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Chez Rohmer, l'amour se calcule comme une équation, et Jean-Louis mise sur Dieu avec la même froideur qu'un joueur mise sur un chiffre. Il transpose le pari pascalien du terrain de la foi à celui du sentiment. Il verouille chaque étape de sa vie amoureuse avec la rigueur d'un stratège, tout en parlant de grâce divine comme on récite une prière. Sous le vernis de respectabilité chrétienne, c'est selon moi surtout l'art de se mentir avec élégance que filme Rohmer. Au contraire, Maud ne parie sur rien. Elle vit, et c'est sans doute elle qui voit le plus clair cette nuit-là. Tout se joue dans une scène unique et interminable, cette nuit passée chez elle qui fait office de cœur battant du film. Une sorte de soirée pyjama entre adultes qui refont le monde en parlant de Dieu et d'amour ! La parole y avance, recule, se reprend, sans jamais se fixer. Clermont-Ferrand sous la brume, le blanc de la neige contre le noir des manteaux. La photographie est belle, presque muette, et dit déjà l'aveuglement du héros mieux qu'aucun dialogue.
Rohmer filme tout ça en retenue. Mais il faut aussi s'accrocher, parce que les longueurs sont là, bien réelles. Françoise Fabian est sublime, une mélancolie qui affleure sous l'aisance, une solitude qu'on devine sans qu'elle ait besoin de la jouer. Elle a aussi une grâce spontanée qui la rend désirable sans jamais la rendre dupe des joutes masculines qui se déroulent sous ses yeux. Face à elle, Trintignant offre sa sobriété habituelle, juste assez trouble pour porter toutes les contradictions de son personnage. Cette nuit chez Maud a ses idées brillantes et ses passages qui traînent, ses éclairs et ses silences trop longs. Bref, elle ressemble à la vie, celle qu'on vit quand on n'a pas de vrais problèmes.
Rohmer filme tout ça en retenue. Mais il faut aussi s'accrocher, parce que les longueurs sont là, bien réelles. Françoise Fabian est sublime, une mélancolie qui affleure sous l'aisance, une solitude qu'on devine sans qu'elle ait besoin de la jouer. Elle a aussi une grâce spontanée qui la rend désirable sans jamais la rendre dupe des joutes masculines qui se déroulent sous ses yeux. Face à elle, Trintignant offre sa sobriété habituelle, juste assez trouble pour porter toutes les contradictions de son personnage. Cette nuit chez Maud a ses idées brillantes et ses passages qui traînent, ses éclairs et ses silences trop longs. Bref, elle ressemble à la vie, celle qu'on vit quand on n'a pas de vrais problèmes.
Souvent considéré comme le meilleur opus de Rohmer, ( c'est en tout cas celui que je préfère et que j' ai visionné le plus grand nombre de fois, d'une filmographie que je place très haut dans mon pantheon personnel ).
On a beaucoup évoqué les dialogues très écrits qui tournent autour du fameux pari de Pascal. C'est en effet un aspect très important du scénario, mais pas l'idée principale.
Rohmer dénonce ici, il renouvellera l'exercice dans de nombreux de ses opus, ceux qui se payent de mots, sous des apparences de rationalisation et d'intellectualisme creux, car non corrélés avec leur mise en acte. N'écoutez pas ce qu'ils disent, mais regardez ce qu'ils font.
Ici le personnage principal se fourvoie effrayé par la sincérité de Maud. Ses principes le conduisent à choisir pour épouse, une jeune femme dont la vitrine sociale est en fait frelatée.
On le comprendra à la toute fin. Il ne restera plus que le déni pour ne pas voir que son choix, son pari n' était pas le bon.
Francoise Fabian est absolument magnifique dans ce film.
Vu à l'Arlequin
On a beaucoup évoqué les dialogues très écrits qui tournent autour du fameux pari de Pascal. C'est en effet un aspect très important du scénario, mais pas l'idée principale.
Rohmer dénonce ici, il renouvellera l'exercice dans de nombreux de ses opus, ceux qui se payent de mots, sous des apparences de rationalisation et d'intellectualisme creux, car non corrélés avec leur mise en acte. N'écoutez pas ce qu'ils disent, mais regardez ce qu'ils font.
