Nouveau film d'Atom Egoyan, Captives ne méritait sûrement pas la mauvais pub cannoise qui lui a été faite. Sur fond de pédophilie et d'enlèvement d'enfants, le film d'Egoyan est une œuvre trouble et fascinante sur la disparition et l'enfermement. C'est froid, par moment déshumanisé (les personnages sont extrêmement archétypaux) mais un certain malaise et une certaine émotion sont habilement distillés tout au long du film. Les partis pris radicaux du cinéaste et sa tendance à l'abstraction (on ne sait rien des réelles motivations ou des fantasmes des criminels) sont masqués par une intrigue policière digne d'un mauvais thriller de série B et d'un dénouement digne d'un épisode de New York unité spéciale. C'est dans ses imperfections que le film trouve pourtant une sorte d'équilibre, un côté grand public parfois un peu bancal et un côté plus trouble, plus abstrait qui rappellerait presque le cinéma d'Antonioni. Captives est u film qui mérité d'être vu car il interroge aussi la fascination malsaine de notre société pour l'image et sa puissance émotionnelle.
Captives est l'archétype parfait du film qui veut trop en faire, au point d'oublier les bases. Car non seulement il dilue son intrigue derrière un scénario labyrinthique où les idées se croisent et se recroisent, mais il a également l'incroyable don de servir l'une des prestations les plus froides qui soit, entre un décor hivernal et une absence quasi totale de joie à l'écran. Malheureux. Outre ces défauts néanmoins gros comme le nez au milieu de la figure, il n'est pas certain que l'on puisse s'en rappeler, en raison d'un manque cruel d'éléments novateurs : tout semble repris d'ailleurs, sans aucune personnalisation. L'idée de départ est intéressante, mais on assiste malgré nous à une pâle copie de Prisoners, qui ne dépasse ni n'atteint un film plus abouti. Seules quelques séquences, qu'on aurait voulu plus nombreuses, gagnent sympathie et admiration.
Le film raconte l'enlèvement d'une petite fille par un réseau pédophile, puis l'enquête policière visant à la retrouvé, sous fond de neige éternelle. Monté en analepses, le scénario tient parfaitement la route. Ce procédé permet de tenir le spectateur en haleine tout du long. Ce n'est pas un chef d’œuvre cinématographique, mais les paysages, l'interprétation des acteurs et la trame tiennent. On pourrait reprocher une enquête un peu trop "facile" voire bâclée, des personnages un peu grotesques, mais l'ensemble reste cohérent.
ne comparons pas tous les films à partir d'une simple anecdote (ici l'enlèvement d'une petite fille), ce film n'a évidemment rien à voir avec le brillantissime prisoners de Villeneuve, mis à part que les deux réalisateurs ont canadiens.....tout est différent ici, le film est avant tout une fiction presque à la Hitchcock au niveau formel, fantaisiste d'une certaine manière comme l'est Brian de Palma......l'on ne veut en aucun cas retraduire la rigueur et l'oppression du film de Villeneuve......Petite mise au moins à mon avis utile pour le spectateur...... Le film a son propre style, un script totalement différent et une atmosphère beaucoup plus légère, si tant est qu'elle puisse l'être....mais il reste agréable à suivre, car Egoyan a un style (pratiquement aucun plan séquence, des plans saccadés et assez brefs, une caméra qui choisit des angles différents, etc...) les personnages sont variés et plutôt dans l'action que dans la psychologie.....Tout cela fait un peu l'intérêt de ce film, sans compter l'intrigue et les magnifiques paysages enneigés , en plus des chutes du Niagara, que j'ai eu la chance de visiter, il y a 25 ans déjà, on peut se laisser tenter je pense......
Un film qui fut présenté au Festival De Cannes 2014 en sélection officielle dont on n’a finalement pas tant entendu parler, ce qui est dommage. Il s'agit ici d'un thriller sombre et intense ayant pour thème la disparition d'une enfant ainsi que la mise en place des recherches, qui jouera bien évidemment sur la psychologie des personnages. Une maîtrise quasi parfaite des décors et de la réalisation froide, sombre et bouleversante notamment grâce à certaines scènes. C'est un film au caractère dur qui s'y l'on n'y rentre pas directement dedans, vous passera bien au-dessus. Pour ma part hormis l'introduction un peu bancale et décousue, elle est vite rattrapée par la suite qui fait plonger le spectateur dans l'intrigue avec une empathie et un désarroi envers les personnages. Le métrage possède un rythme lent superbement bien géré qui reste cependant quelque peu dérangeant au tout début lors de l'introduction. Manquant par contre d'une bande son trop peu présente qui aurait gagné fortement en jouant plus avec les émotions et les sentiments de malaises. Les acteurs délivrent tous de bien belles performances avec : Ryan Reynolds, Rosario Dawson, Scott Speedman, Mireille Enos bien que n'appréciant pas vraiment cette actrice, Kevin Durand ayant la tête de l'emploi, Alexia Fast. Au final belle surprise avec un bon film qui malgré un rythme lent ne possède aucun temps morts et qui comme son titre l'indique vous attrape et vous captive du début jusqu'à la fin du métrage. Ma note : 7.5/10 !!
Sympa, malgré un rythme très lent. Et quelques interrogations toujours en suspens à la fin du film. Comme la partenaire du méchant (on imagine, mais ça reste des suppositions), ses intentions, ce qu'il a fait exactement de la gamine, etc..
