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Il entre dans la brèche. Lt. Artemis. Un pas, puis un autre, dans un monde… pas le leur.
Dans Monster Hunter, de Paul W. S. Anderson, la guerre n’est plus contre les Hommes — elle est contre le bruit. Les monstres. Le vide entre les couloirs d’acier des portails.
Milla Jovovich traverse l’écran, collée à la peur. Ses soldats derrière elle — humains, mais déjà brisés. Puis le portail. Puis le silence. Et ces griffes. Ces écailles. Ce regard de bête.
Ce n’est pas de la fantaisie. C’est un cauchemar militaire, rasé de près. Un animal. Une proie. Une chasse. Et cette cohabitation crade : l’arme 19 contre la fourrure 900 ans.
Kosinski ? Non. Anderson : l’habile faiseur de résurrections numériques. Il filme la Photoshop, pas la peau. L’action ? Une suite d’artifices, cartons sur cartons, CGI qui dégueule. Mais il y a, parfois, la terreur vraie — un frisson dans la boue.
Le scénario ? Une longue rustine de fan-service — dual blades, Rathalos, palicos bizarres. Ça fait le jeu, ça flatte les fans, ça gonfle les muscles visuels. Mais faut suivre l'histoire ? Non merci. Ici, tout respire pixel, rien ne respire humain.
Tony Jaa apparaît : l’éclair venu d’ailleurs. Il incarne le chasseur, debout contre la tornade. Sa force ? Il ne court pas après la lumière : il la porte.
La caméra fait du gym, sans transpirer. Chaque plan est léché, calibré, aseptisé. Les monstres explosent d’ampleur, mais le film reste ennuyé.
La musique ? Un synthé rageux, score Haslinger qui pompe Avatar en survet’. Ça fait l’ambiance, mais ça noie l'émotion dans un vacarme marketing.
Monster Hunter est un monstre de pixels : beau, long, déjà oublié. Un dragon numérique dans un monde qui n’a plus peur.
Note : 9/20. Pour les chasseurs de bestioles géantes. Pas pour ceux qui cherchent un cœur sous l’armure.