Le sujet est fort intéressant, le fait d’être plongé de l'autre coté l'est tout autant. J'ai apprécié suivre les péripéties de ces protagonistes, brillamment interprété par un casting de qualités notamment ces deux têtes d'affiches Vincent Lacoste et Reda Kateb. Les deux sont d'ailleurs des figures de proue du cinéma français actuel et sa fait véritablement plaisir à voir. Thomas Lilti signe un film agréable, parfois drôle et dans d'autres instants assez dramatique.
Avec un scénario plutôt original, démontrant le monde de l'hôpital de manière gaie, "Hippocrate" est doté d'une histoire assez bien écrite. En effet, elle permet à la réalisation d'effectuer un une mise en scène juste et simple. Par ailleurs, les acteurs sont convaincants surtout de voir le protagonista dans un rôle un peu plus sérieux. Ainsi, le film est divertissant et plaît par son côté réaliste sans prise de tête.
J'ai adoré ce film où la société française, en particulier le milieu hospitalier, est relatée avec brio. Les acteurs sont vrais, attachants et donnent un vrai sens à ce film. C'est un véritable moment de cinéma français.
Réussir à faire un film sur la vie d'un hôpital qui soit captivant comme un bon film à suspens, c'est du grand art. Pourtant il ne se passe rien de spécial, sauf la réalité, la vie des internes, à Paris en l'occurence, sans être un documentaire. Ce film à encore plus d'intéret avec l'actualité. Vincent Lacoste y montre enfin son talent de comédien et Reda Kateb porte presque tout le film à lui-seul, dans une composition étonnante.
Ce film, quasi documentaire, a le mérite de mettre le doigt sur le système de santé public, atteint de la maladie chronique du manque de moyens matériels et humains. Bien sur il y a d'autres éléments qui y se mêlent, comme l'amitié, la solidarité, la dénonciation social ou la "fibre humaine" de ce corps de métier qui est le médical, avec ses intrigues et ses non-dits. Le tout régie par le tout-puissant budget hospitalier qui contrôle notre santé et bienêtre. Pas toujours bien maitrisé et parfois tombant dans le cliché, ce film est, quand même, nécessaire.
Ca vous est déjà arrivé d'entre dans une salle de cinéma et de dire "Bon qu'est-ce que je vais voir?". Du coup, oui, je n'attendais pas grand chose de ce film, comme quoi, la chose a du bon.
Hippocrate est une comédie dramatique illustrant les déboires d'un jeune interne débarqué tout droit dans le service de son père. Je dis comédie, mais seul le ton léger du film, sans doute dû à la tête de minet de son acteur principal, correspond à cela. Nous ne sommes pas loin du drame léger pour le reste.
Seulement voilà, quand c'est bien fait, c'est bien fait.
La réalisation est plus que correcte, s'offrant le luxe de faire des longs plans fixes et des ellipses à des moments tout à fait appropriées, permettant ainsi d'intégrer un côté implicite dans l'oeuvre que l'on ne voit plus beaucoup en ce moment.
Bien évidemment, on alterne vie réelle/hôpital à longueur de temps, mais étant donné que le long-métrage est plutôt court et que les tons sont bien dosés, on n'est pas perdus et on se lasse pas du tout, car le film a pas mal de qualités permettant de s'immiscer dans cet univers pourtant si particulier.
Le jeu d'acteurs de Vincent Lacoste et Reda Kateb y est pour beaucoup. Les deux acteurs portent le bébé sur leurs épaules et on a envie de s'attacher à l'un comme à l'autre tellement ils nous font ressentir le côté paumé pour l'un et blasé pour l'autre. C'est agréable de voir deux comédiens qui ne se ressemblent pas du tout, autant physiquement que dans le personnage qu'ils incarnent, si complémentaires.
Des défauts, il y en a. Le rythme est très lent, ne vous attendez pas à des scènes burlesques pour égayer ce qu'on va vous montrer, il y'a des bons dialogues, ça défile calmement, c'est très bien écrit, mais c'est tout, et c'est déjà pas mal.
