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Un visiteur
0,5
Publiée le 20 avril 2014
Comme l’indique son titre, "Tom à la ferme" est le film d’un auteur qui aspire à un certain dépaysement : après avoir travesti Melvil Poupaud (dans Laurence anyways) et crucifié un jeune élève dans la cour de récréation d’un pensionnat à l’ancienne (dans le clip de College Boy), le jeune Xavier Dolan veut aujourd’hui se mettre au vert. Mais il lui faut, pour cela, un argument scénaristique : Tom (Xavier Dolan) est donc en deuil et il doit aller à la campagne pour retrouver la famille de son amant, mort dans un accident de voiture. « Quel accident ? A quelle heure ? », se demande la mère du défunt. On ne le saura jamais : peu importe, Xavier Dolan ne va pas à la campagne pour pleurer mais pour draguer. L’objet de son désir est un agriculteur rude, parfois brutal, qui fera beaucoup souffrir le pauvre Tom : lunettes écrasées, poursuite dans les champs de maïs, crachats dans la bouche, tentatives de strangulation, c’est sur le mode de l’agressivité que se déroule le fil toujours tendu du désir refoulé. Avec beaucoup d’indulgence et d’aveuglement, on pourra voir dans cette tension quelque chose d’hitchockien, avec un peu plus de lucidité, on dira plus simplement que "Tom à la ferme" permet à son auteur de creuser le sillon de l’homophobie, sujet sur lequel il s’est déjà beaucoup exprimé à l’époque de "College Boy". Ce sillon, le film le creuse en ligne droite, à l’image de cette longue route souvent filmée en vue aérienne (on ne saura jamais vraiment pourquoi) et au terme de laquelle se trouve le décor de « la ferme ». Des granges et des étables, un peu de bétail, un champ de maïs, la ferme ressemble à un village Playmobil. Il est difficile de voir exactement quel est l’intérêt de ce décor, sa fonction dans le film. « C’est du vrai, dit Tom, c’est vrai, il y a des veaux qui naissent ». Et pour nous le prouver, Xavier filme ses mains pleines de sang (voilà pour le côté « vrai », rural), mais il dit aussi à l’agriculteur désiré qu’il « pue l’étable ». L’odeur de la campagne fonctionne donc avant tout comme un carburant érotique : là est le seul enjeu du détour par la campagne. L'amour est peut-être dans le près, qui sait? Mais "Tom à la ferme" se veut aussi sombre et mélancolique : en témoignent le prologue, où Tom écrit une lettre à son amant mort, et tous les plans où l’on voit Tom pleurer, craquer, avant de faire sa "fucking" valise. Toujours surjoués, à la limite du ridicule, ces moments ne produisent aucune émotion, ils participent d’un narcissisme qui trouve son expression ultime dans la scène de tango, où la chevelure péroxydée de Xavier flotte dans le cadre au ralenti, comme celle d'une Marilyn québecoise. Le deuil n'est qu'un prétexte ou une ritournelle (« Tu fais tourner de ton nom tous les moulins de mon cœur »), le vide laissé par la mort étant bien vite comblé par le désir d’un autre corps. Sur la photo qui représente l’amant disparu, on ne voit déjà plus que Sara, le personnage féminin qui arrive dans le dernier tiers du film, habillée comme Cyndi Lauper dans les années 80 (car Xavier s'occupe aussi des costumes). Quand Sara arrive, le mort est réduit à une petite boîte à souvenirs que l’on ouvre comme une pochette surprise : étonnant plan cadré depuis l’intérieur de la boîte, on ne saura jamais vraiment pourquoi. Exclu de la voiture dans laquelle se forme un couple (l’agriculteur local + Sara), Tom souffre alors d’insomnies: il se lève en pleine nuit pour nettoyer le frigo de la maison et faire les étables, comme si le désir et la fascination qu’il éprouvait pour l’agriculteur du coin l’avaient transformé à la fois en femme au foyer et en garçon de ferme. Le film crée alors une zone d'indécision qui aurait pu être intéressante mais Tom en a marre et il fait sa "fucking" valise pour mettre un terme à son séjour en gîte rural. Un séjour pour rien dans un gîte très inconfortable. Tom a quand même eu l'occasion de danser un tango dans une étable, mais l'amour n'était pas dans le pré.
