Leviathan
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🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 174 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 juin 2023
Premier long-métrage du tandem composé de Véréna Paravel & Lucien Castaing-Taylor, bien avant qu’ils ne dressent le portrait d’un célèbre cannibale japonais (Caniba - 2018) et qu’ils nous entrainent à l’intérieur du cœur humain (De humani corporis fabrica - 2022).

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne nous laissent pas indifférent. La mise en scène dépasse tout ce à quoi nous étions habitués jusqu’à présent. Leviathan (2013) est une immersion dans l’horreur maritime, à bord d’un chalutier où l’on est confronté à la pêche en haute mer, avec toute la violence qui s’en dégage. La puissance des gestes, les vagues qui balancent le navire, la violence des flots et ces immenses filets de pêche qui ramènent sur le navire des tonnes de poissons écrasés les uns contre les autres et asphyxiés (les yeux exorbités).

Intégralement filmé avec des caméras GoPro, ces dernières semblent être disséminés un peu partout sur le navire. Elles sont fixées sur les matelots, en haut des mâts, sur des perches au-dessus de la mer ou à même le sol à hauteur des poissons. Les mouvements des caméras ne font alors plus qu’un avec les hommes et les plans aériens filmés à l’aide des perches jouent littéralement avec les lois de la gravité (et nous désoriente par la même occasion) quand on se retrouve au même niveau que les mouettes ou des étoiles de mer.

Avoir filmé avec des GoPro aura permis aux réalisateurs de pouvoir filmer par-dessus bord, d’être au plus près des éléments (entre les carcasses de poissons et les oiseaux). Le film met en lumière l’horreur que représente ces campagnes de pêche qui se transforment en carnage, en torrent d’hémoglobine et où le travail à la chaîne déshumanise les hommes.

Sur les 150 heures de rushs, il ne subsiste que ces 90 minutes, conférant au film un côté surréaliste. Sans le moindre dialogue, les images se suffisent à elles-mêmes, face à la monstruosité des Hommes et la dureté que représente le travail en mer. Les cadavres qui jonchent le pont du navire, les chairs, les yeux globuleux, les écailles, les entrailles, les hommes qui s’affairent et les mouettes qui se repaissent. Une immersion comme rarement il nous aura été donné l’occasion d’en voir.

Une œuvre expérimentale qui déçoit dans le fond mais séduit dans la forme.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
El G.
El G.

3 abonnés 57 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2022
Un documentaire visuellement splendide à la limite de l'art conceptuel aux nombreux plans fixes entrecoupés de scènes aquatiques renversantes par leur violence et leur poésie.Ce parti pris esthétique peut toutefois rebuter mais il faut se laisser happer par ce Léviathan(la mer,le chalutier,l'homme?) tant ce dernier est une ode aux travailleurs de la mer et un réquisitoire sur la surpêche destructrice d'un ecosystème vital.A noter également le travail sur le son qui vous prend littéralement aux tripes(bruits métalliques,cris des mouettes,flots tumultueux...).
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 décembre 2018
En fin de compte, assez décevant. Un faux documentaire en fait, des images qui se veulent artistiques et qui se répètent à l'infini, une bande-son très travaillée certes, mais le flou domine l'ensemble, avec un a-priori de vouloir faire original à tout prix, l'art cinématographique n'en sort pas grandi. Ce n'est ni un film, ni un document, mais une suite d'images abstraites en mouvement, le seul intérêt étant (et encore) une mise en question de la pêche industrielle.
Dex et le cinéma
Dex et le cinéma

723 abonnés 186 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 mars 2018
Leviathan n'est pas un documentaire, c'est une tentative. Celle de saisir ce qui fait la grandeur et la violence de cette intimité qu'entretient l'Homme avec une Nature qu'il tente, un peu plus chaque jour, de faire sienne. Beaucoup de spectateurs seront laissés de côté, tant le parti pris des réalisateurs est d'une extrême radicalité... Leviathan est surréaliste, Leviathan est beau, Leviathan est grand et il est à vomir. Certains trouveront ça irregardable, et ils auront raison... Les réalisateurs ont fait le choix d'un constant Chaos infernal, une superposition d'instants aussi noirs que sublimes filmés à la volée, comme dérobés au Monde.

La violence de l'expérimentation est éprouvante... Le résultat : absolument merveilleux.
Jahro
Jahro

