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Dora M.
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4,0
Publiée le 8 mai 2020
Jean-Louis (Jean-Louis Trintignant) habite en Province et croise un ancien camarade qui l’invite chez une amie à lui, Maud (Françoise Fabian). La neige l’oblige à passer la nuit chez elle, l’occasion de discuter de divers sujets. Le lendemain, il croise une autre jeune femme qu’il avait repérée à la Messe, Françoise (Marie-Christine Barrault). Il ne se passe pas grand chose mais c’est pourtant captivant. Les personnages discutent beaucoup entre eux, abordant plusieurs thèmes. Par exemple, les échanges autour des probabilités et de la théorie de Pascal sur le pari sont très intéressants, notamment en ce qui concerne l’espérance et le gain possible : même si un événement a peu de chance de se produire, le gain possible est tel qu’il vaut le coup de se tenter. Que la vie ait un sens ou non, on est obligé de croire qu’elle en a un car si on part de l’autre postulat, on a tout perdu si jamais la première hypothèse se réalise. Les échanges sont une bonne façon d’apprendre des notions philosophiques, ce n’est pas pompeux, je trouve que cela fait naturel. C’est profond. Divers autres thèmes sont abordés comme la religion, l’amour, le pardon. C’est vraiment l’occasion de réfléchir, certes il faut rester bien concentré, mais on est face à différents points de vue. Il se passe très peu de chose mais les échanges maintiennent le rythme car ils sont très intéressants. J’ai trouvé Françoise Fabian captivante, elle a beaucoup de charisme et la nuit chez elle semble rapide, on ne s'ennuie pas à suivre toutes ces discussions. En revanche, j’ai trouvé que le rythme retombait avec Marie-Christine Barrault, beaucoup plus discrète, un peu ennuyeuse. Heureusement, elle arrive quasiment à la fin du film.
Admirable résistance au temps d'un film qui a 51 ans ! Actualité brûlante des questionnements religieux et existentiels, des engagements, des choix, du sens de l'amour. Intemporalité des Pensées de Pascal, intelligibilité irréprochable de la diction des acteurs qui ar-ti-cu-lent, malgré la volubilité du dialogue rohmérien, au passage un hommage absolu à la langue française. Françoise Fabian, actrice sensible et irrésistible beauté indémodable, et Trintignant parfait comme toujours. Bref, quand on pense que ce film a vu le jour un an après Mai 68, c'est à dire à contre-courant absolu de l'anti-religiosité obligatoire du temps, il est rafraîchissant de constater qu'une oeuvre courageuse, qui se fout des mots d'ordre, est la seule qui demeure. Comme toujours, la caméra de Rohmer nous embarque dans ses contes, oui, mais partout pour de vrai.
*Ma nuit chez Maud* est un voyage entre les mots et les sentiments. Un petit chemin entre les pensés de renom avec cette fixation sur Pascal, et celle plus personnelles à l'image des questionnements du personnage de Jean-Louis, incarné par Jean-Louis Trintignant. Eric Rohmer s'approprie la notion d'immersion pour l'enlever des griffes de l'attraction, au profit d'une soirée que le spectateur passe en compagnie d'êtres replaçant l'amour à sa place la plus primordiale. Un *Manhattan* de Woody Allen délocalisé en Auvergne, où la potentielle répétition des citations et des références se délaissent au profit de personnages misant sur le : « et toi, qu'est ce que tu en penses ? ». On retourne à hauteur d'homme, un lieu où seule l’expression des sentiments peut triompher.
