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vinetodelveccio
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4,0
Publiée le 13 février 2016
Un film qui donne espoir dans le renouveau du cinéma américain. Pleine de fraîcheur, à la fois audacieuse et terriblement snob, cette histoire est un véritable torrent de mélancolie et panache. Les personnages sont construits brillamment et le tout est soutenu par un noir et blanc sublime. Une ode à la Nouvelle Vague assez réussie, même si on aurait aimé sortir un peu de ce monde bourgeois. Un beau moment qui profite en plus de dialogues savoureux.
Frances Ha est réussi et peut être n'existe que par rapport à l'évocation de ses références assumées à Jean Luc Godard, Eric Rohmer ou Woody Allen. C'est peut êtres celles-ci qui donnent au film sa légèreté bien aidée par son actrice principale au charme malhabile et inapte aux rapports sociaux affectifs. Les scènes les plus réussies sont celles qui montrent les deux jeunes femmes en colocation ; une relation étonnante s'instaure entre elles. Problème : le film ne sait pas toujours où il va, le scénario a des faiblesses par la répétition de ses intrigues. L'utilisation d'un beau noir et blanc semble justifié (magnifiques contrastes). La musique est très bien choisie. Un petit film sympa.
Frances, 27 ans, vit à New-York. Apprentie danseuse, depuis un bon moment, elle se laisse vivre tranquillement, sans réel soucis du lendemain. Jusqu'au jour où Sophie, sa colocataire et meilleure amie, donne à sa vie un nouveau tour : une vie sans Frances.
La force du film réside essentiellement dans le charme et le talent de la comédienne Greta Gerwig, parfaite dans ce rôle de fille sympa, décalée et un brin paumée. Le scénario, lui, traîne légèrement la patte. Il se laisse vivre comme Frances et du coup, l'ennui s'invite un peu. L'image en noir et blanc est léchée et la réalisation agréable. Mais les références cinématographiques qui challonnent le film (Woody Allen et son Manhattan, Truffaut, Godard ou Carax...) perturbent et rendent difficile la découverte du film comme une oeuvre neuve. Il est compliqué de plonger pleinement dans une histoire lorsque le réalisateur vous renvoie sans cesse à d'autres films. Phénomène largement amplifié par l'utilisation de la musique de George Delerue et d'autres compositeurs des BO des films de Truffaut ou Godard qui accompagnent quasiment tout le film.
Au final, la sensation est étrange. L'ensemble est agréable, l'héroïne marquante mais l'oeuvre cinématographique semble sans réelle existence propre. Curieux.
Le film est pour l'essentiel l’œuvre de deux personnes bien ancrées dans le cinéma indé américain : le réalisateur Noah Baumbach et Greta Gerwig, ici scénariste et actrice principale. Il se trouve qu'il ressemble sur bien des aspects à Inside Llewyn Davis, sorti quelques semaines plus tard ; on suit à chaque fois des artistes en désuétude qui galèrent au sein d'un New York tentaculaire et déprimant pour qui n'a pas les moyens d'y vivre. Sauf qu'à la différence du film des frères Cohen, Frances Ha est plein de vie, de positivisme, et d'humour aussi. La pétillante, chaleureuse et charmante Greta Gerwig porte le film sur ses épaules et nous entraine dans ses aventures humaines, que ce soit dans la recherche d'un emploi (d'abord idéalisé, puis finalement raisonné) ou dans la quête de l'amour, avec des étapes chaotiques. Tout cela alors que sa relation avec sa "meilleure amie" semble lui apporter plus de mauvaises que de bonnes choses. Le choix du noir et blanc est intéressant, car il étalonne le film et permet de différencier les personnages sur leur caractère et non sur leur apparence.
Un film qui traite de la difficulté à accepter l'âge adulte avec légèreté et loufoquerie. Frances cristallise toute cette problématique avec une énergie physique et verbale énorme qui m'a fait navigué tantôt vers l'attachement, tantôt vers l'agacement. Malgré les nombreuses qualités du film, j'ai tout de même été gêné par ce cinéma indé new-yorkais assez cliché semblant s'adresser à un public de bobos. Il en perd de son caractère universel. Dommage.
