Une jeune femme tente de réinventer sa vie en s’isolant et en se dépouillant de tout ce qui la constituait jusqu’alors. Dans le pur thème de la renaissance inspirée par le pèlerinage, voici une randonneuse amatrice résolue à une marche de 1700 km qui lui prendra plus de 3 mois sur la Chemin de Crête Pacifique entre le Mexique et la Canada. Les nombreux flashbacks mettront progressivement en lumière les horreurs, échecs et traumatismes qui l’y ont conduit à mesure des anecdotes et de notre approche.
Même si ce n’est pas nécessaire pour apprécier, être adepte de ce genre d’excursion nous plonge d’autant plus aisément dans les joies, les souffrances et les fruits transcendants de l’expérience. Isolement, apaisement, dépouillement de la superficialité et de son histoire personnelle, lucidité sur le monde et sur soi-même, accès à la sérénité et à la liberté profonde, d’habitude impossibles dans la pollution sociale et sociétale, se payent évidemment par les souffrances, mesures tout autant personnelles et quotidiennes, des douleurs et plaies, fatigue, sommeil, faim et soif, perdition, intempéries, rudesses naturelles, rencontres humaines et animales pouvant s’avérer autant redoutables que magnifiques.
Jean-Marc Vallée et ses actrices fétiches, Reese Witherspoon et Laura Dern, nous invitent à cette virée évolutive, rédemptrice et intime, véritable hommage à la transcendance, au triomphe spirituel à la beauté naturelle. Inspiré du périple de Cheryl Strayed en 1995, cette œuvre est un exemple de résilience réaliste, maladresses comprises, bien plus accessible qu’on ne le suppose, pour peu qu’on ose être vrai et s’abandonner au fondamental.