Nature est une nouvelle expérience audiovisuelle, de par l'utilisation d'une technologie 3D de pointe. Habituellement, celle-ci est utilisée pour les longs-métrages de fiction et non pour les documentaires. Le coréalisateur du film Neil Nightingale indique que cette haute technologie permet aux spectateurs de s'immerger davantage dans les images.
Le lancement du film au Japon a été un véritable succès. La première semaine, le film rapporta 5,4 millions de dollars au box office, dont 3 millions pour le premier week-end d'exploitation, où il se plaça aux côtés de Captain America, Planes, Thor et Hunger Games : L'embrasement. Suite à cette réussite, Nature a été présenté au Festival de Cannes.
Le tournage de Nature a été très long, il dura 573 jours au total.
Les réalisateurs de Nature ont eu besoin de 126 porteurs pour acheminer le matériel sur le Mont Kenya, qui se trouve être à 4 300 mètres d'altitude et où la température avoisine les -10°C. L'équipe était tellement grande, qu'un aéroport a été fermé en raison d'un embouteillage formé par le trop grand nombre de bagages.
Plusieurs évènements ont compliqué le tournage de Nature. En effet, deux radeaux qui servaient à filmer les hippopotames ont coulé avec le matériel. Ce n'est pas tout, puisque ces hippopotames ont aussi attaqué l'équipe de tournage.
Au moment de l'enregistrement des scènes sur le fleuve Zambèze, Patrick Morris évoque sa mésaventure : "J’avais déjà fait du rafting auparavant et j’avais testé le matériel en amont, mais le jour du tournage, alors que je croyais le plus dur derrière nous et que j’allais pousser un soupir de soulagement, notre embarcation a été renversée par une grosse vague. Je me suis retrouvé sous l’eau, roulant dans tous les sens, sans la moindre idée de ma position, sans savoir où était le haut et le bas. Lorsque je suis finalement remonté à la surface grâce à mon gilet de sauvetage, j’ai vu que les autres membres de l’équipe et le radeau étaient emportés par le fleuve."
Les prises de vue de Nature se sont déroulées dans différents pays d'Afrique, notamment le Bostwana, l'Ethiopie, le Kenya, l'Ouganda, le Zimbabwe et l'Afrique du Sud. Ces décors extérieurs ont offert des paysages aussi somptueux qu'arides et hostiles, puisque, la température oscillait entre 40°C et 50°c. Les réalisateurs Neil Nightingale et Patrick Morris ont choisi l'Afrique pour plusieurs raisons. Tout d'abord, ce continent est le plus sauvage du monde, mais c'est aussi un endroit où le cycle de la vie n'a pas été modifié par les phénomènes naturels.
Patrick Morris et Neil Nightingale ont souhaité passer en revue les différents environnements naturels dans leur documentaire. C'est pourquoi, ils ont donné un nom en lien avec l'expérience vécue dans chacun des lieux de tournage. C'est ainsi qu'est né le royaume de la "forêt mystérieuse", puis, le royaume des "entrailles de la Terre", celui du "désert brûlant", des "plaines arides", des "mers fantastiques", mais aussi des "eaux capricieuses" et le royaume des "cimes enneigées" pour évoquer les hauteurs du Mont Kenya.
Tourner un documentaire en 3D n'est pas chose facile, car l'équipement est quatre fois plus lourd que le matériel d'un tournage classique en 2D. Neil Nightingale raconte : "L'action est filmée à l'aide de deux caméras stéréo, l'une pour l'oeil droit et l'autre pour le gauche et il faut qu'elles soient parfaitement alignées. La précision de cet alignement est extrêmement important, et comme vous pouvez l'imaginer il est très compliqué à maintenir sur le terrain et les routes cahoteuses d'Afrique."
BBC Earth et les Studios Evergreen réitèrent leur collaboration, après le film Sur la terre des dinosaures, le film 3D. Les seconds ont pris en charge la construction du matériel 3D et l'adaptation des caméras pour le tournage. Ils ont même adapté un Land Rover à la 3D, de façon à pouvoir filmer les animaux en étant le plus près possible.
Pour effectuer les prises de vue sous-marines en stéréo et en résolution 5K, les caméras 3D ont été placées dans de grands boîtiers sous-marins, de manière à pouvoir les immerger et ainsi découvrir les profondeurs de la Mer Rouge. De plus, les directeurs de la photographie (Mark Deeble et Robin Cox) et les caméramans (John Shier et Chris Bryant) devaient nager en toute synchronisation, de façon à ce que l'image soit fluide.
Par ailleurs, pour le tournage du "Royaume des entrailles de la Terre", les réalisateurs confient : "Pour tourner ces séquences et les autres plans aériens du film, la production a utilisé un système innovant permettant le contrôle à distance de la distance interoculaire et de la convergence des caméras afin de maîtriser parfaitement la 3D et de donner la sensation de survoler les paysages".
Mark Deeble ajoute que pour pouvoir obtenir les images de la parade nuptiale des flamants, il est resté huit heures par jour dans des abris construits spécialement pour le tournage sur les rives du lac Bogoria.
Alors que l'équipe devait filmer la formation d'un orage, celle-ci a échappé de peu à la foudre. Les techniciens expliquent que les caméras haute résolution Red Epic étaient installées à dix mètres l'une de l'autre de façon à capter la formation nuageuse. Ces caméras étaient posées sur des supports de dix mètres de haut, eux-mêmes bloqués entre deux Jeep. Lorsque l'orage arriva, la foudre tomba à 100 mètres de l'équipe et des installations techniques, mais aussi sur l'antenne radio du campement.
Le dernier jour de tournage s'est déroulé aux chutes Victoria, situées sur le fleuve Zambèze, entre la Zambie et le Zimbabwe. Ces prises de vue ont été très risquées, puisqu'il a fallu tendre 300 mètres de câbles au dessus des chutes. Myles Connolly, le producteur de Nature, confie : "Le planning du tournage était arrêté, et si nous n’avions pas obtenu le plan ce jour-là, nous n’aurions pas pu retenter notre chance. C’était le dernier jour de tournage et il nous restait 4 heures, mais c’est là que tout s’est joué."
Le champion du monde de bodyboard Myke Stewart a participé à la réalisation de Nature, pour une séquence plaçant le spectateur au beau milieu d'une déferlante. Pour cela, une caméra a été fixée sur le bout de sa planche et Chris Bryant (caméraman) l'accompagna avec une caméra Phantom, de manière à filmer des séquences très rapides, pour pouvoir ensuite les ralentir au montage.
Le compositeur de Nature, Patrick Doyle n'est autre que celui des films Harry Potter et la coupe de feu, Rebelle, La Planète des singes : les origines et The Ryan Initiative. Pour créer la musique de ce documentaire, il s'est inspiré de différentes musiques africaines.