Que se passe-t-il lorsque l'on décède ? Le vide ? Le paradis ? Autre chose ? Difficile à dire, pour Hirokazu Kore-eda c'est un bâtiment se trouvant entre le ciel et la terre où les morts choisissent un souvenir de leur vie passée, qu'ils mettront en scène et garderont à jamais, le tout en une semaine.
Voilà un laps de temps assez réduit pour résumer sa vie en un seul souvenir, une semaine divisée en deux parties, trois premiers jours pour choisir le souvenir puis la fin de la semaine pour le tourner. Hirokazu Kore-eda opte pour un style très naturel, se rapprochant presque du documentaire pour mettre en scène ses idées, d'abord en plan fixe pour les entretiens puis en mêlant scènes intimistes et projet global de souvenirs par la suite.
Il évoque plusieurs destins et met en scène diverses tranches de vie de différents personnages, montrant de simples moments de bonheurs allant d'une discussion sur un banc avec l'être aimé à un vol d'avion. Il fait ressortir tout l'humanisme des personnages qui ont, semble-t-il, accepté leur mort. After Life bénéficie d'un scénario intelligemment écrit et d'une grande richesse, ce qui permet à Hirokazu Kore-eda d'aborder avec finesse de nombreux thèmes tels que le regret et la vision que l'on peut avoir de sa propre vie, la définition du bonheur ou même du cinéma où les personnages deviennent acteurs de leur propre vie.
Néanmoins, et si l'oeuvre tend vers une certaine réflexion voire même un peu d'émotion via le destin de certains personnages, l'ensemble s'éparpille parfois un peu trop sur les différents protagonistes et surtout Hirokazu Kore-eda peine à vraiment créer une atmosphère prenante, notamment dû à un style documentaire un peu trop poussé et empêchant de faire ressortir toute la potentielle émotion. Sans être totalement préjudiciable, c'est tout de même bien dommage car l'oeuvre reste d'une grande intelligence et bénéficie d'un traitement audacieux et vraiment intéressant.
Si After Life m'a paru un peu trop froid pour totalement l'apprécier et rentrer dedans, il n'en reste pas moins un film fortement intéressant et qui nous questionne sur la vie, notre vie ainsi que les regrets ou moments de bonheur que l'on peut y trouver.
Ce film nous convie à un séjour dans les limbes, autour d'un belle idée : en transit vers l'au-delà, les morts peuvent emporter avec eux un moment de bonheur de leur vie (un seul), après avoir oublié tout le reste... Ce souvenir est "mis en scène" par une équipe d'intendants afin d'aider les défunts à revivre, une dernière fois, cette belle émotion. Hirokazu Kore-Eda (Nobody knows, Still Walking...) multiplie ainsi les récits intimes, cerne avec une immense délicatesse les angoisses liées à la mort, les regrets, mais aussi les petits et les grands bonheurs de la vie. Il y a là une dimension à la fois fantastique et philosophique, où se posent, toujours de façon subtile, des questions essentielles. Qu'est-ce que réussir sa vie ? Qu'en retenir ? Comment définir le bonheur ? En "fouillant" l'identité de ses personnages, très différents mais très touchants dans leurs paroles comme dans leur mutisme, le réalisateur développe une belle réflexion sur le sens et les choix de la vie, la "normalité", l'amour, les relations familiales... Le petit miracle de ce film, c'est d'être aussi riche sur un mode aussi minimaliste. On peut également voir dans cette histoire une métaphore du cinéma, puisque le personnel du pensionnat fonctionne comme une équipe de tournage pour redonner corps à des souvenirs. Le cinéma comme reconstitution et immortalisation du passé, magie du "faux" pour faire jaillir de "vraies" émotions, créateur de bonheur ? On se laisse bercer par ce film singulier, profond, poétique, poignant. Une perle rare.
Pour moi, probablement l'une des plus belles oeuvres du cinéma asiatique. Des acteurs épatants au jeu dépouillé, une ambiance triste et magique, un synopsis très bon, simple et recherché. Quelques trouvailles scénaristiques vraiment excellentes, une très belle photographie. Un OVNI d'une très grande poésie. Tout simplement superbe.
Dans "After Life", Kore-Eda nous dévoile une vision originale et très... administrative de la vie après la mort. Le concept de base est super et génère des situations et échanges à la fois cocasses et tendres. Les idées sont bien présentes mais le film accuse des problèmes de rythmes et des longueurs. L'intrigue ne tient pas sur la durée (presque 2h) et l'ennui pointe le bout de son nez par moments. Le cinéaste japonais a fait bien mieux par la suite mais son "After Life" n'en est pas mauvais pour autant.