Bien que j'éprouve quelques difficultés à encaisser tout ce que j'ai vu, il faut reconnaître que cela reste du la force du film : la psychologie de ses personnages comme de leur monde. Tout sonne juste, des réactions de Benjamin et d'Abdel, aux rebondissements directement liés au monde hospitalier, en passant par les écarts durant les pauses. Oui un médecin, ça peut fumer pendant sa pause, oui, on a des décisions très difficiles à prendre, oui ça arrive de devoir faire des choses qu'on aimerait pas, et tout ça, on le comprend grâce aux qualités citées précédemment.
Hippocrate est donc un très bon film, rafraîchissant, presque impressionnant sur certains points, et bien qu'il colle à une certaine norme, il arrive à légèrement se détacher de ce qu'on produit dans le cinéma français dans ce domaine habituellement. Rien que pour ça, une petite séance de détente en salle obscure est prescrite.
Premier grand Rôle pour Vincent Lacoste qui nous entraîne dans les méandres difficiles d'un jeune interne des hôpitaux. Sans concession, filmé en images brutes, un documentaire vibrant de cette profession parfois décriée. De son rôle mature, Vincent nous expose aussi sa presque naïveté encore juvénile et sa fragilité. Les seconds rôles ne sont pas en reste et l'ensemble évite le pathos, même si certaines scènes dévoilent notre sensibilité que nous recouvrons d'une larme.
On a certes déjà vu beaucoup d'histoire d'hôpitaux et de médecins, mais celui-ci décrit avec une rare finesse les relations entre les différentes catégories : gestionnaire, grand patron, chef de service, internes, infirmiers, médecins étrangers sous-payés, sans oublier les soutiers qui poussent les poubelles dans les sous-sols, car un hôpital, c'est une véritable usine. Sans doute le comportement du médecin algérien est improbable, car peu de personnes auraient le courage de se conduire ainsi dans sa situation. Néanmoins il compose un très beau personnage. Parfois aussi le film est peut-être un peu didactique. Mais il trace un tableau particulièrement réaliste des maux dont souffre la médecine aujourd'hui, à commencer par la volonté de rentabiliser un service public aux dépens du personnel et des patients. Une des scènes les plus réussies est sans doute la révolte finale face à la sanction inique frappant un praticien qui a fait passer l'humanité avant le règlement. Une réussite !
Lui-même médecin avant d'être réalisateur, Thomas Lilti s'est inspiré de sa propre expérience dans ce film impressionnant de maturité et de justesse, qui dépeint avec une acuité absolue la réalité du monde hospitalier actuel. Suivant le parcours d'un jeune interne – Vincent Lacoste, superbe, comme d'ailleurs l'ensemble des acteurs – le long-métrage nous raconte les petits et les grands enjeux humains, éthiques, financiers auxquels sont confrontés quotidiennement les personnels médicaux, dressant un constat sans concession de la situation d'aujourd'hui. Souvent drôle, parfois clairement plus dramatique – difficile de ne pas verser de larmes au cours de certaines séquences de grande émotion – un film parfaitement réussi.
Le deuxième long-métrage de Thomas Lilti, sorti en 2014, constitue un véritable plaidoyer sur le malaise des hôpitaux français. En suivant le parcours initiatique d’un jeune interne en médecine (Vincent Lacoste), le réalisateur dresse un bilan accablant de l’univers hospitalier et les manques de moyens auquel il doit faire face. Oscillant parfois avec le documentaire, le film parvient à créer une intrigue humaine et professionnelle poignante. Il est aidé en cela par la bonne prestation de Reda Kateb (César du meilleur acteur dans un second rôle). Bref, une belle réflexion sur le métier de soignant et la vocation qui l’accompagne.
Un peu à la manière du "Polisse" de Maïwen concernant la police des moeurs, "Hippocrate" de Thomas Tilti tente et parvient à nous immerger au sein du monde hospitalier, et ce avec succès (après je ne suis pas spécialiste...). Ce film est d'abord passionnant par le ton qu'il emploie, entre réalité et fiction, l'aspect documentaire des dialogues et la force avec laquelle se répondent les protagonistes rendent compte de la tension du métier. Le scénario, entre autres engagé sur les moyens alloués à la santé et la notion de culpabilité chez les médecins, n'est pas dénué d'intérêt... Quant à la réalisation, elle fait mouche, comme les acteurs, qu'il s'agisse des rôles principaux (Reda Kateb est impressionnant) et des seconds. La musique est également bien distillée. Au final, "Hippocrate" est un très bon film français ni manichéen, ni larmoyant, qui divertit autant qu'il informe et rend compte d'une certaine réalité. Pas hypocrite.
