Retour au "Best exotic Marigold hotel" à Jaïpur, 3 ans plus tard. Où l'on retrouve donc les seniors britanniques qui, travaillant toujours, localement, y vivent à l'année (parties tenues par la fine fleur des acteurs idoines : Maggie Smith, Judi Dench, Bill Nighy, Ronald Pickup, Celia Imrie, Diana Hardcastle - et Penelope Wilton, en visiteuse maintenant). Le sympathique propriétaire des lieux, "Sonny" (Dev Patel), veut s'agrandir et cherche un partenariat, et des fonds. Par ailleurs, il prépare son mariage avec "Sunaina". Avec cela, John Madden (et ses scénaristes) réussissent-il à renouveler l'intérêt du premier opus ? Hélas, non ! Même en ajoutant au casting le "yankee" Guy Chambers (Richard Gere), en "inspection" (ou pas..), et quelques personnages secondaires indiens. Aucune dramaturgie, aucune dynamique (ça se traîne, ça se traîne...), pas une idée de mise en scène, pas une trouvaille... Honteuse façon de "surfer" sur le (très relatif - en France - mais certain, au global) succès du 1er film. Les "British" font ce qu'ils peuvent, mais la partition à jouer est bien maigrichonne... Dev Patel fait aussi ce qu'il peut, en surjouant et dansant (finale), de manière très "bollywoodienne", mais cela sonne surtout vide.... Si un 3e volet était en projet, que diable, il faut se ressaisir côté opportunité des" péripéties" !.... Et ne pas jouer uniquement sur le pittoresque de l'Inde et le décalé des Britanniques.
Si vous aviez été conquis par le charme du premier Indian Palace, alors vous aimerez à coup sûr sa suite, copie conforme en tout point de son aîné, reprenant la même recette aux ingrédients si délectables, énergie, drôlerie, émotions et truculence chaleureuse et exaltante. Feel good movie toujours aussi exquis et raffiné, Indian Palace – Suite Royale nous replonge avec bonheur dans la joyeuse cacophonie désordonnée du Best Marigold Hotel, avec le même esprit tout en jovialité, pétillant et coloré. L’effet de surprise n’y est plus, la fluidité est un peu amoindrie, mais l’on prend à nouveau un plaisir non contenu à retrouver cet univers chaleureux à l’exotisme doux-dingue, généreusement animé par un Dev Patel qui se plie en quatre pour donner de l’entrain à ce petit régal où l’on se sent bien, porté par sa bonne humeur communicative.
J’avais bien aimé le 1er opus, on y trouvait l’équilibre entre l’Inde, les vieux, la comédie romantique, le jeu d’acteur, une bonne histoire, des paysages, une certaine philosophie… Du coup une suite ne me paraissait pas inappropriée, même si je m’en méfie, et j’ai eu raison, encore une fois… En effet, ce qui faisait le charme du 1er film a disparu. On pouvait s’en douter, à suivre de trop nombreux personnages dans des histoires qui se développent, il fallait bien jouer entre durée, rythme et récit. Forcé de constater que le réalisateur a échoué. L’histoire est bancale, on suit tout le monde mais personne non plus, et la question du vieillissement est plus effacée ici. Si on a plus ou moins droit à une fin ce n’est pas ce qu’il y a de plus marqué (on prépare une suite ?). Certaines romances sont plutôt bâclées, l’arrivée du nouveau (Richard Gere) n’a pas la portée souhaitée puisqu’il est presque effacé, le couple protagoniste ennuie plus qu’il n’attire, et le fait de mixer romances des vieux et mariage des jeunes (sur fond de jalousie habituelle) éclate trop la trame pour qu’elle s’en relève. Bref ça part dans tous les sens et ça ne va pas au fond des choses, ennuyant, irritant et débile. Hormis une histoire qui perd de son intérêt, une trame bizarre et un montage moyen car les transitions ne sont pas légions, on a aussi droit à de nombreux clichés. Bien sur ce sont aussi des éléments indissociables de l’Inde, mais l’œuvre 1ère sortait justement