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Raphaël O
184 abonnés
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4,0
Publiée le 25 février 2015
Adapté de la pièce de théâtre éponyme, ce thriller du jeune surdoué Xavier Dolan repose sur un scénario admirablement bien écrit, un rythme crescendo précis, une mise en scène parfaitement maîtrisée et interprétée par des comédiens remarquables. Un petit bijou.
C'est dur... Très dur d'expliquer ce que j'ai ressenti... Le drame de cette famille... J'en suis sorti les larmes aux yeux, déboussolé, j'aurais eu envie de soutenir Agathe dans cette épreuve... Une scène en particulier m'a profondément ému, et j'ai encore beaucoup de mal à m'en remettre 1/2 heure après être sorti de la salle... D'abord loufoque, puis complètement affolant, la vérité jaillie suivie de cette fameuse scène qui m'a parue insoutenable... Excellent film, malgré tout le mal que j'ai ressenti, merci Xavier !
Voilà un film, que l'on peut qualifier de "thriller psychologique" qui très prenant et surtout très angoissant. Trop angoissant même. Le personnage du frère du défunt est terrible et Tom va vraiment souffrir psychologiquement et perdre ses repères pendant un certain temps. Cependant, bien que ce ne soit pas un film facile, il est très bien réalisé et interprété. Aussi, bien qu'il y ait des scènes dérangeantes, on est scotché à son fauteuil par cette histoire.
Un fucking bon film tsé! Un thriller haletant qui dégage une putain d'ambiance et ou la tension est constante. Ce film a vraiment son style et il est très bien interprété, je regrette juste qu'il n'ai pas duré un peu plus longtemps!
« À l'impossible, je suis tenu » est écrit sur l'une des cuisses de Xavier Dolan. Citation de Jean Cocteau, elle montre à tous que le jeune prodige canadien n'a peur de rien et qu'il peut, à vingt-cinq ans, être l'auteur de quatre films. Il opère avec Tom à la ferme un virage cinématographique, en prenant la direction du thriller psychologique. Suite à la mort de son amant, Tom se rend à son enterrement dans une ferme isolée, où il rencontrera la mère et le frère du défunt, violent et impulsif.
La blondeur de l'acteur-réalisateur, surprenant au premier abord, reflète les blés dans lesquels ce personnage s'est enfermé, dans lesquels il se sent en danger, dans lesquels enfin, il s'est abandonné. La pesanteur de la narration ne vient pas de la violence physique dont Dolan fait preuve à l'image, mais par sa palette de couleurs, bien plus nuancée que dans son œuvre précédente. Ce teint fade et gris qui colle à Tom à la ferme nous baigne dans une ambiance anxiogène et n'est pas sans rappeler le miraculeux Bullhead. Comme ce personnage principal, nous vivons dans cette campagne perdue et en dehors de toute civilisation. Cela fait trois semaines que Tom est dans cette ferme, on croirait pourtant que nous y sommes depuis trois ans.
Qui sommes-nous et quels sont nos penchants à l'égard d'autrui ? Le cinéaste balaye ces questions d'un revers de manche pour nos engouffrer dans nos désirs les plus sombres. Cette relation sadomasochisme nous passionne et nous effraie. Déjà avec Laurence Anyways, le québécois redéfinissait l'amour entre un transsexuel et sa femme. Aujourd'hui, il nous montre que nos pulsions sexuelles ne sont pas forcément celles que l'on croit. De manière plus virile (le très charismatique Francis) et bestial (l'espace agricole menaçant), Tom à la ferme hypnotise par son malaise.
Son cadre s'est agrandi pour sa nouvelle œuvre, mais ce n'est pas pour ça que le réalisateur ne nous enferme plus dans un récit sordide, bien au contraire. Il traduit esthétiquement ce que ses protagonistes font physiquement : il nous étouffe et ressert son image à trois reprises lors de trois séquences clés. Le spectateur suffoque alors et Dolan ne relâchera son emprise qu'une fois le souffle de son héros repris. « L'œuvre est une sueur » est inscrit sur l'autre cuisse du canadien. Nouvelle citation de Cocteau, elle prouve à tous qu'il est un infatigable artiste qui ne va pas s'arrêter en si bon chemin. La preuve avec Mommy, son nouveau film sélectionné à Cannes.
