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Ricco92
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2,5
Publiée le 10 mai 2016
Film présenté comme étant un polar gay, L’Inconnu du lac privilégie le second terme au premier. En effet, l’intrigue criminelle est assez longtemps moins traitée que la description de la vie d’une plage naturiste homosexuelle (si vous ne voulez pas voir d’hommes intégralement nus ou de séquences sexuelles homosexuelles, détourner votre chemin). Cela est un peu dommage car les dernières séquences prouvent qu’Alain Guiraudie est capable de bien maitriser le suspense (malgré une fin ouverte regrettable). Il semble cependant préférer le côté communautaire (alors que le fait de ne pas toujours insister sur cet aspect permettrait une meilleure acceptation des homosexuels par la société). De même, pour décrire les habitudes quotidiennes de cette plage, le cinéaste choisit de répéter régulièrement les mêmes cadrages pour présenter le même type de situations récurrentes : ce choix, peut-être justifié aussi pour compenser son petit budget, est intéressant sur une courte période mais devient lassant sur la longueur. L’Inconnu du lac est donc un mélange entre étude sociologique et intrigue criminelle qui a un peu tendance à ennuyer malgré des interprètes très justes (Pierre Deladonchamps remportant d’ailleurs le César du meilleur espoir masculin pour ce rôle).
Petite déception sur un sujet ayant un potentiel, d'autant que ce n'est pas un sujet spécialement souvent traité. Surtout de cette façon. L'histoire tient sur une feuille certes, mais le film laisse donc entrevoir quelques "surprises" même si l'on sait que le film aura des tendances à passer par l'érotisme cru et non simulé ; me semble t-il. Jour après jour on suit donc les après midi de plusieurs personnes "gays" (ou aborder ce sujet, est sans doute une bonne chose. Mais pas dans le sens ou la il est stigmatisé (sa va sa vient... un petit bonjour et hop un tour dans le bois... avec évidemment les voyeurs qui vont avec^^. Ou du nudiste, on est plus à l'échangiste, libertinage et voyeur à tout va). Chose que beaucoup de nudiste, et notamment les gays qui se voient plus "classés" parmi les personnes allant à cet endroit alors que ce n'est pas le cas. LE cliché est dans le film bien présent, alors que je pense que la comité gays ne reflète pas spécialement ce coté là et préfèreraient montrer les cotés que chacun ne veulent pas voir puisque cela les mettraient dans les catégories de monsieur tout le monde. Le film n'aide donc pas de ce coté. Pour le synopsis, passer cela ; cela ne va pas beaucoup plus loin. Ah si! Un meurtre ou une noyade... Ou l'on découvre assez vite le dénouement... Nous interrogeant sur le comment du pourquoi. Donc l'on reste jusqu'à la fin et dans le dernier quart d'heure, on sent l'intrigue se finir mais en nous laissant sur notre faim puisque le final n'ait pas sans doute celui que le public attendait ; d'autant que le meurtrier (on cherchera du coup encore les mobiles, son passé... (même quelques brit du passé et de la vie de certains sont évoqués; cela reste très minime)) finit entre guillemet son travail sans que l'on ait réellement de réponde sur plusieurs points. Dommage, mais c'était quand même un sujet osé.
Un polar gay avec peu de moyens mais beaucoup de maîtrise. Je me suis laissé happé par ce film qui commence comme un moment bucolique pour finir en thriller soufflé par la passion.
Un film intéressant, bien construit, assez géométrique, un thriller hitchcockien sur fond d'homosexualite avec des scènes explicites. Christophe Paou et Pierre Deladonchamps sont très bons, et Patrick d'Assumcao est exceptionnel et très touchant. La mise en scène est precise, la photo très belle. Le film est cependant inférieur au "Roi de l'évasion".
