Note moyenne
4,1
949 notes
En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
5
16 critiques
4
34 critiques
3
19 critiques
2
6 critiques
1
2 critiques
0
2 critiques
Trier par :
Filtrer par :
Toutes les notes
Ce que je trouve le plus extraordinaire chez Éric Rohmer, c'est cette habilité qu'il possède à rendre des conversations portant sur des sujets a priori difficilement filmables passionnantes pour n'importe qui. Même sans rien connaître à Pascal, voire même sans s'y intéresser, il y a quelque chose dans les dialogues qui rend la pensée de l'auteur absolument limpide pour tous, un côté didactique ainsi qu'une envie de partager qui, à eux deux, permettent de caractériser des personnages dont on saurait peu autrement. Les discussions sur l'amour ou la religion sont des moyens d'approfondir les personnalités de chacun en même temps que d'élargir l'esprit du spectateur. Les dialogues ont beau être artificiels, ils possèdent une forme de poésie, peu ou prou la même que celle de poèmes en prose, qui est à la fois très accessible tout en étant singulière. Évidemment, ces longues tirades nécessitent une attention accrue de la part du spectateur, mais le bénéfice en sera grand car il y a un jeu intellectuel fort profitable dans ces conversations filmées. La mise en scène, et notamment l'utilisation du noir et blanc, renforce la sensation d'être dans un monde à part, coupé de l'extérieur par la neige en furie. Un contexte idéal pour s'installer confortablement dans l'appartement dépouillé de Maud et se poser quelques questions existentielles.
Les statues branchouilles étant indéboulonnables à l'ordinaire je ne rajoute rien pour ne pas rentrer dans lalèche, mais pour ce film qui est un des meilleurs de Rohmer je me permets une précision: comme d'habitude leréalisateur nous offre des stéréotypes et le fait étant qu'ils sont tellement sclérosés, qu'ils prennnent une forme inverse tout le long du film. Et que cela plaise ou déplaise à ces fanatiques de l'auteur de la Nouvelle-Vague.A commencer par le personnage principal, Jean-Louis, un catholique qui ne sait pas ce qu'il veut (comme tous lescatholiques d'ailleurs.) Si l'on passe donc par l'à-priori bourgeois très souvent vu - et un peu détestable il faut bien dire - dans les films de Rohmer, certaines options au cours du récit font que l'histoire se laisse aisément suivre.Pour tout dire la femme fatale de l'intrigue, Maud (Françoise Fabian) est en fait la plus romantique sinon celle qui pense le plus: il n'y a qu'à voir la dernière séquence à la plage... Quant à la blonde Françoise (Marie-Christine Barrault) son personnage de future femme-au-foyer devient en filigrame la plus perverse, la plus indolente et en tout cas le caractère le plus révélé du film !Entre la brune futée et matoise et la blonde soumise, les contraires filent et laissent apparaître en définitiveune situation autre que l'on peut penser à la base: tout n'est pas aussi simple qu'on veut bien le croire.Evidemmment cela parle énormément et le tout contient une happy-end conforme comme dans toutes les oeuvres de Rohmer mais son aspect de base et paradoxale est à découvrir.Un classique à voir en tout cas avec également une superbe B.O.
Je suis Clermontoise et des professeurs des université nous avaient déjà parlé de ce film qui montrait la beauté de la ville dans les années 60 mais je n'y avais pas accordé beaucoup d'importance! Toutefois l'autre soir, nous sommes tombés sur ce film et j'ai été subjugué par les dialogues! Des dialogues préparés formant une prose irréprochable qui n'ont rien à voir avec les films actuels... L'histoire est simple, mais efficace, beaucoup de talent de la part du réalisateur et des acteurs! Un Jean-Louis Trintignant remarquable! A voir absolument!
Un beau noir et blanc de Néstor Almendros, la ville de Clermont-Ferrand qui nous change de Paris, Jean-Louis Trintignant, Françoise Fabian et Marie-Christine Barrault dans les rôles principaux... Malgré le fait que je n'ai jamais été emballé (et j'emploie un euphémisme !!!) par le cinéma hyper-verbeux d'Éric Rohmer, j'ai décidé de me lancer sur ce film à cause de cela.
