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Ce qui marque le plus dans The Homesman c’est cette touche constante de marquer son film d’une violence psychologique comme physique. A ce titre, esthétiquement, certaines scènes éparses montrent la violence d’une époque, violence parfois mise de côté dans les westerns réalisés ces dernières années. La vie rurale semble très documentée et rend réaliste tout un pent du film, tout comme les actes de certains personnages, d’un même élan, un soin particulier est apporté aux costumes et maquillages, détails invisibles, mais qui apportent une crédibilité naturelle au film.
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Loin de dire ici que les dialogues sont sacrifiés, puisque souvent réduits à l’essentiel, mais le ton direct et âpre de certaines répliques sonnent comme très crédibles. Chaque personnage est travaillé, avec une psychologie d’ailleurs bien définie. C’est donc une Hilary Swank très juste que l’on retrouve dans le rôle de femme-courage loin de remplir les clichés que le personnage pouvait imposer et un Tommy Lee Jones très bon, mais plus charismatique dans le versant sérieux, que second degré de ce déserteur solitaire.
Très bien entouré, l’acteur s’octroie les services de Rodrigo Prieto, directeur de la photo d’Alejandro Gonzales Innaritu, et dernièrement d’Argo et The Wolf of Wall Street. Le chef opérateur réussit à rendre à l’ensemble du décor une lumière parfaitement naturelle, jouant d’ailleurs habilement entre les différentes saisons et lieux traversés par les personnages dans ce road-movie à cheval. Petite surprise également sur la partition musicale de Marco Beltrami, qui s’est bien calmé depuis quelques films et met en valeur assez justement la plupart des moments dramatiques du film.
Désenchanté, The Homesman séduit autant pas sa justesse que la rudesse qui compose le film. Ce que Tommy Lee Jones ne réussit pas pleinement sur le plan de la mise en scène, très belle mais classique, est totalement comblé par le fond d’un récit riche en rebondissements (dont un réellement inattendu) et apporte une vraie valeur à la notion de héros de l’Ouest, sous toutes ses formes. Plein de subtilités (un seul plan pour dénoncer l’esclavage, une séquence pour faire de même avec le génocide indiens), plus intime et profond qu’il ne le semble au premier abord, le film se clôt sur une dernière séquence pleine de subtilité, qui renferme par son fond une habile réflexion sur les valeurs et la condition humaine de l’époque. Presque à méditer.