Derniers Avis : Les Trois soeurs du Yunnan - Page 3
Les Trois soeurs du Yunnan
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Un visiteur
5,0
Publiée le 9 avril 2014
Ce documentaire est une pure merveille, et suis une petite fille de 10 ans dans un coin reculé de la chine dans son dur quotidien. Ca pourrait être triste, misérabiliste, ça ne l'est jamais, Wang Bing est un magicien qui nous balade dans cet âpre environnement avec une aisance et un naturel confondant. On pourrait croire le cinéma de Wang Bing difficile d'accès mais une fois dans la salle, on se laisse emporter et on ne le regrette pas. C'est touchant, étonnant, dépaysant, et surtout très, très fort émotionnellement. A voir de toute urgence.
Prix du Public et Montgolfière d'Or du Festival des Trois Continents nantais 2012. Clair-obscur dans un réduit sordide, plans larges sur les déambulations au dehors entre troupeaux et chiens. Attention, le réalisateur fait jouer à ces trois enfants leur rôle véritable. Sur la forme, constamment splendide. Sur le fond, insoutenable. Et en même temps touchant. Soit, on se gratte la tête, l'hygiène se résume à quelques rinçages à l'eau froide. Cependant il flotte une réelle affection entre ces gens, chacun fait ce qu'il peut dans un univers de toute façon ingrat. La jeunesse doit apprendre à se dépêtrer. Une mère démissionnaire, un père en ville pour son emploi, trois fillettes qui travaillent chez les voisins (on vient les chercher !) contre nourriture et compagnie. Une maison incendiée. De petites ombres frigorifiées qui durent plus qu'elles ne vivent. Tombées très bas, un rien les ranime. Ainsi, leurs chaussures neuves sont comme des ailes avec papa vers la ville. L'aînée seule, elle ira à l'école, l'oeil du grand-père pas loin. C'est elle qui pourrait inquiéter le plus, sans défense parce que sans repères familiaux pendant un long moment... BIen entendu, ce n'est pas une vie d'enfants telle que le revendique le poème "Les petits damnés de la terre". De petites existences aussi rudes, ces sauve-qui-peut des femmes lassées de lutter. La région de Yunnan sans combat quotidien rendrait neurasthénique si l'on en juge par d'autres films chinois ayant dépeint ces sommets à perte de vue battus par les vents. Un point positif, cette troupe d'endurcis en réunion au milieu de nulle part et qui entend garder son dernier moyen de subsistance !