C'est un beau film sur la puissance du désir. Le désir plus fort que tout, plus fort que la peur et la mort. Alain Guiraudie met en scène Eros et Thanatos dans une variation très personnelle, qui ne tient pas uniquement à son contexte, une communauté gay dans un éden séduisant et inquiétant. Son film est à la fois réaliste (souvent très cru sur le plan sexuel) et comme hors du temps, hors du monde. Il pose sur ce microcosme obsédé par la jouissance et cruellement indifférent un regard tour à tour amusé, tendre et critique. Mais il sait dépasser l'anecdote pour atteindre une dimension plus universelle. L'Inconnu du lac peut être perçu comme un canevas de métaphores (très "incarnées") sur le désir ou la lassitude de vivre, sur la solitude, l'amitié et l'amour-passion. Guiraudie embrasse large avec un sens étonnant de l'épure. Et fait le grand écart entre légèreté triviale et tragédie déchirante, entre la lumière insouciante du jour et l'obscurité angoissante des nuits meurtrières. Où tout est affaire de pénétration, jouissive ou destructrice. Bien construit (sur une dynamique du rituel) et bien écrit (avec des dialogues toujours justes), le film repose sur un trio de personnages dont le plus intéressant (et le plus touchant) est probablement celui d'Henri, à la fois observateur et acteur du drame qui se noue entre Franck-Eros et Michel-Thanatos. Son geste final, entre sacrifice et acte d'amour, est le moment le plus fort de l'histoire.
Hé bien, c'est une vrai petite réussite que cet "inconnu du lac". Un film à suspense mystèrieux, gore et diablement sexy ! Des scènes de sexe torrides et juste ce qu'il faut de morts et de sang. Malgrès quelques longeurs, le film rèste une prouesse technique et visuelle avec des plans dignes d'une carte postale et des acteurs diablements bon... A voir à tout prix !
Alain Guiraudie signe une belle tragédie sous la forme d’un conte lumineux, à la lisière du fantastique. L’ombre du grand méchant loup y côtoie habilement la figure de l’éros freudien. Le dispositif du film est audacieux, mélange d’abstraction (un lieu unique et mental, une temporalité figée, une fin qui touche au cosmique) et de matérialité (prégnance des corps, précision topographique des lieux, construction narrative très charpentée). Le désir et sa puissance mortifère, grand le sujet du film, est comme un point lumineux qui attire et éblouit à la fois, à l’image de ce récit limpide et chatoyant qui ouvre pourtant sur les recoins les plus obscures de l’âme humaine.
Après en avoir longuement entendu parlé je viens de terminer ce film.... Bin j'en suis vraiment déçu mais l'idée est bonne mais c'est mal exploité. Une fin un peu bancale le flic meure sans trop savoir pourquoi, enfin bref une grosse déception
Quand on regarde un film, il faut savoir se démarquer du sujet filmé, prendre du recul. Nous ne devons pas haïr un film parce qu'il met en scène des pouffiasses rebelles dont la seule ambition dans la vie est d'aller sucer des mecs à l'autre bout des Etats-Unis, (Spring Breakers) ou parce qu'un film expose l'acte sexuel gay sous tous les angles et que nous sommes hétéros!
L'Inconnu du lac, c'est un film sur le désir, l'amour, la solitude (avec Henry, toujours à l'écart malgré un besoin d’affection évident), et la mort. Un film aux allures de mythe. Si nous nous demandions quelle oeuvre filmique de ces dix dernières années illustre de la meilleure des manières l'étreinte, nous pourrions citer l'Inconnu... Même constat pour le coup de foudre, l'amitié (à voir les dialogues entre Franck et Henri), et la mort, très présente pas seulement dans la scène centrale (plan aussi beau qu’effrayant de la noyade) mais dans la mélancolie des personnages qui ne semblent avoir que le sexe pour s'échapper d'une vie bien triste.
Le sexe est donc omniprésent, dans un décor très restreint (lac-bois-parking), il est filmé très régulièrement et de façon très crue. Cependant il y a bien d'autres choses à retenir, des sujets plutôt banals qui, évoqués avec poésie et subtilité transforment, grâce à la maîtrise de Guiraudie, un simple film en une chose bien plus grande...
