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Charles R
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4,0
Publiée le 11 mai 2014
Il y a toujours quelque chose de fascinant dans ces films qui ont pour toile de fond le sud profond des Etats-Unis. Voilà un an, nous nous déclarions enchanté par le film "Mud" de Jeff Nichols. Aujourd'hui c'est un film qui lui ressemble beaucoup que nous prenons plaisir à évoquer. Jeff Nichols et David Gordon Green ont été camarades d'études et ils ont travaillé ensemble. "Mud" se situait sur les rives du Mississipi, tandis que "Joe" a pour cadre le Texas. Toutefois l'atmosphère est la même, celle des romans de Faulkner, et surtout la thématique est identique. Même quête de l'identité, même recherche de la paternité, même présence de la marginalité, même arrière-plan biblique. Il n'est pas jusqu'au mocassin d'eau douce - tout un symbole - dont la présence est obsédante dans "Mud" et dont Nicolas Cage exhibe un spécimen dans le film "Joe". Et pourtant "Joe" n'est pas une copie de "Mud". Le personnage éponyme est un ancien taulard qui cherche à se racheter. L'occasion va lui en être fournie par un jeune garçon, Gary, qui est le souffre-douleur de son père, un alcoolique invétéré, prêt à toutes les horreurs pour se procurer de l'argent et assouvir son ivrognerie. Joe va donc embaucher le jeune Gary dans une entreprise - peu glorieuse au demeurant - d'abattage d'arbres qu'il s'agit d'abord d'empoisonner. Entre Joe et Gary vont se nouer des liens très forts et ainsi l'ancien repris de justice va se faire le substitut d'un père déchu. Mais le mal rôde en la personne d'un truand qui a des comptes à régler avec Joe. Nous n'en dirons pas plus. Qu'il nous suffise d'observer que ce film est LE film du sud profond au même titre que "Les bêtes du sud sauvage" ou "Mud". Film d'atmosphère, "Joe" est aussi un film d'acteurs. Nicolas Cage en tête, sublime dans sa violence comme dans le mystère dont il sait s'entourer, mais aussi Tye Sheridan - 17 ans - dont nous avions apprécié grandement la prestation dans le film de Jeff Nichols. Et puis il y a cet OVNI, Gary Poulter, un SDF promu acteur et qui n'aura pas pu profiter de son succès puisque la mort l'a emporté avant même la présentation du film au public. "Joe" lui est dédié: c'était la moindre des choses. Le film doit beaucoup à la vérité qui se dégage de son personnage. Et quand on connaît le tragique de la destinée de l'acteur, on ne peut qu'en éprouver une émotion encore plus intense.
"Joe", drame rural aux allures de film noir puise sa puissance émotionnel dans l'interprétation impeccable de Nicolas Cage qui réalise un tour de force génialissime, faisant taire toutes les langues de bois qui l'avaient enterré. Le film insuffle une certaine mélancolie sudiste ( très présente dans le cinéma de Jeff Nichols, ami du réalisateur), qui épouse parfaitement le côté brutal et archaïque de cette Amérique minière et dépaysée. Le personnage de Joe, bien que terriblement cliché, charismatique à souhait sous sa carapace de fauve inexpressif nous touche à travers ce gamin, exprimant le côté émotionnel de sa personnalité, se mettant à nu. Inexorablement, il se découvre et se fragilise, ce qui le mènera inévitablement à sa perte. Or, cette quête paternaliste qu'il lie avec ce jeune garçon permet d'en faire un homme meilleur, trouvant enfin un but à une cause qui le rapproche de cette vulnérabilité et cette tristesse enfuie dans son inconscient depuis bien trop longtemps. La trame narrative révèle un être complexe et tourmenté, blessé par la vie. cette dernière, simpliste décime tout de même une réelle profondeur dans un contexte social rude. Le personnage de Tye Sheridan touché par cela, se dévoile comme étant indéniablement la représentation d'une jeunesse bafoué par les méandres de la perversité viscérale humaine. L'émotion qui se dégage du film reste nuancée et conservée pour finalement éclater dans un final dénué de toute originalité et de surprise; la violence, quant à elle, est à l'image de son personnage principale, brute. La brutalité du film, et d'une scène en particulier peut trouver