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Un visiteur
2,5
Publiée le 8 octobre 2013
J'ai été déçue par ce film ! J'aime beaucoup les prestations d'Emmanuelle Devos en général, et la thématique m'intéressait. L'histoire et la réalisation m'ont plues, ce sont les personnages qui m'ont déçus. Les hommes sont pour la plupart insupportables, caricature de machos imbus d'eux même et complètement imperméables à tout ressenti féminin. Le mari d'Emmanuelle Devos, aux premiers abords moins antipathique car plus sensible et moins agressif que ses congénères, s'avère dans son foyer passif, maladroit et finalement tout aussi exécrable. Mais ça, on s'y attendait, ils ne sont que le produit de décennies de domination masculine dans notre société civilisé. Ce sont donc les femmes qui m'ont le plus déçues : des femmes qui n'ont pas les moyens/l'idée de mettre leurs enfants à la garderie, qui n'ont même pas une amie à qui téléphoner pour un petit service, qui sont débordées par une lessive et 3 bols à débarrasser, et qui ne conçoivent même pas d'emmener leurs enfants lors d'un diner entre amis... Dans quel monde vivent-elles ? Des femmes tout aussi passives que leurs maris, en somme... Bien plus passives que la majorité des femmes qui ont une "vie domestique". D'ailleurs la majorité des femmes, même celles qui travaillent, n'ont-elles pas une vie domestique ?
On s'ennuie un peu à accompagner ces femmes de la petite bourgeoisie de la banlieue parisienne, qui s'ennuient beaucoup dans leurs vies minuscules. Et oui, semble découvrir la réalisatrice, la vie qu'on vit n'est pas souvent celle qu'on a rêvée à l'adolescence. Grand message! Un peu d'humour, quelques maladresses, une poignée de caricatures, beaucoup de simplisme...Il manque à ce film un soupçon de finesse dans le scénario et le parti de parier sur l'intelligence du spectateur. Emmanuel Devos campe plutôt bien ce personnage mi-falot, mi révolté de femme à mi-chemin de la vie. Elle sauve le film de la caricature.
D'une façon rhétorique le film est une belle réussite et le titre annonce bel et bien le contenue du film. C'est quelque part un bel exercice de style pas évident de filmer la banalité du quotidien. Oui mais il faut être un spectateur un peu masochiste pour aller voir au cinéma ce que l'on a souvent chez soi ou que l'on vit tout les jours. Peut-être qu'un jour ce film deviendra un témoignage du style de vie des français au début du XXIème siècle. Mais en attendant c'est un film bien chiant qui commence comme il se termine, sans véritable début, et surtout sans fin. On pourrait le projeter en boucle, on n'y verrait pas de rupture.
Une sorte de "Desperate Housewives" à la française, les gags et la rigolade en moins. Dieu que ce scénario (plutôt mince d'ailleurs) est sombre et pessimiste ! Quatre (femmes) quadras qui ont apparemment sacrifié leur vie professionnelle à la carrière de leurs maris et qui sont empêtrées dans le train-train de leur vie de banlieue (résidentielle-chicoss' quand même), avec les courses, les repas, la vaisselle, les gosses, la lessive et le café-biscuits avec les copines. Les maris sont totalement absents et ne partagent pas grand chose de la vie de leurs épouses. C'est vraiment "desespératant". On s'attendrait à un rebondissement, ou quelque chose qui vienne apporter un peu de lumière à cette atmosphère glauque, mais non, rien, nada. Sans oublier la découverte anecdotique du cadavre d'une petite fille de 2 ans, étouffée par sa mère adolescente et jetée dans un lac proche. Ca n'aide pas vraiment ! J'ai également été un peu déçu par le jeu assez moyen des acteurs qui manquent tous de punch et de conviction dans leurs rôles respectifs. Peut-être étaient-il anesthésiés par ce pitch démoralisant ?