67 abonnés 684 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2018
Ce à quoi nous invitent les artistes anthropologues Paravel et Castaing-Taylor n’est pas vraiment un film, ni même un documentaire. Parlons plutôt d’happening vidéo. Il faut attendre la cinquième minute pour entendre une voix, la vingt-septième pour un premier visage. Le reste est une suite d’images tirées d’une caméra mouvante dans l’obscurité, d’une autre abandonnée sur le bastingage, d’autres encore suspendues aux mats qui filment le ballet des vagues. C’est vrai qu’on voit le quotidien des pêcheurs, leur métier brutal, éreintant, sans concession et pourtant nécessaire ; mais c’est aussi et d’abord le prétexte d’un objet graphique : la danse du rafiot pris dans la tempête, encerclé de mouettes en surimpression, la peau des matelots tannée, usée, leurs muscles aux tatouages bourrus, maculés du sang des poissons qu’ils vident, écaillent, décortiquent sur place – du rouge, du rouge et encore du rouge, au dos de leurs cirés trempés, au bout de leurs cigarettes, sur les parois de leur cabine – et puis tout d’un coup, le regard perdu d’un homme comatant devant une petite télé, ou sonné sous des accords de trash. A mi-chemin entre reportage énigmatique et composition vibrante d’esthétisme, Leviathan surprend, oui, mais regorge d’une puissance formelle incontestable.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 759 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 février 2026
Voyage au bout de la nuit à bord d'un chalutier labourant la mer au large de New Bedford (États-Unis). Du métal fendant l'écume, des hommes travaillant comme des machines, des poissons aux yeux globuleux, des mouettes jaillissant comme une constellation d'éclairs blancs dans la nuit, des eaux tumultueuses brassant une masse informe de vie et de mort...
La mer, la pêche, comme on ne les avait jamais vues. Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel ont déployé un dispositif unique : plusieurs petites caméras, utilisées habituellement pour les sports extrêmes, ont été positionnées dans le bateau, sur ou sous l’eau. Le choix de ces positionnements offre de multiples points de vue insolites et une matière visuelle qui permet de transcender le sujet du documentaire (l’activité d’un chalutier en pleine mer, sujet a priori peu emballant). L’hyperréalisme, ainsi anglé par les réalisateurs, débouche curieusement sur une forme d’abstraction expérimentale, structurée par un montage d’inspiration poétique plus que didactique, et accompagnée d’une bande son expressionniste, saisissante. Le film porte bien son titre. Car ce chalutier lambda devient ici un monstre marin, dévoreur, dépeceur de poissons, dans un contexte chaotique. Certaines images confinent à des visions cauchemardesques, infernales. Quelque part entre Dante et Melville (pour info, le port du chalutier, New Bedford, est aussi le port de départ dans Moby Dick), tout en restant dans une ère industrielle moderne. Bref, ce Leviathan est un point de convergence inédit entre une aventure esthétique aux retentissements mythologiques et une réflexion sous-jacente, contemporaine, sur les rapports nature/culture en milieu marin (l’exploitation brutale, forcenée, d’un écosystème par l’homme ; l’exploitation de l’homme par l’homme, les pêcheurs étant présentés comme des ouvriers aux gestes mécaniques, répondant aux nouveaux enjeux de consommation). Tout cela est uni par une poétique des éléments (eau, air, matières visqueuses) qui tantôt met l’accent sur le côté “carnage flottant�, tantôt sur une beauté d’une inquiétante étrangeté (le vol des mouettes, les eaux tourmentées). Fascinante, cette expérience est aussi exigeante car brute, sans commentaire et constituée de quelques longs plans fixes qui défient parfois l’attention. Mais le voyage vaut singulièrement le détour.
Vincent P
Vincent P

29 abonnés 40 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 décembre 2013
"Quand tu regardes au fond de l'abîme. l'abîme aussi regarde en toi". Cette citation de Nietzsche siée à merveille à ce film. Je n'ai jamais vu la chair, l'existence et la cruauté du monde mêlée à son insoutenable beauté (des images à couper le souffle. comme je n'en verrai jamais dans ma vie) sublimé de cette façon dans un film. Avec ce son hallucinant de machines, d'entrailles, d'éclats de poussières d'étoiles, et ces figures mythologiques d'anges célestes symbolisé par les mouettes et les raies filmées à l'envers dans une eau émeraude/rouge. Hallucinant. Aussi biblique et étourdissant que la divine comédie de Dante.
gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 octobre 2013
« Leviathan » s’apparente davantage à une forme de cinéma expérimental plutôt qu’à documentaire classique. L’immersion dans cet antre de l’enfer qu’est ce chalutier déstabilise en permanence par le côté radical de l’ensemble (les images, le son, l’absence de commentaires et de musique). On peut être séduit par l’originalité du projet mais l’on perd souvent pied et attention devant ce flot d’images nébuleuses qui traînent en longueur.
Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 octobre 2013
Qu'est-ce qui différencie un film de cinéma d'une installation vidéo ?

Le regard.

Celui du cinéaste, qui choisit un cadre, un mouvement, une focale, un décor, des accessoires, qui dirige des acteurs. Celui du monteur, qui choisit, trie, coupe.

Dans Léviathan, la part du réalisateur est réduite à l'extrême : tout juste choisit-il(s), peut-être, de fixer sa caméra GoPro (celle que les skieurs fixent sur leur casque) sur le ciré d'un marin plutôt qu'en haut du mat.

C'est tout.

Pour le reste, on voit la nuit et des ombres indsitinctes pendant une séance d'ouverture qui parait infiniment longue, des mouettes qui volent à l'envers (ouah, l'effet !), des raies dont les ailes sont coupées, des étoiles de mer, un marin qui s'endort et des filets.

