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acgaltie
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3,5
Publiée le 29 janvier 2013
Le choix de l'alexandrin ne doit pas rebuter ceux qui le craignent depuis l'étude scolaire des textes classiques. Il souligne la farce tragi-comique qui nous est servie par les financiers, les politiques, les experts, les journalistes... C'est presque jouissif quand, entraîné par le rythme, on s'essaye à deviner la chute des vers.
Les mécanismes de l'escroquerie globalisée sont habilement démontés et, si l'on ne saisit pas tout, on en apprend davantage.
Il manque, cependant, un acteur ou plusieurs : celui ou ceux qui représenterait(ent) la coordination supranationale qui, de théorie en stratégie et en manipulation de tous, pilote toute l'affaire. Pas l'ombre d'un représentant de l'une de ces sociétés, de ces clubs et autres cercles élitistes pourtant bien connus des personnages représentés. Même la très française Fondation Saint Simon, relais du néo-capitalisme mondial, est absente. Enfin, elle est là, dans chaque institution représentée, mais le spectateur non averti, s'il l'entend, ne la voit pas.
"Le grand Retournement" aborde d'une manière très originale la crise économique qui secoue notre hémisphère depuis quelques années. En adaptant la pièce de théâtre de Frédéric Lordon, pièce écrite en alexandrins qui plus est (oui, messire), Gérard Mordillat donne un éclairage ludique sur une série d'évènements (crise des subprimes, sauvetage des banques, explosion de la dette...) qui ont fait les choux gras des JT. C'est grave et léger à la fois, bien rythmé et bien interprété (Weber et Morel au top, courte mais excellente apparition de Baer...) mais on aurait préféré voir ce film au moment des faits parce là, il donne l'impression d'arriver un peu après la bataille. La caricature du président ray-ban, par exemple (eh oui, comme dans le théâtre classique, on ne se prive pas pour ridiculiser les puissants), c'est bien joli mais c'est du réchauffé. Et puis, si on suit le cours des évènements, la révolution évoquée à la fin du film, ça devrait être pour maintenant. Or, Mordillat a beau illustrer -assez maladroitement, d'ailleurs- cette révolution par des images d'actualité (manifs, affrontements...), on n'a quand même pas l'impression que ça bouge tant que ça dans la réalité. S'il s'agit d'un vœu pieux, il aurait peut-être fallu le défendre avec un peu plus de conviction. A côté de tout ça, si la démonstration anticapitaliste (le marché qui se régule tout seul, mon œil...) est assez efficace, bien qu'enfonçant bon nombre de portes ouvertes, pas sûr que la forme puisse vraiment emballer et attirer de nouvelles recrues pour la lutte des classes et l'avènement de la dictature du prolétariat : le choix du texte en vers, souvent amusant, parfois déconcertant, s'avère au final assez vain et le décor d'usine désaffectée, véritable vestige industriel, crée par sa froideur comme une distance entre le spectateur et le sujet. Bref, à partir d'un sujet inquiétant mais dépassé, les auteurs nous ont livré une bouffonnerie inoffensive mais intéressante en s'adressant surtout à un public convaincu mais apathique. Magie du cinéma : la farce, c'est dans la salle, la tragédie, c'est quand on en sort.
Nul, zéro, hors sujet. Pourquoi faire un film je ne comprend pas, les vers et les rimes pourquoi pas mais faites une pièce de théâtre avant de passer au grand écran ! L'histoire est complètement hors de l'actualité donc ce film à 5 ans de retard, quand j'ai vu la caricature de Sarkozy s'en était trop pour moi je suis sorti.
Une mise en scène ostensiblement théâtrale mais qui touche juste, des bons acteurs avec Jacques Weber en haut du panier pour une exploration pertinente du pouvoir de la finance. Un film original et intéressant.
Le rythme est soutenu, sans répit. Le texte, en alexandrins, exigeant et éblouissant. Les décors de l'usine désaffectée représentent bien l’état des banques et de la France. Ils participent au sens d’un système failli.
Si vous n’aimez que les films conventionnels, celui-ci risque de vous surprendre.
Une fois la surprise passée du parti pris formel original (la crise des sub-primes et autres actifs "toxiques", le séisme bancaire et l'aide cynique requise des états - ici l'Etat français, incarné dans une baudruche, censément NS, regonflée en permanence à la bassesse courtisane, etc. en alexandrins), la recette tourne court, surtout appuyée par une mise scène minimaliste déjà beaucoup vue et un décor unique d'usine désaffectée au milieu d'une friche industrielle (métaphore lourdingue, qui ne se renouvelle jamais). Quelques sourires devant la prouesse littéraire en décalage, mais une distribution inégale (le pseudo NS n'arrivant pas du tout à s'approprier sa partie versifiée ; les autres : RAS à cet égard, et Morel/Weber se détachant du lot). 1 h 17, seulement ? Je me suis assoupie à plusieurs reprises. Que c'était donc long, et pour tout dire pompeusement.... ennuyeux.
Nul pour la distribution du film, rien dans là côté d'or, le Doubs, le Jura, la Saône et Loire. Il ne faut peut être pas désespérer mais c'est vraiment désolant de ne pas pouvoir voir un film presque'aucune salle ne le projette. On ne vas quand même pas faire 200km pour le voir !
Un texte vraiment bien fichu - en alexandrins-, une mise en scène théatrale mais juste ce qu'il faut, d'excellents acteurs avec une mention spéciale pour Jacques Weber, une excellente analyse du pouvoir de la finance, une personnalisation de Nicolas Sarkozy suffisamment light pour être transposable à d'autres, hélas. Tout cela donne un film original et pertinent.
Je l'ai vu deux fois déjà, après une avant première dans une salle de 300 personnes environ en Décembre, organisée par les Déconomistes, j'ai adoré et je me suis précipité chez mon libraire pour acheter la pièce. En Janvier nous étions 800 dans un théâtre, j'avais mené mes élèves de terminale ES et nous avons à nouveau passé un moment formidable. J'y retournerai dès sa sortie.
Un beau paquet d'acteurs, chapeau pour le jeu. Ce type d'adaptation n'est pas facile à réaliser mais le résultat est impressionnant surtout au niveau des dialogues et du jeux.
J'ai eu un poil mal a suivre par moment, mais c'est un film qui vas complètement avec les soucis financier actuel. Une bonne satire du monde de la finance
Un des plus mauvais film de ce début d'année. Et pourtant la pièce de théâtre dont elle est issue est plutôt intelligemment écrite, dans le fonds et la forme. Mais le théâtre film présente des écueils et le film les prend tous avec un systématisme déprimant : mise en scène, photo et prises de vue inexistantes. Dommage le fonds de l'affaire (la crise financière) m'étais plutôt sympathique.