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4,0
Publiée le 2 mars 2019
Road-movie français mais se passant en Argentine. Je n'y suis jamais allé personnellement mais le réalisateur nous montre un pays très coloré où les gens ont le cœur sur la main aussi bien à la ville qu'à la campagne. J'ai adoré le réceptionniste. Mythomane, certes. Mais qui se plie en quatre pour ces deux frères qu'il ne connaît même pas. Au fil de leur périple pour assister à ce mariage, ils vont rencontrer tout un tas de personnages originaux et attachants à la fois. A la manière d'un recrutement dans un jeu de RPG, à chaque escale, un membre mécontent de son quotidien viendra s'ajouter à la bande. Si, au départ, les caractères sont bien affirmés (l'aîné sûr de lui qui mène la barque, décide de tout et le petit frère dépressif suite à une déception amoureuse), les situations vont s'inverser. Chacun a ses forces et ses faiblesses. Ce voyage ne va en rien révolutionner leur vie mais ce sera comme une parenthèse enchantée. C'est un peu triste comme à chaque fois qu'on doit se quitter. Peut-être parce que leur cœur est à Paris et qu'ils doivent régler leur vie personnelle tumultueuse.
Premier long métrage de Edouard Deluc qui, pour se faire, reprend simplement son court-métrage "Donde esta Kim Basinger ?" (2009). Il retrouve pour l'occasion ses acteurs Philippe Rebbot et Gustavo Kamenetsky. Il associe ensuite Benjamin Biolay (courte apparition) et Nicolas Duvauchelle en petit frère de Rebbot ; la différence physique appuyant les différences de caractère et filiales. De fait il s'agit d'un "Very Bad Trip" version soft et latino-franchouille, sorte de road-movie où un grand frère déguingandé va tenter de donner la pêche à son petit frère déprimé suite à une rupture, avant qu'on s'aperçoive que les apparences sont trompeuses. De jolies scènes, des personnages attachants mais au final on se dit surtout que Edouard Deluc aurait pu se fouler un peu plus pour un premeir film et laisser son court métrage là où il était, à savoir un court de 30 mn bien construit et remarqué comme tel. Sur 1h30 le rythme est plus mitigé, l'humour reste sympathique mais jamais délirant, l'émotion reste trop en surface et les gags linguistiques deviennent trop automatiques. Au final on se dit c'est juste sympathique mais rien d 'extraordinaire.
Commençons par dire qu'on avait une excuse pour aller voir ce film : depuis que, il y a 8 ans, nous avions trouvé que les paysages du nord-ouest de l'Argentine étaient parmi les plus beaux du monde, on se demandait pourquoi le cinéma argentin, par ailleurs si riche et si intéressant, ne les utilisait jamais dans ses productions. Et là, un film français, un road-movie dont on nous disait qu'il avait été tourné du côté de Salta et de Cafayate et qui avait plutôt de bonnes critiques ! Impossible de le louper. Déception : ce premier long métrage d'Édouard Deluc n'a pas de scénario, on ne ressent pas d'empathie pour les personnages, c'est mal dirigé et ... les paysages ne sont pas suffisamment utilisés. En fait, on nous parle de Vallée de la lune, de Mendoza, des lieux qui existent réellement en argentine mais que nenni : le film a été entièrement tourné entre Salta et Cafayate, du côté de General Moldes. Une région fantastiquement belle mais qu'on voit à peine dans le film. Déception, déception ! Si vous voulez voir un bon road-movie, allez plutôt voir "Rendez-vous à Kiruna" ! Reste la musique de Herman Dune, pas forcément adaptée aux lieux de tournage mais dont le parfum inspiré par Calexico s'adapte bien à un road-movie.
Une comédie gentillette dans laquelle il ne se passe pas grand chose. La dernière demi-heure est plus intéressante avec le dévoilement de l'histoire du frère ainé, dévoilement qui se fait sans pathos et avec une bonne justesse de ton. Le plus intéressant du film c'est la découverte de Philippe Rebbot que j'aimerais maintenant voir dans un tout autre rôle, genre banquier père de famille. Il occupe tellement l'espace que Nicolas Duvauchelle ne sert que de faire-valoir, ayant lui-même un rôle sans épaisseur. En résumé ce n'est pas un film indigne mais c'est une petite chose qui ne marquera d'aucune pierre blanche.