Gros coup de coeur pour ce réalisateur! Quelle mise en scène! Quel esprit! C'est le cinéma que je loue, celui qui me passionne, qui me frappe. Tout réside dans un rythme soutenu. Pas le rythme du récit, non. Le rythme des sensations. Le rythme de l'émotion. Le spectateur est pris dans un tourbillon d'émotions aussi puissantes que variées, et ce du début (grâce à une scène d'introduction qui heurte, tout en musique) à la toute fin (notamment grâce à une fin confirme magnifiquement la cohérence d'ensemble formelle et matérielle). Tout au long du film, Dolan nous gratifie de scènes généreuses en musiques, avec une BO magistrale d'ailleurs. Des scènes intimistes qui mettent fabuleusement bien en exergue les passions de ces personnages à fleur de peau, des scènes d'action trépidantes et formidablement mis en scène dans une nervosité juste et mesurée. Le cadrage est extrêment intelligent (le frère, décrit comme machiavélique au début, n'est entièrement dans le cadre qu'au bout de 20 minutes pendant lesquelles le mystère est à son comble). Xavier Dolan est bien un virtuose derrière la caméra. Il est également très fort devant, dans son rôle de martyr romantique et érotique. On a, dans ce film, des personnages charismatiques, très bien dirigés dans leur jeu. Je ne sais pas ce qui m'a empêché de mettre 5 étoiles. Il m'a manqué ce petit quelque chose. Peut-être un scénario encore plus fort. Mais, je ne m'en fais pas pour Dolan. Ce petit quelque chose, il l'aura très très vite. Peut-être dans son d'ores et déjà fameux Mommy, grand coup de coeur du Festival de Cannes 2014?
Xavier Dolan change totalement de registre pour ce 4eme film, en nous offrant un thriller malsain, psychologique et homosexuel. Après 5 mois de tournage éprouvants, un changement total de structure pour la bande son (il comptait faire un film sans aucune musique), Dolan nous fait peur, il nous angoisse, tout ce que tente cet homme marche. Malgré sa volonté de changer de registre, son esthétique sublime est toujours quelque peu présente dans le film (scène de danse dans la grange). L'idée de cadrage de reduire le cadre en cinemascope resseré pour donner un sentiment d'angoisse est bougrement intelligent. Encore une très, très bonne experience pour moi. Merci Xavier Dolan.
Le génie du film vient du fait que Nolan a dissocié le fond et la forme qui lui est habituellement relié : il traite de l'homophobie, généralement traité sous la forme de film social, en utilisant la forme du thriller et le mélange est détonant, efficace, drôle et émouvant. La scène d'ouverture du film, où des champs sont filmés avec une musique kitsch à plein volume produit un effet boeuf. Le pétage de câble de la mère lors de la rencontre de la "petite copine" ou le rire suite au descriptif sexuel crèent un malaise jouissif. Nolan semble maitriser cet art du décalage ingénieux et véhicule d'émotions, comme spoiler: la scène de tango entre hommes dans la grange avec révélations , tout comme le rythme sonore et auditif : alternance de musique à plein volumes et de silence plein de tension. Ce petit génie du cinéma utilise des références à foison (je n'en ai sans doute repéré qu'un petit tiers) mais pour les détourner et créer son propre style : on n'a pas besoin d'avoir les références pour profiter du spectacle. Bref, un petit bijou !
Un très bon thriller sur fond d'homophobie et de deuil. La tension est constante du début jusqu'à la fin qui n'est pas cousue de fil blanc. Xavier Dolan est impeccable dans le rôle principal ainsi que tous les autres acteurs qui arrivent à apporter mystère et ambiguïté à leurs personnage.
Surement le film le moins réussi de Xavier Dolan et pourtant "Tom à la ferme" reste un long métrage fascinant qui annonce la mutation du jeune cinéaste. Après sa trilogie sur l'amour impossible, Xavier Dolan abandonne pour son quatrième long métrage sa mise en scène ultra colorée pour réaliser son premier thriller. Sous perfusion hitchcockienne, le film installe une climat de tension et de suspense très prenant. Si il multiplie les références au maître du suspense, le réalisateur canadien conserve ses caractéristiques de réalisateur avec ses gros plans et son envie de ne pas trop couper son film. Cela contribue à l'élaboration d'une mise en scène soignée et efficace qui montre une nouvelle fois l'aisance du réalisateur. Xavier Dolan renouvelle également des thématiques qui lui sont chers comme l'homophobie, montrée ici sous un angle différent, par des scènes parfois violentes, difficilement soutenables qui sortent le spectateur de sa zone de confort. Le jeu malsain qui s'installe entre les deux personnages fascine le spectateur autant qu'il le rebute et offre une belle partition aux deux acteurs. On pourra reprocher parfois un manque de maîtrise au film qui part un peu dans tous les sens et montre que Xavier Dolan n'a pas encore atteint sa maturité, mais le film reste un très bon exercice très style qui montre que Xavier Dolan sait se renouveler et laisse envisager un futur radieux pour le cinéaste québécois.