des sentiers battus. Ici on parle du Taj Mahal, on voit quelques paysages mais pas beaucoup, on nous bassine de musiques typiques, ça s’insère bien mais cela relève plus fourre-tout sans idées que d’une réelle envie de promouvoir cette culture et d’une volonté de servir les scènes du film. Les acteurs semblent moins inspirés, les expressions et leur jeu apportent moins (sauf Dev Patel qui se répète et en fait trop), les dialogues (en vf) sont insipides et récités sans lyrisme ni émotions, l’humour fait grise mine, le côté pince sans rire anglais ayant disparu ne reste que quelques facéties pompantes, le rythme est lent et lourd, plombé par pas mal de longueurs qui auraient dû être remplacées par un meilleur traitement des récits de chacun des anciens. Alors évidemment il demeure de superbes costumes et une danse finale magnifique, mais ça peut faire cliché aussi (autant que la mère et la future femme de Sonny qui s’écrasent la plupart du temps devant la figure partiarcale), d’autant que c’est peu par rapport à ce qui pouvait être fait. Notons qu’il faut bien se souvenir du 1er opus pour tout comprendre (ou faut le revoir), car cela se déroule quelques mois après seulement. De plus, certains persos ne sont pas développés, ni eux ni leur implication donc pour piger... Quant à revoir les vieux c’est sympa, mais ça ne tient pas face à l’exaspération que nous procurent les actions de Sonny, et dont on peut prévoir rapidement la finalité. Au final ce fut long et irritant, alors que la base permettait d’en faire une comédie anglo-indienne du plus bel effet…
(...) Le point fort d’Indian Palace 2, et ce fut également vrai pour son prédécesseur, est en vérité son mélange d’influences, combinant le classicisme du cinéma occidental et l’exubérance de Bollywood dans une immense fusion chaotique. A côté de Dame Maggie Smith, entretenant son flegme shakespearien, Dev Patel a l’air d’un tourbillon vitaminé, forçant sur l’accent indien et les costumes sortis des romans de Rudyard Kipling. Il est en tout cas un bon ambassadeur, et si vous ne ressentez pas une soudaine envie d’Inde après ce film, alors c’est que vous avez sûrement piqué un roupillon. Les monumentales chorégraphies dont le cinéma indien s’est fait une réputation ne font qu’ajouter à cette sensation, en forme d’aller gratuit pour l’ensorcelante Jaipur, sans quitter son siège.
On est loin cependant de la comédie franchouillarde. On parlera à juste titre de comédie-dramatique, interrogation sur le temps comme source d’angoisse, sans aller malgré tout jusqu’à s’apitoyer sur ces pauvres petits vieux. Oui, Judi Dench et Maggie Smith sont aujourd’hui octogénaires. Bill Nighy et Richard Gere (qui campe un mystérieux écrivain amateur) ont tous deux passé le cap des 65 ans. On ne peut pas vraiment dissocier Penelope Wilton de Violet Crawley, son personnage de veuve au grand cœur dans Downton Abbey. Mais va-t-on sincèrement les plaindre, ces sages de l’écran ? Pas du tout. Cet hôtel familial, dans son concept, est un hymne à l’acceptation de l’inéluctable, un hymne anti-morosité aussi. Il nous dit que les bonnes choses surviennent parfois tard et ses pensionnaires en sont l’illustration parfaite, eux qui ont quitté leur confort à un âge où d’autres se morfondent dans des maisons de santé. A travers eux, les acteurs et actrices exorcisent leurs propres fantômes et revendiquent leur droit à continuer. A ne pas être abandonnés par une industrie qui leur oppose des collègues chaque fois plus jeunes et physiquement plaisants. Le cinéma, ça n’est pas que des joues lisses. Ce peut être aussi un visage marqué, un reflet de la vraie vie face au fléau de la chirurgie esthétique dans le 7e Art (...
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