Porno à gros budget, Inglorious Bitches est clairement au-dessus du lot des productions habituelles du genre. Et je dois dire que la qualité en est aussi nettement améliorer.
D’abord car visuellement c’est déjà bien meilleur que d’habitude ! Le porno moderne avait vraiment tendance à me faire dire qu’il n’y avait plus rien de bon à force de voir des films moches, vites emballés, minimalistes en tout. Ici il y a des décors d’un bon niveau, même quelques véhicules anciens, les costumes sont cohérents, la photographie est plutôt élégante avec un petit aspect vaporeux style David Hamilton plutôt pas désagréable (ça donne presque un sfumato sur les corps lors de certaines scènes), les effets spéciaux sont moyens mais il y en a et c’est déjà bien vu le genre, et la mise en scène n’est pas vilaine non plus. Max Candy orchestre un spectacle porno intelligent avec un certain classicisme tout du long mais un final mémorable, excessif, comme on en avait rarement vu dans le genre depuis longtemps. Inglorious Bitches est en effet un porno luxueux, avec des scènes à mon sens trop longues, mais bien réalisées. Elles auraient pu recourir à des idées plus subversives cependant, dans la veine d’un naziploitation des années 70, mais enfin, ce n’est plus la même époque et peut-être plus le même public non plus ! La bande son est soignée.
Le casting est donc composé d’une impressionnante galerie d’actrices connues dans le milieu, avec en tête, Anna Polina et Tarra White. Gros casting, mais j’ai plusieurs regrets à émettre : un certain manque de variété dans les profils finalement, pas tant de diversité dans les scènes de sexe (on aurait pu imaginer des spécialités pour chacune et les voir toutes à l’écran), et du coup elles se marchent un peu sur les pieds. Je suis donc relativement déçu sur ce plan, même si les scènes « classiques » sont assez bien jouées, avec un sérieux qui pourra surprendre d’ailleurs !
Le scénario reste ténu, mais on ne s’éloigne au bout du compte pas tant que cela du concept de Tarantino dans son Inglorious Basterds ! Sauf qu’ici le sexe est une arme redoutable ! Candy signe un film avec des longueurs (les scènes de sexe sont trop longues et cassent la dynamique générale), et un petit manque de second degré tout de même vu le concept, mais ça se laisse voir, et en toute honnêteté c’est sans doute la première vraie parodie depuis Les Visiteuses que je vois qui, dans le registre porno, exploite bien l’idée du film original.
Inglorious Bitches est donc un porno de qualité qui saura plaire aux amateurs du genre. Pas dépourvus de défauts inhérent au genre, c’est cependant un porno avec de vraies qualité par rapport à la concurrence, et le gros budget n’y ait pas pour rien. Allez, je donne 4, même si un 3.5 serait plus justifié.