Des couples bourgeois se réunissent régulièrement pour jouer aux gangsters, jeu de rôles qui prend un tour très vite stupide. Avec cet argument de comédie incongru, le scenario tordu qui se met en place et la tripotée de personnages grossiers en roue libre, on file droit vers le nanar. Les hommes s'amusent à jouer aux durs et leurs épouses les affranchies vulgaires ou les allumeuses, le tout sur le mode argotique. C'est juste grotesque. Le préambule est un grand moment de comique épais avant que, comme attendu, à la farce qu'organisent quelques-uns autour d'une poignée de supposés faux bijoux se mêlent de vrais gangsters. On se dit alors, sans y croire, que le sujet va prendre un peu de poids. Mais la comédie tourne au vaudeville le plus balourd, avec une somme d'incidents et de déplacements complètement échevelée et rudimentaires. Toutefois, ce qui contribue le plus à la nullité du film de Maurice Labro -on peut le trouver insupportable, ou délectable comme un nanar- c'est la crétinerie attachée à tous les protagonistes, et ils sont nombreux, de cette pantalonnade. Les comportements les plus puérils commandent l'action des personnages et entretiennent la confusion entre vrais et faux gangsters, qui est le coeur de la comédie.