Deuxième long-métrage de Thomas Lilti, « Hippocrate » nous plonge dans le quotidien d’un groupe d’internes dans un hôpital. Lilti met en œuvre un naturalisme vivant, rarement caricatural, qui sert moins à « faire vrai » qu’à être au service de son message et de ses acteurs. Ces derniers sont le point fort du film, en tête le duo Reda Kateb-Vincent Lacoste, qui s’entend à merveille. Et contrairement à un autre film récent qui nous immergeait dans un milieu professionnel (« Polisse » de Maïwenn), on évite ici tout catalogue des cas à traiter. Le scénario se réduit à deux malades, choix suffisant pour développer les personnalités des internes qui s’occupent d’eux et pour mettre en évidence les difficultés financières des hôpitaux. Le film n’est pas exempt de quelques facilités d’écriture (les dix dernières minutes sont de ce point de vue mal gérées) et de mise en scène (musique redondante), mais séduit par sa relative justesse et sa construction plutôt bien pensée.
Le film vaut d'abord pour son réalisme quasi documentaire, sa radiographie du milieu hospitalier français, son tableau professionnel et sociologique. Cinéaste et médecin lui-même, Thomas Lilti sait manifestement de quoi il parle quand il raconte les jours et les nuits de ce monde stressé, gérant tant bien que mal le manque de moyens humains et matériels, tiraillé entre humanisme et pragmatisme économique. Le réalisateur et coscénariste a su emballer cet état des lieux dans une matière romanesque toujours intéressante et sobre, une comédie dramatique qui tire davantage sur le drame que sur la comédie (à l'inverse de sa bande-annonce). Il est question d'erreur médicale, de cas de conscience, d'appréhension de la douleur et de la fin de vie, de besoin d'exutoire (les rituels grivois, les fêtes)... Le scénario a aussi le mérite de focaliser sur le statut des médecins internes étrangers au sein des hôpitaux français. Alors certes, les bonnes intentions du propos vont parfois de pair avec quelques maladresses d'expression, un certain didactisme dans la dénonciation de tous les maux de l'hosto, mais l'ensemble sonne juste. Le mode immersif, via une caméra très mobile, s'avère efficace à défaut d'être original. Et la narration est bien rythmée, allant crescendo. Côté acteurs, il faut un temps pour s'habituer à voir Vincent Lacoste (l'un des "beaux gosses" de Riad Sattouf) en médecin. Mais son allure et sa gestuelle un peu gauches collent finalement plutôt bien à son rôle de jeune interne en plein roman d'apprentissage compliqué. On notera surtout les performances de Reda Kateb, intense et émouvant, et de Marianne Denicourt, aussi impeccable que rare au cinéma depuis dix ans.
J'ai apprécié ce film, même si je l'ai trouvé par moments bien trop convenu (spoiler: l'accident de voiture ) et caricatural. Reda Kateb est excellent (on lui doit la plupart des meilleures scènes du film) mais Vincent Lacoste, sur qui je misais beaucoup, fait plutôt pâle figure et s'avère transparent la plupart du temps.
Fan de la série Urgences de la première heure et également des Dr. house et consorts, j'attendais depuis longtemps le beau film de cinéma se passant dans l'univers hospitalier et en décrivant le quotidien. Et bien le voici enfin! Vincent Lacoste joue le novice frais émoulu sortant de l'école, prêt à conquérir le monde et à sauver l'Humanité... mais il s'avérera vite impuissant face à des situations réelles et tragiques qui le dépassent. Thomas Lilti pose un regard plein de tendresse et de sincérité sur ce milieu qu'il connaît bien (étant médecin lui-même) et nous emmène loin dans une réflexion qui se veut à la fois sociale et humaniste. Vincent Lacoste, toujours merveilleux, campe un nouveau Docteur Carter avec brio.