Dans un noir et blanc grisâtre, avec des éclairages médiocres, une caricature d'américaine bavasse inlassablement. Son réalisateur et elle même sont coupables du scénario, pâle démarquage, 50 ans après, des premiers films de la Nouvelle Vague dont ils n'ont retenu que les défauts techniques et quelques musiques. C'est d'un ennui! Mais la critique, Dieu seul sait pourquoi, adore.
Noah Baumbach est un cinéaste indépendant apparu en 2005 avec le très remarqué "Les Berkman se séparent". Ses deux films suivants "Margot va au mariage" et "Greenberg" déjà avec Greta Gerwig dans un rôle secondaire, passent relativement inaperçus. "Frances Ha", sa dernière production si elle reste confidentielle aux States , rencontre un franc succès critique en France lui permettant de dépasser les 200.000 entrées. Comme Woody Allen, Noah Baumbach est un juif new yorkais dont il se montre ici le digne héritier, prolongeant l'oeuvre du maître en adaptant les mêmes thématiques aux préocupations des années 2010 ce que Allen maintenant âgé de 78 ans n'est plus en mesure de faire (en vérité la veine autobiographique chez Woody Allen s'était tarie dès 1997 avec "Harry dans tous ses états") . Allen à la manière de Chaplin se mettait lui-même en scène pour exprimer ses doutes existentiels au moyen de comédies douces-amères très bavardes, rythmées allègrement par les musiques ayant bercées son enfance (Gerschwin, Cole Porter, Django Reinhardt, Sidney Bechet, Duke Ellington,...). Noah Baumbach ne procède pas autrement avec "Frances Ha" en transposant ses interrogations sur un personnage féminin interprétée par Greta Gerwig devenue sa muse et qui heureux hasard a tourné juste avant avec Woody Allen dans "To Rome with love" (2011). Si le propos et l'humour d'Allen étaient essentiellement inspirés de la communauté juive new yorkaise , Noah Baumbach enfant de la mondialisation est plus préoccupé par les moeurs d'une génération qui doit se construire dans un monde qui bascule dans l'incertitude permanente du lendemain et qui dans le cas présent doit apprendre à vivre en communauté dans les grandes métropoles aux loyers devenus inaccessibles. C'est justement les pérégrinations de Frances, jeune danseuse immature que nous suivons dans sa quête d'un chez soi bien à elle qui lui permettra d'enfin affirmer sa personnalité quitte à devoir sacrifier comme nous le montre la scène finale, les dernières lettres de son patronyme pour faire entrer l'étiquette qui marque sur la boîte aux lettres de son nouvel appartement l'affirmation de son existence propre. Il était temps pour Frances qui semblait s'être endormie seule dans l'adolescence alors que ses colocataires successifs et notamment sa meilleure amie Sophie, filaient tous à grand train vers leur vie d'adulte. C'est cet abandon des oripaux de l'enfance, plus long et douloureux pour certains dont nous parlent Baumbach et Gerwig. Mais qu'on se rassure, le parcours de la jeune femme somme toute très saine et équilibrée sera fait d'embûches jamais très graves comme chez Allen, parsemé de petites saynètes tour à tour drolatiques ou émouvantes qui nous réchauffent le coeur. Greta Gerwig, actrice issu du mouvement mumblecore qui fait la part belle à l'improvisation, est confondante d'une spontanéité et d'une naïveté dont elle nous apprend qu'elles n'arrivaient souvent qu'à la trentième prise réclamée par le réalisateur, quand la fatigue lui otait toute possibilité d'intellectualisation de la scène. Baumbach amoureux du cinéma français y fait souvent référence notamment à la musique de Georges Delerue. La photo en noir et blanc fait à nouveau penser à Woody Allen ("Manhattan") dont l'ombre tutélaire bienveillante semble planer sur tout le film. Si Baumbach a trouvé en Greta Gerwig sa Diane Keaton ou sa Mia Farrow, quelques jolis films inspirés sont à venir . Personne ne sans plaindra.
