Je voudrais tellement revenir à la première de ces dizaines de fois où j'ai vu ce chef d'œuvre. Propos, scénario, personnages, distribution, photo, mouvements de caméras, sfx, costumes, musique, rythme, montage.. Tout est parfait. C'est le dernier film du XXeme siècle, le premier siècle du cinéma. Et Fincher signe la fin d'un monde, la fin d'une époque, la fin d'une utopie, la fin de notre adolescence innocente et révoltée, ensevelie sous les débris de ces tours qu on regarde chuter sur Where is my mind, et de celles qui chuteront bientôt à Manhattan et qu'on regardera en mondiovision. Fincher signe un chef d'œuvre, de ceux qui marquent une époque et une génération. 20 ans après sa sortie, ses rides sont nos rides, celles de nos reflets qui vieillissent. Mais le miroir, lui, n'a pas changé. Toujours brillant, réfléchissant toujours, comme une porte vers un autre monde d'où nous ne sortirons plus. Sans retenue, ce film est un chef d'œuvre, au panthéon de mes totems. Tout en haut.