Extension d’un court métrage intitulé ¿ Dónde está Kim Basinger ?, le premier long de Edouard Deluc, Mariage à Mendoza, pourrait connaitre un joli succès public dans les semaines à venir, tant il est résolument sympathique et sans prétention, faisant alterner légèreté et drôlerie avec des instants plus graves sans jamais sombrer dans l’insistance ni l’apitoiement, même s’il faut nuancer ce jugement en ajoutant qu’il y a aussi beaucoup de convention et d’esprit potache. Venus en Argentine pour le mariage de leur cousin, les demi-frères Marcus et Antoine (même mère, mais père différent) sont aussi différents physiquement que socialement. Tandis que Marcus, grand escogriffe qui écrit des chansons, affiche une bonne humeur constante et une énergie qui parait inépuisable, son cadet, petit et costaud, se vautre dans la plainte et la mollesse, dévasté par l’échec de son mariage – il est juste séparé de sa femme et de ses enfants. Selon le principe légendaire, l’union de la carpe eu du lapin constitue le terreau basique et fertile de toute comédie digne de ce nom. À ce duo peu harmonieux s’ajoute un troisième larron, un hôtelier de Buenos Aires, très compassionnel et rendant service, qui va lui servir de guide dans sa route jusqu’à Mendoza. On échappe ici aux codes habituels du road-movie, du voyage initiatique en tournant le dos à une vision folklorique et attendue de l’Argentine. Le film qu’on sent réalisé avec peu de moyens suit donc le périple de ces ‘pieds nickelés’, tendres et attachants. C’est cependant sur l’étonnant Philippe Rebbot (qui interprète Marcus) que repose l’attrait du film. Attentionné mais maladroit, conciliateur au grand cœur, le garçon est un mélange entre Pierre Richard, dont il pourrait être le successeur potentiel, et Gaston La Gaffe. Le voir courir en caleçon et peignoir à la recherche de sa voiture volée est un grand moment de Mariage à Mendoza, lequel ne supporte pas en totalité le passage au long format. Le scénario s’essouffle un peu, connait quelques faiblesses au milieu du gué et vire de manière trop prévisible et donc décevante au happy end. Il parvient néanmoins à aborder des sujets délicats (la maladie mentale et le deuil) avec tact, sans trop en faire. Plus généralement, c’est la modestie présidant à l’ensemble qui le sauve et le rend sympathique. On aura passé au final un bon moment ; pas sûr qu’il reste longtemps en notre mémoire.
Road-trip feel good pas déplaisant mais qui reste souvent un peu timide dans ses intentions, tant sur le plan comique que dramatique. C'est dommage car les personnages, interprétés par un casting sans faille, sont intéressants et parfaitement complémentaires.
Un road-movie argentin tout ce qu'il y a de plus sympathique, on passe un bon moment, les 2 acteurs principaux se complètent à merveille, mention spéciale à Philippe Rebbot, excellent. Pas indispensable, mais agréable.
"Mariage à Mendoza" réjouit par son humour et sa liberté. Il contient tout ce qui manquait au road-movie "Sur la route" de Walter Salles : un souffle et une folie qu’avait manqués la mise en scène trop contrôlée de Salles. Et Philippe Rebbot impressionne ! http://ertemel.blogspot.fr/2013/01/rebbot-reboot-mariage-mendoza.html
Je me souvenais d’une bande-annonce plutôt sympathique, du coup en me mettant devant « Mariage à Mendoza » j’étais raisonnablement confiant devant la perspective de passer un bon moment. Le film sans être incroyablement bon et de fait un divertissement sympathique qui hésite ente sourire et larme au long de ce road-movie sur les routes d’Argentine. On suit le périple de ces deux demi-frères aussi différents physiquement qu’ils le sont dans leurs vies et dans leur humeur au moment de ce voyage en Argentine. Si Nicolas Duvauchelle est comme chaque fois très bon il se fait cependant voler la vedette par Philippe Rebbot vraiment formidable en grand frère un peu lunaire et en souffrance qui cache son mal-être pour remonter le moral de son petit frère récemment séparé de sa femme. Le film fait bonne place à des ivresses qui permettent la mise en place d’aventures picaresques dans l’Ouest argentin avec deux autochtones aussi barrés que nos deux français. Alors la conclusion de l’histoire au cours du mariage était prévisible, chacun faisant face à ces problèmes et les résolvant, mais il n’empêche que le film draine avec lui une bonne humeur et une tendresse qui entraîne le spectateur dans les mésaventures de ces deux hommes arrivés en Argentine pour le mariage de leur cousin alors qu’ils sont au plus mal dans leur vie de tous les jours. Une comédie dramatique fort sympathique qui bénéficie de son dépaysement argentin et qui grâce à ces deux acteurs principaux captive sans mal le spectateur pendant une heure trente. À voir sans hésitation pour la bonne humeur générale qui le parcourt.
