Le "basé sur des faits réels" rend le visionnage encore plus violent et nécessaire.
Silenced, film coup de poing qui retrace l'histoire vraie des abus et viols qui se sont déroulés dans un institut spécialisé pour enfants sourds en 2005, mélange habilement drame, thriller et film de procès pour montrer, avec une précision glaçante, non seulement l’horreur des violences et des abus subis par les enfants handicapés, mais aussi l’impunité choquante des coupables, protégés par un système judiciaire corrompu et indifférent.
Ici, Hwang Dong-hyuk (connu pour Squid Game) propose une mise en scène volontairement sobre où les silences et les regards suffisent à rendre chaque scène révoltante. Hwang Dong-hyuk ne délaisse pas pour autant la caméra, avec une photographie propre, des plans astucieux et des séquences de nuit magnifiques. Silenced réutilise ce décor si culte du tunnel, hommage direct au chef-d'œuvre Memories of Murder, qui donnera lieu ensuite à l'une des rares séquences satisfaisantes.
Une fois le film terminé, la colère et la tristesse demeurent, renforcées par la connaissance que ces événements se sont vraiment déroulés et que certains des agresseurs ont pu retourner travailler dans cet institut.
Gong Yoo livre une performance remarquable, toute en retenue, où, malgré l'impuissance de son personnage, il affronte l'immobilité du système avec une persévérance surhumaine.
Bien loin du revenge movie auquel le cinéma sud-coréen nous habitue, le film n'a pas peur de frustrer le public, et la satisfaction de la punition attendue laisse seulement un arrière-goût amer d'injustice.
Silenced, ce n'est pas du divertissement, c'est le genre de film qui marque et qui agit à retardement.