Si la comédie érotique italienne a connu son heure de gloire dans les années 70, on associe rarement le nom de Mario Bava à ce genre. Pour cause, "Quante volte... quella notte" est la seule qu'il a tourné. Il s'agit d'une version polissonne du "Rashomon" de Kurosawa. Après un rendez-vous galant, une superbe jeune femme rentre chez sa mère, la robe déchirée. L'homme revient vers ses amis, une blessure au front. Que s'est-il passé cette nuit là ? Nous aurons le droit à plusieurs versions, très disparates. La première n'a rien de sexy ni de drôle (et encore moins vue d'aujourd'hui !), puisqu'elle présente une tentative de viol, façon cinéma italien macho des 70's, avec option gifles. Les autres sont beaucoup plus légères. Honnêtement, outre la première, les variations sont amusantes, dans le sens où les personnages ont des partitions très éloignées à jouer. Et clairement, la cohérence scénaristique n'est pas de mise. En témoigne la version du gardien d'immeuble, qui a épié nos tourtereaux avec des jumelles... et qui est capable de décrire ce qui se passe dans des pièces attenantes, de répéter des dialogues, et même d'expliquer des flashbacks ! Etant donné que nous sommes dans une comédie érotique, tout est bon pour dénuder nos héros (enfin surtout mesdames...). Les prétextes sont là encore faibles scénaristiquement, mais il faut avouer que la gent féminine est ici particulièrement charmante. Dont Daniel Giordano, ex-miss Italie qui connaîtra une carrière au cinéma. Dans tout ceci, il y a une vague réflexion sur la notion de vérité et de perception, mais cela reste très léger, dans le fond comme la forme.
« Quante Volte... Quella notte » (Une nuit mouvementée) montre quatre versions d’une même histoire : de la fille, de l’homme, du portier et enfin d’un psychiatre. Ce procédé utilisé dans quelques films très estimables, à commencer par le « Rashômon » d’Akira Kurosawa (1957) dont il est aux antipodes, permet ici quelques clins d’oeils amusants. En vérité il s’agit d’une œuvre racoleuse avec beaucoup de scènes déhabillées et même une tentative d’agression sexuelle d’une lesbienne (Pascale Petit) sur l’innocente ( ?) « Blanche-neige » (Daniela Giordano), ingénue provocante mixée d’une racoleuse aguichante. Deux ou trois scènes déshabillées de plus et la comédie devenait carément un film érotique dont la seule audace concerne l’homosexualité du séducteur. Ce n’en était déjà plus une en 1971. Même en étant sensible à la plastique de Daniela Giordano et au charme de Pascal Petit, difficile de ne pas être agacé par ce pensum à peine bien léché, à l’image de la photographie, habituellement de qualité chez Mario Bava. Il devait avoir besoin d’argent pour accepter de filmer (platement) ce navet.