Tableau social, peinture d'une époque, le film nous raconte une journée de femmes dans la quarantaine, (trentaine ?), des amies lucides sur le monde et sur elles mêmes...... Des problèmes de travail, des relations de couple émoussées, je trouve le titre très juste et en parfait accord avec le contenu du film.... Le jeu d'acteurs est convaincant (Emmanuelle Devos met beaucoup de sensibilité dans ses expressions, Natacha Régnier, un peu plus neutre, Hélène Noguerra, pertinente dans ses interventions, Julie Ferrier, brillante) et je dois dire que les dialogues ont une acuité plus profonde en seconde lecture... ( école, proviseur ('Laurent Poitrenaux), salle des profs, cours devant de jeunes élèves trop naturelles, repas de famille le film parle de tout et de rien mais avec précision, il y a même un sinistre infanticide, en écho avec une actualité douloureuse)...... Techniquement le film est de qualité ( il manque hélas de musique) et avec une lumière et une caméra sans aucune agressivité.... Bref un regard sur notre société plutôt pertinent et intelligent
Film très bien. Le scénario est intelligent, bien écrit, bien mené et les 4 actrices sont géniales !! On entre dans l'intimité de ces femmes, on se rend compte combien leur vie est complexe ...
Tout est dit (ou plutôt suggéré) dans le titre de ce film d'Isabelle Czajka! Dans "la vie domestique", il y a le mot "domestique" qui d'adjectif peut devenir substantif et prendre le sens de "larbin". Mais ce sont les femmes qui ont le rôle de "larbins": à elles la charge de la maison, son entretien, le souci et la préparation des repas, les courses à faire, le soin des enfants, etc., etc. Rien d'extraordinaire dans ce film, sinon la vie banale de quelques femmes vivant dans une banlieue résidentielle de la région parisienne. 24 heures de la vie de Juliette (Emmanuelle Devos, impeccable comme toujours) et de ses amies, de leurs vies si remplies, si trépidantes, qu'on se demande comment elles tiennent le coup ou ne sombrent pas dans la dépression. Juliette qui ne se satisfait pas cependant de son sort, qui voudrait décrocher un emploi dans une maison d'édition. Juliette qui trouve néanmoins l'énergie de donner un peu de son temps à des lycéennes en difficulté scolaire, ce qui donne lieu à une scène amusante qui rappelle le beau film de Laurent Cantet, "Entre les murs". Juliette qui emmène ses enfants à l'école et qui se soucie de leur trouver une baby-sitter quand c'est nécessaire. Juliette qui retrouve une ancienne connaissance perdue de vue et qui l'invite à dîner. Et Juliette qui s'active à la cuisine afin de bien recevoir ses invités. On n'en finirait pas d'énumérer tout ce que fait Juliette (et ce que font ses amies). Tout cela paraît tellement banal qu'on se demande pourquoi ce film a tant de charme, pourquoi il captive à ce point. Cela s'explique bien entendu par plusieurs facteurs qui, mis ensemble, forment un film d'excellence: la grâce de la mise en scène, le talent indéniable des actrices et la qualité des dialogues (superbement écrits!). Mais une question nous vient tout naturellement à l'esprit: et les hommes dans tout ça? Où sont les hommes et que font-ils? N'ont-ils donc pas leur place dans la vie domestique? Il faut l'admettre, ils sont grandement absents! La faute à leur travail, certes! Mais quand ils rentrent à la maison, comment se comportent-ils? Ne vont-ils pas soulager leur épouse et prendre leur part des tâches domestiques? Aïe, aïe, aïe! La vérité, c'est qu'ils sont tire-au-flanc. Ils se bâfrent de nourriture et leurs propos sont le plus souvent triviaux, voire carrément stupides! Isabelle Czajka a réalisé avec "La vie domestique" un film qu'on peut qualifier de féministe, à condition de donner à ce mot son sens le plus noble, à condition de le faire sonner comme un hommage rendu à ces femmes, épouses et mères, dont les vies sont si pleines et si fatigantes, mais qui risquent de se perdre, si l'on n'y prend garde, dans la vacuité ou dans l'"à quoi bon". 8/10
Non cela ne m'a pas évoqué la série"désespérée" américaine mais plutot un livre américain "Toilettes pour femmes" Emmanuelle Devos utilise son regard clair et son sourire carnassier pour dévoiler la soumission attendue dans notre société dite libérée IL y a quelquechose du Ozon de "Dans la maison' mais c'est ici le spectateur qui doit faire la voix off :Ils ne sont pas tres tendres ses maris qui trouvent leurs femmes transparentes quand ils sont loin ou à table et/ou chiantes quand elles emettent leur avis ou ponctuent leurs comportements La réalisatrice est parvenue a rendre les 3 voisines débordéees par leur role quotidien .Elle a fait de notre tonitruante Ferrier une figure fade et conformiste comme ses copines plus proches de leur registre habituel ( Régnier responsable et Noguerra séductrice) Tres bonne utilisation aussi du contexte naturel et urbain environnants que je connais bien.