Pour sa première adaptation (une pièce de Bouchard), Dolan opère un virage à 180° : fini les atermoiements nombrilistes de ses premiers opus, le jeune Canadien nous livre un récit solide et complexe, qui explore la part obscure du désir sous la forme d’un troublant thriller psychologique. La première force du film est de ne jamais tomber dans le sentier balisé : ce qui commence comme un survival chez les redneck, évolue vers un ambigu rapport de force SM teinté de syndrome de Stockholm, en passant par un oppressant huis-clos familial. Le sujet du film est évidemment le désir et sa puissance de destruction, que ce soit celui, aveugle et régressif, d’une mère pour ses enfants, ou que soit celui qui unit deux hommes dans une valse mêlant culpabilité, refoulement et projection fantasmatique. Que la tendresse puisse passer par la violence, que le travail du deuil puisse se faire par la destruction de l’autre, que l’amour puisse se faire anthropophage, voilà autant de paradoxes qui traversent un film qui ne cesse de faire bouger les lignes – celles du récit, celles des personnages, celles de notre propre réception. Il s’agit moins de raconter histoire d’amour homo que d’évoquer désarroi profond qui guide nos élans sentimentaux (la solitude extrême de l’un s’abîme dans l’ambigu travail de deuil de l’autre), mais aussi d’assumer les pulsions de domination qui régissent les rapports humains. L’intelligence du film est de se servir de tous ces mouvements pour nourrir les ressorts du thriller - avec pour résultat une tension permanente et un récit qui ne cesse de nous surprendre par ses revirements incessants (et jamais artificiels) : les trois protagonistes se retrouvent chacun à leur tour dans la position du tortionnaire ou de la victime. L’antagonisme est mouvant, ce qui rend d’autant plus prenante ce récit qui sait aussi distiller une vraie émotion (l’évocation du défunt par Tom au repas par témoignage interposé), voir des moments de jubilation (le tango dans la grange, la gaîté mauvaise de Tom, etc). Quant à la mise en scène, elle prend brillamment en charge la nature anxiogène du récit : cadres oppressants dans la maison, montage au scalpel qui fait écho à la rugosité du propos, excellente gestion de l’espace. A cela s’ajoute la qualité de l’interprétation (Dolan en tête) et la somptueuse musique de Gabriel Yared. Bref, une réussite totale qui laisse augurer le meilleur pour l’avenir du canadien.
Tom vient de perdre son ami à Montréal .il décide d'aller voir la mère de celui-ci .Elle possède une exploitation fermière .elle a perdu son mari.....A partir de là le décor est planté et les tensions montent... Bien joué bien réalisé Bravo !
On à tendance à l’oublier mais chez Xavier Dolan avant le grand Mommy il y à eu 4 autres longs-métrages. Le plus récent Tom à la Ferme, sorti ce début d’année à peu fait parler de lui. C’est pour le jeune prodige son premier thriller (grandement psychologique). Tom, un jeune publicitaire, se rend en province pour l’enterrement de son amant. Il se rend rapidement compte que personne ne sait pourquoi il est présent et qu’elle relation il à tissé avec le défunt. Le coté pop y est quasiment délaissé ou plutôt se rencontre avec cette si froide campagne Canadienne. Les grands thèmes de Dolan à savoir l’homosexualité et la mère sont tout de même présent. La mère (du défunt) y est ici interprétée par la peu connu en France Lise Roy, troublante, juste et touchante. Peu présente à l’écran alors qu’essentielle, c’est cette absence qui la rend essentielle. C’est dans un décor agricole moderne que se joue l’intrigue de Tom à la Ferme. L’histoire se compose de deux parties : la première est centrée sur l’arrivée de tom et du deuil familiale à l’instar de la seconde qui se concentre sur la déconstruction/reconstruction psychologique de Tom, suite à sa totale perte de repère face à l’attitude perverse du fils Francis. Tirée de la pièce du Québécois Michel-Marc Bouchard, Dolan y inclus un suspens quasi-Hitchcockien, la référence est porté par la bande originale de Gabriel Yared très influencé par les compositions du grand Bernard Hermann. L’ambiance y est pesante, mystérieuse, malsaine. Accentué par cette dominance de la couleur jaune et des paysages automnales canadiens, nous ne savons jamais quelle direction le film va prendre. Dolan nous surprend brutalement/tendrement à l’image de la relation entre Tom et Francis. Un syndrome de Stockholm ou l’on ne saurait jamais vraiment qui est le ravisseur et qui est la victime. Fidèle à lui-même donc le quatrième film de Xavier Dolan est une mine d’or de graphisme, d’esthétisme, de talent, d’audace, d’originalité, d’écriture, de jeu et bien sur toujours d’un renouvellement perpétuelle. Martin, Le Frisson de la Pellicule.