Quatrième volet des *Six contes moraux*, cette nuit chez Maud s’intéresse à la dimension de l'amour concernant un homme pris entre sa volonté de pureté religieuse et le désir inévitable d'aimer et d'épouser la liberté. Concernant le bonhomme Rohmer, j'avais pour ma part seulement eu affaire au premier épisode de cette petit saga philosophique. Ce fût *La Boulangère de Monceau* et il s’avérait déjà très intéressant dans le traitement de cette question cruciale des jeunes rapports amoureux : qui dois-je préférer, la personne qui comble mon désir et ma soif d'amour présente ou celle qui m'a toujours fait rêver ? Dans *Ma nuit chez Maud*, Eric Rohmer s’intéresse donc à ces volontés de vie opposées qui ne peuvent finalement que se rejoindre. Le désir naturel qui sublime chaque humains face à la pureté religieuse qui magnifie autant qu'elle questionne. Rohmer construit comme une articulation entre naturalisme et l'idéalisme avec entre les deux extrême, une très belle réflexion sur le coup de foudre. Poésie personnel et complètement universelle théorisée par le pari de Pascal, et illustrée par ces regards entre Jean-Louis et Françoise au sein de l'entre de Dieu.
Eric Rohmer construit son récit au fil des mots et des heures qui tournent. Nous sommes comme en communion avec les personnages, au rythme de cet éclaircissement somptueux sur l'amour. Qu'ils sont agréables ces moments où l'ont arrive face à une oeuvre en étant remplie d'incertitudes et où l'on en ressort éblouie et conquit par un fleuve de mots agençant les sentiments. Pouvoir d'un cinéma poétique remplie d’intelligence et de bonne volonté qui sait tailler ses personnages pour les ramener à de simple Homme échangeant sur la vie telle qu'elle fredonne.
A travers ce film, comme une littérature cinématographique, presque une pièce de théâtre, on peut mesurer à quel point les mœurs ont changé,je vois ce film en 2020, et je constate combien le poids des religions, de la morale, et di puritanisme sont omniprésent dans la vie de tout un chacun
Ma nuit chez Maud est un film de Rohmer faisant partie de la série des Six contes moraux. Il est en noir et blanc. Et comme son non l'indique, il raconte une nuit particulière chez Maud, pédiatre, interprétée par la fabuleuse et irrésistible Françoise Fabian.
C'est l'histoire de Jean-Louis [Trintignant] ingénieur de formation, qui revient vivre en France du côté de Clermont afin de travailler chez Michelin. Matheux par sa formation, il s'intéresse aussi beaucoup à la philosophie de Pascal, qui comme lui aimait les mathématiques et la philo. Il rencontre par hasard Vidal, un ami perdu de vue, enseignant en philosophie à l'université. Il lui présentera alors Maud.
Cette histoire nous parle (encore) d'amour mais elle se double aussi d'une réflexion morale, religieuse et philosophique. On voit toutes les barrières qui empêchent d'assumer son désir et de se laisser porter par lui. Pourquoi croire qu'une fois qu'on a choisi d'aimer une personne, on n'en aimera plus une autre, juste pour la bonne raison qu'on est chrétien. Pourquoi avoir honte d'avoir aimé, de s'être trompé alors qu'il s'agit simplement de choses naturelles de la vie. Plus les échanges chez Maud avancent, plus on met à jour une certaine hypocrisie chez Jean-Louis.
"Vous êtes un chrétien honteux, doublé d’un Don Juan honteux." En effet, le christianisme revendiqué de Jean-Louis cadre mal avec l'époque post soixante-huitarde, et plus généralement avec la France du 20ème siècle. En pleine libération sexuelle, cela semble anachronique. Mais le décalage est double tant il minimise son côté coureur et ne veut pas s'avouer sa propre concupiscence. Cela frôle parfois l'hypocrisie. Et toutes ces tensions sont constamment résolues par Maud qui dit fort justement que "Courir les filles, ça ne vous éloigne pas plus de Dieu que les mathématiques !"
Ainsi, peu à peu, en s'ouvrant, Jean-Louis parvient à admettre que: "Les femmes ont toujours contribué à mon progrès moral." Mais attention à Maud qui révèle qu'elle est méchante.
Cette nuit chez Maud est le pivot du film. Avec ce noir et blanc, ce cadre intimiste dans l'appartement avec des plans soigneusement découpés, des séquences qui s'enchaînent avec précision. L'usage méticuleux du champ, contrechamp. Ces cigarettes omniprésentes, ces lampes qui vont peut à peu s'éteindre. C'est du cinéma de la précision dans cette intimité qui est pourtant si ouverte.