tout son sens dans la chute du père, perdant peu à peu pied, dénoué de tout sens moral, anéanti par l'alcool, perdu et piégé de cet esprit malade dévasté par les péripéties malheureuses d'une vie raté. Le personnage est très fort, et bien interprété par un acteur inconnu qui s'avère être un clochard dans la vie réelle, aussi étonnant cela puisse paraître. Dans "Joe", la violence n'est jamais réellement justifiée, le fait est qu'elle a toujours été présente, et que cela rentre dans la normalité des choses, ce qui est particulièrement amorale, mais trouve tout son sens lorsqu'il s'agit de survie. Le film réussi aussi de la meilleure des manières à immerger son publique, en installant peu à peu ce climat dur, tout en diversifiant et allégeant son sujet de magnifique prise de vue sublimée par une photographie irréprochable. Le metteur en scène joue beaucoup sur le rôle des grands espaces et de la nature apportants chaleur et réconfort. Permettant ainsi de jouir d'une ambiance en pleine conformité avec le côté sauvage de l'homme reflété par ce récit sincère, plein de bons sentiments, trop peut être, pour être tout à fait réaliste. Le contexte dramatique ne sombre étonnamment pas trop dans le tire-larme, restant honnête, sombrant certes, dans une formalité scénaristique, mais gardant une part de sincérité non-outrancière assez plaisante. "Joe" marque donc le retour en force d'un Nicolas Cage dans un cinéma plus intimiste comme à ses débuts; la naissance de deux nouveaux talents que sont le jeune Tye Sheridan ( vu dans "Mud") et de David Gordon Green réalisant en toute sobriété sans grands effets de mise en scène, une fable sudiste poignante et forte, rappelant que le cinéma indépendant américain reste bien meilleur que les grosses productions hollywoodienne.
Excellent drame poisseux et violent aux allures de thriller. Le jeu d'acteurs est juste, les deux personnages principaux (Joe et Gary) sont très attachants, j'ai adoré Nicolas Cage dans ce rôle. np: vu le 10 mai 2014
"Joe" est essentiellement un film d'atmosphère et... quelle atmosphère ! Noir, est le premier mot qui vient à l'esprit, alors que sordide, poisseux, sale, pourraient décrire également l'ambiance générale de cet univers dans lequel évoluent le héros Joe, dur à cuire et sorti de prison, Nicolas Cage, très bon et utilisé ici sous son meilleur jour, puis son petit protégé, Gary joué par Tye Sheridan formidable dans ce rôle d'adolescent martyrisé et exploité jusqu'à être encore bien meilleur que dans "Mud" ! On se trouve donc plongé dans un monde de misère où chacun vit comme il peut en s'accrochant désespérément à tout ce qui l'entoure... Les images de ces lieux où évoluent ces personnages, nous donnent à voir des intérieurs misérables, crasseux, encombrés comme on voit peu à ce point sur le grand écran... Tout cela renforce un malaise ambiant dans lequel évoluent tout un monde d'individus douteux et fort peu scrupuleux ! On pense alors et avant tout au pire de tous, le père de Gary, père sans foi ni loi, littéralement abject sous tous ses aspects ! La violence est en effet présente à chaque détour de l'histoire puisque déjà les pins inutiles sont empoisonnés par Joe et son équipe, puis on frémit d'horreur face aux attitudes et aux actes des personnages imprévisibles et incontrôlables de cette petite ville du Texas où même les chiens entre-eux se livrent à des combats sanglants ! L'escalade va ainsi crescendo jusqu'à un final dans la même veine... Les rôles secondaires sont évidemment au diapason de l'ensemble et on songe d'ailleurs à l'amie de Joe qui lui parle de son rêve étrange : s'habiller sur son 31 et sortir au restaurant ! Tout cela semblerait presque surréaliste et on pense ainsi à un autre film terrible et puissant lui aussi au titre étonnamment ressemblant "Killer Joe" ! Une peinture sociale désespérée et désespérante où l'espoir est enfin à l'horizon grâce au jeune Gary, extraordinaire et lumineux pour qui Joe aura été une chance inespérée, un "homme bien" lui explique son nouveau patron ! Ce drame intense à la mise en scène très réussie mérite un passage presque obligé et tant mieux !
