Après un premier essai plutôt médiocre (seul le dernier segment valait réellement le coup), je n’étais pas trop enthousiaste à l’idée de visionner le second. Mais bon, entre cinéphile passionné et personne sachant que l’erreur est humaine, je me suis laissé tenter par la chose.
Reprenant donc la même recette que son prédécesseur (film omnibus + found footage + fantastique/ horreur), on est forcé d’avouer que cette seconde mouture est de bien meilleure qualité. Je vais passer très vite sur le film conducteur entre tous les sketchs, "Tape 49", qui reprend pratiquement la même trame que celui du premier opus (ici, c’est des flics qui enquête sur la disparition d’un étudiant et en allant chez lui vont découvrir une incroyable collection de cassettes VHS) pour m’intéresser au premier sketch : « Phase I : Clinical Trials » d’Adam Wingard (responsable des très sympas "A Horrible Way to Die" et "You’re Next"). Histoire simple de fantômes mais basé sur un postulat de départ très original. C’est bien tourné et efficace dans les moments de pure tensions. On continue dans la qualité avec le second chapitre, « A Ride in the Park » d’Eduardo Sanchez. Cela fait vraiment plaisir de retrouver l’un des deux papas du "Projet Blair Witch", tant ces messieurs se sont très très discret depuis leur film culte de 2009. Et c’est sur une sympathique histoire de zombies où le personnage principal (parti faire une rando en VTT en forêt avec une caméra « Go Sport »sur le casque) devient zombie après avoir mordu. La vue subjective nous permet d’apprécier pleinement l’évolution du personnage (humain, mordu, virus qui fait effet, transformation et recherche active de chair fraîche). Bien fait et nous présentant de jolies scènes gores, ce deuxième chapitre se regarde agréablement. Mais le sketch le plus surprenant est celui à venir, « Safe Haven ». Surprenant parce qu’il est réalisé par le duo de réalisateur les plus « exotiques » de ce film, responsables de deux énormes succès du cinéma indonésien : Timo "Macabre" Tjahjanto et Gareth "The Raid" Evans. Surprenant parce qu’il se localise justement en Indonésie. Surprenant parce qu’il aborde un sujet à première vue décalé : un groupe de journaliste souhaite interviewer le dirigeant d’une communauté regroupant beaucoup d’enfants. Surprenant parce qu’il devient totalement dingue, sombrant dans une folie mystico-fantastique au gore grand-guignolesque. Surprenant tout simplement parce qu’il est LA bombe de ce "V/H/S 2" !! Une grande réussite. Malheureusement, après tant d’émotions positives en trois sketchs, il fallait bien un canard boiteux : « Slumber Party Alien Abduction » de Jason Eisener (qui nous avait gratifié de l’excellent morceau de bravoure, grand hommage aux films grindhouse, "Hobo with a Shotgun"). Nous présentant une bande de jeunes en week-end très « American Pie » (puisque seuls à la maison, les parents s’étant absentés) qui vont devoir faire face à des aliens belliqueux voulant les enlever. Ce qui est vraiment choquant, c’est de voir avec quelle désinvolture Eisener a mis en boîte ce « gag » sans queue ni tête, très mal filmé (on a mal au crâne par moment) avec des effets affreux (au début j’ai pris les aliens pour des sortes de goules mutantes !). On ne retrouve absolument rien du travail qu’il avait fourni pour "Hobo with a Shotgun" qui, lui, s’assumait totalement dans sa gaudriole. Quelle déception pour ce dernier chapitre. Comble de la bêtise : on ne retiendra pas le jeu des acteurs mais plutôt la performance du chien (puisque c’est lui qui filme tout par l’intermédiaire d’une caméra « Go Sport » que les gamins lui ont attaché sur le crâne !) qui est un formidable cadreur puisqu’il arrive à choper sans se planter tous les évènements de l’histoire…heureusement qu’il n’était pas l’un des ses toutous peureux qui se sauvent au premier bruit venu !!!
Voilà, d’un niveau bien supérieur à son prédécesseur, "V/H/S 2" rempli parfaitement son contrat de pluri-divertissement. Ne boudez pas votre plaisir : regardez-le sans complexe.