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Astree
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0,5
Publiée le 3 février 2026
Après avoir lu et admiré L’Origine de la violence de Fabrice Humbert, le passage par son adaptation cinématographique réalisée par Élie Chouraqui laisse un sentiment de profonde incompréhension. Comment une œuvre aussi dense, nourrie d’une réflexion puissante sur la violence individuelle et collective, a-t-elle pu être ainsi vidée de sa substance ? Comment son auteur a-t-il pu accepter une transposition qui en altère non seulement la structure, mais surtout le sens ?
Le roman de Humbert explore la violence dans ce qu’elle a de plus insidieux : la déshumanisation absolue des camps, l’effacement de l’identité à Buchenwald, mais aussi la responsabilité diffuse d’une société civile complice, faite de silences, de trahisons et d’hypocrisie. La bourgeoisie française antisémite, capable de dénoncer un homme pour préserver ses intérêts, incarne cette violence feutrée, sociale, presque ordinaire. C’est là que réside la force du récit : montrer que la barbarie ne se limite pas aux bourreaux SS, mais irrigue aussi la France pétainiste.
David, le narrateur, mène une quête intérieure sur sa propre violence, sans savoir que son grand-père n’est pas le notable qu’il croyait, mais un jeune Juif polonais assassiné à Buchenwald. Cette révélation progressive donne au roman toute sa profondeur morale et historique. Or le film évacue presque entièrement cette dimension. À la place, Chouraqui propose une explication simpliste : une dénonciation motivée par la jalousie amoureuse, réduisant la tragédie à un ressort psychologique banal. Dès lors, le titre même — L’Origine de la violence perd toute légitimité.
Les personnages, affadis, deviennent difficilement identifiables. Michel Bouquet, affaibli, se réfugie dans une figure caricaturale du grand-père attendrissant, dépourvu de l’autorité et de l’ambiguïté nécessaires. Richard Berry, en David âgé, est physiquement et psychologiquement à l’opposé du personnage jeune, intellectuel et solitaire. Quant à Sophie, dépourvue de toute crédibilité allemande, elle apparaît prématurément, au mépris de la construction romanesque.
Le film accumule ainsi les raccourcis, brûle les étapes, désorganise le récit jusqu’à dissoudre toute émotion. L’horreur de la Shoah et la permanence de l’antisémitisme , fil conducteur du roman s’y trouvent diluées dans une narration confuse et convenue. Le point final achève de dérouter : le petit-fils de David semble presque pardonner à celle qui a envoyé son grand-père à la mort, dans une scène invraisemblable qui frôle l’indécence.
En voulant simplifier, le film trahit. En cherchant à rendre accessible, il appauvrit. Et en renonçant à la complexité morale du roman, il passe à côté de l’essentiel : comprendre que la violence ne naît pas seulement de la haine spectaculaire, mais aussi de la lâcheté, du confort social et du renoncement à penser.
J'ai trouvé ce film fort et émouvant. S. Weber nous entraine avec lui dans sa quête de connaissance. Il va tout bousculer autour de lui, notamment son père, pour découvrir la réalité. L'ensemble est bien exécuté. Les décors sont beaux même s'ils ne semblent servir qu'une seule fois pour une petite scène. L'apparition de J. Joffo est aussi un joli clin d'œil. Un film sur la guerre, la religion, les secrets. A voir.
Une adaptation qui suit presque ligne par ligne le roman de Fabrice Humbert. C'est globalement très réussi, l'histoire semblant folle mais sonnant juste. Une enquête familiale qui nous replonge dans les pires années de notre histoire, le film brassant la période de l'occupation, et nous entraînant avec précision dans l'horreur des camps de concentration. Les acteurs jouent juste, incarnant avec réussite une famille au lourd secret.
Film honnête mais parfois maladroit et trop démonstratif. Stanley Weber compose un personnage attachant dans un rôle de héros perdu dans une histoire mêlant un passé familial, plein de mystères et de mélo, et la " grande histoire", celle des camps de concentration, de la Shoah, et des Nazis impitoyables.
secrets de famille, suspens, ce film a tout pour plaire même si le héros principal ne me plaît pas trop. en tout cas on replonge une fois encore au coeur de la guerre toujours intéressant pour notre culture
D'excellents interprètes qui abordent les sujets délicats de la transmission père-fils, du secret de famille et de son histoire sous le spectre de la grande Histoire.