Généralement surcoté, ce film a constitué pour moi une forte déception: personnages manichéens, décors de téléfims bas de gamme, scénario décousu (le mot est faible), musique affligeante... Seul le casting semble avoir été effectué avec soin, l'ensemble des acteurs jouant sa partition cahotique avec conviction.
Ah ! Il y avait longtemps que je n’étais pas tombé sur un spécimen de ce genre : un piège à bobos ! Parce que oui, franchement, à prendre ma petite checklist, tout y est. Espace naturaliste ; population désœuvrée ; conditions de vie rudes ; caméra au poing : enchaînement de « scènes de vie » qui font « so authentic »... Comme quoi les Américains, quand ils n’ont aucune idée, font ça aussi bien que les Européens... Parce qu’effectivement, si encore il y avait des idées derrière tout ça, je ne dis pas, il n’y aurait pas de problème. Mais là c’est le vide ! L’exemple le plus flagrant reste l’intrigue. Une demi-heure pour sortir de la situation initiale ! Une demi-heure pour qu’on arrête enfin cette accumulation soporifique de séquences de description d’un quotidien rude. A croire que David Gordon-Green a fait reposer tout l’enjeu de son film sur le fait que Nicolas Cage ait une barbe et surtout qu’il soit capable de faire le bouseux bad-ass. Et vas-y que je m’extasie sur le fait que Nicolas Cage embauche des jeunes méritants parce qu’il est comme ça, Nicolas Cage... Et vas-y que ses employés font de lui un portrait élogieux. Et vas-y qu’il estomaque tout le monde quand il dépèce un cerf au canif. Et vas-y qu’il est trop généreux de payer une pute sans la baiser. C’est sensé me faire grimper au rideau ce portrait statique d’un saint-homme de la cambrousse ? Peut-être que ça réveille des envies de nature au gentil citadin coupé de tout, mais pour moi, ça ne suffit pas pour faire un film ! Mais vas-y Joe ! Fais péter une intrigue digne de ce nom ! Mais non ! Pour y parvenir, il aurait fallu bosser, avoir de l’imagination... Là, rien de tout ça. On nous ressort juste l’une des histoires les plus basiques du monde. En gros : Joe il est gentil et, pas de chance, y’a un méchant qui lui en veut et cherche à le buter... Et C’EST TOUT ! Deux heures pour diluer. Deux heures seulement composées de plans de Nicolas Cage « bad-ass », d’un méchant vraiment méchant et d’un ado à l’esprit torturé... En terme de travail, de profondeur et d’originalité, ce film c’est juste une blague. Mais comme on y a mis tout le décorum naturaliste qui plait dans les milieux bobos, ça passe du tonnerre. Ce truc ça marche aussi bien sur les bobos, que les grosses voitures et belles bombasses fonctionnent sur les gros beaufs. Alors on peut s’y retrouver, pourquoi pas après tout, mais franchement, il faut quand même arrêter de nous prendre pour des cons...
Il n'y a pas grand chose à quoi se rattacher dans ce film de David Gordon Green à part la violence qui permet au téléspectateur de tenir jusqu'au bout comme par voyeurisme. Au final, on à l'impression que le réalisateur voulait juste nous faire observer, sans plus, ce qui se passe de la vie sordide d'une petite ville du Texas. Les décors et les personnages ne sont pas attrayant. Nicolas Cage est parfait comme d'habitude, là n'est pas le problème, mais son personnage n'exprime pas assez ses sentiments, ses ressentis, bien que qu'on ai compris que c'était le principe même de son rôle...