Un film a ranger au cabinet de curiosités. Pas banal quant au sujet, il retranscrit toutefois assez justement certaines pratiques de rencontres masculines. Le côté répétitif semble bien justifié par ces espaces sociaux en plein air certes, mais clos où l'on tourne et retourne sans cesse en quête de l'autre et... d'un message rassurant sur soi, sa capacité de séduction. Un univers au passage où classes sociales, physiques et âges semblent pouvoir se mixer. Le parti-pris du réalisateur est toutefois de ne pas du tout travailler cette "richesse" du rapport à l'autre -quoi qu'on en pense, il s'agit de vraies relations humaines même si le sexe en est le moteur et parfois... le prétexte- mais d'en livrer une vision très "froide". C'est du moins ce que j'ai ressenti. Je n'ai pas du tout été irradié par l'aspect solaire, sensuel, la chaleur de l'été et des corps à corps. Le lac -superbe- est pour moi un lac de montagne. L'artiste et son modèle (Fernando Trueba) montrait aussi la nudité en pleine nature, dans la langueur de l'été. Mais si le peintre livrait sa vision esthétique du corps, c'est ici un entomologiste qui décrit un univers social avec ses rites et ses codes. En toile de fond, de plus en plus omniprésent et oppressant s'impose la question de la finitude, de la transition, du passage, de la transgression. Il ne faut plus trop alors vouloir chercher du côté du réalisme et le film perd pas mal de force dans l'histoire. J'ai été un peu gêné mais aussi peut-être stimulé par la partie qualifiée de "thriller" où de non dits en conclusions ouvertes pour le spectateur le réalisateur fait un peu trop le service minimum. Au milieu de ce balai social où les pulsions poussent les individus, un loup est entré dans la bergerie et la conscience individuelle doit prendre des décisions... mais personne ici ne semble vouloir défendre le groupe et son territoire. Ce qui contribue pour beaucoup à l'intérêt du film est l'époustouflant acteur qu'est Pierre Deladonchamps, dont le regard sensuel et lumineux est posé en braise d'humanité dans ce contexte glaçant. Ce regard, comme l'atmosphère pesante dans laquelle on s'est engluée dont on met pas mal de temps à s'évader.
C'est le premier film de Alain Guiraudie que je vois et j'ai aimé. J'ai aimé ce film assez fascinant, assez lancinant, voire hypnotisant. J'ai aimé cette unité de lieu, ce lac, qu'on finit par connaître par coeur, parce que Guiraudie sait où poser sa caméra pour qu'on puisse se repérer facilement, voire où se situe l'action, nous faire connaître cet endroit qu'on ne quittera pas une seule fois pendant le film. J'ai aimé sa façon de filmer tous ses personnages, on ne sait jamais trop qui ils sont, ce qu'ils veulent, c'est un film troublant et énigmatique. On a du mal à y croire par moment, on pourrait presque être dans une sorte de rêverie, y a des personnages un peu incongrus, comme le mateur ou le policier qui débarque comme ça tout d'un coup et qui fait pas du tout crédible et sérieux, mais à la limite on s'en fout, parce que ça marche bien.
La sexualité effrénée comme une recherche inconsciente de la mort parce qu’elle es stérile et ne débouche pas sur la vie, c’est super éculé comme traitement . D’accord, c’est couillu de faire un film avec des acteurs à poil et de s’immiscer dans un milieu aussi privé. Mais bon, ça aurait pu déboucher sur un film qui tienne un peu mieux la route…
Comment peut-on encenser un film aussi pathétiquement mauvais et dénué d'intérêt??? Un scénario inexistant, des acteurs dépourvus de talent (sauf peut-être Patrick d'Assumçao, l'interprète d'Henri) avec une mention spéciale pour l'inspecteur dont la prestation est affligeante de médiocrité!!! Les scènes de sexe sont à la limite de la pornographie et ne sont flatteuses ni pour le spectateur ni pour la communauté homosexuelle, qui apparait ICI comme irresponsable et perverse, obsédée par la volonté de jouir à tout prix, avec n'importe qui, n'importe où et n'importe comment... 1h30 de scènes répétitives (arrivées sur le parking, bronzette et sexe) et de vide sidéral... L'inconnu du lac aurait du le rester et me laisse perplexe quant à la pertinence des critiques presse et à l'attribution des récompenses.
