Angelina Jolie repasse derrière la caméra pour un biopic engagé trainant depuis longtemps dans les tiroirs d'Hollywood. Centré sur le périple hallucinant de Louie Zamperini, coureur olympique parti à la guerre, échoué sur un radeau pendant plus d'un mois avant d'être capturé et torturé par l'armée japonaise. Une histoire incroyable mais vraie qui ferait passer n'importe quel film de Chuck Norris pour une bluette produite par Disney. Inspiré donc du livre de Laura Hillenbrand, Invincible est un spectacle plus naïf que maladroit, plus maladroit que stupide et plus stupide qu'outrancier... La mise en scène manque de pêche malgré un gros budget, quelques moments forts et des décors gargantuesques, la fille de Jon Voight ayant visiblement du mal à s'intégrer dans le grand spectacle tout en essayant de filmer académiquement une histoire qui se veut plus spectaculaire dans le cœur des hommes que dans les tirs d'avions de guerre. Mais le plus décevant n'est pas le rythme lancinant où l'on ne perçoit jamais les différences temporelles, ni même la violence montrée à l'écran filmée de manière très épurée. Non, le plus décevant reste le scénario rocambolesque, digne d'un Expendables de bonne facture, où un immigré italien venu conquérir l'Amérique devient un p***** de héros comme on en a jamais fait, un mec qui résiste un mois sur la mer, qui se fait torturer façon Rescue Dawn mais qui lâche que dalle, un gars qui se fait martyriser par une ordure nippone mais qui arrive jusqu'au bout à faire le paon. Un fu**in' hero comme l'Amérique en a plus fait depuis Independance Day. Peut-être que le véritable Zamperini a fait tout ça, peut-être qu'il a exagéré les faits ou que Hillenbrand l'a fait à sa place. Quoiqu'il en soit, c'est trop, beaucoup trop. Du coup, on n'y croit plus, on décroche, on baille, on se lasse de voir un martyr surhumain mais aussi épais qu'une brindille tenir le coup face aux horreurs de la guerre. Film à la gloire d'une Amérique invincible (tout est dans le titre en même temps) porteuse d'un message de courage de I'm the best mothafucka, ce deuxième long-métrage d'Angelina Jolie manque de recul, de puissance narratrice et de maîtrise. Sauvent le film une photographie travaillée et une pléiade de jeunes acteurs prometteurs, du héros-titre Jack O'Connell (Skins) à la star de J-pop Miyavi en passant par les prometteurs Domhnall Gleeson et Finn Wittrock (la révélation d'American Horror Story). Pour le reste, les larmes d'émotion laissent place aux larmes de rire