Si vous êtes peu enthousiaste à l'idée d'écouter de très longs dialogues sur la théologie, le marxisme, la philosophie pascalienne, il vaut mieux éviter sinon vous allez sérieusement vous emmerder parce que pendant une heure et quarante-cinq minutes c'est pratiquement que cela.
Seuls les instants qui sortent un peu de cette torpeur théolo-marxo-pascalienne parviennent à accrocher à l'instar de la scène de drague lorsque le personnage de Jean-Louis Trintignant aborde celui de Marie-Christine Barrault.
Non, franchement il faut s'accrocher... Je ne serai jamais un adorateur de Rohmer.
Si vous êtes peu enthousiaste à l'idée d'écouter de très longs dialogues sur la théologie, le marxisme, la philosophie pascalienne, il vaut mieux éviter sinon vous allez sérieusement vous emmerder parce que pendant une heure et quarante-cinq minutes c'est pratiquement que cela.
Seuls les instants qui sortent un peu de cette torpeur théolo-marxo-pascalienne parviennent à accrocher à l'instar de la scène de drague lorsque le personnage de Jean-Louis Trintignant aborde celui de Marie-Christine Barrault.
Non, franchement il faut s'accrocher... Je ne serai jamais un adorateur de Rohmer.
Pour les spectateurs persuadés qu’un film entièrement basé sur ses dialogues ne peut être qu’une œuvre pompeuse aux intentions purement nombrilistes, Ma nuit chez Maud est le meilleur exemple que le talent d’Éric Rohmer, plus qu’aucun autre, peut faire d’une série de conversations philosophiques le support d’un long-métrage captivant de bout en bout. La réussite d’avoir fait de ces incessants bavardages entre un Jean-Louis Trintignant janséniste et une Françoise Fabian libre-penseuse des moments d’échanges intenses tient dans tout autant dans la mise en scène qui, en choisissant de cadrer davantage celui qui écoute que celui qui parle, immerge le spectateur qu’à l’intelligence et la portée universelle de leurs débats sur les notions de chance et de destin, la religion, les théories métaphysiques de Pascal mais surtout l’amour. La théorisation des relations de couple est en effet le principal leitmotiv des contes moraux dont Ma nuit chez Maud est le troisième opus alors que, sur la forme, à l’inverse, la froideur apportée par la magnifique photographie en noir et blanc éloigne cette réalisation de la légèreté des nombreux marivaudages que Rohmer aura l’habitude de réaliser par la suite.
Techniquement très bien réalisé "Ma Nuit chez Maud" est aussi un film trop bavard à mon goût. Pourtant les dialogues sont globalement intéressants mais je les trouve trop présents, trop longs, trop didactiques et donc déshumanisés. Dommage parce que les acteurs sont excellents, surtout Jean-Louis Trintignant, tout comme la mise en scène. La philo selon Rhorho.^^
Loquace, affable, intelligent ... Le film coule comme un ruisseau, jusqu'à sa conclusion aussi paradoxale que limpide.
Revoir ce film 45 ans après sa sortie est très intéressant. A l’époque son contenu avait émerveillé des dizaines de milliers de spectateurs, nous nous extasions tous devant l’intelligence des dialogues et la nouveauté de ce cinéma intellectuel. Aujourd’hui, c’est diffèrent, je suis beaucoup plus admiratif de la forme. Rohmer a su admirablement filmer des situations et des conversations intimes, sa caméra est toujours bien placée, la plupart du temps sur la personne qui écoute. Rohmer y a mis beaucoup de lui-même, d’abord son catholicisme en prenant un soin particulier à filmer tout ce qu’il y a de mieux dans une messe, sa personnalité ensuite, en s’identifiant quasiment au narrateur pour lequel rien n’est simple. Ce n’est pas un hasard s’il a préféré le cinéma à la littérature car comme l’église catholique, elle est basée sur l’incarnation, il préfère donc nous montrer des êtres vivants qui s'expriment plutôt que de nous écrire des dialogues à lire. C’est justement pour moi la faille, car il n’est pas possible de revenir en arrière et de contester dans nos têtes les opinions émises qui sont pour la plupart de la poudre aux oreilles. Ce film est basé encore plus que ses 28 autres sur les mensonges faits à soi-même et par conséquent à ceux qui les entendent. C’est pour cette raison que ''la nuit chez Maud'' me plait guère. Pourquoi compliquer autant la vie et les rapports humains ? C’est justement ce que font les églises alors que leurs inspirateurs sont simples et clairs. De plus, je n’aime aucun personnage, je déteste en particulier le numéro de séduction de Maud et je suis fâché que Rohmer parle si mal de la ‘’Grace’’ qui n’a strictement rien à voir avec aucune église. A chacun donc de se faire une opinion sur ce film qui incontestablement fait honneur à l’art cinématographique.