Le scénario quant à lui ménage des rebondissements savoureux qui installent une incertitude. Car oui, en amour, chacun arrive avec son passé en bagage. Mais qu'en est-il lorsque ce passé est pivot de la relation future. C'est ce qui arrive avec l'omniprésente Françoise que rencontre Jean-Louis. Dès le début, il est sous le charme. Et pourtant, parfois, un amour a besoin d'un catalyseur. Et quel meilleur catalyseur que la fabuleuse Maud ?
Film mettant un peu de temps à démarrer, brillant dans sa partie chez Maud puis haletant dans son dénouement, Ma nuit chez Maud, c'est la maîtrise des personnages, du cadre, mais surtout l'abandon d'une certaine morale qui ne fait qu'entraver le désir. On ne peut être que subjugué parla délicieuse Françoise Fabian et le formidable Jean-Louis Trintignant.
Ce film devrait être diffusé dans les lycées. Ca clouerait le bec des partisans du "c'était mieux avant". Avant, non seulement on s'ennuyait terriblement, mais en plus toutes les créations artistiques des années 60 étaient phagocytées par la dictature intello-gaucho-bobo encore au pouvoir aujourd'hui. Cela donnait des films consternants dont Ma nuit chez Maud est une des plus belles illustrations. Pour ceux qui aiment il y a aussi Alain Tanner qui fait très fort. Ma nuit chez Maud c'est un peu comme écouter un concert de Boulez en lisant la biographie de Lionel Jospin. Dans Ma nuit chez Maud, qui a pour cadre enchanteur la ville de Clermont-Ferrand en décembre, lorsque Trintignant se déplace en voiture on a le droit à l'ensemble du trajet, en silence, arrêts aux feux rouges compris.Puis tout ce petit monde (3 acteurs au maximum) s'engage dans des scènes d'action d'une rare intensité, Les personnages, après une messe de minuit qui doit durer 2 ans, ouvrent la bouche et parlent du marxisme, de la religion catholique, de Pascal, de thèmes profondément rébarbatifs mais qu'on doit faire semblant d'aimer sous peine de passer pour un demeuré. Les internautes qui prétendent adorer ce film sont soit des menteurs, soit des psychopathes. En tout cas ils devraient consulter. Pour les autres, ils peuvent regarder "les marseillais à Miami" ou s'enfuir en courant.
Ça commence très mal puisqu'il faut se farcir cinq minutes de messe, tout ça pour nous montrer que Trintignant est catho et que Marie-Christine aussi… mais Rohmer n'a pas le sens de l'ellipse. On a ensuite droit à une discussion de cantine débitée sur un ton qui ferait passer certaines pubs pour du cinéma vérité. Mais le pompon ce sont les longues discussions mathématico-pascalienne auxquelles on ne comprend rien et dont on se contrefout. A ce sujet on a droit à une scène digne d'une série Z : un mec est devant une bibliothèque de 500 ouvrages, en trois secondes il trouve les pensées de Pascal, (c'est bien connu tout le monde à les pensées de Pascal à la maison), et la seconde suivante la page qu'il voulait commenter. Trop fort le mec ! Après la nuit chez Maud qui donne son nom au film on devine ce qui va se passer, ça aurait pu être expédié en cinq minutes, non, ça papote, ça se traîne, je vous dis Rohmer n'a pas le sens de l'ellipse. Et puis surtout, cette œuvre n'a pas grand-chose de cinématographique, c'est une pièce de théâtre, une pièce d'acteurs ! Et il est vrai que vu comme ça la scène centrale entre l'excellent Trintignant et la très belle et talentueuse Françoise Fabian est plutôt réussie, c'est d'ailleurs uniquement celle qui reste dans nos mémoires, elle le mérite et relève un peu le niveau d'un film qui en avait cruellement besoin.
