C'est mon premier Ozon et je l'ai vu sans a priori, j'étais même assez convaincu que j'allais aimé. La première chose à dire c'est que ce n'est pas le sexe qui m'a gêné, on n'en voit pas tant que ça d'ailleurs, et quand on en voit, soit c'est soft (on ne voit rien), soit on en voit un peu et c'est assez ridicule (scène de soumission). Bref le problème n'est pas là, il n'y a rien de choquant là-dedans.
Le vrai souci du film c'est son extrême froideur... On ne ressent rien, c'est peut-être voulu mais du coup ça donne un film raté. Déjà on ne sent rien car les personnages sont inexistants. Le personnage d'Isabelle est certes torturé, n'a pas vraiment de motivation expliquant son attitude (ça encore pourquoi pas) mais le jeu de Marine Viatch ne fait rien ressortir. On regarde un glaçon, certes joli, mais ça s'arrête là. Et tous les personnages sont comme cela, la mère, le beau-père, ses amants et copains. Le souci ne vient pas des acteurs mais de la direction donnée par le réalisateur.
Et le pire c'est que la mise en scène appuie encore plus cela, c'est sans âme, souvent cadré de trop loin, les décors sont vides et froids. Et tout ceci pour quoi? Pour découvrir au bout de 2min que Isabelle veut se départir de l'univers bobo dans lequel elle vit? Sérieux? Il n'y avait rien de plus intéressant à écrire? Des jeunes filles qui se prostituent par choix il y en a plein, et pour de multiples raisons, mais choisir uniquement celle-ci c'est d'un banal !
Finalement c'est le personnage du frère qui intrigue le plus. Pour sa soeur on a vite compris ses motivations et ça ne touche jamais, mais pour le frère il y a du mystère, on sent qu'il y avait quelque chose à dire sur l'adolescence, mais c'est tout juste suggéré, ce n'est jamais traité...
Et finalement je rejoins mon introduction sur le sexe... Ozon fait finalement un film sur le sexe sans montrer le sexe, il filme Marine Viatch, mais c'est tout (un peu pervers...). Nymphomaniac dans le même style racontait quelque chose et osait filmer son sujet, il montrait un personnage intéressant. Là on n'a rien de tout cela.