"Aliens" poursuit la lancée opérée par son prédecesseur et s'autorise un remaniement. Beaucoup plus d'action, de moments d'héroïsme, de bravoure, mais aussi de clichés qui ne nous sont pas épargnés sur les militaires, cette suite n'en demeurre pas moins aussi interessante (si ce n'est plus) que le premier. Envolées les subtilités (normal, on parle de James Cameron), les apparitions d'Aliens se font plus fréquentes. Tout semble avoir été surmultiplié dans cette oeuvre de haut vol et aussi culte que le mythe engendré par Ridley Scott. Sigourney Weaver est beaucoup plus convaincante, son personnage plus étoffé. Mais Jim ne s'arrête pas là. Il prend le temps de développer tout un réseau de protagonistes secondaires qui, au final, s'avérent trés sympathiques. Le scénario, s'il est plus encombré de détails, n'est pas particulierement plus ambitieux. Des colons envoyés sur la planéte, Ripley qui est retrouvée. Croisons les deux et renvoyons Ripley. La mission qui l'attend n'est qu'un pretexte (forcément, on s'en doute) pour amener les multiples séquences avec Aliens bien plus inspirées que ne l'etaient celles de Scott. Visuellement, je prefere la premiere oeuvre. Ici, on a pas cette sensation de clautrophobie qui nous compresse la poitrine à chaque seconde. Mais techniquement, Cameron nous a emmené bien plus loin. Musicalement, on en retiendra rien, c'est pas le but. Le final est beaucoup plus interessant, plus puissant. Mais Cameron jonche son oeuvre de stéréotypes dont on se passerait bien, mais qui ne peuvent malheureusement pas échapper à l'époque : des grandes gueules machistes, des dialogues bourrins, et une forte dépendance à la destruction massive. Au delà de ça, c'est du grand cinéma, un mythe et, surtout, une pierre angulaire dans la filmographie de l'actuel James Cameron foudroyé par la bêtise.