Thriller psychologique réalisé par David Fincher, Fight Club est un très bon film. L'histoire nous fait suivre un homme trentenaire, célibataire et désillusionné par la vie, souffrant d'insomnie chronique, qui cherche un moyen de s'évader de son existence monotone. Son médecin, refusant de l'assister par médication, lui suggère de participer à des groupes de parole centrés sur divers troubles et maladies, de façon à relativiser son état de souffrance. Là-bas, il fait la rencontre de Marla, qui participe comme lui à tous les groupes. Plus tard, en rentrant d'un voyage d'affaires, il fait également la rencontre de Tyler Durden, un charismatique vendeur de savon. Les deux hommes vont alors monter un club de bagarres clandestin et peu à peu sombrer dans la violence. Ce scénario, adapté du roman du même nom de l'auteur Chuck Palahniuk, publié trois ans plus tôt, s'avère prenant à visionner tout du long de sa durée d'environ deux heures et quart. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue nous plongeant dans l'univers mental de son protagoniste principal, qui va réserver pas mal de surprises et une révélation changeant toute la perception du visionnage. C'est très bien écrit et parfaitement narré par la voix off de ce dernier qui nous happe avec lui dans sa chute. Les sujets abordés à travers cette dualité personnelle sont nombreux. Ils traitent de la société de consommation, des problèmes existentiels de la génération X, et des multiples facettes d'un être humain. Tout cela donne lieu à des scènes dures, à la violence brute, aussi bien physique que psychologique. L'ambiance est particulièrement sombre, et si le ton se veut bien évidemment sérieux, il possède aussi un aspect comique à la faveur du comportement du vendeur de savon. Ces petites bribes d'humour sont vraiment bienvenues car elles permettent de respirer un peu entre deux moments plus graves. L'ensemble est porté par des personnages très bien développés, pour qui on se prend d'affection malgré leurs défauts. Des rôles parfaitement interprétés par une distribution comprenant un Edward Norton désabusé, un Brad Pitt stylé et décontracté, ainsi qu'une Helena Bonham Carter paumée. À ce trio principal viennent se greffer Meat Loaf, Zach Grenier, Jared Leto ou encore Eion Bailey. Tous ces individus entretiennent des rapports de force conflictuels créant beaucoup d'étincelles. Des échanges soutenus par des dialogues très bien écrits et déclamés. Sur la forme, la réalisation du cinéaste américain s'avère qualitative. Sa mise en scène parvient à être au cœur de l'action, tout en étant travaillée et soignée. Ses cadres sont très propres et la photographie avec son étalonnage singulier lui confère un cachet esthétique unique. D'autant plus que l'action se déroule très souvent la nuit avec les corps qui suintent à l'écran. Les environnements sont également marquants entre la grande demeure délabrée, le sous-sol du bar, le bureau et les salles dans lesquelles se déroulent les réunions, sans oublier les rues de la ville. Ce visuel remarquablement insalubre est accompagné par une bande originale aux compositions s'accordant bien avec les événements et les images, sans pour autant être véritablement impactantes ni mémorables. Reste une fin réussie venant ainsi mettre un terme à Fight Club qui, en conclusion, est un long-métrage méritant clairement d'être découvert.