Une jolie photographie, des acteurs superbes aux prises avec des dialogues denses un peu jaunis tout de même, pour ce dire à la fin tout ça pour ça.
Rohmer au sommet: poésie et philosophie de l'un de ses plus beaux film.
Un film troublant. D'un côté, on nous sert des tas d'idées qui se bousculent, de la religion à la philosophie, bref des symboles qui ne me passionnent pas des masses et que je n'ai pas toujours su saisir. D'un autre côté, on assiste à un débat sur les relations hommes-femmes, l'intelligence et l'élégance se marient sous nos yeux, et ce délicieux noir et blanc marque les esprits. Ce film me parle beaucoup émotionnellement.
Excellent film sur l'amour avec des acteurs que l'on ne voit plus comme Françoise Fabian, MC Barrault, JL Trintignant qui fait se rencontrer entre elles des personnes inconnues jusque-là. Elles ont des échanges verbaux très riches, recherchés d'une finesse inégalée. L'amour y est traité de façon subtile. JL Trintignant confie ses secrets quasiment spontanément alors que dans son personnage, il est plutot réservé, ce qui fait avancer le film. La fin réserve 1 petit effet de surprise. Juste un peu long mais intéressant par rapport aux sujets traités : maths, la philo, etc ...
Exquis, absolument savoureux et envoûtant : voilà ce que j'ai pensé de Ma nuit chez Maud. En ce moment j'essaie de découvrir un peu le vieux cinéma français, notamment la période de la Nouvelle Vague en testant au hasard quelques "grands" cinéastes. Après Godard et Truffaut, j'ai donc essayé Eric Rohmer et c'est pour l'instant ce film qui m'a le plus conquis. Un film qui parle de la vie, de l'amour, des principes bouleversés, s'aidant magnifiquement de la philosophie et des mathématiques pour parler de religion (Blaise Pascal étant au coeur des discussions). J'ai été hypnotisé pendant presque deux heures, sans pouvoir décrocher mes yeux du film dont la grande force se trouve dans les dialogues. Ma nuit chez Maud est un film qui va me rester longtemps en tête et pour cause, il fait partie de ces rares chefs d'oeuvre que j'ai envie de revoir immédiatemment après le générique de fin. Même si ma réaction est quasiment une réaction à chaud, emballée par l'euphorie que m'a procuré le film, je suis convaincu que je vais revoir ce film de nombreuses fois tant j'ai adoré chaque conversation. Le film est un enchaînement de discussions extrêmement riches, les personnages échangeant des idées, des ressentis sur la vie, la religion, l'amour. La première conversation entre Jean-Louis et Vidal m'a captivé, les deux personnes abordant un sujet que j'adore et qui fait partie de ma vie quotidienne : les deux protagonistes discutent d'un lien entre les mathématiques et la vie, en parlant notamment de l'espérance mathématique. Il est rare qu'un film aborde les mathématiques de manière aussi fine et intelligence. Quand j'ai senti que le film allait poursuivre dans cette direction, avec des discussions toujours plus passionnantes, je n'ai pas pu m'empêcher de sourire, de jubiler intérieurement tant les dialogues sont parfaitement écrits et recherchés. Les personnages s'écoutent, dialoguent, argumentent, donnent des exemples, évoluent et se remettent en question. J'ai trouvé tout ceci absolument prodigieux, l'écriture étant pour moi très juste, à la limite de la perfection. Eric Rohmer s'amuse à glisser des raisonnements logiques et scientifiques au coeur même des phrases. Il y a de la logique mathématique dans la syntaxe des propos, que ce soit à travers les exemples énoncés ou de simples formulations, allant même jusqu'à utiliser le principe du