Ici le personnage principal se fourvoie effrayé par la sincérité de Maud. Ses principes le conduisent à choisir pour épouse, une jeune femme dont la vitrine sociale est en fait frelatée.
On le comprendra à la toute fin. Il ne restera plus que le déni pour ne pas voir que son choix, son pari n' était pas le bon.
Francoise Fabian est absolument magnifique dans ce film.
Vu à l'Arlequin
Pétri de contradictions, le héros (ambigu Jean-Louis Trintignant) en vient à se montrer un parfait goujat hypocrite! A partir de marivaudages entremêlés, l’intrigue s’interroge sur la sincérité des relations amoureuses, sur le destin (via les probabilités mathématiques), sur l’audace des choix de vie ou des valeurs (grâce au pari pascalien), le tout saupoudré de références culturelles, d’une critique (au sens plein) de la vie bourgeoise, d’une distance cynique sur les émois des protagonistes. En dépit d’une comédie dramatique bavarde, le naturel des comédiens, la pertinence des questionnements, l’amertume du dénouement convainquent. Un essai dialectique sous forme de fiction!
Avec Ma nuit chez Maud, Éric Rohmer accomplit le prodige de transformer une longue conversation en l’une des expériences les plus captivantes et sensuelles du cinéma français. Derrière les débats sur Pascal, la foi, le hasard et le désir, le film dissèque avec une finesse remarquable les contradictions d’un homme qui cherche à concilier ses principes avec ses élans les plus intimes. Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian donnent à leurs échanges une tension discrète mais permanente, où chaque mot semble révéler autant qu’il dissimule. La mise en scène d’une apparente simplicité laisse toute la place aux regards, aux hésitations et aux mouvements de pensée qui façonnent secrètement les destinées. Une œuvre d’une intelligence lumineuse, où Rohmer parvient à faire du doute amoureux et moral une aventure aussi passionnante qu’un grand récit romanesque.
C'est le chef d'œuvre de Rohmer ente une grande ville de province, Clermont Ferrand aux pieds du Puy de dôme entre Pascal, Marivaux, la religion , le marxisme, la neige du massif central, les mathématiques, la Philosophie. Bref tout y est avec les bons acteurs Trintignant, l'ingénieur chez Michelin, catholique pratiquant, mais qui est un tombeur sans trop le savoir et toujours célibataire, Françoise Fabian, la médecin brune athée et divorcée mère de famille non baptisée et petite bourgeoise, Antoine Vitez le professeur de philosophie marxiste et même communiste et puritain, Marie-Christine Barrault blonde dont Trintignant est amoureux parce qu'il la vit à la messe mais qu'il n'arrive plus à revoir en voiture dans les rues de Clermont Ferrand. Dans le Dvd que j'ai acheté faisant partie d'un ensemble des 6 contes moraux il y a un bonus d'une vingtaine de minutes intitulé Entretien su Pascal réalisé par Rohmer en 1965, entre un prêtre mathématicien et un philosophe : une bonne introduction sur le film ou Pascal et les mathématiques sont très présents, dans la ville où Pascal est né. .
Fait partie des contes moraux de Rohmer. Très beaux dialogues. Clermont-Ferrant un 21 décembre. C'est l'histoire d'un ingénieur, qui revient vivre en France à Clermont travailler chez Michelin. Matheux par sa formation, il s'intéresse aussi à la philosophie de Pascal, qui comme lui aimait les mathématiques et la philo. Il rencontre par hasard Vidal, un ami perdu de vue, enseignant en philosophie à l'université. Il lui présentera alors Maud. Dialogues philosophiques sur Pascal, la religioin, suivre ses principes. Le sujet du film est le pari de Pascal : même si la probabilité que Dieu existe est presque nulle, il est avantageux de croire qu'il existe car le gain est infini. Le personnage principal a une idée, fantasme de la fille qu'il aimerait aimer. Il passe une nuit chez Maud, une libre-penseuse
spoiler:
dont on comprend qu'il tombe amoureux mais qu'il ne se l'avoue pas pour finir par se marier avec Françoise, une blonde catholique qui correspond à ce qu'il pense vouloir aimer.