P'tit film agréable même si pas passionnant.... Pourtant, j ai suivi les péripéties de cette jeune fille marrante qui doit se trouver sa propre voie, grandir et trouver sa propre identité a partir du moment où sa meilleure amie décide de casser leur relation fusionnelle.... Une histoire pas forcément passionnante mais sincère et finalement très touchante grâce à essentiellement à une Greta Gerwig parfaite pour ce rôle...
Cela faisait longtemps que je voulais voir ce film. Son affiche et sa bande-annonce m'intriguaient, et puis ce nom : Frances Ha, comme quelque chose d'insaisissable, de charmant et maladroit à la fois. A l'image de ce film, parfois profondément énervant, et parfois profondément touchant. « Frances Ha » c'est l'histoire de loosers magnifiques, aux premiers rangs desquels les deux héroïnes principales : Frances et sa meilleure amie Sophie. Incapables de grandir, approchant la trentaine, elles vivent ensemble en colocation et de manière complètement fusionnelle. Bien que très différentes, elles ont les mêmes « trips », le même goût pour des choses qui paraîtraient ridicules ou infantiles pour d'autres personnes de leur âge. Elles sont vraiment faites l'une pour l'autre, et leur « adulescence » semble vouée à durer toute leur vie... Jusqu'au jour où Sophie décide d'emménager avec une autre amie dans un quartier plus huppé. Frances vit cette décision comme une trahison, et alors que Sophie semble enfin prendre sa vie en main et devenir adulte, Frances, en comparaison, paraît s'enfoncer toujours plus dans l'infantilisme et rater sa vie, de malentendus en maladresses, de choix absurdes en amitiés passagères. Personne ne peut remplacer Sophie, et mieux comprendre Frances, ce qui la désespère vraiment. Pendant un certain moment, on assiste ainsi à l'errance de Frances, à sa vie qui part complètement à vau-l'eau, à un point tel que ça en devient agaçant. Le film devient un condensé de loosers, de moments de loose totale, de loose esthétisée pourrait-on dire. Mais deux choses viennent contrebalancer cet aspect pour le moins horripilant : la fin, lumineuse, et Greta Gerwig, l'actrice qui joue Frances. Son jeu très physique, plus vrai que nature, étonne et envoûte. Comment ne pas s'attendrir devant ses tentatives répétées – et ratées – de viser la lune ? Elle est vraiment l'âme de ce film, et le réalisateur ne s'y est pas trompé : tout tourne autour d'elle. L'esthétique et le ton du film, à la croisée de la Nouvelle Vague française, de Woody Allen et même de la tendre maladresse de « The Shop Around the Corner » de Lubitsch, viennent sublimer le personnage de Frances, et s'il y a beaucoup de pose mi-bobo mi-hipster, s'il y a un verni intello névrosé passablement agaçant, « Frances Ha » est au fond l'histoire d'une fille qui veut vivre ses rêves jusqu'au bout, mais pas une histoire de conte de fées ou de carte postale, juste une histoire humaine, terriblement humaine, joyeusement et bordéliquement humaine. Et qui, tout bien pesé, vaut le coup d'être suivie.
il est assez difficile de retranscrire à l'écran, la mélancolie d'un ou personnage. Frances Ha de Noah Baumbach a réussi ! Entre autre, avec une Greta Gerwig très talentueuse en tant qu'actrice. Atypique, film indépendant américain, Frances Ha réussit à sortit du lot. 1h20 suffit pour s'attacher au personnage de Frances. Un très bon film
En tant que cinéaste new-yorkais indépendant, Baumbach me fait plus penser à un Hal Hartley, disparu aussi vite qu'il apparut qu' à un Jim Jarmush qui devint très vite et à juste titre un cinéaste majeur. Filmer son actrice favorite au quotidien dans un New York en noir et blanc ne suffit pas pour s'imposer en cinéaste crédible.