Forcément, de prime abord, "Captives" souffre de la comparaison inévitable avec "Prisoners" de par leur thématique similaire (les deux titres se réfèrent d'ailleurs non pas à la seule condition de la victime mais à tous les personnages pris dans la toile de ces événements dramatiques), pourtant même s'il n'atteint pas les sommets du film de Denis Villeneuve, celui d'Atom Egoyan a de sérieux atouts à faire valoir. Déstabilisant dès les premières minutes par sa déstructuration chronologique (on a un peu de peine à s'y retrouver au départ tant le film ne cherche pas à surligner ses changements d'époque), on se rend peu à peu compte que ces sauts temporels n'ont que pour but de mieux construire une galerie de personnages sacrément bien écrits et interpretés : le couple Ryan Reynolds/Mireille Enos rongé par l'enlèvement de leur fille est d'une telle intensité : les scènes où elle le rend responsable et où son visage à lui se morcele, ravagé par la tristesse, sont réellement éprouvantes. Même si le film mêle les points de vue parental/policier/criminel/victime à la perfection, il faut reconnaître que celui criminel s'avère un peu faiblard notamment par les agissements trop démonstratifs de l' "organisation" dont la prestation assez étrange de Kevin Durand (impossible de déterminer si la faute en revient à son jeu ou aux contours de son rôle) et entraîne quelques facilités qui font vraiment tâche face à l'intelligence de l'ensemble. Mais, peu importe, "Captives" réussit à nous captiver (ah ah !) par son ambiance terriblement pesante que l'on aimerait ne jamais quitter.
À partir d'une histoire d'enlèvement d'une jeune fille et d'une vaste organisation de kidnappeurs qui utilisent les réseaux sociaux pour attirer leurs proies, Atom Egoyan a réalisé un film prétentieux et agaçant, autant par sa construction inutilement alambiquée que par ses dialogues pesants déclamés avec un sérieux papal par des acteurs calamiteux, à l'exception d'une Rosario Dawson qui fait le job. Egoyan semble aussi très fier de proposer une réflexion dérangeante (c'est du moins l'intention) sur le voyeurisme 2.0, et le fait de manière tellement appuyée que cet aspect du film fait penser à du De Palma, le ludisme, le panache et le génie en moins (sic !). En ce qui concerne l'aspect formel du film, on ne peut certes nier une véritable aisance dans la composition des plans et un parti pris de sophistication glacée intéressante, mais qui se retourne vite contre le film en apparaissant comme un symbole d'un film maniéré, vain et assez écœurant. Bref, Egoyan prend le genre de haut, rêve de faire un grand film d'auteur polysémique et ambigu, pour finalement n'accoucher que d'une série (presque) Z. Une arnaque !
Cette histoire malsaine mais vraie (N Kampusch) de séquestration version US ne fait pas envie. Mais Egoyan intellectualise sa mise en scène de façon troublante (invisible et marquante à la fois) , les acteurs (mauvais d'habitude) sont tellement juste que dans le genre, il s'agit d'un chef
Quelle atmosphère! Du début à la fin nous sommes plongés dans ce drame profond que vivent Matthew et Tina depuis le kidnapping de leur fille Cassandra. Huit ans plus tôt, lui et sa fille s'arrête pour acheter une tarte, elle reste dans le véhicule et disparaît. Atom Egoyan ne cache pas grand chose au spectateur, il joue sur la psychologie des personnages (et n'évite malheureusement certains clichés tells que les soupçons de la police à l'égard du père... 8 ans après les faits ou encore la rancune de Tina qui tient son mari pour responsable de la disparition de Cassandra) et nous montre aussi la relation entre la captive et son kidnappeur, ce qui déplace intelligemment l'intrigue vers les conséquences, pour tous les protagonistes, de cet enlèvement.
Un film dérangeant autant par la forme que par le fond, un sujet traité de manière inhabituelle et glaçante .
Un enlèvement d’enfant est toujours atroce, ici on a une victime captive mais qui semble choyée comme une princesse dans sa tour.L’abus sexuel est suggéré jamais mis en avant comme par pudeur, car le drame va au delà.
C’est aussi l’utilisation des victimes comme appât, la destruction d’une famille, la détresse d’un père comme obsédé par sa culpabilité de l’avoir laissé 5 mn sans surveillance.
Une vraie tragédie mais sans racolage. Un réseau de pédophile qui a les moyens de réinventer le style et de mettre en scène les victimes et leurs proches, afin de se délecter du malheur d’autrui et le rendre encore plus jouissif. Du très bon cinéma sans chichi, ni mélo.
Ryan Reynolds est bouleversant d’amour pour sa fille et sa quête est sans fin.
Mireille Enos n’est plus que l’ombre d’elle-même, c’est poignant.
Rosario Dawson est presque trop belle pour être crédible mais c’est le seul bémol au casting.
Un scénario sobre et intense, une réalisation élégante, Atom Egoyan sait faire du cinéma qui nous prend aux tripes.
The Captive est un thriller bien travaillé, correctement réalisé et dont les personnalités des différents protagonistes confèrent à ce film une toute autre dimension, mais qui n’arrive pas à trouver son point de chute, en se perdant quelque fois en chemin et sans proposer le puzzle sophistiqué tant attendu. Un bon divertissement certes, mais pas un grand thriller. Sifflé par la presse lors de la projection officielle, ce film me semble quand même bien sous-estimé.
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Sur une sombre affaire d'enlèvement et de réseau pédophile, Egoyan tisse un scénario confus, que le montage alambiqué ne sert pas, mêlant syndrome de Stockholm (spoiler: une fillette victime d'un pédophile finit par travailler pour lui, recrutant d'autres gamins ), réflexion paranoïaque sur les nouvelles technologies et les conséquences humaines d'une enquête qui n'a mené à rien (la partie la moins traitée mais la plus réussie). (...) Un retour bien décevant.