Scénario très original. Après leur décès, les morts arrivent dans un immeuble où on leur demande quel est le meilleur moment de leur vie afin que par un film ils puissent revivre ce moment et partir heureux définitivement dans la mort. Chacun est donc interrogé et sommé de choisir ce merveilleux moment. Ils ont plusieurs jours, mais pas plus d'une semaine. Ceux qui n'auront pas trouvé ce moment deviendront les examinateurs pour les prochains morts... Intéressant film. On assiste donc à des entretiens avec des morts, personnes très différentes et de tous âges. Ceux-ci doivent réfléchir sur leur vie, leur joie, leur bonheur, où à son absence. Filmé d'une manière presque documentaire (entretien filmé), les dialogues sont intelligents et semblent presque improvisés. C'est parfois un peu long (milieu du film), la fin trop rapide. Mais cela reste très original et philosophiquement intéressant. La réalisation est tout à fait neutre.
Si vous deviez choisir un seul souvenir de votre vie, à emporter après la mort, ce serait lequel ? Si l'idée de départ est séduisante, le film lui s'avère peu palpitant, exploité de manière quasi documentaire et manquant de rythme et de souffle.
"After Life" n'est pas un film sur la mort, mais bel et bien sur la vie. Et sur le cinéma. L'idée de base du film paraît toute simple, mais elle est d'une beauté incroyable : après la mort, chaque personne dispose d'une semaine pour choisir un seul souvenir, le filmer, et enfin le revoir dans une salle de cinéma avant de disparaître avec lui dans l'au-delà. Les entretiens sont fascinants, et il paraît difficile, à la première vision, de savoir lesquels ont été écrits dans le scénario et lesquels sont improvisés par des non-acteurs relatant un souvenir de leur vie. Ces souvenirs sont simples mais émotionnellement puissants (trois d'entre eux se déroulent sur un banc), et l'idée que le cinéma puisse les raviver est magnifique. Le personnage de Mochizuki donne lieu, à la fin du film, à une scène magnifique : sans dévoiler quoique ce soit, contentons-nous de souligner que l'on a affaire à un des plus puissants regards caméra que j'ai pu voir dans un film (et son contrechamp l'est tout autant). Un hymne à la vie et au cinéma.
Moi qui suis plutôt sensible au cinéma Asiatique et aux films indépendants, "After Life" est parvenu a me mettre à bout de nerfs ... et de force! Ce film pourtant acclamé par critique et presse m'a procuré bien plus de peines que de joies; alors soit je suis un débile profond voué à me farcir des blockbusters hollywoodiens jusqu'à la fin de mon existence, soit je ne suis pas parvenue à pénétrer dans l'ambiance du film, à capter son message spirituel subliminale, à me délecter de sa substantifique moelle. Je pense que c'est cette deuxième hypothèse que je privilégierais. Ce qui est sûr, c'est que ce film n'a rien de conventionnel, et déroute dès les premiers instants. L'intrigue surréaliste est ésotérique à souhait, laissant dans le vague le spectateur que nous sommes. Le Réalisateur Hirokazu Kore-Eda s'amuse ainsi à nous balader à travers les multiples tableaux qui composent ce Drame existentiel. l’œuvre mêle donc une intrigue cocasse (" Dans un endroit mystérieux, les morts doivent mettre en scène un film revenant sur le temps le plus fort de leur vie passée. ') à des tranches de vie populaires traditionnelles. Ce bouillon ethnologique reste cependant très fade à mes yeux, car dénué de moindre relief scénaristique, démuni de la moindre épaisseur émotionnelle vis à vis de ces personnages désœuvrés. La monotonie s’empare très vite de l'intrigue, répétitive, s'embourbant dans une réflexion intello laborieuse. Oui, un certain charme émane de ces longs discours; Oui, une certaine poésie se manifeste à travers les longs plans muets, limite contemplatifs. Mais le manque d'entrain, d'enjeux et le fait de toujours rester dans l'abstrait à tendance à vite agacer, plongeant progressivement l’œuvre dans un coma léthargique. On peine à parvenir au bout de ce film flirtant au final vers le romantisme, avec toute la sensiblerie et la complexité nipponne. La mise en scène est plutôt fade quant à elle. En fin de compte, c'est là une belle déception: Un film intéressant, mais très vite rébarbatif ... creux. 6/20
un film qui peut paraitre simple au premier abord mais qui est en faite une leçon de cinéma pour illustrer la vie après la mort et surtout l'importance des choix. Avec ses longs plans fixes lors des interviews, le réalisateur nous permet de nous placer à la place de l'intervieweur; les dialogues sont géniaux!