je ne connaissais pas du tout ce realisateur au vu des critiques et recompes je m attendais à un film splendide je fut enormement decu je n ai jamais ete dedans du debut à la fin scenario confus
film sans interet seul les acteurs principaux sauf le film du naufrage!!!!!!!!!!
Un thriller? Où ça? Non, vraiment, il n'y a pas de quoi frémir. Par contre, on s'ennuie ferme en attendant que le film débute et ce, jusqu'au générique de fin, dont la projection nous prévient que le calvaire est terminé...
Vu hier soir et très déçu. Peut-être qu'à vouloir tout gérer, Xavier Dolan ne s'en sort pas car au final le film n'est pas du tout maîtrisé. Les comédiens semblent peu dirigés (à part lui qui se taille une belle part de plans serrés sur lui de face). Il n'y a aucune tension contrairement à ce que nous promettaient les critiques (comparer ce film à ceux d'Hitchcock, really ?). Certes il y en a un peu au début mais après on bascule un peu dans le kitsch, un peu dans le comique, un peu dans l'homo-érotique. On prend plusieurs chemins mais en fait on ne va nulle part. Seules les scènes avec Evelyne Brochi sont réussies.
Bon thriller québécois, qui arrive à créer une atmosphère oppressante dans un environnement isolé. Les acteurs sont bien choisis, la mise en scène plutôt originale. L'emprise de la ferme et la tension que subit Tom, ainsi que sa transformation psychologique sont bien amenés. Déroutant par moment, mais prenant.
« Tom à la ferme » : derrière cet excellent titre, si anodin et presque enfantin, se cache un noir thriller hitchockien, à la fois drôle et dur, qui séduit par ses audaces visuelles. Le très prolifique Xavier Dolan ne manque pas d’idées ! Son film comporte beaucoup de ruptures de ton, de dissonances, qui passent par exemple par des ellipses si foudroyantes qu’elles provoquent le rire, ou encore par la géniale musique de Gabriel Yared qui surgit inopinément et fait naître l’angoisse en quelques secondes. Il manque juste un peu de mystère dans cette histoire – on est légèrement déçu à la fin de constater que le scénario est moins étrange que la manière dont il a été porté à l’écran…
Il fallait bien ça arrive un jour : que je me retrouve face à un film du cinéaste prodige québécois Xavier Dolan. Enfin prodige, j'en sais rien. En tout cas c'est l'avis de bon nombre de critiques professionnels et de bon nombre de spectateurs. « Tom à la ferme », franchement, à la lecture du sujet, ça aurait pu être bien, très bien même. Mais finalement non. En regardant ça, je me suis retrouvé face à l'un des plus beaux navets que j'ai eu l'occasion de voir. Je ne sais pas quelles étaient les intentions de Dolan, mais ce qui crève les yeux, c'est que son film dégage un ennui épouvantable. Tout simplement parce qu'il ne se passe rien. Je veux bien admettre que la relation de Tom avec le mec est un peu chelou, mais ça ne dépasse pas le cadre du mec qui fait chier un autre mec. On attend, et on attend encore qu'il y ait une étincelle, un coup de fouet, mais rien ne vient. Et le tout est fortement pénalisé (pour ne pas dire touché-coulé), premièrement par une réalisation dégueulasse abusant de gros plans rendant illisibles certaines scènes, et deuxièmement par un accent québécois à couper au couteau rendant inaudibles certaines répliques. Dolan et moi, ça commence par un zéro. Nous verrons la suite.