Belle musique.. C'est la 7 symphonie de Beethoven, elle est tout à fait magnifique, c'est parle, elle suis l'élan du film. Le film est très bien joué, mon ressentie est bizarre car d'un côté on aime faire des choses pour qu'elles soit admirer, et d'un autre dans ce film c'est l'inverse. Kamel
un scénario peu crédible, une secret de famille enterré par honte , ce film est très inégal avec des moments très forts et des scènes longues et inutiles (le parking) , des scènes noir et blancs qui virent a la couleur selon les sentiments , une fois original , a la longue fatiguant . pas du tout convaincu par ce film et en plus les comédiens n'y croient pas .. alors !!!!
C'est avec nostalgie que je me rappelle une certaine "Miss Missouri" : un petit road movie sympathique sur une bande son de M Jonasz. Que dire ici ? l'écriture est un naufrage, l'acting une catastrophe et le résultat est tout simplement triste. Le réalisateur doit surement évolué dans une petite bulle bien douillette, entouré de gens serviles qui n'osent visiblement pas lui dire que son scénario n'était pas encore fité pour l'action.
Au risque de choquer, j’avoue que j’en ai un peu ma claque des films sur la Shoah. Ce n’est pas le thème qui me dérange en soi mais bien ce qui en est fait la plupart du temps. J’ai l’impression qu’au cinéma, surtout ces derniers temps, parler de Shoah c’est vouloir se cacher derrière une cause qu’on juge intouchable pour mieux se dispenser des efforts indispensables à la réalisation d’un bon film. En tout cas, c’est ce que je me suis dit en regardant cette « Origine de la violence » tant sa fadeur m’a vite sauté aux yeux. Pourtant, le début pouvait augurer de bonnes choses. La mise en scène, par son montage, son propos elliptique, et sa musique, suggéraient un film potentiellement énigmatique ; un thriller de bon ton où « secrets d’Après-guerre » se mêleraient avec « séquelles sulfureuses de famille ». Seulement voilà, l’annonce n’a malheureusement pas été suivie d’effets et cette « Origine de la violence » a très rapidement sombré dans toutes les convenances déjà vues des dizaines de fois dans le cinéma français. L’intrigue s’avère finalement n’être qu’une vieille resucée d’un vieil Arcady mou du genou, avec les mêmes personnages et les mêmes ressorts. La réalisation est elle aussi d’un classicisme froid, sans aucune originalité, reprenant tous les stéréotypes visuels de l’époque. Et puis surtout, l’interprétation est d’une incroyable absence de conviction. En même temps, vu la qualité plus que passable des dialogues qui se contentent souvent de simplement décrire les situations et les sentiments de chacun et rien de plus, on peut du coup trouver des circonstances atténuantes aux acteurs. Alors non, franchement, je ne vois vraiment pas l’intérêt de ce genre de films lourds, pas créatifs pour un sou, et remuant une fois de plus le sujet de la Shoah sans parvenir à en dire quoi que ce soit de nouveau. Franchement, quand j’ai vu ce film là, j’ai plus eu l’impression que c’était juste un prétexte trouvé par l’ami Chouraqui pour faire bosser sa famille et ses potes plutôt que pour exprimer quoi que ce soit de vraiment intéressant. Alors après, certains diront qu’il n’est jamais inintéressant – et inutile – de parler de sujets graves comme la Shoah. Ainsi la solennité de la chose imposerait au moins de louer la démarche. Seulement voilà, pour un spectateur qui, comme moi, ne considère pas que certains sujets transforment automatiquement les films qui les traitent en œuvres estimables et de qualité (Rose Bosch si tu me lis…) j’ai très vite trouvé ce film vain, inutile et presque arrogant. Qu’importe la cause, face à cette « Origine de la violence » je n’ai retenu que la puissance de mon ennui. Or, avouons-le, il y a mieux que l’ennui pour convaincre de l’utilité d’une cause ou d’un message ... A bon entendeur...
l'histoire est belle malgré la dureté de la vérité mais malheureusement il manquait la sincérité des sentiments je pense que l'acteur n'était pas vraiment à la hauteur du rôle. dommage ! certes Richard Berry a un second rôle mais heureusement qu'il était là pour relever la force du film
J'ai adoré ce film ! En tant que passionnée d'histoire, et plus particulièrement de la 2nde Guerre Mondiale, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre avec ce film. Résultat, j'ai adoré ! L'image donnée des camps, n'est pas trop poussée dans le dramatique. Le réalisateur ne nie pas l'horreur, mais ce n'est pas trop - ce qui en est dit est justifié et malheureusement vrai.
De même, la quête est intrigante, et captivante. Et le fait que ce soit un couple français-allemand montre l'évolution des mentalités, et le fait qu'il ne faut pas garder la haine du passé.
Conclusion : un film magnifique et réaliste, qui mérite d'être connu et reconnu !