Dès les premières minutes, on comprend qu'on est face à une relecture complète de l'univers de Batman. On ne va pas assister à quelque chose que l'on a déjà vu sur grand écran. Ce ne sera pas du Burton, ce ne sera pas non plus du Nolan et, Dieu merci, ce ne sera pas du Schumacher non plus.
"The Batman" crée son propre sillon, avec son ambiance, sa photographie et sa lecture du personnage.
Entre le polar, le film noir, le thriller psychologique et le film de super-héros, "The Batman" brouille les cartes. Il ne rentre pas dans une case et prend le meilleur de chacun de ces genres.
Il est servi par une réalisation impeccable. C'est le genre de film à voir au cinéma pour l'apprécier véritablement. A plusieurs reprises, Matt Reeves propose des plans originaux et vraiment beaux, qui s'insèrent parfaitement dans le récit.
La photographie puise autant dans les comics que dans les jeux vidéos. Et, contrairement à ce que je pouvais craindre, le film n'est pas sombre visuellement. On distingue l'action, les détails des décors, etc ...
Quant à Robert Pattinson, je l'ai trouvé convaincant en Batman. Exit l'homme bodybuildé, on est sur une conception plus réaliste du personnage : comment Bruce Wayne aurait le temps de faire régner la justice, gérer son empire et se body-builder ?
Le film opte plutôt pour une autre voie : il n'a pas le temps de se muscler et son empire périclite puisqu'il est obsédé par sa mission et par la perte de ses proches.
Ce Batman est donc un peu plus cérébral, et tend en cela vers le thriller psychologique, sans pour autant oublier les scènes d'action.
Cela dit, et c'est le principal défaut de ce film, il veut trop en dire en une seule oeuvre. En réalité, "The Batman" contient deux films en un. On aurait très bien pu faire 1h30 sur la première histoire, et 1h30 sur la seconde, plutôt que 3h.
Je ne comprends pas vraiment cette volonté de tout condenser en un seul film. C'est dommage.
Toujours est-il que, contrairement à ce que je pouvais penser, il est encore possible de dire quelque chose de neuf sur Batman et ce film vient de nous le prouver.