Mariage à Mendoza est une comédie dramatique. Deux frères font un périple en Argentine à l'occasion du mariage de leur cousin. Un road-movie aux belles couleurs pour une histoire plus pâlotte...
"En général, le road movie montre deux compères qui quittent la ville et prennent la route en voiture, pour s'enfuir vers une destination mythique ou inconnue" : telle est la définition que donne Wikipédia du road movie. Bon, là, pas de doute, on est bien dans un road movie. Ensuite, les variables du genre sont la nature de la relation entre les deux compères, celle de la destination mythique et celle des rencontres aléatoires qu'ils vont faire, ainsi que la tonalité du film. Donc procédons dans l'ordre : les deux compères (au sens Francis Veber du terme, d'ailleurs) sont frères, ou plutôt demi-frères, ce qui justifie à la fois la proximité distendue entre eux, et la disparité physique entre le grand frère, escogriffe farfelu joué par Philippe Rebbot, et le petit, joué par une Nicolas Duvauchelle dont l'énergie est anesthésiée par le chagrin de la rupture. Si la fin du voyage est annoncée dans le titre, les destinations mythiques sont doubles : la vallée viticole de la Cafayate, qui envoie le film sur une tonalité proche de "Sideways", et la Vallée de la Lune où Marcus rêve de trouver une météorite. Mais comme dans tout bon road movie, les choses ne vont pas se passer comme prévu, les rencontres vont modifier l'équilibre du binôme, et la dimension initiatique du voyage va permettre un basculement de la relation entre les deux frangins. Antoine, découvert vautré sur un charriot à bagages (ceux de son frère, les siens ayant été perdus) à la sortie de l'aéroport de Buenos Aires, va progressivement reprendre du poil de la bête, alors que son grand frère, investi de sa mission de Saint-Bernard, va lui perdre pied au fur et à mesure, révélant entre autres maux un syndrome de Stendhal. J'ai vérifié, ça existe, il s'agit d'une maladie psychosomatique déclenchée par une surcharge d'émotions. Au fil de la route, le duo devient quatuor, avec l'adjonction de Gonzalo, le réceptionniste empathique de leur hôtel de Buenos Aires qui lui aussi a quelques secrets à cacher, et Gabriela, une jolie ex-étudiante en littérature française qui cite "La Chambre de Dorothée" de Baudelaire, "Bien loin d'ci, bien loin d'ici"... Malgré ses études, elle ne parle que quelques mots de français, et les deux frères étant le pur produit de l'efficacité de l'enseignement linguistique français, le comique du film repose aussi sur le sabir franco-hispano-anglais utilisé par les quatre protagonistes pour communiquer entre eux, et qui, adjoint à la personnalité lunaire de Philippe Rebbot, finit par donner une dimension burlesque au film.
La suite sur les Critiques Clunysiennes http://www.critiquesclunysiennes.com/
Il s'agit certes d'un genre vu et revu, mais l'exercice étant réussi, aucune raison de bouder son plaisir. Un road-movie classique et frais, porté par deux acteurs inspirés et complémentaires, des seconds rôles sympas et une musique robuste. Un seul regret, tout de même de taille pour ce genre de film : des paysages exceptionnels sous-exploités.