Précédé d’un excellent accueil à Cannes [i] et de ridicules polémiques à propos d’une affiche qui heurterait les âmes sensibles [ii], le quatrième long-métrage d’Alain Guiraudie [iii], est un savant mélange de genres, entre comédie sentimentale et film policier. Au début du film, le réalisateur aveyronnais nous propose une ballade solaire et érotique sur une plage ensoleillée, un lieu de rencontres pour hommes d’âges différents qui se dorent au soleil, nagent, se draguent, cherchent le compagnon éphémère d’une étreinte, puis se quittent, le plus souvent s’oublient, le lendemain reviennent. Le lieu du parking symbolise ce huit-clos à ciel ouvert, ce mouvement perpétuel, cette routine filmée avec un grand réalisme. Un film sur le désir, sur l’attirance physique, sur la passion, sur l’essence même de la vie. Alain Guiraudie revendique le même regard de libertin classique qui a présidé à l’ensemble de son œuvre. Il aborde frontalement les codes de l’homosexualité.
Les précédents films de Guiraudie étaient tellement mal fagotés qu'on a parlé ici de "de maitrise" à propos de ce qui n'est rien d'autre qu'un respect élémentaire des règles du découpage. Il est fort dommage que le film ait été mis en avant pour ses scènes de sexe alors que le sujet est ailleurs. Les personnages pourraient se retrouver au bord du lac pour pêcher à la ligne qu'on aurait eu le même film ou presque. La tension dramatique se renforce du fait qu'on connaisse le meurtrier dès le début, être ombrageux qu'on sent prêt à bondir d'un moment à l'autre. Ca donne une autre perspective aux personnages secondaires, de celui qui sait et qui ne veut rien dire à celui qui se doute tout en restant sur ses gardes. Les comédiens sont superbes, les dialogues ciselés et plein d'esprit, la photo magnifique, tout particulièrement dans les scènes de nuit. Belle utilisation de la bande son à des fins dramatiques, comme le bruit des mouches autour des fourrés où les hommes se cachent. Le comédien qui joue le flic est très inattendu, et j'ai noté un plan absolument magnifique : celui des phares de la voiture qui laisse paraitre le véhicule abandonné de l'homme qu'on vient de tuer. La fin est surprenante tout en restant très ouverte. C'est un thriller au sens traditionnel du terme, enrichit par l'univers d'un cinéaste fort singulier.
grosse déception que ce film, où il ne se passe pas grand chose (malgré 3 meurtres tout de même). En fait, on a plus l'impression de voir un film porno gay qu'un thriller ou même un film policier, et le pire, c'est la fin, une fin en queue de souris, pour un film à éviter.
Encensé par les critiques à sa sortie en salles, cet Inconnu du lac est un film plutôt bien maîtrisé, anticonformiste à souhait, traitant le sujet de l'homosexualité comme rarement au cinéma, mais finalement très conventionnel. Certes, on peut saluer la prestation des acteurs, mais le scénario manque cruellement de véracité et de vraisemblance (notamment policière) pour emporter la palme. Un bon film sur un sujet délicat à traiter, c'est déjà ça. Quant au chef-d'œuvre annoncé, il faudra encore attendre...
(…) On est bluffé par la mise en scène crépusculaire presque bressonienne d'Alain Guiraudie, son sens du cadre et du détail. Chaque plan compte dans cette mise à nu physique et émotionnelle, qui joue constamment sur l'opposition entre chaud et le froid. (…) Un film charnel, intriguant, saisissant qui compte parmi les plus importants du cinéma français de ces trente dernières années - et c'est peu dire.
