Après une riche et fructueuse carrière d’assistant réalisateur auprès de metteurs en scène confirmés comme Jean-Paul Le Chanois, Georges Lampin, Marcel Carné, André Berthomieu et Denys De La Patellière, Pierre Granier-Deferre accède enfin à la réalisation en 1960 avec « Le petit garçon de l’ascenseur » comédie bon enfant tout-à-fait réjouissante. Un genre dans lequel le réalisateur n’explorera pas plus avant durant le reste de sa longue carrière, préférant le drame et les adaptations littéraires (notamment Georges Simenon son auteur favori). Jules un jeune orphelin (Alain Decock) est pris en charge par le chef réceptionniste (Louis Seigner) du Grand Palace de Monte-Carlo. Alain Decock au faux air du jeune Mouloudji inoubliable des « Disparus de Saint-Agil » (Christian-Jaque en 1938) sera garçon d’ascenseur, poste qui doit le mener à faire son chemin au sein de la hiérarchie domestique du grand hôtel. D’apparence timoré, Jules cache en réalité son jeu qui un an plus tard manie comme un as les encore peu dociles ascenseurs des années 1950 qui demandaient un doigté expert. Un peu rebelle, mais aussi gouailleur et filou autant qu’ambitieux, le jeune liftier donne bien des tracas à son mentor bienveillant. spoiler: Un concours est organisé par la direction, offrant un séjour de deux nuits dans la plus belle suite de l’hôtel à celui qui proposera le meilleur slogan destiné à promouvoir le confort du palace. Jules est l’heureux gagnant. L’enfant devenant adolescent va poser quelques problèmes à tout le personnel mais aussi connaître des premiers émois avec la jeune fille préposée aux fleurs (Mireille Nègre). Granier-Deferre démontre d’emblée sa capacité à raconter une histoire et sa faculté à diriger les acteurs au premier rang desquels le jeune Alain Decock plutôt impressionnant pour une première apparition à l’écran qui malheureusement ne se concrétisera pas réellement. Il faut se rappeler que durant sa période d’assistanat, Deferre a eu l’occasion de voir à l’œuvre des acteurs chevronnés dont quelques-uns comme Louis Seigner, Marcel Dalio ou Jacques Monod sont venus lui donner un coup de pouce. Un joli film empreint d’une poésie que l’on retrouvera dans beaucoup des films de Pierre Granier-Deferre. Assurément des débuts prometteurs qui se sont largement confirmés. On notera enfin la présence au générique de la solaire Mireille Nègre première danseuse à l’Opéra de Paris qui après un second film deviendra carmélite.