal est très bon mais le film manque d'émotions ; il est plutôt glaçant la plupart du temps ; je me suis ennuyée durant certaines scènes interminables. Je préfère Yves Saint-Laurent.
marc C.
marc C.

29 abonnés 96 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 novembre 2014
Excellent

Certes il s'agit de la période trouble de Saint Laurent,mais ce film est superbement filmé dans les moindres détails.
G Ulliel et Y Reynier sont remarquables.La participation d'Helmut Berger est exceptionnelle.
Beaucoup de sensibilité et de finesse,excellente reconstitution de ces années 80.
Un tres bon film.
anonyme
Un visiteur
0,5
Publiée le 29 septembre 2014
Des longueurs et toujours des longueurs, quel ennui... j'avais adoré l'autre film Yves Saint Laurent mais celui ci n'est vraiment pas à la hauteur.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 octobre 2014
La création nait des émotions, Bonello sait les lire sur le visage de Gaspard Uliel en Saint-Laurent proustien. La mort, l'amour, le sexe, l'art et le cinéma ne font plus qu'un dans ce film grandiose.
Felipe Dla Serna
Felipe Dla Serna

32 abonnés 245 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 24 septembre 2014
Comme le film de Jalil Lespert, celui ci est tout aussi ennuyeux, lent, long, très long, trop long. Mais celui de Bertrand Bonello rajoute le caractère monotone et au même temps décousu, à base de flash-back parfois incongrus et souvent sans aucun but. Je crois que Bonello a voulu jouer ici la carte de l'appât du personnage sans apporter rien. Par ailleurs, on comprend bien que Berger n'aie pas donné son aval, puisque il est dans "Saint Laurent" réduit à PDG de la marque "YSL". C'est vrai que le mimétisme de l'acteur Gaspard Ulliel avec le personnage, quoi qu'il ai pu dire dans les médias, est très recherché, autant pour sa voix (son intonation monotone - si soûlante -) que pour son corps. Mais tout cela ne fait pas forcément un bon biopic sur le même personnage, deux la même année, en plus, c'en est trop.
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