J'ai toujours été partagé sur les deux films de Dolan que j'ai vu jusqu'ici (j'ai tué ma mère et les amours imaginaires). Partagé entre l'admiration de cette capacité à rendre des histoires simples, passionnantes, mais agacé par le petit coté "poseur" de la réalisation. Le slow-motion d'une nana qui coupe des carottes sur fond d'opéra italien c'est un peu to much. Je continue donc ma découverte de la filmographie de cet esti de québécois en criss avec "Tom à la ferme".
Dès les première minutes de film, on découvre le personnage principal. Comme dans les deux précédents film, il est incarné par Xavier Dolan himself, est jeune et est homosexuel. Un peu de changement ne ferait peut-être pas de mal... Comme dans les deux précédents films, la réalisation est incroyablement réussi. Moins "poseur" qu'auparavant, mais toujours avec cette petite touche très photographique. Que ce soit pour les plans aériens de cette route droite traversant des champs de maïs ou pour le plan large de la scène du tango, on pourrait pour chacun de ces plans faire un arrêt sur image et encadrer le résultat sans que cela choque. L'autre aspect qui surpasse presque la qualité de la réalisation, c'est l'écriture des personnages, encore une fois d'une justesse incroyable. On retrouve avec le personnage de Francis (l'esti de farmer), une relation de domination ambiguë qui m'a beaucoup fait penser au couple Dewaere / Bouchitey dans la meilleure façon de marcher. Que le jeune cinéaste ce soit inspiré de ce film ne me surprendrait guère.
Bref, Tom à la ferme est un film maîtrisé de bout en bout. Le seul point négatif que je soulèverais concerne la fin du film. Une fin confuse, bâclé et un peu en deçà de la qualité globale du reste du film.
Quelle purge ! Quand on voit au début un type qui met trois plombes à entrer dans une maison, on se dit qu'on va souffrir ! Effectivement, c'est lent, c'est long, ça n'accroche pas, les personnages sont horripilants et l'intrigue est inintéressante. Comme le film n'a pas grand-chose à dire on meuble avec n'importe quoi, le tracteur qui traine un cadavre de vache, Dolan qui ramasse un petit veau mort. Il y a bien une tentative de vaudeville avec l'arrivée de le fille, mais ça foire complètement. De plus le twist final est en totale incohérence avec le début. Quand je pense à certains critiques professionnels qui ont osé sans aucune vergogne comparer ce ratage à du Hitchcock, on se demande qui s'est occupé de leur entretien d'embauche ! .
Certes utilisant certains codes du film d'horreur citadin versus redneck, "Tom à la ferme" n'en est clairement pas un ! Un thriller psychologique à la rigueur traité plus comme un drame social voire sociétal qu'un divertissement. Mieux vaut y aller en connaissance de cause plutôt que de s'attendre à une course poursuite à la tronçonneuse dans les champs de maïs! Le film est plutôt bien fait, prenant parfois le spectateur à contrepied dans la tension psychologique présente tout au long du film. Une réalisation talentueuse qui ne cesse d'être confirmée film après film.
Un thriller à l'ambiance indéfinissable. Dolan réussit à changer de registre de manière très réussite. La mise en scène est particulièrement bien pensé ( je pense à la scène ou l'écran se resserre créant ainsi un sentiment d'angoisse ) , les acteurs livrent une prestation magnifique ( mention spéciale à la mère ) bref encore une fois : Bravo Xavier Dolan.
La musique et la mise en scène maintiennent la tension tout le long du film, mais malheureusement, le scénario avec ses faibles "révélations" parait bien léger à côté et on sort avec une impression de "tout ça pour ça ?"...
Xavier Dolan est fort, il aborde le thème très déshonorant de l'homosexualité dans le milieu rural, et dépeint avec une justesse presque pudique les relations familiales empreintes de non-dits, et de machisme ordinaire. Sous couvert d'une question sociale, Xavier Dolan nous livre un thriller excellemment réussi, brillamment interprété par Dolan himself sans oublier les non-moins excellents al et .
Il y a des films que l'on a envie de revoir en prenant l'excuse d'avoir peut-être raté quelque chose ....