Dans le contexte d'un musée, nul doute que... la suite ici :
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 2 octobre 2013
Lucien Castaing-Taylor dirige le laboratoire d'ethnographie sensorielle de Harvard.
Il avait déjà filmé la transhumance des moutons et de leurs bergers dans les Rocheuses ("Sweetgrass", 2008).
Avec "Leviathan", il s'est intéressé aux pêcheurs en haute-mer du Massachussets. Mais le regard qu'il porte sur ce rude métier est à mille lieues de la joliesse convenue des documentaires diffusés à Thalassa.
Véréna Paradel, sa co-réalisatrice, et lui ont installé une batterie de micro-caméras sur le bateau et sur les pêcheurs eux-mêmes. Ils nous livrent brut de tout commentaires les flashes aveuglants de leur activité quotidienne : le chalut relevé, les poissons pris au piège, éviscérés, rincés, rejetés à la mer ....
Aucun dialogue sinon le bruit assourdissant des moteurs et le vacarme du vent qui fouette les haubans.
Pendant dix minutes, on est intrigué, désorienté, fasciné.
Au bout d'une heure, on a le mal de mer, assourdi par le bruit incessant, épuisé de chercher un sens à des images qui n'en ont pas et à des plans étirés jusqu'à l'insupportable.
On imagine volontiers ces images, à la beauté plastique fascinante, projetées dans des musées d'art contemporain, entre une toile blanche et une montagnes de préservatifs roses. En revanche, les imposer à des spectateurs captifs pendant 1h30 confine au supplice de l'eau.
Flore A.
Flore A.

36 abonnés 518 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 28 septembre 2013
Un documentaire original et très intéressant doté d'une bande son remarquable. Mais certains passages notamment dans l'obscurité sont un peu longs ... d'autant plus quand comme moi on ne voit du coup pas bien ...
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 24 septembre 2013
La pêche en haute mer, les mouettes, les poissons, la mer... Une belle réussite visuelle en tout cas !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 19 septembre 2013
Ceci n’est certainement pas un film pour ceux qui cherche le goût du jour. Le reste se trouve merveilleusement plongé dans un chaos, dont la nature n’est ni maritime ni humaine ni animale ni machinale, bien que ses éléments soient la mer, des hommes, des animaux, des machines. Chaos, certes, produit par des images, mais par des images qui supprime le regard savant et préformé. Les maintes caméras attachées à la tête de pécheurs, aux machines, aux chaînes de filets, brouillent jour et nuit, eau et air, homme, mer et ses entrailles, sans que ce qu’elles captent soit soumis à la volonté des réalisateurs, sauf la volonté de ne rien imposer et de donner de la place à la force bouleversante de l’instantané. D’où que c’est une œuvre osé, surtout dans son refus de prendre parti de quoi que ce soit. La violence, la cruauté, la santé, l’amour, toute valeur humaine est anéantie dans le commerce quotidien qui détermine l’être-là. Ceux qui ont besoin d’une voix qui leur explique où ils sont ou bien où se positionner, quelle place occuper, ce qu’il faut approuver et ce qu’il faut nier, devaient s’absenter, ou bien y aller pour autant, au risque de catégoriser et juger comme d’habitude et de rater tout. Ceux qui éprouvent le moindre désir pour l’autre indéfini qu’est la vie telle quelle, avant que les catégories des opposés et de la contradiction ne lui soient imposées par l’autre défini qu’est la société, qui peut-être même se réclame de l’humanité, accordant de la pitié ou de la complaisance, vous trouverez ce que vous ne cherchez pas. Si ce film est de portée métaphysique, même les catégories d’être et ne pas être n’ont plus de valeur ici. Mais cela n’est pas un film non plus, c’est de la folie. Il n’y eut que quelques poètes capables ne pas seulement d’apercevoir, mais aussi d’exprimer cet être indéterminé dont la présence est autant extraordinaire qu’insignifiant, autant ravissante que fade, autant rare que quotidienne. Rimbaud par exemple, dont le « bateau ivre » semble si bien correspondre au tourbillon d’images qui est « Léviathan » : ...les clapotements furieux des marrées n’ont subi tohu-bohus plus triomphant...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 10 septembre 2013
le film à ne pas manquer pour cette rentrée !
une belle expérience, on est comme un gosse devant la puissance des images, embarqués dans ce bateau ivre, on vogue de plaisirs en plaisirs, on ressort les yeux écarquillés, l'âme bien remplie.
bien plus éloquent et pertinent que n'importe quel docucu sur le même sujet... un film que tout le monde devrait voir, petits et grands.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 9 septembre 2013
Et oui, c'est un peu long, et oui, ça a facilement sa place dans un musée, et alors ?C'est tout plein d' images hallucinantes, le travail sur le son est hors du commun, et surtout, peut être seulement, c'est une expérience sensorielle hors du commun. Comme toutes les expériences fortes, ça use un peu sur 1h30.

Par contre, vu les autres critiques je demande confirmation pour moi, le léviathan, c'est le chalutier....
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