24 heures dans la vie d'un jeune trentenaire berlinois aussi désabusé que oisif, qui a passé les deux dernières années de sa vie à ... réfléchir. Avec son tempo nonchalant, Oh Boy est un film d'atmosphère, rythmé par sa BO. Entre trompette de jazz et piano mélancolique. On y peut y déceler des tonnes d'influence, de Scorsese à Wenders en passant par Jarmusch et Godard, mais Jan Ole Gerster possède déjà un ton personnel, triste et tragi-comique. Le récit n'est fait que de rencontres dans lesquelles le héros reste plus ou moins passif : son père, une ancienne camarade de classe, un ami, un vieux très alcoolisé. Son seul but est de boire un café durant cette journée, chose qu'il n'arrivera pas à faire. L'errance est élégante, filmée dans un noir et blanc impeccable, elle traduit aussi un certain vide existentiel qui déteint sur ce film auquel il manque peu pour aller au-delà de l'anecdotique.
Pour une fois les critiques ont raison, ce film est une révélation. Celle d'un réalisateur aussi bien que celle d'un acteur qui joignent leurs forces pour livrer au spectateur une œuvre pleine de charme, qui témoigne d'un sens de la mise en scène et qui assume ses références. On pense parfois à Woody Allen pour la bande-sonore et la description d'une ville (Berlin en l'occurrence) en noir et blanc, parfois à Jim Jarmusch mais beaucoup à l'"After Hours" de Scorsese. Ici, nous suivons 24 heures dans la vie de Niko, jeune trentenaire qui ne fait rien de sa vie et qui passe sa journée à aller de droite à gauche, entre un rendez-vous avec un psy, un avec son père, des rencontres étranges et sa volonté de boire un café sans jamais qu'il n'y parvienne. La mise en scène propose un véritable parti pris et le scénario est très bien écrit, atteignant des sommets lorsque Niko rencontre un vieil homme dans un bar. Si il faut se plonger dans le film et lui pardonner quelques longueurs et maladresses, il arrive cependant à tenir le rythme en ayant un ton un peu décalé bien à lui aussi drôle que parfois perturbant. Et Tom Schilling, avec sa bouille de jeune homme un peu paumé, est parfait dans ce rôle.
Oh boy, le titre ne doit rien au hasard... C'est ce que l'on se dit à la fin du film....Voila un premier film qui réunie et condense le savoir-faire de la nouvelle vague, le désabusement à La Woody Allen, et la quête sociale à la Fatih Akin.... Une histoire d'un jeune homme désœuvré, qui erre dans Un Berlin Lumineux (même la nuit) et rencontre des personnages plus ou moins perdus comme lui.... L'émotion est brillante, presque fastueuse, et je dois dire que le jeune homme (Tom Schellig éblouissant) a l'art d'ouvrir les portes de la relation sociale, par une fausse innocence consentie mais très attachante... Le film finit par vous "posséder", par vous appartenir aussi, que ce soit au vu de l'ancienne fillette boulotte de la classe, où ses voyous patibulaires et marginaux..... Le film est magistral dans son noir et blanc, dans son atmosphère et en fin de compte dans son humanisme.... L'eldorado est dans le cœur dit il, il peut être chez ce vieil homme qui dans un bar aux lumières tamisées, rappelle les premières agressions de juifs avant guerre ( on peut supposer que c'est cela dont il parle) ou chez cette danseuse amoureuse qui essaie d'oublier son enfance.... C'est un film d'une lumière rare, qu'elle soit dans la photographie concrète de la ville ou dans le cœur de ses personnages.... Il serait dommage de passer à côté.....
Sans être novateur, ni très rythmé, c'est soutenu par une belle photo et une B.O. jazzy et les déambulations de Niko, jeune Berlinois s'avèrent placé sous le signe de l'incongru et de l'étrangeté pour offrir le portrait d'une jeunesse hésitante, sans aspérité et d'une ville cacophonique ou l'incommunicabilité règne en maitre. C'est, grace aux dialogues percutants, souvent amusants et pas dénué de mélancolie. Pas mal du tout.
Il est vrai qu’Oh Boy présente des qualités indiscutables. Ce parcours, entre spleen et apprentissage, d’un jeune Berlinois dans les méandres de sa mégalopole cosmopolite ne fait de mal à personne. Cette ambiance jazzy, cette mise en scène en noir et blanc donnent un côté un peu chic à cette petite production, un charme de film d’auteur indiscutable. Oui mais tout ca pour quoi ? Car au final, le rite initiatique auquel se livre Niko reste vide, l’acteur traversant les tableaux avec pour seul but son café tant désiré. Et même si la rencontre de quelques personnages est légèrement amusante, la plupart des discussions restent rébarbatives, un peu répétitives et ne font en rien avancer l’histoire. A un point tel qu’on se demande après 1h30 d’endurance si Oh Boy avait seulement une histoire….
