De bien meilleure facture que le premier, cette suite de "V/H/S" sortie en 2013 ne se contente pas de recycler le premier mais innove dans ses sketchs, de plus en plus originaux. Et en même temps, ce sont cette fois des réalisateurs de renom (du moins dans le genre, même si notons que Ti West avait réalisé un segment dans le premier film) qui se collent à ces sketchs, nous offrant alors des court-métrages plus qualitatifs. Comme pour le premier, je vais procéder étape par étape en donnant mon humble avis sur chaque segment.
Concernant le fil conducteur, "Tape 49", on est un peu dans le même délire que celui du premier, c'est-à-dire que nous suivons des individus qui s'introduisent dans une maison qui semble être abandonnée avec plusieurs télés allumées et un tas de cassettes trônant dans le salon. Sauf que cette fois, ils ne cambriolent pas ladite maison mais sont chargés de retrouver l'adolescent qui vivait là. On connait la suite, ils visionnent plusieurs VHS qui constitueront les segments du film et évidemment, ça tourne mal. Comme dans le premier, c'est toujours le maillon faible de l'ensemble même si le court est moins confus et que les transitions sont plus courtes, permettant aux segments se s'enchainer plus vites.
Le premier d'entre eux est "Phase I Clinical Trials" qui est, pour le coup, le plus faible de tous. Nous sommes plongés dans une histoire black-mirroresque qui vire au cauchemar lorsque le personnage principal voit des morts avec son nouvel œil artificiel. Ce dernier étant une caméra, on a donc un film complètement en POV, ce qui rend l'ensemble un peu plus original, certains éléments fonctionnent et font toujours sursauter mais le fond est d'une banalité sans nom, surtout avec une conclusion aussi mal torchée.
Mais ce n'est pas grave, ce n'est qu'un avant-goût (qui n'est d'ailleurs pas non plus totalement raté) puisque le suivant, "A Ride in the Park" est également en POV mais pas du point de vue de la victime mais de celle du monstre, enfin plutôt ici du zombie. Puisqu'un vététiste tombe sur un petit groupe de zombies, se fait mordre et en attaque d'autres. C'est simple mais particulièrement efficace, on a un found footage qui inverse les rôles, le spectateur ne se contente plus d'être passif mais devient actif malgré lui avec une caméra qui devient alors le monstre. En plus de ça, c'est assez fun et les effets spéciaux sont bons.
Le troisième, "Safe Haven" est celui qui, je crois, a le plus marqué l'esprit des critiques et spectateurs et à juste titre puisque c'est le plus élaboré, à la fois en termes de mise en scène mais également d'histoire. On a plusieurs points de vue, bon ça, ce n'est pas nouveau mais avec plusieurs caméras qui retranscrivent l'action de manière différente suivant leur qualité. Ce qui permet de créer des ambiances variées au lieu d'avoir des caméras tremblotantes pendant vingt minutes. De plus, cela permet également au spectateur de pénétrer progressivement dans cette ambiance qui devient de plus en plus oppressante au fur et à mesure que les personnages découvrent la secte et ses adorateurs (beaucoup de plans fixes et propres au début pour aller vers du véritable found footage sur sa fin). C'est un court-métrage qui met véritablement mal à l'aise mais qui assume en même temps son second degré, notamment avec son plan final que je trouve excellent.
Le quatrième et dernier, "Slumber Party Alien Abduction" est clairement le plus fun de tous et résume, rien qu'à son titre, ce qu'il va nous raconter, c'est-à-dire une pyjama partie qui vire au cauchemar lorsque débarquent des aliens. Alors dit comme ça, on pourrait se dire que c'est débile et il est vrai qu'une nouvelle fois, c'est un segment qui assume son second degré mais c'est en réalité un peu plus intelligent que ça. Tout d'abord parce-que l'histoire est en constante évolution vers le pire, elle nous présente d'abord une gentille famille de banlieue puis va vers des blagues potaches de plus en plus violentes pour aller ensuite dans le cauchemar le plus total et même temps assez grotesque. Ensuite, parce-que ce segment nous présente l'action du point de vue de l'innocence, d'abord les enfants puis le chien, ce qui donne un ton encore plus dramatique à l'ensemble. Puis j'adore le sound design des aliens et tout le travail autour de la lumière, nous offrant des scènes particulièrement angoissantes.
Si tout n'est pas mémorable dans ce "V/H/S/2", nous avons quand même des courts que je trouve bien plus qualitatifs que ceux du premier et qui ont tous un thème ou un genre bien précis, permettant de varier les plaisirs.