"L'inconnu du lac" est le film de 2013, celui qu'il fallait encenser. Présenté comme un thriller se déroulant dans le milieu homosexuel, celui-ci s'avère plutôt un portrait assez cru des pratiques sexuelles d'un milieu qu'il faut banaliser, légèrement teinté d'une intrigue policière. Cela n'est pas gênant en soi mais il aurait mieux valu présenter le film pour ce qu'il était. Alain Guiraudie lui-même homosexuel nous emmène sur les rives d'un lac (le lac de Sainte-Croix) où se rencontrent pour une drague incessante un petit groupe d'homosexuels assidus. A l'heure où tout est fait pour normaliser le statut des homosexuels, le film induit sans doute à son corps défendant une confusion qui aurait plutôt tendance à renvoyer la communauté à sa marginalité. Puisque le film veut nous initier autant qu'il le fasse jusqu'au bout. S'agit-il des pratiques homosexuelles ou des pratiques de certains homosexuels ? A ce sujet Guiraudie laisse planer un doute qui réjouira certainement les pourfendeurs de pratiques dites déviantes. Ce ballet incessant des voitures venant chaque jour au même endroit afin que leurs propriétaires se chassent furtivement dans les fourrés toujours en quête d'un plaisir à satisfaire renvoie aux pires clichés que chacun peut avoir en tête de ces bouts de forêts connus et moqués dans chaque région pour être colonisés par le milieu gay. Insistant sur certaines pratiques, le cinéaste ne fait sans doute pas œuvre utile pour éduquer les esprits les moins ouverts à ce qui ne leur ressemble pas et il ne doit surtout pas se laisser illusionner par une critique lénifiante trop prompte à saluer cette mise à nu un peu trop insistante qu'elle aurait sans doute dénoncée pour tout autre film. Ceci est d'autant plus dommage que l'intrigue fort bien amenée avec son tueur en série charismatique sorte de sosie de Mark Spitz pouvait nous tenir en haleine grâce au mystère que Guiraudie avait réussi à installer autour de ce lieu tout à la fois ensoleillé et inquiétant et de ses nudistes intrigants. Enfin on remarquera que le milieu homo qui se plaint à juste titre du rejet s'accommode mal lui aussi de ceux qui sont différents, Henri (Patrick d'Assumçao) le solitaire étant raillé et même menacé pour sa singularité. Malgré tous ses défauts et son côté répétitif, le film parvient à nous envoûter par instant. Mais mon dieu que la critique est hypocrite en criant à qui mieux mieux au chef d'œuvre !
Ce film est un thriller homosexuel en "huis clos", en extérieur au bord d'un lac, sans l'apparition d'une seule femme (c'est le premier du genre que je vois !). L'atmosphère devient vite étouffante, à cause du suspense, mais aussi à cause de scènes sexuelles explicites, qui m'ont semblé répugnantes, et regrettables car elles n'apportaient rien à l'intrigue. On était proches du film voyeuriste parfois pour les spectateurs prenant plaisir à regarder ce genre d'ébats, ce qui n'était pas mon cas. Par ailleurs, l'intrigue est très simple, voire simpliste. Je ne comprends pas les éloges sur ce film. Je suis donc très déçu par ce film, que je ne recommande pas.
Thriller plutôt raté !! L'intrigue est mauvaise et la fin décevante !! Le seul intérêt du film repose sur la prestation des acteurs et les scènes de sexe plutôt crues !! Sentiment mitigé en ressortant ...
Guiraudie sert un thriller où la vraie peur est de finir seul, un drame pas triste, esthétique sans effets inutiles, parfois lent mais court. Policier érotique, film de vacances dramatique. L'histoire est simple : Juillet, sur une grève d'homosexuels nudistes, Franck rencontre Henri et Michel dont Franck tombe amoureux même s'il le sait coupable de meurtre.
Esthétiquement, c'est réussi : superbe décor du sud, lumière naturelle du soleil écrasant, la nature, les corps. Les quelques scènes de sexe sont importantes pour l'histoire, mais les rendre parfois si explicites n'ajoute pas grand chose. Le cadrage sur les personnages et les plans fixes qui se répètent servent vraiment le propos de cette routine qui se veut hédoniste.
Petit bémol pour moi : l'intrigue policière est finalement assez peu présente, c'est voulu, mais la, c'est presque survolé et cela fait perdre en intensité, en tension dramatique. Ici, on n'est pas chez Hitchcock, et les personnages veulent faire fi du drame. C'est beaucoup plus un film d'amour. Pour vivre heureux, aimons-nous, baisons-nous, et voilons-nous la face.
OK, pendant la première partie, les images sont belles, l'histoire avance. Mais, quoiqu'en pense "les cahiers du cinéma" tout devient répétitif, le scénario s'enlise, l'histoire devient invraisemblable et le sexe est tout sauf sensuel et épanoui... Bref, je me suis bien ennuyée. Je ne vois rien d'abouti dans ce film.