Questionnements sur la chance et le destin. thème de la blonde / la brune, la catho/l'athée, la froide/ la ténébreuse.
Questionnements sur la chance et le destin. thème de la blonde / la brune, la catho/l'athée, la froide/ la ténébreuse.
Maudit sois-tu ... Eric Rohmer
Ca se chante, non pas quand il vous réveille, mais quand il vous endort. Comment faire un film aussi creux avec des dialogues aussi prétentieux, c'est un mystère. Comment comprendre la réussite de Trintignant avec sa voix doucereuse et son air ramolli: Autre époque autres critères ! Le 1,5 / 5 c'est pour la très belle photo noir et blanc...
Ca se chante, non pas quand il vous réveille, mais quand il vous endort. Comment faire un film aussi creux avec des dialogues aussi prétentieux, c'est un mystère. Comment comprendre la réussite de Trintignant avec sa voix doucereuse et son air ramolli: Autre époque autres critères ! Le 1,5 / 5 c'est pour la très belle photo noir et blanc...
Fan du Rohmer des Contes d'été ou d'automne, j'ai eu un plus de mal avec ce grand classique considéré comme un chef d'oeuvre. Sur la forme, je suis conquis. Les dialogues sont brillants et les interprétations de Trintignant et Fabian épatantes. Sur le fond en revanche, les tergiversations du héros prisonnier de sa foi catholique me laissent davantage de marbre. La séquence de la nuit chez Maud (mais aussi la conversation avec l'ami marxiste sur le pari pascalien et son application en politique) sont néanmoins des morceaux d'anthologie qui combleront tous les cinéphiles.
Eric Rohmer soumet le personnage de Jean-Louis Trintignant à un débat contradictoire et, consécutivement, à un dilemme qui pourrait le destabiliser. Les conceptions morales et catholiques de Jean-Louis concernant l'amour, notamment dans le mariage, sont-elles solides, ou cohérentes, au point de ne pas faillir devant la séduction et la simplicité de Maud, son interlocutrice d'une nuit et possible maitresse?
Tel est, grossièrement, l'enjeu de la discussion philosophique entamée par Rohmer, dans laquelle celui-ci, sans prendre parti, bien que fervent catholique, confronte une théorie de la relation amoureuse fondée sur le raisonnement à l'approche plus libre, fondée sur la sensibilité, de Maud.
La nuit chez Maud constitue la majeure partie du film et, quoique sobrement mis en scène, le tête-à-tête dialectique entre Trintignant et Françoise Fabian découvre un charme ludique et un intérêt philosophique ou moral certain. Rohmer est sans doute le seul cinéaste qui puisse oser des dialogues aussi éloignés du quotidien, aussi littéraires, sans tomber dans le verbiage. Probablement parce que ses textes montrent autant d'érudition que d'humilité, et que ses personnages sont des intellectuels que leur réflexion n'a dépourvus ni de modestie ni d'une certaine candeur.
Tel est, grossièrement, l'enjeu de la discussion philosophique entamée par Rohmer, dans laquelle celui-ci, sans prendre parti, bien que fervent catholique, confronte une théorie de la relation amoureuse fondée sur le raisonnement à l'approche plus libre, fondée sur la sensibilité, de Maud.
La nuit chez Maud constitue la majeure partie du film et, quoique sobrement mis en scène, le tête-à-tête dialectique entre Trintignant et Françoise Fabian découvre un charme ludique et un intérêt philosophique ou moral certain. Rohmer est sans doute le seul cinéaste qui puisse oser des dialogues aussi éloignés du quotidien, aussi littéraires, sans tomber dans le verbiage. Probablement parce que ses textes montrent autant d'érudition que d'humilité, et que ses personnages sont des intellectuels que leur réflexion n'a dépourvus ni de modestie ni d'une certaine candeur.
Jean-Louis 34 ans, catholique, ingénieur chez Michelin flashe sur une jeune femme blonde lors d'un office. Mais le lendemain par l'intermédiaire de Vidal un ami d'enfance, il rencontre Maud, jeune divorcée chez qui il va passer une nuit inoubliable, quoique. . .