tiers exclu. Bon, bref, Eric Rohmer m'a séduit dès le départ et le film n'a jamais cessé de m'hypnotiser, soit par les dialogues subtils et intéressants, soit par les regards fixes et pleins de non-dits entre des personnages qui se rencontrent pour la première fois. Il n'est pas facile, dans l'écriture, de se faire rencontrer deux personnages pour la première fois, notamment lorsque cette rencontre est originale, pleine de confidences hâtives. Jean-Louis rencontre ici deux femmes et, en dépit son apparente timidité - ou disons plutôt de son respect des conventions de société - il tisse avec ces deux femmes des liens très forts dès le début, en se confiant plus qu'il n'est coutume de le faire et en partageant des choses qu'on ne partage pas habituellement avec des inconnu(e)s. Et pourtant, les scènes sont réalistes, délicates, délicieuses même, parce que de ces rencontres inhabituelles nait chez le spectateur (en tout cas chez moi) une fascination ultime pour l'intrigue et les personnages. C'est grandiose et intelligent. Qui plus est, Eric Rohmer ne s'arrête pas à une simple "Nuit chez Maud" comme je le croyais au départ, il va bien plus loin, rendant l'intrigue plus complexe qu'elle ne l'est au premier abord. L'évolution des personnages est charmante, notamment "5 ans plus tard" sur la fin du film. Eric Rohmer aborde ici un grand nombre de sujets essentiels et parmi ceux-ci figure l'amour. En deux heures à peine, Rohmer m'a fait sentir qu'il avait tout compris à ce qu'il racontait, en présentant des personnages loin de tous les clichés, des situations à 100 lieues des scènes qu'on se tape actuellement au cinéma (jalousie, crises de nerf, mensonges). Sur la fin du film, le personnage de Jean-Louis est l'incarnation du mec qui a tout compris en amour. Il n'y a pas de complications, uniquement de l'honnêteté et de la sincérité chez un homme qui semble avoir saisi la "bonne manière" de vivre en communauté. "Moi aussi je choisis. Mais il se trouve que mon choix est toujours simple". Voilà comment Rohmer, en une phrase et à travers le personnage de Jean-Louis Trintignant, nous fait comprendre que la meilleure façon de vivre est de vivre simplement, sans chercher à compliquer ses choix. Chaque réplique est brillante et l'intelligence des personnages me fascine, interprétés par des acteurs convaincants et aux regards évocateurs. Un vrai délice.
https://www.sebmagic.com/
https://www.sebmagic.com/
Le cycle des "Six Contes Moraux" passe au long métrage, d'où mon inquiétude avant la vision de "Ma Nuit Chez Maud", à savoir comment Rohmer va maintenir l'intérêt du spectateur durant près de deux heures ? Etonnamment, il y parvient avec brio et pourtant son film est très bavard mais le charme fou de ses acteurs opère à merveille et force est de constater qu'on se passionne pour ces discussions entre des protagonistes qui voient pour la plupart leurs croyances mises à mal. L'intrigue, sous ses airs d'amourettes et de séductions en tout genre est plus complexe qu'elle n'y parait et jusqu'à la fin, on se délecte de l'évolution des personnages, un film profond et très réussi.
Ma nuit chez Maud dispose non seulement de toutes les qualités des films de Rohmer, mais aussi d'une intrigue aboutie. Le sujet du film est le pari de Pascal : même si la probabilité que Dieu existe est presque nulle, il est avantageux de croire qu'il existe car le gain est infini. C'est un calcul d'espérance mathématiques. La réflexion est introduite par une histoire de trio (et plus) amoureux dont l'érotisme est télépathique.
- Meilleurs films
- Meilleurs films selon la presse