C'est extrêmement rare mais qu'une œuvre estampillée « Nouvelle vague » trouve grâce à mes yeux. Jusque là, je n'appréciais que les longs métrages de François Truffaut ; les films de ses confrères me sortant par tous les orifices de mon corps. Pourtant, il est indéniable que « Ma nuit chez Maud » présente toutes les caractéristiques de ce mouvement cinématographique que j'exècre mais, là où le cinéma d'un Godard, Varda et autres Resnais m'ennuie profondément, ce long métrage de Rohmer m'a plu. Sans le considérer comme un chef d'oeuvre, « Ma nuit chez Maud » séduit par son histoire simple mettant en valeur de longs échanges entre les rares protagonistes. Ces dialogues, attraction principale du film, sont gratifiés d'une bonne écriture bien que parfois redondante. Ces longs débats intellectuels autour de Pascal, de la religion et de l'amour finissent cependant par lasser et quelques longueurs viennent se faire sentir ici et là.
"Les sentiments éclairés." Le portrait tendre et nuancé de personnages discutant sur l'amour à la façon dont les philosophes en parlaient. C'est formidable et très intime, ce qui fait de ce film une oeuvre à part. Une homme et une femme dans une chambre, sentiments à fleur de peau et une histoire d'amour peut être embuée puisqu'une autre femme est là mais un moment de vie passionnant partant d'une nuit prude et douce.
Réalisé en 1969 dans son cycle des Contes moraux, Ma nuit chez Maud – premier grand succès du cinéaste – est dans le plus pur esprit des films de Eric Rohmer : intello et bavard. Tout ce qu'on aime chez lui. Un ingénieur incarné par Jean-Louis Trintignant, catholique pratiquant assumé et débatteur animé, a le béguin pour une jeune fille rencontrée à la messe, mais se laisse troubler par Maud, une athée rencontrée par le biais d'un ami communiste. En découleront d'intenses discussions sur le pari de Pascal, sur l'amour, sur la religion, sur le hasard et les rencontres, sur la vie... Françoise Fabian est absolument sublime dans son rôle de femme "moderne". Tendre et austère.
Le seul drame de ce film est qu'il nous manque à l'instant même ou il se termine. Les hommes parlent comme si la vie n'était qu'une quête philosophique. La force du scénario est de s'attarder sur un événement semblant insignifiant mais qui l'air de rien définit une existence. Un vrai plaisir.
Ma nuit chez Maud, faisant partie des 6 contes moraux d'Eric Rohmer raconte l'histoire d'un ingénieur qui en rencontrant un ami va par la suite, passer la nuit chez Maud. Malgré la succession de plans assez lente et rare, le film possède des personnages attachants et bien développés, surtout Maud et Jean-Louis. Les dialogues sont également très bien écrits, mais abordent des sujets sérieux de nombreuses fois. La réflexion est poussée et intéressante mais ils restent parfois difficiles à retenir, car ce sont plus des dialogues à lire.
Pas mal. Le film a un peu vieilli - le débat entre jésuites, jansénistes et libres-penseurs ne galvanise plus les foules. Néanmoins le dénouement concernant l'adultère évoqué au début du film est saisissant.
Ce que je trouve le plus extraordinaire chez Éric Rohmer, c'est cette habilité qu'il possède à rendre des conversations portant sur des sujets a priori difficilement filmables passionnantes pour n'importe qui. Même sans rien connaître à Pascal, voire même sans s'y intéresser, il y a quelque chose dans les dialogues qui rend la pensée de l'auteur absolument limpide pour tous, un côté didactique ainsi qu'une envie de partager qui, à eux deux, permettent de caractériser des personnages dont on saurait peu autrement. Les discussions sur l'amour ou la religion sont des moyens d'approfondir les personnalités de chacun en même temps que d'élargir l'esprit du spectateur. Les dialogues ont beau être artificiels, ils possèdent une forme de poésie, peu ou prou la même que celle de poèmes en prose, qui est à la fois très accessible tout en étant singulière. Évidemment, ces longues tirades nécessitent une attention accrue de la part du spectateur, mais le bénéfice en sera grand car il y a un jeu intellectuel fort profitable dans ces conversations filmées. La mise en scène, et notamment l'utilisation du noir et blanc, renforce la sensation d'être dans un monde à part, coupé de l'extérieur par la neige en furie. Un contexte idéal pour s'installer confortablement dans l'appartement dépouillé de Maud et se poser quelques questions existentielles.