Serait-il passé le charme des amours passées !?
Je n'ai pas retrouvé le goût unique qu'avait eu il y a 30 ans cette nuit chez Maud qui m'avait paru éternelle.
En lieu et place, ce sont les chicanes dialectiques qui m'ont semblé sans fin, les ratiocinations sur la foi, questions capitales sur jansénisme, jésuitisme et autres crises de foi.
Reste le rayonnement de Françoise Fabian, charmeuse et mutine, vraiment divine, elle.
(qu'est ce que l'on pouvait fumer dans un film à l'époque ! Cette odeur perpétuelle de gitanes devait être un sacré tue-l'amour !)
Serait-il passé le charme des amours passées !?
Je n'ai pas retrouvé le goût unique qu'avait eu il y a 30 ans cette nuit chez Maud qui m'avait paru éternelle.
En lieu et place, ce sont les chicanes dialectiques qui m'ont semblé sans fin, les ratiocinations sur la foi, questions capitales sur jansénisme, jésuitisme et autres crises de foi.
Reste le rayonnement de Françoise Fabian, charmeuse et mutine, vraiment divine, elle.
(qu'est ce que l'on pouvait fumer dans un film à l'époque ! Cette odeur perpétuelle de gitanes devait être un sacré tue-l'amour !)
Vu au moins 2 fois à la Filmothèque du Quartier Latin dont une fois en présence de l'actrice principale, toujours magnifique.
Ce film est très verbeux, voire socio-culturellement prétentieux, ce qui nuit quand même à la penetration du film.
La chasteté de la nuit passée avec Maud est typique d'un ingénieur !
Ce film est très verbeux, voire socio-culturellement prétentieux, ce qui nuit quand même à la penetration du film.
La chasteté de la nuit passée avec Maud est typique d'un ingénieur !
Un film passionnant, qui rappelle le style des meilleurs Woody Allen. Trintignant et Françoise Fabian sont excellents. Les dialogues sont savoureux.
De manière générale, j’apprécie l’œuvre d’Eric Rohmer : c’est un cinéma intelligent, avec des dialogues très fournis mais jamais vides de sens. Ici, on retrouve la marque de fabrique, avec trois acteurs-rices, Marie Christine Barrault, Françoise Fabian et Jean Louis Trintignant jouant au jeu du chat et de la souris, dans de la cadre de la ville de Clermont Ferrand en hiver. C’est léger, avec beaucoup d’allusions philosophiques non déplaisantes, et on passe un moment agréable.
Les acteurs, la mise en scène, la profondeur des dialogues : un chef d'oeuvre où pourtant il ne passe presque rien.
Intéressant à voir en 2023... comme une visite dans un grenier poussiéreux. Le film a très mal vieilli, son intérêt aujourd'hui n'est qu'historique. Dès le début du film, la scène de la messe, INTERMINABLE et sans aucun intérêt, est un gag. On a affaire à des cathos, OK on a compris, pas la peine de nous infliger cette scène de 10 mn où il ne se passe rien , si ce n'est un regard entre les protagonistes... Idem pour ces discussions d'intellectuels autour de la pensée de Pascal: deux types se retrouvent par hasard 20 ans après le lycée, et tu crois qu'ils vont parler de leur vie? Non, tout ce qu'ils trouvent à faire, c'est de parler du pari de Pascal... Comment y croire? Quel intérêt? Idem pour la soirée Trintignant - Fabian. Le personnage de Trintignant est incohérent, il clame sa pureté catholique pour refuser de coucher avec Fabian, mais finalement il essaie, puis il ment à MC Barrault en affirmant qu'il a couché avec Fabian... En fait on se demande de quoi parle le film: une discussion au coin du feu sur le pari de Pascal? Faut-il le classer dans la série "Documentaires"? Quant aux critiques qui invoquent la beauté de Fabian... c'est affligeant, la beauté d'un acteur ou d'une actrice ne fait pas un film. Cela dit, le film se laisse malgré tout regarder, Rohmer parvient à créer une ambiance agréable, si on passe sur les défauts évoqués. Et si on aime les Renault 16, ça peut aussi aider.
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