Juste somptueux, le film brasse tant d'émotions qu'il est difficile d'en sortir indemne. Sur un questionnement intemporel et universel, Hirokazu propose une vision originale de la vie après la mort, originale et bouleversante, car les personnages par leur regard neuf sur des choses simples de la vie, sont touchants. Des choses dont nous n'avons pas conscience de la beauté ou de l'importance au moment du vécu, mais dont le souvenir, finalement impérissable, est précieux. Un baiser, un matin d'automne, une danse avec une jolie fille, une promenade dans un parc. La corde sensible de la nostalgie vibre sans cesse dans ce film parfaitement mise en scène et justement interprêté. Dommage qu'il ne soit pas d'avantage connu, comme la plupart des films d'Hirokazu. After Life est un petit bijou de poésie qui perdure dans la mémoire. Le genre de film qu'on ne peut oublier.
Alléchant, After life n'est malheureusement pas aussi génial qu'il le paraissait. Cet imbroglio d'histoires est somme toute assez répétitif et long. L'intrigue romanesque qui se superpose est déjà plus intéressante et évite au film de sombrer dans l'inintérêt, mais une mise en scène qui montre trop et ne laisse que peu de place au mystère gâche le charme qu'on aurait pu en retirer. Un bon point néanmoins pour l'indéniable originalité de la démarche.
Sur une question intéressante, quel souvenir garder de sa vie avant de passer des limbes à l’au-delà, le réalisateur suit trop de personnages, d’autant que leurs souvenirs sont assez ordinaires (spoiler: réalisation de boulettes de riz dans une bambouseraie, retour à l’état d’enfant, vol d’un pilote d’avion dans les nuages ). Encore une fois, le film, trop long (119 mn) est divisé en 8 parties, du lundi au lundi. Malgré un début bien réalisé (les 22 personnes sont filmées, à leur arrivée, en contre-jour et en plan fixe), pourquoi les limbes ressemblent tant à la réalité, avec des images dignes d’un téléfilm ? Quel intérêt de tourner en studio ces souvenirs ? On est très loin de la magie du film « Une question de vie ou de mort » (1946) de Michael Powell et Emeric Pressburger, sur un sujet proche, où un aviateur dont l’avion s’est écrasé, échappe à la mort car son guide céleste ne l’a pas trouvé pour l’emmener au paradis.
Le « pitch » du film, pour le moins original, est très rapidement dévoilé : les morts de la semaine arrivent dans un lieu présenté comme l’antichambre de l’au-delà ; ils sont pris en charge par une équipe d’accompagnateurs qui vont les aider à choisir le moment de leur vie qui constituera, pour l’éternité, leur seul souvenir, reconstitué et filmé, de leur passage terrestre. La première partie du film est par conséquent l’évocation, par tous les personnages de différents aspects de leurs vies passées, souvent ressentis comme dérisoires. Ils sont filmés en plan Américain, à la manière d’un reportage, ce qui confère une impression de réalité en parfait décalage avec la situation décrite. Puis le film gagne en intérêt lorsque que des éclaircissements sont apportés sur ces accompagnateurs, et plus encore lorsqu’émergent des interactions entre eux et les morts récents dont ils s’occupent. L’excellent scénario, associé à un style dépourvu de tout effet et à une image qui évoque un quotidien bien gris, donne un film très original, qui touche aussi à la grâce en deux ou trois moments de grande émotion.
Je n'ai pas du tout accroché avec ce film, et pourtant le scénario m'attirait! C'est pour dire! Ce film ne m'a rien apporté du tout. Lent, très lent... je regardais les minutes passer dans l'attente de quelque chose...d'intéressant, qui n'est finalement jamais venu.
After life en français, ça veut dire aprés la vie... Ben aprés la vie, des gens vous proposent que voius tourniez une scéne de votre vie marquante, c'est a partir de ce sujet(mince mais aussi trés lourd), que le réalisateur arrive a instaurer un climat de confiance. Un film dur, mais a voir , ayant les deux versions qui existe(VF, VO en anglais et VO en japonais)mieux vaut regarder ce film en VO japonais, en version sous-titré, vous comprendez mieux certains passages(la scéne du banc, le nouveaucontigent). Un film qui laisse des marques. A voir absolument en VO japonais sous-titré. On passe un trés bon moment avec ses souvenirs de morts. Si ça arrive, c'est ce film que je tournais comme scéne marquante. A conseiller pour un grand film d'art et d'essai. Vivement le 2éme du réalisateur. Je vous le conseille vivement.