Vu ce film samedi soir, très déçue..C'est lent, des plans qui n'en finissent pas, des scènes qui se suivent et ne se ressemblent pas, bof bof. Mise à part Emmanuelle. Sinon on se croirait dans Desperate Housewives mais en français et en plus mou et en nul.
J'ai mis cette excellente note surtout pour la talentueuse Emmanuelle Devos qui crève l'écran dans ce film (tout comme dans le plus ou moins récent "Une aventure"). Personnellement, je n'ai vu qu'elle dans ce film ou presque : elle joue juste (je suis désolée de le dire mais elle joue beaucoup plus naturellement que ses partenaires - au secours Julie Ferrier par exemple décevante et absolument pas crédible ou convaincante dans son rôle - elle est au minimum un cran au-dessus par sa justesse son naturel ..) ; elle illumine le film par sa présence, elle est convaincante. Une interprétation juste, naturelle, convaincante, brillante. A noter aussi la prestation intéressante d'Héléna Noguerra dans un rôle malgré tout très caricatural, ainsi que la courte apparition de Marie-Christine Barrault. Une prestation elle-aussi convaincante et dont le discours pose des questions ô combien intéressantes sur la femme, sa place dans la société, la famille, ses attentes perpétuelles, ses sacrifices en attendant que ce soit son tour.... Car c'est bien la femme qui est au coeur de ce film, de la réflexion qu'il inspire. La place de la femme aujourd'hui dans la société, dans les dîners, dans le couple, dans la famille, dans l'esprit des enfants... Une femme qui a du caractère est une femme qui porte des couilles ? Si une femme est une grande gueule c'est qu'elle a forcément des attraits/atouts masculins ? Une femme ne peut-elle pas tout simplement être une femme grande gueule avec du caractère sans qu'il soit nécessaire de lui conférer un aspect masculin ? Il est finalement question dans ce film de tous les stéréotypes insidieux de genre qui pèsent encore sur la femme aujourd'hui... Mais malheureusement, le film a tendance à se cantonner à la caricature (cf les maris ou certaines des banlieusardes middle class), au constat sans jamais proposer de réelles solutions... Finalement, seule l'interprétation de la sublime et talentueuse Emmanuelle Devos donne du corps, de la chair, du rythme à ce film qui serait sinon bien plat, vide, ennuyant, terne, et fade. Le film manque en effet de profondeur.
Entre Desperate Housewives et The Hours sans la drôlerie du premier ni l'intensité du second. Des réflexions sur la vie du couple qui émanent manifestement d'une femme désabusée. Un rythme lent et une atmosphère menaçante très réussie. Emmanuelle Devos toujours aussi parfaite. On reste un peu sur sa faim malgré tout.
Toute l'horreur de cette vie domestique monotone nous paraît normale, c'est le réel drame de ce film, si bien réalisé, si juste, dans lequel on prend conscience du vide de l'existence.