[Scénario: 3/5]
"Wild" retrace le parcours rédempteur de Cheryl Strayed (adapté du récit autobiographique de cette même Cheryl) qui après la mort de sa mère se lance à l'aventure dans une nature sauvage pour échapper aux ravages de ses addictions passées. Le thème de la quête de soi, de l'auto-dépassement n'est pas nouveau au cinéma, il faut le dire, mais ce qui touche de prime abord dans "Wild" c'est la perspective féminine sur ce type d'aventure ainsi que l'environnement du "Pacific Crest Trail", une des randonnées les plus difficiles et les plus longues d'Amérique.
[Mise en scène: 3/5]
Assez partagé sur la mise en scène de ce nouveau film de Jean-Marc Vallée (qui loin d'un débutant est quand même la personne à qui l'on doit l'incroyablement touchant "Dallas Buyers Club"). D'abord les bons points: la question du point de vue dans ce genre de film est, il me semble, essentielle. En gros il faut s'attendre à ce qu'un tel film repose à 90% sur les épaules de l'acteur/ actrice principale et c'est donc du tout ou rien: soit on accroche, on s'identifie à ce personnage, soit on le rejette et là c'est la catastrophe ! Dans "Wild" cette question est réglée d'emblée: déjà la caméra est toujours très proche du personnage, si bien qu’on se sent vite proche de cette Cheryl Strayed un peu maladroite, inexpérimentée mais bien décidée à en découdre avec le PCT. D'autre part, ce qui joue c'est aussi cette voix-off présente en permanence (pour un autre film ça aurait pu être complètement destructeur, mais ici ça fonctionne bien) qui nous chuchote les pensées du personnage principal dans chaque situation.
Concernant ce qui peine: il y a ces flashbacks incessants qui d'une part permettent de contextualiser l'histoire et nous plongent dans le passé de Cheryl mais qui en même temps nous éloignent de l'intensité du moment présent. Même si je comprends la structure de cette narration, elle ne me plaît pas tellement. J'aurai préféré, comme c'est le cas pour "Into the Wild" par exemple, que l'intrigue se déroule de manière chronologique, avec un "avant" tout au début et que le reste du film se concentre sur le "pendant" ce qui aurait eu pour but de bâtir le tout vers une intensité émotionnelle énorme et significative à la fin du film.
[Acteurs: 4/5]
Comme je le disais plus haut, dans un tel film l'intrigue repose à 90% sur les épaules de son actrice principale: une sacrée performance pour Reese Witherspoon ! Une performance d'ailleurs très réaliste, on ne sent pas de lourdeur dans la mise en scène, de dialogues préprogrammés (il y en a finalement assez peu) ce qui laisse plus de place à la spontanéité et au naturel. On apprécie aussi les petites touches d'humour de Reese disséminées par-ci par-là pour apporter un peu de légèreté dans un contexte assez brutal où l'on se rapproche aussi souvent du thème de la souffrance.
[Photographie: 3/5]
Une photographie très lumineuse qui accompagne Cheryl au plus près lors de son aventure le long du PCT et qui sublime chaque scène de la vie courante d'une randonneuse ainsi que les paysages à couper le souffle qui entourent l'actrice principale.
[Bande Originale: 4/5]
Une B.O. qui se veut assez discrète sous forme de chansons fredonnées pendant la marche, d'échos lointains ou encore diffusée par un autoradio grésillant... Et pourtant cette BO reste en tête un long moment et se marie parfaitement l'intrigue tout au long du film.
[TOTAL: 3,4/5]
"Wild" restera, somme toute, un film assez simple traitant de sujets aussi divers que la perte d'un être cher, la souffrance du corps, l'aventure et la découverte de soi. La mise en scène, assez pragmatique, nous place selon le point de vue de l'actrice principale, on la filme de près, une voix-off nous divulgue ses pensées de chaque instant, etc... ce qui permet de créer un fort attachement avec le spectateur et ça fonctionne vraiment bien: en sortant du film on a vraiment l'impression d'avoir noué une relation particulière avec cette Cheryl Strayed bien qu'on ne l'ait jamais rencontré.
Les citations utilisées ainsi que la BO discrète, mais toujours présente, viennent quant à elles renforcer l'intensité spirituelle et émotionnelle du film, mais malgré tout on ne pourra s'empêcher de penser que "Wild" manque d'un petit quelque chose qui aurait pu en faire un grand film.