« Tom à la ferme » relève d’une incroyable complexité tant au niveau du symbolisme qu’il exprime que dans le choix de la mise en scène extrêmement stylisée et sophistiquée. On y trouve matière à de nombreuses lectures, et il y plane, de fait, une aura de mystère qui perdure bien après que le film soit terminé… Xavier Dolan, petit prince du 7ème art acquiert avec ce film toutes ses lettres de noblesse, et rejoint la cour des grands. Entre malice caustique d’un Hitchcock, et l’aridité subversive d’un Kubrick, il signe un thriller glaçant, à la parfaite maitrise. « Tom à la ferme » est un film sur l’imposture et par là sur même l’évitement : l’abnégation que choisit Tom pour ne pas affronter le vide du deuil, l’aveuglement de la mère qui refuse de voir le monstre névrosé qu’est son fils aîné, le déni ultra violent de Francis à propos de son homosexualité. Ces trois destins que tout sépare, sont reliés à un fil invisible, Guillaume, amant de l’un, fils cadet de l’autre, frère pour Francis. Tous se voilent la face, et projettent sur l’autre un salut illusoire. De ces faux semblants, aux duperies, de cette hargne à cette haine, personne n'en sort indemne. Surtout pas le spectateur, pris en otage lui aussi et qui cherche à comprendre. Les questions trouvent leurs réponses dans la mise en scène implacable de Dolan, sous forme d’un jeu de piste, qui, d’un plan, d’un dialogue ou d’une scène, délivre, jamais au moment attendu, les clés de compréhension de ce drame malsain et opprimant. La pièce de Bouchard dispose de la puissance des mots, Dolan y ajoute la violence de l’image et les miasmes d’une ambiance plombée par le mensonge. Le volet technique contribue également à alourdir l’atmosphère, à commencer par une photographie de clairs et d’obscurs habiles. La bande originale ponctue le rythme avec une partition énigmatique et symphonique, dont seul Yared à le secret, qui s’estompe peu à peu, au fur et à mesure que progresse le drame, au profit de chansons plus ordinaires. Le montage incisif et fugace accentue encore l’angoisse. Quant à l’interprétation, Dolan, Pierre Yves Cardinal, Lise Roy et Evelyne Brochu (toutes deux faisant déjà partie de l’aventure théâtrale) sont prodigieux. Par sa totale maitrise, « Tom à la ferme » se hisse directement dans la catégorie film d’une génération, il est le sombre reflet du mal de vivre, et la perte d’espoir que beaucoup subissent. Victor Hugo écrivait dans « L’homme qui rit », « Je représente l'humanité telle que ses maîtres l'ont faite. L'homme est un mutilé ». Bouchard et Dolan nous en apportent une belle illustration.
Le talent de Xavier Dolan n'est plus à prouver surtout après le sublime Laurence Aniways, ce nouveau film Tom à la ferme se démarque pourtant énormément de ses précédentes oeuvres. Dolan livre une sorte de thriller psychologique sous haute tension qui se sert parfaitement de l'espace (clos comme fermé) pour enfermé ses personnages. Le film est particulièrement habile dans sa construction, jouant parfaitement de l'ambiguité des sentiments de ses personnages. Beaucoup de non dits qui renforcent un climat anxiogène en adéquation parfaite avec l'ambiance austère des lieux. Tom à la ferme est un film assez surprenant, dérangeant et malsain dans son propos. Syndrome de Stockholm, séquestration, brutalité: Dolan n'épargne rien à son personnage et livre une interprétation assez subtil. On pourra trouver l'exercice un peu pompeux et voir un trop plein de références à Hitchcock mais Dolan maîtrise jusqu'au bout son récit et livre des scènes absolument fabuleuses que ce soit un tango d'une sensualité oppresante ou des révélations sexuelles provocantes lors d'un repas de famille ou l'hilarité devient angoissante. Difficile de douter du talent de Dolan après avoir vu ce film.