Des nombreux films que j'aurais pu découvrir cette semaine au festival Premiers Plans d'Angers , le meilleur est sans aucun doute celui-ci. Premier film allemand d'un jeune réalisateur ayant déjà opéré avec les plus grands (Haneke) et sur des grands films (Heaven) , "Oh Boy" est vraiment un petit bijoux comme on aimerait en voir plus souvent. Le film ne raconte pas une grande histoire et non , il n'y à pas de l'action à tout va mais il se contente d'une histoire simple ; celle de résumer la vie ordinaire d'un jeune homme. Ses petits problèmes personnels et toutes les rencontres qu'il fera au coeur d'un Berlin très bien filmé seront les péripéties et autres évènements de ce film. Le fait que le film soit en noir et blanc accentue encore plus la beauté de certains plans d’extérieur. Les acteurs sont juste très très bon , et tous sans exception !! L'acteur Tom Schilling qui tient le rôle principal est inoubliable mais ce n'est pas son meilleur rôle selon moi , car je l'avais déjà vu en jeune Hitler dans l'adaptation de 2006 de "Mein Kampf". Sinon à part ça , peut être un seul petit bémol , c'est que les 10 dernières minutes soient un peu longuettes et que ça part un peu trop loin dans la discussion , mais rien de grave. Je pense que pour apprécier ce film , il faut être quasiment plongé dedans , autrement vous risqueriez de vite vous ennuyez. Dernière chose : le film sera dispo en VOD sous-peu , sur des sites allemand , et donc ...en allemand. Aucune date de sortie française n'est prévu malheureusement pour l'heure. A voir , si toutefois vous en avez l'occasion.
Sous une ambiance musicale jazz, Oh Boy fait incroyablement penser à la Nouvelle Vague et en particulier les films de Godard. S’agissant du premier long-métrage de Jan Ole Gerter, le réalisateur allemand nous livre une chronique drôle et attachante. Aux allures improvisées, Oh Boy est pourtant maîtrisé à la perfection et soulève des questions sur nos générations actuelles, qui nous laissons porter par le vent, plutôt qu’à planifier nos vies. Oh Boy est donc très réussi pour un premier film et on attend de voir ce que sera cette nouvelle vague allemande au fil du temps. D'autres critiques sur ma page Facebook : Cinéphiles 44
Les diverses rencontres qui émaillent cette journée particulière dans la vie de Niko sont inégalement intéressantes mais l’atmosphère générale qui se dégage de ce film magnifié par un noir et blanc intemporel décrit parfaitement les affres d’un personnage qui éprouve de la difficulté à s’affirmer. Ce brassage de personnalités multiples donne lieu à quelques scènes drôles, émouvantes, les meilleures demeurant celles où notre antihéros côtoie la vieillesse (la mémé du dealer, le vieil homme rencontré dans un bar). Excellente illustration musicale et Berlin poétisée par un metteur en scène inspiré. Tom Schilling est vraiment épatant. Encore un bel exemple de la bonne vitalité et créativité du cinéma allemand actuel.
Vu dans le cadre du Festival du Film d'Histoire International à Pessac,nous suivons Niko, un berlinois un peu perdu pendant 24 heures de galère ou le sort s'acharnera de bout en bout.. Une ambiance très sympathique avec ce noir et blanc, cet humour et cette B.O tout en jazz. Allant de surprises en rencontres inattendues, on suit cette drôle de journée avec ces personnages saugrenues, un film original à voir.
Un film un peu hors norme, voguant entre légèreté et drame dans une atmosphère étrange teintée de poésie. L'histoire est simple et charmante, ce garçon qui se cherche est extrêmement touchant et le tout se regarde avec plaisir.
Une oeuvre fraiche et originale qui rappelle irrésistiblement la "nouvelle vague". Sous des dehors légers, ce film aborde tout de même un sujet social qui prête à la réflexion. Il met en parallèle le vide de l'existence et les états d'âme d'un bobo, fils à papa berlinois, avec les drames vécus par la génération du nazisme et de la guerre. Le tout traité avec beaucoup d'humour et un regard très lucide. Certaines scènes sont de véritables morceaux d'anthologie : le client qui demande un "café normal" dans un bistro bio ou le metteur en scène d'avant-garde qui ne supporte pas la critique. La photo en noir et blanc est superbe et la bande son jazzy sympathique, même si tout le monde ne peut pas être Miles Davis.
Ce film retrace en temps réel la journée d'un jeune berlinois au fil des rencontres qu'il va faire. Premier film d'un réalisateur prometteur, on pourrait le comparer au récent "Frances Ha" dans l'esprit, mais aussi dans la forme, les deux films adoptant le même noir et blanc et la même sonorité jazzy, et ils traitent tous deux du passage délicat à l'age adulte.
Un cinéma aussi rare que précieux qui offre une vision du monde singulière et pessimiste mais amenée avec charme, un certain raffinement dans cette prise de vue qui nous laisse une fin ouverte. Jan Ole Gerster, nouveau talent à suivre signe avec Oh Boy un premier et grand film.
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