Si vous avez deux heures à perdre... Un film violent gratuitement, glauque, le scénario se traine, et ça vous plombe le moral pour la journée. Seul point positif: Nicolas Cage, égal à lui même, qui reste une valeur sûre. Mais sinon...
Le film est à l'image du livre, âpre, dur, et plus difficile d’accès que d'autres histoires du même style (Un monde parfait, Mud ou le très bon Last days of summer). La faute à un scénario qui se veut trop fidèle à l'oeuvre originale, et ne réussit pas à simplifier l'histoire en éliminant les scènes inutiles pour l'intrigue, afin d'aller à l'essentiel, à savoir la relation entre l'adolescent et Joe, père de substitution bourru mais humain. On se perd donc à aller d'un personnage à un autre (l'intro du film avant la rencontre est d'ailleurs trop longue) sans pouvoir vraiment s'attacher à eux. Reste que les acteurs sont tous magnifiques (même si on a vu Cage plus inspiré - ceci dit il revient de loin) et que l'histoire de ce garçon à vif mais plein de vie - et de son Némésis, son père, ignoble et au bout du rouleau - prend parfois aux tripes.
C’est l’histoire d’une rédemption. Celle de Joe, le personnage du beau roman éponyme de Larry Brown, ex-taulard alcoolique qui tente de racheter son passé en prenant sous son aile un ado violenté par son père. C’est aussi celle de deux égarés, Nicholas Cage et David Gordon Green, respectivement acteur principal et réalisateur de ce film apre et souvent glaçant. On n’en pouvait plus de voir Cage aligner les navets et on cherchait en vain l’écho de ses rôles passés ("Sailor et Lula", "Arizona Junior", "Leaving Las Vegas", "Lord of War"…). On ne comprenait guère mieux la carrière de David Gordon Green, ex petit prodige du ciné indé ("George Washington", "L’autre rive") passé depuis à l’abattage – séries et comédies gratte-couilles avec son copain Danny McBride. "Joe" remet donc les pendules à l’heure : Cage est bien le formidable acteur dont nous avions gardé le souvenir, et Gordon Green un réalisateur capable d'une étonnante sobriété, aussi convaincant dans le réalisme dur que dans la pure contemplation. Certains mégotent pourtant et lui reprochent de copier Jeff Nichols, de vouloir surfer sur le succès de "Mud", auquel "Joe" ressemblerait beaucoup, lui empruntant même son jeune héros, le très touchant Tye Sheridan. Mauvais procès, il me semble : C’est oublier que les 2 films ont été mis en production au même moment, que les réalisateurs sont tous les deux originaires du Sud (natifs d’ailleurs du même état, l’Arkansas), qu’ils se sont connus sur les bancs de la North Carolina School of the Arts et qu’ils vouent la même admiration à Gary Hawkins, leur professeur de cinéma (crédité sur tous les films de Jeff Nichols) qui signe ici le scénario. Un fin connaisseur de la littérature du Sud, et notamment de Larry Brown auquel il consacra deux documentaires. Jeff Nichols, aussi impressionnant qu’ait été son "Mud", n’a pas l’exclusivité de cet univers sombre et déliquescent.
"Joe" n'est peut-être pas le film le plus original de la planète mais il se montre bougrement efficace. Très sombre et un brin violent, il est bien réalisé par David Gordon Green. La photographie est superbe, le rythme un peu lent. Et puis, enfin un bon rôle pour Nicolas Cage! Et ce dernier, est tout bonnement excellent! Enfin! Le jeune Tye Sheridan, s'en tire aussi très bien. Je l'avais découvert dans l'excellent Mud, sur les rives du Mississipi (Qui se rapproche un peu de "Joe") et là il confirme tout le bien que je pense de lui. Un bon moment!
incroyable plongée longue et gluante dans les neants de la noirceur humaine, jouer à la perfection autant pas Cage que d'ilustres est épargné de rien...lourdes vies compliqués et vouer à l'auto anéantissement. Triste patelins retranché là ou la misère et les petites âme dérives brutalement comme nul part ailleurs mais où seul l'Amérique en a le secret.