Un film que l'on a envie de voir parce qu'on aime le lieu, parce que les critiques sont, pour beaucoup, élogieuses et parce qu'un film avec scénario et histoire gay ce n'est pas souvent ! ^^ Conclusion, on en ressort plutôt déçu ! Déjà, j'ai toujours un peu de mal avec ce mélange des genres tantôt film "normal" tantôt film "porno". On peut suggérer le sexe, on peut nous faire partager le sexe mais là, c'est, je trouve, parfois ridicule ! (la scène de l'éjaculation est complètement inutile) Ensuite parce le scénario tient sur 3 lignes justement ! Un lieu de drague gay (un peu glauque en plus comme façon s'assouvir), un inconnu qui déboule, un noyer et basta ! Autour de ça, on a des plans séquences identiques, des dialogues coupés aux couteaux et des hommes qui bronzent nus ! Bon ok, c'est bien, on a compris le lieu, on a compris ce qu'ils recherchent mais le but est quand même de raconter une histoire ? On y trouvera malgré tout une ambiance et on se demande comment ça va se terminer mais le côté minimaliste et répétitif domine ! Je trouve également les personnages vide sauf Henri qui est le seul je trouve, à tirer son épingle du jeu. Bref, en conclusion, on ne sait jamais sur qui on peut tomber ! ^^
Ce film fait mal aux yeux. J'ai eu le malheur de le voir à sa sortie au cinéma, sur grand écran. Horreur! On passe d'un plan très lumineux à un autre très sombre, on frise la crise d'épilepsie. Les scènes de sexe sont omniprésentes, crus. Je m'attendais (n'ayant rien vu ni lu sur le film) à une histoire d'amour entre deux mecs, non c'est le bois de Boulogne dans le sud. Je me liquéfiais sur mon siège, passons. Peut être que le reste sauve le film du naufrage. Les acteurs à part leur physique sympathique sont complètement ridicules, le scénario n'est en aucun point crédible. J'allais oublier le flic ridicule à souhait! Je trouve même le film dérangeant pour la cause homosexuelle: les homos sont là pour avoir des relations sexuelles, presque tous les jours avec n'importe qui, tels des bêtes assoiffés de sexe, ou pour trouver un amour complètement surfait et irréel. Je préfère largement regarder le magnifique Philadelphia (Jonathan Demme) ou Harvey Milk (Gus Van Sant), l'inconnu du lac lui est à proscrire.
Basé sur le thème de l'amour-à-mort (ou le diable peut avoir une gueule d'ange) ce film dénote par une action quasi inexistante, un rythme très lent, basé sur la répétitivité de l'action, mais toutefois en montant d'un cran à chaque fois vers le "malsain". J'ai particulièrement apprécié le jeu de l'acteur rondouillard, qui est tout en ambiguïté et justesse. Pour le reste, c'est selon chacun. A noter que ce film comporte des scènes de sexualité homosexuelle explicites.
Chef d'oeuvre. Sidérant de beauté à chaque minutes. Ce film est une ôde au désir et un appel à jouir. Jouir de son corps, jouir de sa vie, jouir de la nature. Le personnage d'Alain est bouleversant et ses réflexions sur le désir sont d'une limpidité et d'une profondeur déconcertantes. Tout les personnage me font penser à des figures mythiques, d'ailleurs le film est un conte, on y parle d'un silure de 5m tapis à fond du lac, prêt à dévorer les âmes égarées. Mais c'est finalement Michel, le loup séducteur, qui tue ses amants après les avoir charmés, tel une succube. Le son, le déplacement des corps, la lumière, tout participe à cette douce étrangeté empreinte de fantastique. Tout au long du film la mort rode, quand Franck et Michel s'embrassent dans l'eau on pourrait croire à une mise à mort de Franck, comme entrevu précédemment. Pulsions de sexe et pulsions de mort s’entremêlent, illustrant parfaitement la phrase de bataille qui a inspiré Giraudie "l’érotisme est l’approbation de la vie jusque dans la mort". et cela ce vérifie lors du meurtre final, où on pourrait croire que Michel fait l'amour à sa victime, alors qu'il l'égorge. La fin est vraiment sublime. on pourrait même y entendre, parmi le vent et les grillons, comme fin de conte : "...et il resta dans cette position... à attendre... ... et attendre... ... ... ...mais personne ne vint"
Avec ce film on est entre le reportage animalier sur les bonobos et le film porno qui vous instruit sur les lieux de drague homos."sexe pipe et enculade autour d'un lac" devrait être le titre du film. Cannes regarde ce genre de film Béat . Vive la France et que Dieu bénisse le cinéma français .